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	<title>[Le Site]</title>
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	<description>Le site de Valentin Villenave, musicien et auteur Libre.</description>
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		<title>[Le Site]</title>
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		<title>Sonatine</title>
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		<dc:creator>Valentin Villenave</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;R&#233;dig&#233;e &#224; l'&#233;t&#233; 2014, cette petite sonatine en deux mouvements esquisse ce qui aurait pu devenir ma deuxi&#232;me sonate pour piano.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://url.oumupo.org/-Pieces-instrumentales-" rel="directory"&gt;Pi&#232;ces instrumentales&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;R&#233;dig&#233;e &#224; l'&#233;t&#233; 2014, cette petite sonatine en deux mouvements esquisse ce qui aurait pu devenir ma deuxi&#232;me sonate pour piano.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Apr&#232;s avoir mis pr&#232;s de trois ans &#224; r&#233;diger ma premi&#232;re &lt;a href='http://url.oumupo.org/Premiere-Sonate-pour-piano' class=&#034;spip_in&#034;&gt;sonate pour piano&lt;/a&gt; en trois mouvements, je fis l'acquisition d'un cahier (mauve) de seulement trente-deux pages, avec l'&lt;a href='http://url.oumupo.org/Fragment-1' class=&#034;spip_in&#034;&gt;intention&lt;/a&gt; d'&#233;crire imm&#233;diatement une nouvelle sonate tr&#232;s diff&#233;rente, plus spontan&#233;e et l&#233;g&#232;re, qui serait constitu&#233;e de cinq mouvements brefs, de deux minutes chacun.&lt;br class='manualbr' /&gt;&#8230; La suite n'est que trop pr&#233;visible : apr&#232;s des mois de r&#233;flexion et d'atermoiements, je ne parvins &#224; en terminer que deux ; apr&#232;s plusieurs ann&#233;es de procrastination tout aussi infructueuse, je pris le parti de les publier tels quels, sous forme d'une petite sonatine en deux mouvements. Voici cette partition, qui n'a &#233;videmment pas &#233;t&#233; cr&#233;&#233;e &#224; ce jour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;tt&gt;&lt;pdf912&gt;&lt;/tt&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_912 spip_document spip_documents spip_document_file spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;66&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href='http://url.oumupo.org/IMG/pdf/sonatine_piano.pdf' class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='PDF - 199.8 kio' type=&#034;application/pdf&#034;&gt;&lt;img src='http://url.oumupo.org/local/cache-vignettes/L64xH64/pdf-e9ff2.svg?1772294780' width='64' height='64' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Sonatine pour piano
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;V. Villenave, 2014 &#8212; Licence Art Libre
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;hr class=&#034;clear&#034;&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Historique et description&lt;/h2&gt;&lt;bloc&gt;
&lt;center&gt;[Cliquez pour d&#233;plier.]&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'&#233;t&#233; 2014, alors que les activit&#233;s de l'&lt;a href='http://url.oumupo.org/OuMuPo-mais-qu-est-ce-donc' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Oumupo&lt;/a&gt; battaient leur plein et que j'avais multipli&#233; depuis quelques ann&#233;es les exp&#233;riences formelles d'&#233;criture musicale sous contrainte, je fus saisi (pour la n-i&#232;me fois) de ce mouvement de retour de balancier dont je ne suis &lt;a href='http://url.oumupo.org/Ma-gentille-soupe' class=&#034;spip_in&#034;&gt;que trop familier&lt;/a&gt; : et si toutes ces recherches et explorations (ou toutes ces pitreries, pour le dire moins charitablement) n'&#233;taient qu'une fa&#231;on trop facile de me dissimuler et de fuir, d'&#233;viter de regarder en face le fait que, fondamentalement, je n'ai jamais eu grand-chose d'int&#233;ressant &#224; dire ? Je me mis donc en devoir d'&#233;carter cette trop grande facilit&#233; pour essayer de chercher une pens&#233;e musicale plus sinc&#232;re, plus concise, plus profonde et plus authentique. (Je ne doute pas qu'il existe des personnes pour qui, au contraire, s'exprimer spontan&#233;ment est plus facile, la difficult&#233; r&#233;sidant au contraire dans la d&#233;marche de mise en forme et d'adoption d'un cadre rigoureux ; &#224; chacun sa torture, j'imagine.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bref, attention attention, on allait maintenant faire de la Musique avec un grand M, tendre vers une V&#233;rit&#233; avec un grand V,&#8230; et &#233;videmment &#231;a ne pouvait d&#233;boucher que sur un magistral Bide avec un grand B. Ce qu'il advint pr&#233;cis&#233;ment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je me souviens en particulier d'avoir pass&#233; plusieurs heures, par un apr&#232;s-midi de juillet, &#224; observer gravement les d&#233;placements d'une mouche dans la pi&#232;ce o&#249; je me trouvais : parfois quasi circulaires, souvent obsessionnels, et cependant jamais pr&#233;visibles. Une trace de vie, infime et circonscrite (je lui avais &#224; plusieurs reprises donn&#233; la possibilit&#233; de sortir par la fen&#234;tre, et elle avait &#224; chaque fois d&#233;clin&#233; mon invitation), et pourtant fascinante et &#233;chappant &#224; ma compr&#233;hension. Je r&#234;vais d'&#233;crire une musique aussi pure que l'&#233;taient les mouvements de cette mouche &#8212; car enfin, la mouche a bien une logique &#224; elle, certainement ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il en r&#233;sulta le mouvement que je choisis d'intituler &#034;carillon&#034;, parce qu'il se joue en r&#233;sonnance et toujours autour des m&#234;mes hauteurs &#8212; ce qui ne manqua pas de faire soupirer, par la suite, un coll&#232;gue authentiquement campanologue qui me fit s&#232;chement remarquer qu'un _vrai_ carillon ne se joue qu'avec un nombre limit&#233; de cloches, le plus souvent sur un t&#233;tracorde. Ce mouvement est constitu&#233; principalement d'intervalles objectivement dissonnants (septi&#232;mes majeures et octaves augment&#233;es), et pourtant il me semble qu'on peut le jouer avec douceur et peut-&#234;tre m&#234;me tendresse, comme une esp&#232;ce de bo&#238;te &#224; musique un peu d&#233;rang&#233;e. Il n'y a pas de structure fixe (m&#234;me si j'ai d&#251; pour cela me faire violence), mais on peut entendre assez clairement des phrases et quelques modulations progressives.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; peu pr&#232;s &#224; la m&#234;me &#233;poque, je fis une autre d&#233;couverte marquante : le manuscrit inachev&#233; de la Dixi&#232;me Sonate pour piano de Serge Prokofiev, dont ce dernier ne parvint &#224; r&#233;diger que deux pages &#224; la toute fin de sa vie, en 1952-1953. Je vais ici non seulement commettre d&#233;lib&#233;r&#233;ment un acte d&#233;lictueux, mais vous en rendre vous-m&#234;me de fait complice, en reproduisant ici le document en question :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;tt&gt;&lt;pdf913&gt;&lt;/tt&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_913 spip_document spip_documents spip_document_file spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;56&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href='http://url.oumupo.org/IMG/pdf/sonata_no_10_op137_unfinished_ms_2pp.pdf' class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='PDF - 1.3 Mio' type=&#034;application/pdf&#034;&gt;&lt;img src='http://url.oumupo.org/local/cache-vignettes/L64xH64/pdf-e9ff2.svg?1772294780' width='64' height='64' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Serge Prokofiev, &#233;bauche de la Sonate n&#176;10 op.137
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Pendant plusieurs d&#233;cennies l'on n'a connu que la premi&#232;re de ces deux pages, et c'est pourtant la deuxi&#232;me qui rec&#232;le des suprises &#233;tonnantes, et deux lignes exceptionnellement r&#233;ussies. (J'ai d'ailleurs persist&#233; dans ma violation &#233;hont&#233;e des lois en vigueur, en &#233;ditant ce fragment par mes soins et en le &lt;a href=&#034;https://imslp.org/wiki/Piano_Sonata_No.10%2C_Op.137_(Prokofiev%2C_Sergey)&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;postant sur IMSLP&lt;/a&gt;.) En fait, il ne s'agit toutefois pas d'une d&#233;couverte totale, puisque Prokofiev avait souhait&#233; adapter (comme il le fit &#233;galement, &#224; la m&#234;me &#233;poque, de sa Sonate n&#176;5 op.38/op.135) une &#339;uvre ant&#233;rieure : sa &lt;a href=&#034;https://imslp.org/wiki/2_Sonatinas,_Op.54_(Prokofiev,_Sergey)&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;sonatine pour piano&lt;/a&gt; op.54 n&#176;1. (C'est ce qui contribua, quelques ann&#233;es plus tard, &#224; me convaincre de publier ces deux mouvements sous forme de sonatine ; comme pour m'inciter &#224; croire qu'un jour je serais peut-&#234;tre capable, &#224; mon tour, d'en faire une v&#233;ritable sonate.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Marqu&#233; par le parcours tr&#232;s romanesque de cette partition, je fus tent&#233; d'en &#233;crire une sorte de pastiche : en ne conservant du texte que son chiffre de mesure, son indication de tempo (&lt;strong&gt;Allegro moderato&lt;/strong&gt;) et sa premi&#232;re note, je me lan&#231;ai dans une sorte de pr&#233;lude, ou d'ouverture, au ton un peu d&#233;clamatoire ou &#233;l&#233;giaque (en commen&#231;ant, comme toujours, par le motif &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;mi-fa&lt;/code&gt;, qui se poursuit naturellement par des intervalles croissants d'un demi-ton, selon le proc&#233;d&#233; que j'ai &lt;a href='http://url.oumupo.org/Ballade' class=&#034;spip_in&#034;&gt;parfois&lt;/a&gt; qualifi&#233; de &lt;i&gt;pseudo-spectre&lt;/i&gt;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&#224; encore, je dus faire des efforts constants pour r&#233;sister &#224; la tentation de chercher des structures algorithmiques ou autres contraintes formelles ; c'&#233;tait peu de temps apr&#232;s l'&#233;criture de ma &lt;a href='http://url.oumupo.org/Sonate-pour-un-mois-de-mai' class=&#034;spip_in&#034;&gt;sonate pour fl&#251;te&lt;/a&gt;, dont l'&#233;criture labyrinthique (surtout dans le troisi&#232;me mouvement) est finalement assez perceptible ici &#8212; ce qui tendrait &#224; montrer que mon id&#233;al d'une &#233;criture pleinement spontan&#233;e et expressive a &#233;t&#233; compl&#232;tement manqu&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ou bien, peut-&#234;tre que la vision d'un labyrinthe &#233;tait finalement la seule chose que j'avais &#224; exprimer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; bien y r&#233;fl&#233;chir, je ne sais laquelle des deux hypoth&#232;ses serait la moins d&#233;primante.&lt;/p&gt;
&lt;/bloc&gt;
&lt;p&gt;Bonne lecture !&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;i&gt;Valentin.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;clearfix&#034;&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>A generic impromptu</title>
		<link>http://url.oumupo.org/Un-impromptu-generique</link>
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		<dc:date>2018-04-19T08:41:28Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Valentin Villenave</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;Cette br&#232;ve partition pour clavecin seul a &#233;t&#233; &#233;crite en 2015 pour servir de g&#233;n&#233;rique &#224; un podcast de vulgarisation scientifique.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://url.oumupo.org/-Pieces-instrumentales-" rel="directory"&gt;Pi&#232;ces instrumentales&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Cette br&#232;ve partition pour clavecin seul a &#233;t&#233; &#233;crite en 2015 pour servir de g&#233;n&#233;rique &#224; un podcast de vulgarisation scientifique.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Voici une petite pi&#232;ce que je n'avais pas pr&#233;vu de publier en tant que telle, mais apr&#232;s l'avoir laiss&#233;e dans un coin pendant quelques ann&#233;es j'en suis venu &#224; craindre d'oublier son existence m&#234;me. Vous trouverez ici la partition (le code source &lt;a href=&#034;http://lilypond.org/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;LilyPond&lt;/a&gt; est inclus dans le fichier PDF), pr&#233;c&#233;d&#233;e d'un enregistrement interpr&#233;t&#233; au clavecin par Richard Siegel et moi-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;&lt;audio controls&gt;
&lt;source src=&#034;IMG/flac/generic_impromptu.ogg&#034;&gt;
&lt;source src=&#034;IMG/flac/generic_impromptu.flac&#034;&gt;
&lt;source src=&#034;IMG/mp3/generic_impromptu.mp3&#034;&gt;
&lt;/audio&gt;&lt;/center&gt;&lt;hr class=&#034;clear&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;tt&gt;&lt;pdf903&gt;&lt;/tt&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;clear&#034;&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Historique et description&lt;/h2&gt;&lt;bloc&gt;
&lt;center&gt;[Cliquez pour d&#233;plier.]&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;J'ai d&#233;j&#224; eu l'&lt;a href='http://url.oumupo.org/Improvisation-sur-le-nom-de-Nicolas-Graner' class=&#034;spip_in&#034;&gt;occasion&lt;/a&gt; de pr&#233;senter ici mon ami &lt;a href=&#034;http://graner.net/nicolas/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Nicolas Graner&lt;/a&gt;, membre &#233;minent de la &lt;a href=&#034;http://www.oulipotes.net/liste/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;liste Oulipo&lt;/a&gt; depuis 1996 et qui a particip&#233; ces derni&#232;res ann&#233;es aux &#233;v&#233;nements que je propose avec l'&lt;a href=&#034;http://oumupo.org&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Oumupo&lt;/a&gt; au Palais de la d&#233;couverte. (Nicolas et moi avons &#233;galement &#233;crit ensemble une com&#233;die musicale, mais &#231;a je vous en reparlerai une autre fois.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la vie, Nicolas travaille &#224; la Facult&#233; des Sciences de l'universit&#233; d'Orsay, o&#249; il anime &#224; lui (presque) tout seul un &lt;a href=&#034;http://www.cvc.u-psud.fr/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;service de vulgarisation&lt;/a&gt; proposant des conf&#233;rences, expositions et publications en ligne &#8212; notamment un podcast audio. Et &#224; ce titre qu'il m'a demand&#233;, &#224; l'automne 2015, si je n'aurais pas une id&#233;e de musique pouvant lui servir de g&#233;n&#233;rique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est l&#224; le genre de requ&#234;te que j'ai tendance &#224; fuir d'ordinaire : en effet, je ne pratique pas le &lt;a href='http://url.oumupo.org/Du-son-en-boite' class=&#034;spip_in&#034;&gt;son en bo&#238;te&lt;/a&gt;. Ma comp&#233;tence se borne &#224; jouer des partitions, et parfois &#224; en &#233;crire (les premi&#232;res &#233;tant de pr&#233;f&#233;rence distinctes des secondes) ; en d'autres termes je ne c&#244;toie &#8212; officiellement &#8212; la musique que sous forme &#233;crite. Alors certes, j'aurais pu dans le cas pr&#233;sent 1/ &#233;crire une partition, puis 2/ la jouer au piano et 3/ l'enregistrer ; il n'y a que l'&#233;tape 3 pour laquelle je me d&#233;clare formellement incomp&#233;tent, mais il m'est &lt;a href='http://url.oumupo.org/Variations-sensees' class=&#034;spip_in&#034;&gt;arriv&#233;&lt;/a&gt; de faire comme si.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, s'agissant d'un motif musical introductif (ou &lt;i&gt;jingle&lt;/i&gt; en bon fran&#231;ais), la sp&#233;cificit&#233; du timbre est au moins aussi importante que celle du contour m&#233;lodique ; en d'autres termes, quelque chose d'un peu plus inattendu que le piano aurait &#233;t&#233; souhaitable. Mon premier r&#233;flexe, dans ce genre de situation, est d'utiliser le &lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Marimba&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;marimba&lt;/a&gt;, un instrument magnifique permettant toutes sortes d'&#233;critures. Oui sauf que, c'est une tellement bonne id&#233;e que je suis loin d'&#234;tre le premier &#224; l'avoir : depuis une quarantaine d'ann&#233;es, le marimba est devenu le signe par excellence de l'alibi exotique-moderniste, pour n'&#234;tre plus aujourd'hui que celui de la paresse intellectuelle des &lt;i&gt;Sound Designers&lt;/i&gt; De Tous Poils (SDDTP).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une hypoth&#232;se un peu plus courageuse aurait &#233;t&#233; d'utiliser un instrument authentiquement pass&#233; de mode. Or, j'avais r&#233;dig&#233; l'ann&#233;e pr&#233;c&#233;dente une &lt;a href='http://url.oumupo.org/Sweet-suite' class=&#034;spip_in&#034;&gt;suite de pi&#232;ces&lt;/a&gt; pour clavecin seul, &#224; l'intention du claveciniste &#233;m&#233;rite &lt;a href=&#034;http://www.valmalete.com/seeartist.php?modif=26&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Richard Siegel&lt;/a&gt; ; m&#234;me si ledit Richard n'avait pas eu l'air particuli&#232;rement enthousiasm&#233; par ma partition, nous avions sympathis&#233; autour d'un autre sujet : notre go&#251;t commun pour ce qui est de bidouiller des ordinateurs. (Et pour les &lt;a href='http://url.oumupo.org/Chopin-tomate-oignon' class=&#034;spip_in&#034;&gt;kebabs&lt;/a&gt; et les jeux vid&#233;os, mais on ne se connaissait pas encore si bien que cela &#224; l'&#233;poque.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si j'&lt;u&gt;&#233;tais&lt;/u&gt; un &lt;i&gt;SDDTP&lt;/i&gt;, je pourrais ici r&#233;diger tout un baratin pour expliquer combien le choix du clavecin pour un podcast scientifique est &#224; la fois une audacieuse trouvaille et une ad&#233;quation &#233;vidente ; combien le choc cognitif r&#233;sultant de la confrontation entre un instrument ancien et une &#233;criture contemporaine est &#224; l'image de la science elle-m&#234;me, faite de lien avec le pass&#233; et de disruptions innovantes blablablabla, blablabla, blabla. Disons que c'est chose faite et passons &#224; la suite ; la seule v&#233;rit&#233; &#233;tant &#233;videmment que j'avais tout simplement envie de faire enfin jouer un peu de clavecin &#224; Richard Siegel (ma tentative pr&#233;c&#233;dente en la mati&#232;re ne s'&#233;tant gu&#232;re av&#233;r&#233;e fructueuse).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un jour o&#249; j'allais rendre visite &#224; Richard autour d'une question de carte m&#232;re ou de p&#226;te thermique, je r&#233;digeai en chemin une br&#232;ve s&#233;quence, sur un rythme dansant (fait de m&#233;lange ternaire/binaire, troch&#233;e/pyrrhique, de valeurs ajout&#233;es, d&#233;crivez-le comme vous voudrez) et &#224; base de quintes &#8212; et, plus discr&#232;tement, d'intervalles de couleur majeure : tierce majeure, septi&#232;me majeure, sixte majeure. (L&#224; encore, un SDDTP pourrait d&#233;velopper une bonne page de &lt;i&gt;bullshit&lt;/i&gt; entrepreneurial-communicationnel pour expliquer combien ce motif r&#233;jouissant symbolise la joie de la connaissance, mais aussi combien les quintes repr&#233;sentent la logique in&#233;branlable de la d&#233;marche scientifique, blablabla.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette &#233;criture tend &#224; sonner plut&#244;t bien au clavecin ; je l'avais d&#233;j&#224; utilis&#233;e dans quelques-unes de mes pi&#232;ces mentionn&#233;es plus haut, mais on la trouve &#233;videmment bien avant moi, par exemple dans des partitions de Ligeti (je pense ici moins &#224; &lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/results?search_query=&#034;hungarian+rock&#034;+ligeti&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Hungarian Rock&lt;/i&gt;&lt;/a&gt; qu'&#224; l'&#233;tude &lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/results?search_query=%22fem%22+ligeti&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;F&#233;m&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, que je jouais autrefois par c&#339;ur). Enfin, je d&#233;coupai cette br&#232;ve partition en plusieurs phrases, en me disant que les titres et annonces du podcast pourraient &#234;tre ins&#233;r&#233;es entre les s&#233;quences m&#233;lodiques.&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;&lt;audio controls&gt;
&lt;source src=&#034;IMG/flac/jingle.flac&#034;&gt;
&lt;source src=&#034;IMG/mp3/jingle.mp3&#034;&gt;
&lt;/audio&gt;&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;&lt;tt&gt;&lt;pdf902&gt;&lt;/tt&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Richard enregistra la piste sur son clavecin &#224; plumes de vautour, et je l'envoyai illico &#224; mon &#034;commanditaire&#034; Nicolas Graner. H&#233;las, ce dernier m'expliqua que son projet &#233;tait plut&#244;t de parler &lt;i&gt;sur&lt;/i&gt; la musique, en faisant peu &#224; peu baisser le volume du fond sonore (ou, pour le dire en bon fran&#231;ais, &lt;i&gt;fade out&lt;/i&gt;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela posait deux nouveaux probl&#232;mes : tout d'abord, il allait falloir davantage de musique (voire de la musique qui puisse &#234;tre r&#233;p&#233;t&#233;e en boucle, pour s'adapter &#224; la longueur n&#233;cessaire). L'autre probl&#232;me est que le clavecin est un instrument &#224; la sonorit&#233; tr&#232;s pr&#233;gnante, o&#249; les attaques de chaque note et accord s'entendent et se remarquent (et risquent donc de distraire l'attention si l'on ajoute du texte parl&#233;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'&#233;crivis donc une partition plus longue, toujours en partant du motif que j'avais initialement r&#233;dig&#233;, mais en le r&#233;servant pour la fin, et en annon&#231;ant tous ses &#233;l&#233;ments au pr&#233;alable. Apr&#232;s un d&#233;but dans l'aigu qui sert &#8212; tout comme avant &#8212; &#224; saisir l'attention de l'auditeur (en tr&#232;s bon fran&#231;ais, la &lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Captatio_benevolentiae&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;captatio benevolentiae&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;), la musique descend d&#232;s que possible dans le grave de l'instrument et s'y maintient pendant un long moment (ce qui permet d'obtenir une texture sonore plus ad&#233;quate &#224; servir de fond sonore &#224; de la voix parl&#233;e).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me si l'&#233;criture est ici tr&#232;s libre (et r&#233;dig&#233;e, pour tout avouer, d'un seul premier jet), j'utilise quand m&#234;me quelques structures un tant soit peu rigoureuses : par exemple dans le d&#233;coupage rythmique :&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;precode&#034;&gt;&lt;pre class='spip_code spip_code_block' dir='ltr' style='text-align:left;'&gt;&lt;code&gt;3 3 3 3 (2 mesures &#224; 6/8) 2 3 3 2 (2 mesures &#224; 5/8) etc.&lt;/code&gt;&lt;/pre&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Rien de tr&#232;s remarquable, en tout cas. L&#224; encore, je me sers du cycle des quintes pour parvenir &#224; des superpositions harmoniques de plus en plus complexes et quelque peu &#034;dissonantes&#034; ; cependant les notes graves du clavecin sont ici assez indistinctes. (Et trahissent peut-&#234;tre le fait que c'est un pianiste et non un claveciniste qui a &#233;crit la partition&#8230;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rien ne me poussait &#224; donner un titre &#224; cette partition purement utilitaire ; je l'intitulai &lt;i&gt;A generic impromptu&lt;/i&gt; (&#034;un impromptu g&#233;n&#233;rique&#034;) pour faire un (petit) jeu de mots, puisqu'elle n'a pas grand-chose de distinctif&#8230; et qu'elle doit servir de g&#233;n&#233;rique. Le jeu de mots fonctionne un peu mieux en anglais, o&#249; l'on adore utiliser des mots tels que &lt;i&gt;generic&lt;/i&gt; ou &lt;i&gt;basic&lt;/i&gt; pour se moquer des gens ou des id&#233;es un peu conventionnelles. Quant au terme d'&lt;i&gt;impromptu&lt;/i&gt;, il me sert &#224; reconna&#238;tre et excuser l'&#233;criture tr&#232;s libre et informelle de la partition (contrairement &#224; mes travaux habituels, extr&#234;mement formalistes et contraints), r&#233;dig&#233;e ici au fil de la plume comme une improvisation sur le papier &#8212; ou plut&#244;t en l'occurrence, dans le code LilyPond. Plut&#244;t qu'&#224; l'expressivit&#233; des impromptus de Chopin, Sibelius ou Poulenc, je pense ici &#224; la l&#233;g&#232;ret&#233; de &lt;i&gt;L'Impromptu de Versailles&lt;/i&gt; de Moli&#232;re, qui m'a marqu&#233; quand j'&#233;tais petit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bref, j'apportai cette nouvelle version &#224; Richard&#8230; lequel me d&#233;clara tout bonnement qu'il avait la flemme de l'apprendre lui-m&#234;me pour la jouer correctement ; il me proposa donc de l'enregistrer avec lui. La version que je pr&#233;sente ici a donc &#233;t&#233; enregistr&#233;e par un duo de clavi&#233;ristes, &#224; une main chacun (si mes souvenirs sont bons, votre serviteur est la main droite).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme quoi.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/bloc&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bonne lecture et bonne &#233;coute !&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;i&gt;Valentin.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;clearfix&#034;&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		
		<enclosure url="http://url.oumupo.org/IMG/pdf/jingle.pdf" length="84122" type="application/pdf" />
		
		<enclosure url="http://url.oumupo.org/IMG/pdf/newjingle.pdf" length="131901" type="application/pdf" />
		
		<enclosure url="http://url.oumupo.org/IMG/flac/generic_impromptu.flac" length="12766125" type="audio/x-flac" />
		
		<enclosure url="http://url.oumupo.org/IMG/mp3/generic_impromptu.mp3" length="2818704" type="audio/mpeg" />
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Variations sens&#233;es</title>
		<link>http://url.oumupo.org/Variations-sensees</link>
		<guid isPermaLink="true">http://url.oumupo.org/Variations-sensees</guid>
		<dc:date>2017-03-25T09:31:41Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Valentin Villenave</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;Ces 33 miniatures pour piano (suivant des contraintes d'&#233;criture assez lourdes) ont &#233;t&#233; r&#233;dig&#233;es pour une pr&#233;sentation de l'&lt;a href=&#034;http://oumupo.org&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Oumupo&lt;/a&gt; au printemps 2014.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://url.oumupo.org/-Pieces-instrumentales-" rel="directory"&gt;Pi&#232;ces instrumentales&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Ces 33 miniatures pour piano (suivant des contraintes d'&#233;criture assez lourdes) ont &#233;t&#233; r&#233;dig&#233;es pour une pr&#233;sentation de l'&lt;a href=&#034;http://oumupo.org&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Oumupo&lt;/a&gt; au printemps 2014.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Cette br&#232;ve partition pour piano (qui, autant le dire tr&#232;s clairement, fait sans doute partie des choses les moins int&#233;ressantes que j'aie publi&#233;es ici) tente de relever un d&#233;fi : l'exploration de contraintes extr&#234;mement difficiles, tout en t&#226;chant d'y insuffler un minimum d'expressivit&#233; et de sens. &#201;crite au printemps 2014 pour une pr&#233;sentation de mon collectif l'Oumupo, elle a finalement &#233;t&#233; supprim&#233;e faute de temps et n'a donc jamais &#233;t&#233; jou&#233;e en public.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voici la partition, avec son code source LilyPond inclus :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;tt&gt;&lt;pdf899&gt;&lt;/tt&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_899 spip_document spip_documents spip_document_file spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;72&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href='http://url.oumupo.org/IMG/pdf/variations_33.pdf' class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='PDF - 166.5 kio' type=&#034;application/pdf&#034;&gt;&lt;img src='http://url.oumupo.org/local/cache-vignettes/L64xH64/pdf-e9ff2.svg?1772294780' width='64' height='64' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Variations sens&#233;es, pour piano
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;Licence Art Libre &#169; V. Villenave, 2014.
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#192; la demande de mon estimable acolyte &lt;a href=&#034;http://www.gef.free.fr/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Gilles Esposito-Far&#232;se&lt;/a&gt;, j'ai bricol&#233; un enregistrement de cette partition ; le voici :&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;&lt;audio src=&#034;http://valentin.villenave.net/IMG/ogg/variations_33.ogg&#034; controls autobuffer&gt;&lt;div class=&#034;spip_document_900 spip_document spip_documents spip_document_audio spip_document_avec_legende player&#034; data-legende-len=&#034;83&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;div class=&#034;audio-wrapper&#034; style='width:400px;max-width:100%;'&gt; &lt;audio class=&#034;mejs mejs-900&#034; data-id=&#034;964dd5b7&#034; preload=&#034;none&#034;&gt; &lt;source type=&#034;audio/ogg&#034; src=&#034;IMG/ogg/variations_33.ogg&#034; /&gt; &lt;/audio&gt; &lt;/div&gt; &lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Variations sens&#233;es, pour piano
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;Enregistr&#233;es en avril 2017 (sur un piano fatigu&#233;).
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt; &lt;div class=&#034;base64javascript137107496869d13cf7ecf5a6.99861852&#034; title=&#034;PHNjcmlwdCB0eXBlPSJtb2R1bGUiPgoKCQoJaW1wb3J0ICAnLy91cmwub3VtdXBvLm9yZy9wbHVnaW5zLWRpc3Qvc3BpcC9tZWRpYXMvbGliL21lanMvbWVkaWFlbGVtZW50LWFuZC1wbGF5ZXIubWluLmpzPzE3NzA4ODQwMDInOwoKCWltcG9ydCB7YWRkQ1NTfSBmcm9tICJhamF4Q2FsbGJhY2suanMiOwoJYWRkQ1NTKCdAaW1wb3J0IHVybCgibG9jYWwvY2FjaGUtY3NzL21lZGlhZWxlbWVudHBsYXllci5taW4tdXJsYWJzLWM3OTAtdXJsYWJzLWM3OTAuY3NzPzE3NzIyOTUzMzciKTsnLCdtZWpzJyk7CgoKCglpbXBvcnQgJy8vdXJsLm91bXVwby5vcmcvcGx1Z2lucy1kaXN0L3NwaXAvbWVkaWFzL2xpYi9tZWpzL2xhbmcvZnIuanM/MTc3MDg4NDAwMic7CglpZiAobWVqcy5pMThuLmxhbmcgIT09ICJmciIpIHsKCQltZWpzLmkxOG4ubGFuZ3VhZ2UoJ2ZyJyk7Cgl9CgoKCWNvbnN0IGF1ZGlvID0gbmV3IE1lZGlhRWxlbWVudFBsYXllcihkb2N1bWVudC5xdWVyeVNlbGVjdG9yKCdhdWRpb1tkYXRhLWlkPSI5NjRkZDViNyJdJyksIHsKCQlpY29uU3ByaXRlOiAnaHR0cDovL3VybC5vdW11cG8ub3JnL3BsdWdpbnMtZGlzdC9zcGlwL21lZGlhcy9saWIvbWVqcy9tZWpzLWNvbnRyb2xzLnN2ZycsCgkJLypmZWF0dXJlczpbXSwqLwoJfSk7Cgo8L3NjcmlwdD4=&#034;&gt;&lt;/div&gt;&lt;/audio&gt;
&lt;/center&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Historique &amp; description&lt;/h2&gt;&lt;bloc&gt;
&lt;center&gt;[Cliquez pour d&#233;plier.]&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Chapitre 33&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au printemps 2014, l'&lt;a href='http://url.oumupo.org/OuMuPo-mais-qu-est-ce-donc' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Ouvroir de Musique Potentielle&lt;/a&gt; (Oumupo), re&#231;ut une bonne nouvelle : la &lt;a href=&#034;http://www.bnf.fr/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Biblioth&#232;que nationale de France&lt;/a&gt; daignait nous accueillir pour une s&#233;rie de pr&#233;sentations r&#233;guli&#232;res, &#224; partir de d&#233;cembre. La premi&#232;re de ces soir&#233;es tombant le jour o&#249; l'un de nos membres &lt;a href=&#034;http://oumupo.org/trouvailles/?PecAjw#PecAjw&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;f&#234;terait&lt;/a&gt; ses 32 ans, nous d&#233;cid&#226;mes que le th&#232;me en serait tout trouv&#233; : ce serait &lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=kzwtYv7LkHA&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;le nombre 32&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais au pr&#233;alable, nous &#233;tions invit&#233;s, comme chaque ann&#233;e, &#224; un autre &#233;v&#233;nement, d'envergure moindre : d&#233;but juin, nous devions participer &#224; une lecture/concert avec des &#233;crivains de l'Oulipo. Jean-Fran&#231;ois Piette et Fr&#233;d&#233;ric Forte, repr&#233;sentant respectivement l'Oumupo et l'Oulipo, s'entretinrent gravement afin de trouver un th&#232;me &#224; cette matin&#233;e&#8230; Et, apr&#232;s d'intenses r&#233;flexions, s'en vinrent nous annoncer beno&#238;tement leur trouvaille : le th&#232;me serait&#8230; &#034;&lt;i&gt;Dites 33&lt;/i&gt;&#034;. (Quelle originalit&#233;, quelle audace.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Non sans un soupir, je me mis donc en devoir de trouver (outre les &lt;a href='http://url.oumupo.org/32-variations-sur-8-notes' class=&#034;spip_in&#034;&gt;32 variations sur 32 notes&lt;/a&gt; que j'avais d&#233;j&#224; pr&#233;vu d'&#233;crire pour notre repr&#233;sentation de d&#233;cembre) une fa&#231;on d'exploiter ce nombre, si proche et pourtant &lt;del&gt;si diff&#233;rent&lt;/del&gt; si proche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et finis donc par annoncer, solennellement : 33 variations sur 33 notes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#192; la recherche des pannotes&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsque j'avais lanc&#233; l'&lt;a href=&#034;http://oumupo.org&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Oumupo&lt;/a&gt; en 2011, j'avais &#233;t&#233; tent&#233; d'y transposer, sous forme musicale, de nombreuses contraintes d'&#233;criture imagin&#233;es et utilis&#233;es par l'&lt;a href=&#034;http://oulipo.net/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Oulipo&lt;/a&gt;, ou depuis une vingtaine d'ann&#233;es par la &lt;a href=&#034;http://www.graner.net/nicolas/OULIPO/liste-oulipo.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Liste Oulipo&lt;/a&gt;. L'une d'entre elles est le &lt;strong&gt;pangramme&lt;/strong&gt; : l'exercice qui consiste &#224; utiliser dans une phrase la totalit&#233; des lettres de l'alphabet. L'exemple le plus c&#233;l&#232;bre &#233;tant sans doute la phrase&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Portez ce vieux whisky au juge blond qui fume&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;&#201;videmment, si l'on consid&#232;re un texte suffisamment long ou une phrase suffisamment verbeuse, la probabilit&#233; pour que s'y trouvent toutes les lettres augmente, et rend le tour de force nettement moins amusant. Le but est donc que notre phrase fasse le moins de lettres possible ; pour peu que l'on s'amuse &#224; pousser l'exercice un peu plus loin, comme le fait &lt;a href=&#034;http://www.gef.free.fr/pangrammes.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;inlassablement et obsessionnellement&lt;/a&gt; mon estimable ami list-oulipien Gilles Esposito-Far&#232;se, on tend m&#234;me vers l'&lt;strong&gt;h&#233;t&#233;ropangramme&lt;/strong&gt; pur, une phrase de 26 lettres seulement, o&#249; chaque lettre n'appara&#238;t qu'une fois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quel serait l'&#233;quivalent musical d'un tel exercice ? Le &lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Musique_s%C3%A9rielle&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;s&#233;rialisme&lt;/a&gt; nous en donne une id&#233;e assez proche, puisqu'il exige d'utiliser chacune des douze notes disponibles dans le temp&#233;rament (mais n'interdit ni les changements d'octave, ni les notes r&#233;p&#233;t&#233;es). Une autre contrainte dont j'ai eu l'id&#233;e assez t&#244;t fut la &lt;a href=&#034;http://oumupo.org/wiki/Saturation_de_tessiture&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;saturation de tessiture&lt;/a&gt;, o&#249; un(e) instrumentiste doit utiliser chacune des notes &#224; sa disposition.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, &#224; supposer qu'elle ait le moindre int&#233;r&#234;t, cette contrainte musicale n'est pas tr&#232;s difficile &#224; r&#233;aliser : contrairement au domaine litt&#233;raire o&#249; il faut se d&#233;brouiller pour faire sens (quoique&#8230; avec les h&#233;t&#233;ropangrammes, la difficult&#233; est bien souvent de &lt;i&gt;pr&#233;tendre&lt;/i&gt; que des assemblages abscons ont un sens), la musique est beaucoup moins exigeante, tout particuli&#232;rement la musique &lt;strong&gt;atonale&lt;/strong&gt; o&#249; il n'y a , par principe, aucune raison objective de pr&#233;f&#233;rer telle combinaison de notes &#224; telle autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pourquoi je d&#233;cidai de compliquer un peu la chose, en m'obligeant &#224; rester dans un langage (&#224; peu pr&#232;s) tonal&#8230; mais &#233;galement en ajoutant une &lt;a href=&#034;http://oumupo.org/wiki/Liponote&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;autre&lt;/i&gt; contrainte&lt;/a&gt; : la &lt;strong&gt;liponote&lt;/strong&gt;. J'allais essayer de sugg&#233;rer (tant bien que mal) que la partition &#233;tait en Do Majeur&#8230; sans utiliser une seule fois le Do.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et, par une co&#239;ncidence &#224; peine croyable : les trois octaves centrales d'un piano, pour peu qu'on leur enl&#232;ve tous les Do, &#231;a fait combien de notes ? Mmh ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dites : &#034;33&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Forme&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le titre de cette partition est un jeu de mots &#224; deux sous : ce sont des variations sans &#034;C&#034; (C &#233;tant la lettre qui, en notation allemande et anglo-saxonne, d&#233;signe la note Do), qui font allusion aux &lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Variations_s%C3%A9rieuses&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Variations s&#233;rieuses&lt;/i&gt;&lt;/a&gt; (en fran&#231;ais dans le texte) de Felix Mendelssohn Bartholdy.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;capitulons les r&#232;gles du jeu :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &#233;crire un morceau de 33 notes,
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; limit&#233; en tessiture,
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; sans r&#233;p&#233;ter deux fois la m&#234;me note,
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; en interdisant tous les &#034;Do&#034;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; et en donnant (de pr&#232;s ou de loin) l'impression qu'on pourrait &#234;tre, dans l'ensemble, en Do Majeur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le terme de &#034;variations&#034; est ici un brin abusif ; et pourtant, avec un peu de bonne volont&#233; on peut retrouver un th&#232;me (de onze notes, comme il se doit) qui se r&#233;p&#232;te, se r&#233;pond et se transforme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'alterne ici entre des styles et des &#233;critures tr&#232;s diff&#233;rentes, qui constituent autant de strat&#233;gies possibles (certaines moins fructueuses que d'autres, il faut le reconna&#238;tre) pour r&#233;pondre aux contraintes. L'obligation d'utiliser des notes toujours diff&#233;rentes oriente facilement vers un aspect &#034;Sch&#246;nbergien&#034;. J'entends par l&#224;, soit une couleur franchement s&#233;rielle, soit m&#234;me le Sch&#246;nberg des &lt;a href=&#034;http://imslp.org/wiki/6_Little_Piano_Pieces,_Op.19_(Schoenberg,_Arnold)&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;6 pi&#232;ces op.19&lt;/a&gt;. (Ainsi, les deux derni&#232;res notes du &#034;th&#232;me&#034; ressemblent &#224; ce que l'on trouve &#224; la main gauche dans la sixi&#232;me mesure de la sixi&#232;me pi&#232;ce.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je suis tr&#232;s attach&#233; &#224; ces six pi&#232;ces, que je connais par c&#339;ur depuis l'&#226;ge de 12 ans ; dans ses (rares) moments les plus r&#233;ussis, la pr&#233;sente partition m'y fait penser un petit peu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224;.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/bloc&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bonne lecture !&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;i&gt;Valentin&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Seven Sevens</title>
		<link>http://url.oumupo.org/Seven-Sevens</link>
		<guid isPermaLink="true">http://url.oumupo.org/Seven-Sevens</guid>
		<dc:date>2017-01-08T21:25:12Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Valentin Villenave</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;Cette partition conceptuelle (qui est en fait la simple traduction d'une s&#233;rie de probl&#232;mes arithm&#233;tiques due &#224; Georges Perec) a &#233;t&#233; r&#233;dig&#233;e en novembre 2016 pour l'anniversaire de Tom Johnson, grand compositeur am&#233;ricain ayant r&#233;cemment rejoint l'&lt;a href=&#034;http://oumupo.org&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Oumupo&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://url.oumupo.org/-Pieces-instrumentales-" rel="directory"&gt;Pi&#232;ces instrumentales&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Cette partition conceptuelle (qui est en fait la simple traduction d'une s&#233;rie de probl&#232;mes arithm&#233;tiques due &#224; Georges Perec) a &#233;t&#233; r&#233;dig&#233;e en novembre 2016 pour l'anniversaire de Tom Johnson, grand compositeur am&#233;ricain ayant r&#233;cemment rejoint l'&lt;a href=&#034;http://oumupo.org&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Oumupo&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'exp&#233;rience ici pr&#233;sent&#233;e est un peu inhabituelle pour moi : il s'agit d'une partition purement conceptuelle, qui n'a (&#224; ma connaissance) jamais &#233;t&#233; jou&#233;e et n'est d'ailleurs pas destin&#233;e &#224; l'&#234;tre. Elle n'existe que sous forme manuscrite, et je n'ai eu que le temps de la photographier h&#226;tivement apr&#232;s l'avoir offerte &#224; son d&#233;dicataire, le compositeur am&#233;ricain &lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Tom_Johnson_(compositeur)&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Tom Johnson&lt;/a&gt;. (Dans les photos d&#233;taill&#233;es, l'on pourra d'ailleurs voir quelques bouts de la nappe de sa table &#224; manger.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;tt&gt;&lt;pdf883&gt;&lt;/tt&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_883 spip_document spip_documents spip_document_file spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;60&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href='http://url.oumupo.org/IMG/pdf/seven_sevens.pdf' class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='PDF - 8.7 Mio' type=&#034;application/pdf&#034;&gt;&lt;img src='http://url.oumupo.org/local/cache-vignettes/L64xH64/pdf-e9ff2.svg?1772294780' width='64' height='64' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Seven Sevens
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;Licence Art Libre &#169; Valentin Villenave, 2016.
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class='spip_document_884 spip_document spip_documents spip_document_file spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;37&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href='http://url.oumupo.org/IMG/zip/seven_sevens.zip' class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='Zip - 14.5 Mio' type=&#034;application/zip&#034;&gt;&lt;img src='http://url.oumupo.org/local/cache-vignettes/L64xH64/zip-4e942.svg?1772295714' width='64' height='64' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Seven Sevens (photographies brutes)
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;V&#233;ritable pastiche oumupien (Tom ayant r&#233;cemment accept&#233; de rejoindre l'&lt;a href=&#034;http://oumupo.org/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Oumupo&lt;/a&gt; que j'ai refond&#233; et que j'anime depuis 2011), cette partition ne doit pas &#234;tre prise trop au s&#233;rieux, sauf peut-&#234;tre &#224; un &#233;gard : elle est en fait la stricte traduction sous forme musicale&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Il serait amusant, d'ailleurs, de s'interroger &#224; ce titre sur le statut de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; des solutions propos&#233;es par &lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Georges_Perec&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Georges Perec&lt;/a&gt; &#224; un probl&#232;me arithm&#233;tique qu'il avait lui-m&#234;me imagin&#233; :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;En utilisant 7 fois le chiffre 7, pas une fois de plus, pas une fois de moins, et les signes math&#233;matiques les plus usuels, &#233;crire les nombres de 1 &#224; &lt;i&gt;n&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Historique&lt;/h2&gt;&lt;bloc&gt;
&lt;center&gt;[Cliquez pour d&#233;plier.]&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Georges Perec&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De tous les &#233;crivains de l'&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Ouvroir_de_litt%C3%A9rature_potentielle&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Oulipo&lt;/a&gt;, aucun n'est plus connu (&#224; juste titre, sans aucun doute) que Georges Perec. Sa renomm&#233;e a &#233;clips&#233; celle du co-fondateur de l'ouvroir (Raymond Queneau) et, bien plus encore, de son concepteur initial (Fran&#231;ois Le Lionnais, &#224; qui j'ai d'ailleurs r&#233;cemment consacr&#233; un &lt;a href=&#034;http://oumupo.org/podcast/?name=mupod1.mp3&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;podcast&lt;/a&gt;). On lui consacre des traductions, des &#233;missions, des colloques, en veux-tu en voil&#224; &#8212; ce qui ne laisse pas de me chagriner car j'ai toujours nourri le r&#234;ve (secret et embarrassant) d'&#234;tre moi-m&#234;me le plus inconditionnel des fans de Perec : il est, &#224; mon sens, l'&#233;crivain fran&#231;ais le plus essentiel de ces deux derniers si&#232;cles, voire (les jours o&#249; je suis grincheux) tout simplement le &lt;i&gt;seul&lt;/i&gt; auteur du XX&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle qui m&#233;rite d'&#234;tre mentionn&#233;. Or voil&#224; : au-del&#224; de ses livres les plus connus (que je n'ai d'ailleurs m&#234;me pas tous lus, du moins pas en entier), son &#339;uvre comprend des objets fort vari&#233;s, souvent inattendus, et parfois compl&#232;tement oubli&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, ma femme m'offrit l'ann&#233;e derni&#232;re &#8212; pour mon propre anniversaire &#8212; un petit &lt;a href=&#034;http://www.zulma.fr/livre-poche-nouveaux-jeux-interessants-572094.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;recueil&lt;/a&gt; (d'une centaine de pages &#224; peine) o&#249; sont regroup&#233;s des jeux que Perec con&#231;ut entre 1981 et 1982 pour le magazine &lt;a href=&#034;http://www.jeuneafrique.com/qui-sommes-nous/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Jeune Afrique&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;. Il s'agit ici de la toute fin de sa vie (les derniers de ces jeux sont envoy&#233;s par Jacques Bens en f&#233;vrier 1982, et Perec mourra le 3 mars). Parmi les jeux propos&#233;s, se trouve cette s&#233;rie de &#034;Avec sept &#8220;7&#8221;&#034;, dont l'&#233;nonc&#233; figure plus haut ; il s'agit d'un jeu math&#233;matique relativement classique (on en trouve par exemple une variante avec &lt;a href=&#034;https://en.wikipedia.org/wiki/Four_fours&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;quatre 4&lt;/a&gt;), m&#234;me si le nombre 7 fait &#233;videmment partie des nombres qu'affectionne Perec (de m&#234;me que 11 ou 43, pour des raisons plus personnelles).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai regard&#233; attentivement ce petit livre (non sans me reporter abondamment et honteusement aux pages de solutions incluses vers la fin), puis l'ai rang&#233; et n'y ai plus pens&#233;. Jusqu'&#224; ce que...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Tom qui ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsque j'ai fond&#233; l'&lt;a href=&#034;http://oumupo.org&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Oumupo&lt;/a&gt; actuel en 2011, je connaissais vaguement l'existence d'un compositeur am&#233;ricain du nom de Tom Johnson ; je n'avais sans doute rien entendu de lui, mais je connaissais de nom quelques-unes de ses exp&#233;riences musicales. Des titres tels que &lt;i&gt;The Four Notes Opera&lt;/i&gt; ne pouvaient que m'&#234;tre sympathiques, m&#234;me si je les imaginais cantonn&#233;s aux ann&#233;es 1960-70, et ne me posais de ce fait aucune autre question. Du reste, les exemples d'influences oumupiennes, historiques ou actuelles, ne manquaient pas (et si j'avais d&#251; y mentionner Tom Johnson, je l'aurais sans doute fait parmi celles-l&#224; plut&#244;t que parmi celles-ci).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or quelques mois plus tard, j'eus la surprise de constater (je n'aurais pas &#233;t&#233; surpris si j'avais fait mes devoirs au pr&#233;alable, mais ne sous-estimons jamais mon degr&#233; d'amateurisme) que le d&#233;nomm&#233; Tom Johnson
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &#233;tait encore en vie
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &#233;tait encore en activit&#233;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; se trouvait en France en ce moment&lt;br class='manualbr' /&gt;(j'appris plus tard qu'il vivait en fait &#224; Paris depuis trente ans)
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; et &#233;tait l'invit&#233; de l'Oulipo lors de la &lt;a href=&#034;http://www.bnf.fr/fr/evenements_et_culture/anx_conferences_2012/a.c_120209_oulipo.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;lecture publique du jeudi 9 f&#233;vrier 2012&lt;/a&gt;, de 19 heures &#224; 20 heures.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8220;Tiens&#8221;, me dis-je. &#8220;Peut-&#234;tre serait-il int&#233;ressant d'y assister, pour une fois, plut&#244;t que d'arriver &#224; 19h58 pour pouvoir faire semblant d'avoir &#233;t&#233; pr&#233;sent tout le long, et aller ensuite manger (voracement) une pizza avec les habitu&#233;s du public.&#8221;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le jour venu, je me pr&#233;parai &#224; l'avance. Longuement. Et j'arrivai, consciencieusement, non pas &#224; 19h58.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais &#224; 19h55.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(Je vous le disais : ne sous-estimons &lt;i&gt;jamais&lt;/i&gt; mon degr&#233; d'ind&#233;crottable amateurisme.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'eus tout au plus le temps d'entendre ledit Tom Johnson pr&#233;senter l'une de ses exp&#233;riences, puis la jouer au piano &#8212; une phrase unique, r&#233;p&#233;t&#233;e chaque fois un peu plus longuement, des m&#233;andres s'y ajoutant de fa&#231;on presque envo&#251;tante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8220;Tiens&#8221;, me dis-je.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Tom Johnson&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tom Johnson est un authentique compositeur minimaliste am&#233;ricain. Le mouvement &lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Musique_minimaliste&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;minimaliste&lt;/a&gt; &#8212; parfois aussi d&#233;nomm&#233;, non sans raison, &#034;musique r&#233;p&#233;titive&#034; &#8212; est un courant de la deuxi&#232;me moiti&#233; du XX&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle (on l'associera parfois aux s&#233;rigraphies du &lt;i&gt;Pop Art&lt;/i&gt;, et il est vrai qu'il partage avec cet autre courant un certain aspect accessible, voire facile ou branch&#233;). &#192; une &#233;poque o&#249; l'Europe s'engluait passablement dans l'hyper-complexit&#233;, le s&#233;rialisme int&#233;gral et le boul&#233;zianisme galopant, ce courant a fourni une fa&#231;on de recycler les &#233;l&#233;ments musicaux du pass&#233; (notes, harmonies) dans une approche s&#233;duisante, accessible &#224; un large public et en m&#234;me temps tr&#232;s moderne (d'aucuns diraient &#034;post-moderne&#034;) pour l'&#233;poque.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et pourtant : force nous est de reconna&#238;tre que, pass&#233; l'emballement que provoquent quelques &#339;uvres de jeunesses de Steve Reich (surtout) et Philip Glass (un peu), ces objets musicaux &lt;i&gt;vieillissent assez mal&lt;/i&gt;. D'ailleurs, les ci-devants compositeurs r&#233;p&#233;titifs eux-m&#234;me ont tr&#232;s rapidement renonc&#233; aux aspects les plus exp&#233;rimentaux de leur d&#233;marche, et se sont retrouv&#233;s enti&#232;rement dig&#233;r&#233;s dans l'&#233;norme machine des prescripteurs industriels et politiques &lt;i&gt;mainstream&lt;/i&gt; qui cherche constamment &#224; l&#233;gitimer comme &#034;savants&#034; et &#034;contemporains&#034; des objets artistiques en r&#233;alit&#233; essentiellement r&#233;actionnaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or voil&#224; : Tom Johnson est exactement de la g&#233;n&#233;ration de ces gens-l&#224; (il est m&#234;me leur camarade de tranch&#233;e, &#224; l'origine) &#8212; et pourtant : lui, n'a &lt;i&gt;absolument rien perdu&lt;/i&gt; de sa radicalit&#233;. Au contraire : il s'est &#233;lev&#233;, au fil des d&#233;cennies, vers une qu&#234;te presque platonicienne o&#249; les contingences de la musique n'existent plus : seul compte le &lt;i&gt;principe g&#233;n&#233;rateur&lt;/i&gt;, qu'il s'agisse d'un automate algorithmique, d'une formule ou d'une d&#233;marche intellectuelle. L'objet se d&#233;ploie de lui-m&#234;me, et l'auteur ne cherche qu'&#224; le mettre en valeur (sans artifices ni roublardise), voire se limite &#224; un simple r&#244;le de t&#233;moin na&#239;f. Il s'agit donc de musique conceptuelle, mais &#8212; plus &#233;tonnant encore &#8212; d'une musique conceptuelle qui vieillit &lt;i&gt;exceptionnellement bien&lt;/i&gt; ; peut-&#234;tre parce que l'humour y est parfois perceptible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De tout cela, les derniers instants de la conf&#233;rence du 9 f&#233;vrier 2012 m'ont suffi pour avoir l'intuition. Alors que le public progressait vers la sortie, je descendis vers la sc&#232;ne &#224; la rencontre de ce vieux monsieur auquel plus personne ne semblait s'int&#233;resser ; me pourvoyant mentalement de mon masque souriant pour dissimuler tout ce que ce moment avait d'embarrassant, je lui serrai la main en livrant quelques formules convenues de salutations &#233;logieuses. (C'est alors qu'il m'apprit qu'il vivait en fait &#224; Paris, o&#249; il avait m&#234;me fond&#233; sa propre &lt;a href=&#034;http://editions75.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;maison d'&#233;dition&lt;/a&gt;.) Pas un instant ne me vint la tentation de lui parler de l'Oumupo, qui ne comptait alors que deux membres et n'avait pas la moindre existence officielle, en-dehors de son site Web cod&#233; par mes soins. (Non que la situation soit si diff&#233;rente aujourd'hui.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un mois plus tard, pourtant (lors de la soir&#233;e suivante de l'Oulipo le jeudi 22 mars 2012), l'Oumupo (fort d&#233;sormais de trois membres !) faisait ses d&#233;buts en public. Et dans nos discussions subs&#233;quentes revint d&#232;s lors, chaque ann&#233;e, la m&#234;me question : &#034;au fait, quand est-ce qu'on se d&#233;cidera &#224; proposer &#224; Tom Johnson de nous rejoindre&#034; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Tom Johnson &#224; l'Oumupo&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2016, notre membre le plus r&#233;cent (mais pas le moins sympathique, malgr&#233; sa suj&#233;tion &#224; l'&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Institut_de_recherche_et_coordination_acoustique/musique&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Ircam&lt;/a&gt;), Moreno Andreatta, mentionna qu'il connaissait bien Tom Johnson, pour l'avoir invit&#233; &#224; ses sauteries universitaires &#224; th&#232;me &#034;maths et musique&#034;. Il proposa de faire l'entremise ; je l'acceptai apr&#232;s quelques ultimes tergiversations, non sans garder conscience de l'arrogance de notre d&#233;marche : en mati&#232;re d'&#233;criture musicale sous contraintes, l'Oumupo que j'avais voulu (re)lancer n'&#233;tait qu'un pi&#232;tre essai de r&#233;inventage de roue en comparaison de la carri&#232;re toute enti&#232;re de Tom Johnson. Mais &#8212; me dis-je &#8212; ce serait peut-&#234;tre, tout de m&#234;me, une possibilit&#233; d'acqu&#233;rir un peu de l&#233;gitimit&#233; symbolique, en nous pla&#231;ant sous son parrainage. Je l'imaginais en &#034;membre d'honneur&#034;, en P&#232;re No&#235;l oumupien que nous ne c&#244;toierions jamais mais dont nous serions contents de savoir qu'il existe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, nouvelle surprise : non seulement ledit Tom Johnson accepta notre invitation avec empressement, mais il n'avait aucune envie de jouer les Reines d'Angleterre. Au contraire, sa plus grande envie &#233;tait de venir jouer dans le bac &#224; sable avec nous, et &#8212; m&#234;me s'il est encore t&#244;t pour l'estimer &#8212; j'esp&#232;re que son arriv&#233;e aura &#233;t&#233; aussi stimulante pour lui que pour nous. De fait, si le domaine des math&#233;matiques est son empire, l'&#233;tat d'esprit oulipien et ou-x-pien reste pour lui un objet nouveau, et j'ai cru comprendre que les exp&#233;rimentations de Le Lionnais, Queneau puis tous les autres (qu'il commence tout juste &#224; d&#233;couvrir, par mon interm&#233;diaire) lui fourniront peut-&#234;tre une source d'inspiration cons&#233;quente pour les ann&#233;es &#224; venir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En tout cas, c'est certainement la rencontre la plus marquante qu'il m'ait &#233;t&#233; donn&#233; de faire derni&#232;rement. &#192; l'Oumupo, j'avais toujours &#233;t&#233; le grincheux de service, le bureaucrate-crisp&#233; au milieu d'une bande de joyeux fantaisistes ; or le s&#233;rieux, la rigueur et l'int&#233;grit&#233; de Tom Johnson sont sans commune mesure. Je me souviendrai toujours de la premi&#232;re fois o&#249; je suis all&#233; le rencontrer chez lui rue de la Roquette. Croyant trouver parmi mes partitions quelque chose dans lequel il se reconna&#238;trait, je lui avais apport&#233; mes petites &lt;a href='http://url.oumupo.org/Trois-Etudes-potentielles' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&#233;tudes potentielles&lt;/a&gt;, partition assez aust&#232;re enti&#232;rement g&#233;n&#233;r&#233;e par un carr&#233; latin. Je m'assis au piano et commen&#231;ai &#224; jouer... je n'avais pas entam&#233; la troisi&#232;me mesure que Tom Johnson me demanda doucement :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&#8212; Je ne comprends pas : pourquoi vous avez mis des nuances ?&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Moi, d&#233;sempar&#233; : &#034;euh... eh bien justement, c'est pour que malgr&#233; l'&#233;criture math&#233;matique, il y ait de l'expressivit&#233;, du sens ; c'est important, je crois ? D'ailleurs, les musiciens qui jouent vos partitions, ils ajoutent bien des nuances, non ?&#034;&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&#8212; Mais &#231;a, ce sont les mauvais musiciens qui ajoutent des nuances ; moi je ne mets pas de nuances ; je laisse &#231;a aux compositeurs romantiques.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;En rentrant chez moi, plus tard, j'&#233;tais toujours aussi d&#233;concert&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De toute ma carri&#232;re &#8212; et c'est assur&#233;ment un bien grand mot &#8212; on m'a qualifi&#233; de nombreuses fa&#231;ons (qui se confondent, il est vrai, avec les anath&#232;mes que je me suis moi-m&#234;me lanc&#233;s &lt;i&gt;in petto&lt;/i&gt;). Intello, herm&#233;tique, sophistiqu&#233;, inutilement complexe, pas-entendu, maladroit, bavard, imbu de lui-m&#234;me, facile, &lt;a href='http://url.oumupo.org/Ma-gentille-soupe' class=&#034;spip_in&#034;&gt;soupe&lt;/a&gt;, hollywoodien, fanfaron,... Romantique ? Jamais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et pourtant : alors que je marchais dans la rue, je constatai avec surprise que mon pas &#233;tait soudain devenu plus all&#232;gre que de coutume.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/bloc&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Description&lt;/h2&gt;&lt;bloc&gt;
&lt;center&gt;[Cliquez pour d&#233;plier.]&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;Le 18 novembre 2016, Tom Johnson &#233;tait destin&#233; &#224; f&#234;ter ses 77 ans. Pour un maniaque du chiffre, un tel nombre ne peut laisser indiff&#233;rent &#8212; et d'ailleurs, Tom lui-m&#234;me a tenu &#224; marquer le coup en r&#233;digeant &lt;a href=&#034;http://ensembleoffrandes.com/2016sevenseptets.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Sept septuors&lt;/i&gt;&lt;/a&gt; sous des &lt;a href=&#034;http://www.ensembleoffrandes.com/7/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;contraintes&lt;/a&gt; tr&#232;s r&#233;ussies.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour moi, 7 reste avant tout le nombre de notes dans la gamme diatonique : les touches blanches du piano.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Il n'y a rien &#224; faire : je me sens bien sur les touches blanches. Ce qui me (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; J'ai d'ailleurs beaucoup utilis&#233; l'espace de hauteurs diatoniques, que ce soit dans mes &#034;&#233;tudes potentielles&#034; pr&#233;cit&#233;es, dans mes sonates pour &lt;a href='http://url.oumupo.org/Premiere-Sonate-pour-piano' class=&#034;spip_in&#034;&gt;piano&lt;/a&gt; et pour &lt;a href='http://url.oumupo.org/Sonate-pour-un-mois-de-mai' class=&#034;spip_in&#034;&gt;fl&#251;te&lt;/a&gt; ou plus r&#233;cemment dans quelques &lt;a href='http://url.oumupo.org/32-variations-sur-8-notes' class=&#034;spip_in&#034;&gt;variations&lt;/a&gt; pour quatuor &#224; cordes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il serait donc (potentiellement &#8212; c'est le mot) int&#233;ressant de jouer 7 fois les 7 notes, de fa&#231;ons diff&#233;rentes. Et c'est l&#224; que les &lt;i&gt;sept &#8220;7&#8221;&lt;/i&gt; de Perec me revinrent &#224; l'esprit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Disposant d'&#233;quations et d'un motif m&#233;lodique (la simple gamme &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;do-r&#233;-mi-fa-sol-la-si&lt;/code&gt;), il ne me restait plus qu'&#224; chercher une fa&#231;on d'effectuer la traduction. L&#224; o&#249; Tom Johnson aurait probablement emprunt&#233; la voie arithm&#233;tique (ce qui l'aurait conduit, par exemple, &#224; exprimer &#034;7&#215;7&#034; en jouant 49 notes), je choisis d'effectuer une pure translitt&#233;ration, en me fixant les r&#232;gles &#8212; arbitraires &#8212; suivantes :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; n'utiliser que des s&#233;quences diatoniques, de &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;do&lt;/code&gt; &#224; &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;si&lt;/code&gt; (soit : 7 notes).
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; additions : par d&#233;faut, les mouvements m&#233;lodiques sont ascendants (dans le cas de nombres positifs et d'additions).
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; soustractions : le signe &#034;moins&#034; est exprim&#233; par une m&#233;lodie descendante ; si toute une expression est n&#233;gative, dans ce cas tous les mouvements m&#233;lodiques lui correspondant sont renvers&#233;s.
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; multiplications : le premier terme est jou&#233; normalement, puis le facteur multipliant est jou&#233; deux fois plus vite et une octave plus haut. (Il peut arriver que des multiplications s'ench&#226;ssent.)
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; divisions et fractions : le num&#233;rateur est jou&#233; normalement ; le diviseur ou d&#233;nominateur est jou&#233; &#224; une octave inf&#233;rieure et avec des valeurs plus longues. Si c'est une vraie division, le rythme du d&#233;nominateur doit correspondre &#224; la dur&#233;e totale des notes contenues dans le num&#233;rateur, de fa&#231;on &#224; ce que les deux voix finissent au m&#234;me moment. Dans le cas d'une fraction &#233;gale &#224; 1 (7/7, 77/77 etc.) le d&#233;nominateur, c'est-&#224;-dire la voix du bas, restera toutefois plus lent que le num&#233;rateur, et finit de ce fait nettement plus tard que la voix du haut. (Dans le cas de rythmes trop compliqu&#233;s, les notations ont &#233;t&#233; simplifi&#233;es.)
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; L'&#233;criture de la partition suit la notation math&#233;matique sans tenir compte de sa signification : ainsi, seules les fractions sont restitu&#233;es sous forme polyphonique car sur le papier ce sont les seules notations &#233;crites sur plusieurs lignes.
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; les expressions entre parenth&#232;ses sont exprim&#233;es par l'emploi de la p&#233;dale. (J'en ai omises quelques-unes.)
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; les puissances (exposants) sont exprim&#233;s par des appoggiatures barr&#233;es (donc tr&#232;s rapides), &#224; l'octave la plus haute possible.
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; toute la notation rythmique a &#233;t&#233; simplifi&#233;e ; une pulsation constante est employ&#233;e, et certaines valeurs rythmiques ont &#233;t&#233; l&#233;g&#232;rement retouch&#233;es de fa&#231;on &#224; pr&#233;server la partition d'un aspect trop inutilement compliqu&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En th&#233;orie, il est donc possible d'effectuer l'op&#233;ration inverse : en partant seulement de la partition, retrouver quelle op&#233;ration a &#233;t&#233; pos&#233;e par Perec pour arriver &#224; obtenir le nombre requis en n'&#233;crivant que sept fois le chiffre 7, &#224; l'exclusion de tout autre. &#192; l'&#233;nigme math&#233;matique se substitue alors un puzzle musical ; l'id&#233;e n'aurait peut-&#234;tre pas d&#233;plu &#224; l'int&#233;ress&#233;... et de fait, la partition se suffit alors &#224; elle-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais comme je suis sympa, j'ai quand m&#234;me recopi&#233; les solutions en clair ci-dessous.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/bloc&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Solutions&lt;/h2&gt;&lt;bloc&gt;
&lt;center&gt;[Cliquez pour d&#233;plier.]&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;Voici les solutions propos&#233;es par Georges Perec pour compter de 1 &#224; 90 ; dans ma partition toutefois, je ne vais que de 1 &#224; 77.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;center&gt;&lt;strong&gt;Avec sept &#034;7&#034;&lt;/strong&gt;&lt;/center&gt;
&lt;div style=&#034;text-align:right&#034;&gt;&lt;i&gt;(Georges Perec.)&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;math&gt;1=$&lt;i&gt;(&lt;i&gt;777\over 777&lt;/i&gt;)^7$&lt;/i&gt;&lt;/math&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;math&gt;2=$&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;77-7&lt;/i&gt;\over 7&lt;/i&gt;-(7+&lt;i&gt;7\over 7&lt;/i&gt;)$&lt;/i&gt;&lt;/math&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;math&gt;3=$&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;77-(7+7)&lt;/i&gt;\over &lt;i&gt;7+7+7&lt;/strong&gt;$&lt;/i&gt;&lt;/math&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;math&gt;4=$&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;7+7+7+7&lt;/i&gt;\over 7&lt;/i&gt;\times &lt;i&gt;7\over 7&lt;/i&gt;$&lt;/i&gt;&lt;/math&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;math&gt;5=$&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;7+7+7+7&lt;/i&gt;\over 7&lt;/i&gt;+ &lt;i&gt;7\over 7&lt;/i&gt;$&lt;/i&gt;&lt;/math&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;math&gt;6=$&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;7+7+7+7+7+7&lt;/i&gt;\over 7&lt;/i&gt;$&lt;/i&gt;&lt;/math&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;math&gt;7=$&lt;i&gt;7\times &lt;i&gt;777\over 777&lt;/i&gt;$&lt;/i&gt;&lt;/math&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;math&gt;8=$&lt;i&gt;7+&lt;i&gt;777\over 777&lt;/i&gt;$&lt;/i&gt;&lt;/math&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;math&gt;9=$&lt;i&gt;7+&lt;i&gt;77\over 77&lt;/i&gt;+&lt;i&gt;7\over 7&lt;/i&gt;$&lt;/i&gt;&lt;/math&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;math&gt;10=$&lt;strong&gt;77\over 7&lt;/i&gt;-&lt;i&gt;77\over 77&lt;/i&gt;$&lt;/i&gt;&lt;/math&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;math&gt;11=$&lt;strong&gt;77\over 7&lt;/i&gt;\times &lt;i&gt;77\over 77&lt;/i&gt;$&lt;/i&gt;&lt;/math&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;math&gt;12=$&lt;strong&gt;77\over 7&lt;/i&gt;+ &lt;i&gt;77\over 77&lt;/i&gt;$&lt;/i&gt;&lt;/math&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;math&gt;13=$&lt;strong&gt;77\over 7&lt;/i&gt;+ &lt;i&gt;7\over 7&lt;/i&gt;+ &lt;i&gt;7 \over 7&lt;/i&gt;$&lt;/i&gt;&lt;/math&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;math&gt;14=$&lt;strong&gt;77\over 7&lt;/i&gt;+ &lt;strong&gt;7+7+7&lt;/i&gt;\over 7&lt;/i&gt;$&lt;/i&gt;&lt;/math&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;math&gt;15=$&lt;strong&gt;77+7+7+7+7&lt;/i&gt;\over 7$&lt;/i&gt;&lt;/math&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;math&gt;16=$&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;77-7&lt;/i&gt;\over 7&lt;/i&gt;+ 7-&lt;i&gt;7\over 7&lt;/i&gt;$&lt;/i&gt;&lt;/math&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;math&gt;17=$&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;77-7&lt;/i&gt;\over 7&lt;/i&gt;+7\times &lt;i&gt;7\over 7&lt;/i&gt;$&lt;/i&gt;&lt;/math&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;math&gt;18=$&lt;i&gt;7+7+7-&lt;strong&gt;7+7+7&lt;/i&gt;\over 7&lt;/i&gt;$&lt;/i&gt;&lt;/math&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;math&gt;19=$&lt;i&gt;7+7+7-&lt;i&gt;(&lt;i&gt;7\over 7&lt;/i&gt;+&lt;i&gt;7\over 7&lt;/i&gt;)&lt;/i&gt;$&lt;/i&gt;&lt;/math&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;math&gt;20=$&lt;i&gt;7+7+7+7-(7+&lt;i&gt;7\over 7&lt;/i&gt;)$&lt;/i&gt;&lt;/math&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;math&gt;21=$&lt;i&gt;7+7+7+7+7-(7+7)$&lt;/i&gt;&lt;/math&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;math&gt;22=$&lt;i&gt;7+7+7+&lt;i&gt;77\over 77&lt;/i&gt;$&lt;/i&gt;&lt;/math&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;math&gt;23=$&lt;i&gt;7+7+7+&lt;i&gt;7\over 7&lt;/i&gt;+&lt;i&gt;7\over 7&lt;/i&gt;$&lt;/i&gt;&lt;/math&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;math&gt;24=$&lt;strong&gt;77+7+77+7&lt;/i&gt;\over 7$&lt;/i&gt;&lt;/math&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;math&gt;25=$&lt;i&gt;7+7+7+(&lt;i&gt;77\over 7&lt;/i&gt;-7)$&lt;/i&gt;&lt;/math&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;math&gt;26=$&lt;i&gt;77-(7\times 7)-&lt;strong&gt;7+7&lt;/i&gt;\over 7&lt;/i&gt;$&lt;/i&gt;&lt;/math&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;math&gt;27=$&lt;strong&gt;777\over 7&lt;/i&gt;-(77+7)$&lt;/i&gt;&lt;/math&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;math&gt;28=$&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;77+77-7&lt;/i&gt;\over 7&lt;/i&gt;+7$&lt;/i&gt;&lt;/math&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;math&gt;29=$&lt;strong&gt;77\over 7&lt;/i&gt;+&lt;i&gt;77\over 7&lt;/i&gt;+7$&lt;/i&gt;&lt;/math&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;math&gt;30=$&lt;i&gt;7+7+7+7+&lt;strong&gt;7+7&lt;/i&gt;\over 7&lt;/i&gt;$&lt;/i&gt;&lt;/math&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;math&gt;31=$&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;77-7&lt;/i&gt;\over 7&lt;/i&gt;+7+7+7$&lt;/i&gt;&lt;/math&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;math&gt;32=$&lt;i&gt;(7\times 7)-(&lt;strong&gt;77-7&lt;/i&gt;\over 7&lt;/i&gt;+7)$&lt;/i&gt;&lt;/math&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;math&gt;33=$&lt;strong&gt;77+77+77&lt;/i&gt;\over 7$&lt;/i&gt;&lt;/math&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;math&gt;34=$&lt;i&gt;7+7+7+7+7-&lt;i&gt;7\over 7&lt;/i&gt;$&lt;/i&gt;&lt;/math&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;math&gt;35=$&lt;i&gt;7+7+7+7+7\times &lt;i&gt;7\over 7&lt;/i&gt;$&lt;/i&gt;&lt;/math&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;math&gt;36=$&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;77+77&lt;/i&gt;\over 7&lt;/i&gt;+7+7$&lt;/i&gt;&lt;/math&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;math&gt;37=$&lt;i&gt;(7\times 7)-(7+7-&lt;strong&gt;7+7&lt;/i&gt;\over 7&lt;/i&gt;)$&lt;/i&gt;&lt;/math&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;math&gt;38=$&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;7\times 7\times 7&lt;/i&gt;\over 7&lt;/i&gt;-&lt;i&gt;77\over 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/&gt;&lt;math&gt;46=$&lt;i&gt;7\times 7-(&lt;strong&gt;7+7&lt;/i&gt;\over 7&lt;/i&gt;+&lt;i&gt;7\over 7&lt;/i&gt;)$&lt;/i&gt;&lt;/math&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;math&gt;47=$&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;7\times 7\times 7&lt;/i&gt;\over 7&lt;/i&gt;-&lt;strong&gt;7+7&lt;/i&gt;\over 7&lt;/i&gt;$&lt;/i&gt;&lt;/math&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;math&gt;48=$&lt;i&gt;7\times (7+&lt;i&gt;7\over 7&lt;/i&gt;)-(7+&lt;i&gt;7\over 7&lt;/i&gt;)$&lt;/i&gt;&lt;/math&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;math&gt;49=$&lt;i&gt;7+7+7+7+7+7+7$&lt;/i&gt;&lt;/math&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;math&gt;50=$&lt;i&gt;7\times (7+&lt;i&gt;7\over 7&lt;/i&gt;)-(7-&lt;i&gt;7\over 7&lt;/i&gt;)$&lt;/i&gt;&lt;/math&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;math&gt;51=$&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;7\times 7\times 7&lt;/i&gt;\over 7&lt;/i&gt;+&lt;strong&gt;7+7&lt;/i&gt;\over 7&lt;/i&gt;$&lt;/i&gt;&lt;/math&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;math&gt;52=$&lt;i&gt;7\times 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&lt;i&gt;7\times 7&lt;/strong&gt;$&lt;/i&gt;&lt;/math&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;math&gt;67=$&lt;i&gt;7\times (7-&lt;i&gt;7\over 7&lt;/i&gt;)+&lt;i&gt;77\over 7&lt;/i&gt;$&lt;/i&gt;&lt;/math&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;math&gt;68=$&lt;i&gt;77-&lt;strong&gt;77-7-7&lt;/i&gt;\over 7&lt;/i&gt;$&lt;/i&gt;&lt;/math&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;math&gt;69=$&lt;i&gt;(7\times 7)+7+7+7-&lt;i&gt;7\over 7&lt;/i&gt;$&lt;/i&gt;&lt;/math&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;math&gt;70=$&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;77\times (77-7)&lt;/i&gt;\over 7&lt;/i&gt;$&lt;/i&gt;&lt;/math&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;math&gt;71=$&lt;i&gt;(7\times 7)+7+7+7+&lt;i&gt;7\over 7&lt;/i&gt;$&lt;/i&gt;&lt;/math&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;math&gt;72=$&lt;i&gt;(7-&lt;i&gt;7\over 7&lt;/i&gt;)\times (&lt;strong&gt;77+7&lt;/i&gt;\over 7&lt;/i&gt;)$&lt;/i&gt;&lt;/math&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;math&gt;73=$&lt;i&gt;77-&lt;strong&gt;7+7+7+7&lt;/i&gt;\over 7&lt;/i&gt;$&lt;/i&gt;&lt;/math&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;math&gt;74=$&lt;i&gt;77+7-&lt;strong&gt;77-7&lt;/i&gt;\over 7&lt;/i&gt;$&lt;/i&gt;&lt;/math&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;math&gt;75=$&lt;i&gt;77-&lt;strong&gt;7\times (7+7)&lt;/i&gt;\over &lt;i&gt;7\times 7&lt;/strong&gt;$&lt;/i&gt;&lt;/math&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;math&gt;76=$&lt;i&gt;77-(&lt;i&gt;77\over 77&lt;/i&gt;)^7$&lt;/i&gt;&lt;/math&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;math&gt;77=$&lt;i&gt;(77+77)\times (&lt;i&gt;7\over &lt;i&gt;7+7&lt;/strong&gt;)$&lt;/i&gt;&lt;/math&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;math&gt;78=$&lt;i&gt;(7-&lt;i&gt;7\over 7&lt;/i&gt;)\times (7+7-&lt;i&gt;7\over 7&lt;/i&gt;)$&lt;/i&gt;&lt;/math&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;math&gt;79=$&lt;i&gt;77+&lt;strong&gt;7\times (7+7)&lt;/i&gt;\over &lt;i&gt;7\times 7&lt;/strong&gt;$&lt;/i&gt;&lt;/math&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;math&gt;80=$&lt;i&gt;(7+&lt;i&gt;7\over 7&lt;/i&gt;)\times (&lt;strong&gt;77-7&lt;/i&gt;\over 7&lt;/i&gt;)$&lt;/i&gt;&lt;/math&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;math&gt;81=$&lt;i&gt;77+7-&lt;strong&gt;7+7+7&lt;/i&gt;\over 7&lt;/i&gt;$&lt;/i&gt;&lt;/math&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;math&gt;82=$&lt;i&gt;77+7-(&lt;i&gt;7\over 7&lt;/i&gt;+&lt;i&gt;7\over 7&lt;/i&gt;)$&lt;/i&gt;&lt;/math&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;math&gt;83=$&lt;i&gt;77+7-&lt;i&gt;77\over 77&lt;/i&gt;$&lt;/i&gt;&lt;/math&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;math&gt;84=$&lt;i&gt;(77+7)\times &lt;i&gt;77\over 77&lt;/i&gt;$&lt;/i&gt;&lt;/math&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;math&gt;85=$&lt;i&gt;77+7+&lt;i&gt;77\over 77&lt;/i&gt;$&lt;/i&gt;&lt;/math&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;math&gt;86=$&lt;i&gt;77+7+&lt;i&gt;7\over 7&lt;/i&gt;+&lt;i&gt;7\over 7&lt;/i&gt;$&lt;/i&gt;&lt;/math&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;math&gt;87=$&lt;i&gt;77+&lt;i&gt;77\over 7&lt;/i&gt;-&lt;i&gt;7\over 7&lt;/i&gt;$&lt;/i&gt;&lt;/math&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;math&gt;88=$&lt;i&gt;77+7+(&lt;i&gt;77\over 7&lt;/i&gt;-7)$&lt;/i&gt;&lt;/math&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;math&gt;89=$&lt;i&gt;77+&lt;i&gt;77\over 7&lt;/i&gt;+&lt;i&gt;7\over 7&lt;/i&gt;$&lt;/i&gt;&lt;/math&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;math&gt;90=$&lt;i&gt;(7-&lt;i&gt;7\over 7&lt;/i&gt;)\times (7+7+&lt;i&gt;7\over 7&lt;/i&gt;)$&lt;/i&gt;&lt;/math&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;/bloc&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Il serait amusant, d'ailleurs, de s'interroger &#224; ce titre sur le statut de cette partition au regard du droit d'auteur : n'ai-je pas commis un vil, d&#233;testable, ignominieux d&#233;lit de contrefa&#231;on en diffusant ainsi une reproduction (&#224; peine) d&#233;guis&#233;e des &#233;quations de Perec, lesquelles portent &#233;videmment toute l'empreinte de sa personnalit&#233;, de son &#233;l&#233;gance, son humour, son g&#233;nie ? &#192; quoi je r&#233;ponds : messieurs les avocats, j'attends votre mise en demeure. Il y a de la place dans ma corbeille.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Il n'y a rien &#224; faire : je me sens bien sur les touches blanches. Ce qui me vaut d'ailleurs d'&#234;tre fr&#233;quemment tax&#233; de &#034;vieux r&#233;actionnaire tonal&#034; &#8212; tiens, trois autres qualificatifs pour ma collections &#8212; par mon coll&#232;gue Jean-Fran&#231;ois Piette. &#192; quoi je r&#233;ponds : zut.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Douze &#233;tudes pour avoir chaud l'hiver</title>
		<link>http://url.oumupo.org/Douze-etudes-pour-avoir-chaud-l-hiver</link>
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		<dc:date>2015-01-11T13:51:32Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Valentin Villenave</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;Ce recueil d'&#233;tudes pour contrebasse seule a &#233;t&#233; en grande partie r&#233;dig&#233; pour mon propre usage ; je le publie dans l'espoir qu'il soit utile &#224; d'autres d&#233;butants.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://url.oumupo.org/-Pieces-instrumentales-" rel="directory"&gt;Pi&#232;ces instrumentales&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Ce recueil d'&#233;tudes pour contrebasse seule a &#233;t&#233; en grande partie r&#233;dig&#233; pour mon propre usage ; je le publie dans l'espoir qu'il soit utile &#224; d'autres d&#233;butants.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Ces quelques &#233;tudes ont &#233;t&#233; r&#233;dig&#233;es de d&#233;cembre 2013 &#224; octobre 2014, &#224; mesure que je commen&#231;ais &#224; apprendre &#224; jouer de la contrebasse, et afin de documenter ma propre progression (ce n'est pas la seule raison, comme on le verra). J'avais &#233;t&#233; tent&#233; &#224; l'origine d'en &#233;crire deux par mois, mais l'&lt;a href='http://url.oumupo.org/Fragment-1' class=&#034;spip_in&#034;&gt;on sait&lt;/a&gt; ce qu'il advient en g&#233;n&#233;ral de ce genre de plans...[!sommaire]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces pi&#232;ces n'ont pas &#233;t&#233; cr&#233;&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_685 spip_document spip_documents spip_document_file spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;82&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href='http://url.oumupo.org/IMG/pdf/etudes_contrebasse.pdf' class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='PDF - 310.8 kio' type=&#034;application/pdf&#034;&gt;&lt;img src='http://url.oumupo.org/local/cache-vignettes/L64xH64/pdf-e9ff2.svg?1772294780' width='64' height='64' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Douze &#233;tudes pour contrebasse seule
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;Licence Art Libre, 2014, Valentin Villenave.
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;tt&gt;&lt;pdf685&gt;&lt;/tt&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Historique&lt;/h2&gt;&lt;bloc&gt;
&lt;center&gt;[Cliquez pour d&#233;plier.]&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;Ma d&#233;couverte de la contrebasse se raconte comme un malencontreux quiproquo.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis une douzaine d'ann&#233;es, j'enseigne le piano dans une salle du conservatoire de Saint-Maur des Foss&#233;s&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Je pr&#233;f&#232;re d'ordinaire &#233;viter de mentionner ce nom.&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, qui sert habituellement aux cours de contrebasse. S'agissant d'un instrument, n'ayons pas peur des mots, encombrant&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Qualit&#233; que la contrebasse poss&#232;de en commun avec la harpe, les instruments (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, le Conservatoire en conserve quelques exemplaires &#224; la disposition des &#233;l&#232;ves : dans le grand placard de la salle veillent ainsi, solennellement align&#233;es, une demi-douzaine de grands-m&#232;res en bois verni, hi&#233;ratiques et silencieuses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ayant gard&#233; de ma prime enfance une propension jamais d&#233;mentie &#224; mettre les mains l&#224; o&#249; il ne faut pas, c'est tout naturellement que je me suis retrouv&#233;, au fil des ann&#233;es, &#224; ouvrir le placard en louced&#233; ; tout d'abord sous un vague alibi p&#233;dagogique (de tous mes &#233;l&#232;ves successifs, il n'en est pas un qui n'ait eu droit &#224; la s&#233;ance de d&#233;couverte de la contrebasse), puis pour une raison beaucoup moins avouable et donc beaucoup plus profonde : &lt;i&gt;cela m'amusait&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jusqu'au jour o&#249;, &#233;videmment, ce qui devait advenir advint : je me fis gauler la main dans le pot de confiture &#8212; c'est-&#224;-dire, les doigts sur les cordes de l'instrument, en flagrant d&#233;lit de solo bidon en &lt;i&gt;pizz&lt;/i&gt;. Le professeur de contrebasse (Herv&#233; Moreau, ancien bassiste de rock, cheveux courts grisonnants dans sa combinaison de moto en cuir) avait justement choisi ce jour fatidique pour rattraper des cours, et venait donc s'approvisionner dans son placard usuel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pris la main dans le sac (c'est-&#224;-dire sur les cordes, encore une fois), je ne pus que bredouiller la premi&#232;re excuse qui me vint (autre que &#034;je glandouille avec une contrebasse parce que j'en ai sous la main et que &#231;a me fait marrer&#034;) : je ne me souviens plus exactement de quelle fa&#231;on je suis parvenu &#224; lui faire valoir que j'avais envers cet instrument un int&#233;r&#234;t authentique et sinc&#232;re (ce qui devait s'av&#233;rer exact par la suite, mais je l'ignorais alors) &#8212; je redoute m&#234;me d'avoir laiss&#233; entendre que je voulais en faire depuis mon plus jeune &#226;ge, ce qui aurait &#233;t&#233; un mensonge &#233;hont&#233; : le piano est et demeurera toujours &lt;strong&gt;mon&lt;/strong&gt; instrument, mon moyen d'expression, mon mode de vie, et il ne m'&#233;tait jamais, au grand jamais, venu &#224; l'id&#233;e d'en pratiquer aucun autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les deux points essentiels que j'ignorais alors &#8212; mais que je n'allais point tarder &#224; r&#233;aliser &#8212; &#233;taient que, &lt;i&gt;primo&lt;/i&gt;, Herv&#233; n'est pas homme &#224; se laisser effaroucher facilement, &lt;i&gt;secundo&lt;/i&gt;, un professeur de contrebasse, comme pour d'autres instruments mal-aim&#233;s (notamment le tuba, dont je suis &lt;a href='http://url.oumupo.org/Danse-Kala' class=&#034;spip_in&#034;&gt;compagnon de route&lt;/a&gt; &lt;a href='http://url.oumupo.org/Danses-Kala' class=&#034;spip_in&#034;&gt;occasionnel&lt;/a&gt;), est toujours en qu&#234;te de sang neuf :&lt;br class='manualbr' /&gt;&#8212; Pas de probl&#232;me, tu peux t'en servir autant que tu veux &#8212; me r&#233;pondit-il &#8212; mais si cela t'int&#233;resse vraiment, tu sais qu'on est toujours ravi d'accueillir des &#233;l&#232;ves adultes dans la classe ?&lt;br class='manualbr' /&gt;Pris &#224; mon propre pi&#232;ge, je ne pus qu'acquiescer :&lt;br class='manualbr' /&gt;&#8212; Aaah... Mmmaimaimais voil&#224; qui est int&#233;ressant... Il va vraiment falloir que j'y r&#233;fl&#233;chisse alors...&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;&lt;strong&gt;* * *&lt;/strong&gt;&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;Soyons honn&#234;tes : je n'avais absolument, de pr&#232;s ou de loin, pas la moindre intention d'apprendre ni de pratiquer la contrebasse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et encore moins, puisqu'il sembla vite que ce serait le principal point d'achoppement, d'apprendre &#224; jouer de la contrebasse &lt;i&gt;&#224; l'archet&lt;/i&gt;. Faire vaguement doum-doum-doum en se la p&#233;tant jazzmen, certes, pourquoi pas. Jouer de la &lt;i&gt;musique&lt;/i&gt; &#8212; un mot qui depuis toujours est rest&#233; pour moi confus&#233;ment synonyme de &lt;i&gt;piano&lt;/i&gt; &#8212; alors l&#224; par contre, comment dire : hol&#224; ! Tout doux ! Pas de &#231;a Lisette ! Saute marquis ! et ainsi de suite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et pourtant. Ma vie ces derni&#232;res ann&#233;es n'a rien de particuli&#232;rement excitant. Je n'ai pas d'enfant, pas de m&#233;tier v&#233;ritable, pas de perspectives d'avenir, pas de projet exaltant. Je dois consacrer entre une vingtaine et une quarantaine d'heures par semaine &#224; accomplir des r&#233;ussites de jeux de cartes sur mon ordinateur (qui, comme moi, date du XX&lt;super&gt;e&lt;/super&gt; si&#232;cle et accuse son obsolescence). Je me retrouve r&#233;guli&#232;rement &#224; donner des coups de mains ridiculement fastidieux et harassants &#224; des gens que je ne connais quasiment pas et qui n'en peuvent mais, &#224; accepter des jobs &#233;pisodiques ridiculement mal pay&#233;s et dans lesquels je ne me sens ni comp&#233;tent, ni appr&#233;ci&#233;, ni utile, ou &#224; m'absorber corps et &#226;mes dans des t&#226;ches d&#233;bilitantes et v&#233;tillardes &#8212; l'autre matin, j'ai ainsi pass&#233; plus de deux heures et demies &#224; nettoyer une brosse &#224; cheveux de ma femme, puis &#224; en r&#233;aligner les picots un &#224; un.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Non que cette mani&#232;re de vivre me satisfasse ; souvent je me dis que mon temps pourrait d&#233;cid&#233;ment &#234;tre employ&#233; de mani&#232;re plus fructueuse, par exemple en r&#233;digeant des babioles pour mon site ou des partitions (qui n'int&#233;ressent certainement que peu de monde, et m&#234;me pas moi-m&#234;me). Ou bien, puisqu'il semble acquis que je sois condamn&#233; &#224; passer mon temps &#224; me divertir en toute improductivit&#233; pour ne pas contempler de trop pr&#232;s le n&#233;ant autour duquel mon existence se trouve advenir, je me plonge parfois dans des t&#226;ches destin&#233;es &#224; exercer mon intellect (ou du moins ce que j'aimerais poss&#233;der en la mati&#232;re) : l'espace d'un matin, la fantaisie me prendra d'acqu&#233;rir des rudiments de swahili ; un autre jour je me mettrai en t&#234;te de ma&#238;triser la syntaxe XSLT...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors bon, pourquoi pas la contrebasse, apr&#232;s tout.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s deux ou trois ans de tergiversations, je pris donc rendez-vous avec Herv&#233; Moreau pour quelques s&#233;ances informelles d'initiation, sans oser lui dire (sous peine de passer pour le plouc que j'&#233;tais) qu'apr&#232;s tout, le jeu &#224; l'archet ne m'int&#233;ressait aucunement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et c'est donc, tout naturellement, par l&#224; qu'il commen&#231;a.&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;&lt;strong&gt;* * *&lt;/strong&gt;&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;Un mot s'impose, &#224; ce stade, sur la bonne fortune qui m'a conduit &#224; me retrouver (&lt;i&gt;for my sins&lt;/i&gt;, diraient les Anglais) avec, non pas un &#233;l&#233;phant dans mon magasin de porcelaine, mais une contrebasse dans mon appartement &#8212; ce qui, somme toute, ne s'en &#233;loigne pas tant que cela.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ayant trouv&#233; un magasin qui proposait des contrebasses en location, je posai la question &#224; Herv&#233; Moreau, qui me mit imm&#233;diatement en contact avec son coll&#232;gue (et ancien professeur) &lt;a href=&#034;http://www.thierrybarbe-contrebasse.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Thierry Barb&#233;&lt;/a&gt;, immense virtuose et contrebassiste de renomm&#233;e internationale &#8212; et professeur titulaire non seulement au Conservatoire National Sup&#233;rieur de Paris, mais aussi &#224; Saint-Maur. Il arrivait &#224; ce dernier de louer ou pr&#234;ter des instruments &#224; quelques &#233;l&#232;ves ; je me rendis donc chez lui, tr&#232;s intimid&#233; et d&#251;ment muni d'un ch&#232;que cons&#233;quent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quinquag&#233;naire d&#233;garni et bonhomme, affable et g&#233;n&#233;reux (mais n'anticipons pas), Thierry Barb&#233; est de ces gens dont je ne parvieus jamais &#224; savoir ce qu'ils pensent : selon votre degr&#233; de confiance en vous, son sourire patelin vous para&#238;tra accueillant ou imp&#233;n&#233;trable &#8212; j'oscille constamment entre les deux. Alors qu'il me remettait sans c&#233;r&#233;monie une contrebasse, il interrompit son geste :&lt;br class='manualbr' /&gt;&#8212; Mais : il me semble vous reconna&#238;tre... N'&#234;tes-vous pas pianiste accompagnateur, par hasard ?&lt;br class='manualbr' /&gt;J'ignorais que ma renomm&#233;e se f&#251;t &#233;tendue jusqu'&#224; la classe de contrebasse, dont je n'avais accompagn&#233; que quelques &#233;l&#232;ves une d&#233;cennie auparavant. J'acquies&#231;ai pr&#233;cautionneusement.&lt;br class='manualbr' /&gt;&#8212; Oh, cela pourrait m'int&#233;resser ; que diriez-vous de travailler avec moi de temps en temps ?&lt;br class='manualbr' /&gt;Ne parvenant pas &#224; mesurer le degr&#233; d'inad&#233;quation infranchissable qui s&#233;pare le bricoleur que je suis de quelqu'un d'aussi exp&#233;riment&#233; que Thierry Barb&#233;, je m'empressai d'accepter de bon c&#339;ur, ravi de me sentir utile. Ce &#224; quoi je ne m'attendais pas, c'est le sourire complice (quoique toujours imp&#233;n&#233;trable) qu'il m'adressa alors que je lui tendais mon ch&#232;que.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est ainsi que j'ai eu la chance de faire la rencontre de Thierry Barb&#233;, et non seulement de travailler avec lui mais de d&#233;couvrir, sans toujours comprendre exactement ce &#224; quoi j'assistais, toute la &lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/user/tbarbecnsmdp&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;richesse de la contrebasse en tant qu'instrument soliste&lt;/a&gt; : son expressivit&#233;, sa plasticit&#233;, sa douceur famili&#232;re, la diversit&#233; de ses moyens et de ses langages, voire &#8212; mais nous y reviendrons dans un prochain article &#8212; sa technique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et le ch&#232;que ? &#192; ce jour et alors que je travaille avec lui depuis plus d'un an, je crois qu'il ne l'a toujours pas encaiss&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;&lt;strong&gt;* * *&lt;/strong&gt;&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;C'est donc muni d'une contrebasse chez moi (et d'un archet v&#233;ritable, dans un antique &#233;tui en bois muni d'une &#233;tiquette de l'Op&#233;ra de Paris, o&#249; Thierry Barb&#233; officie en tant que supersoliste), que je pris part &#224; ma premi&#232;re le&#231;on aupr&#232;s d'Herv&#233; Moreau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un peu comme les deux ou trois fois dans ma vie o&#249; je me suis retrouv&#233; &#224; assister &#224; un office religieux, j'avais pris le parti de ne pas manifester ma d&#233;sapprobation de fa&#231;on trop ouverte ou pr&#233;matur&#233;e, mais d'afficher au contraire une ouverture d'esprit de bon aloi&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;C'est la raison pour laquelle je n'essaye aujourd'hui m&#234;me plus d'assister &#224; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Herv&#233; Moreau poss&#232;de une fa&#231;on tr&#232;s particuli&#232;re de pr&#233;senter la technique de contrebasse : &#034;La contrebasse, me d&#233;clara-t-il, est un instrument &lt;i&gt;zen&lt;/i&gt;.&#034; Il forma alors un cercle avec chacune de ses deux mains, paumes vers le plafond, en &lt;i&gt;jnana mudra&lt;/i&gt;... puis, sans rompre l'arrondi du pouce, pla&#231;a sa main gauche sur le manche de l'instrument et sa main droite sur la hausse de l'archet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelques instants plus tard, c'&#233;tait &#224; moi de poser l'archet sur la corde &lt;i&gt;r&#233;&lt;/i&gt; puis de d&#233;placer les crins... en obtenant exactement l'effet d&#233;plorable (&#034;crrrrrrr-rrr-rr-rr&#034;) que j'avais escompt&#233; &#8212; j'ai accompagn&#233; dans ma carri&#232;re trop d'&#233;l&#232;ves d&#233;butant en violon, alto ou violoncelle pour me faire la moindre illusion. Ce que je n'avais pas pr&#233;vu, c'est ce qui advint &#224; cet instant pr&#233;cis : Herv&#233; se saisit de l'archet par l'&lt;i&gt;autre&lt;/i&gt; extr&#233;mit&#233; (la pointe), et commen&#231;a &#224; guider mon geste sans que je ne le l&#226;che.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Imm&#233;diatement, la corde se mit en mouvement ; le son qui en sortit &#233;tait ample, noble, grave et ferme : en un mot (que je n'emploie jamais), il &#233;tait &lt;i&gt;beau&lt;/i&gt;. Et je continuais de laisser l'archet se mouvoir, d'abord d'une fa&#231;on enti&#232;rement nouvelle et inhabituelle pour moi, puis avec un peu plus d'assurance. Compl&#232;tement d&#233;sempar&#233; par cette situation dans laquelle je me sentais &#224; la fois enti&#232;rement impuissant mais en m&#234;me temps sur le point de d&#233;couvrir quelque chose d'enti&#232;rement nouveau, je finis par regarder ma main &#8212; depuis un moment d&#233;j&#224;, Herv&#233; avait laiss&#233; l'archet lui &#233;chapper, et j'&#233;tais en fait seul &#224; jouer sous son regard approbateur et indulgent, comme celui d'un p&#232;re qui, cessant discr&#232;tement de pousser son enfant sur son v&#233;lo, le regarde s'&#233;loigner, en &#233;quilibre sur deux roues pour la premi&#232;re fois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelque chose venait de se produire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour la premi&#232;re fois depuis vingt ans, je venais d'entamer un nouveau cursus musical.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et, pour la premi&#232;re fois depuis dix ans, j'allais me pr&#233;cipiter de d&#233;couverte en d&#233;couverte.&lt;/p&gt;
&lt;/bloc&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Description&lt;/h2&gt;&lt;bloc&gt;
&lt;center&gt;[Cliquez pour d&#233;plier.]&lt;/center&gt;&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Avertissement : comme toujours, les quelques indications qui suivent ne sont livr&#233;es qu'&#224; titre de curiosit&#233;, et ne sont pas n&#233;cessaires &#224; la compr&#233;hension de la partition !&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;De m&#234;me que le voyageur arriv&#233; dans un pays exotique s'extasie, de fa&#231;on &#233;minemment ridicule, sur la moindre pierre au bord de la route, celui qui d&#233;bute un nouvel instrument conna&#238;t une phase d'&#233;merveillement dans laquelle on peut lui faire jouer &#224; peu pr&#232;s n'importe quoi, quelle qu'en soit la qualit&#233; musicale : ainsi, j'ai pass&#233; un an &#224; arpenter en tous sens la m&#233;thode Nanny comme s'il s'agissait d'un recueil in&#233;dit de Chopin, et je suis en ce moment m&#234;me en train de travailler avec beaucoup d'all&#233;gresse l'&#233;tude de Gregora/Simandl sous le regard goguenard de Thierry Barb&#233; pour qui ce r&#233;pertoire est du plus &#233;cul&#233;. Je n'en ai cure : le simple fait d'&lt;i&gt;&#233;mettre des sons&lt;/i&gt;, et de m'approprier des gestes instrumentaux (&#233;ventuellement) expressifs, me remplit de joie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette constatation, que j'ai pu &#233;tablir moi-m&#234;me de nombreuses fois en tant que professeur, s'accompagne d'un corollaire : pass&#233;e la phase de d&#233;couverte, advient une phase que l'on pourrait dire &#034;de consolidation&#034; et qui, &lt;i&gt;elle&lt;/i&gt;, repr&#233;sente le passage le plus ingrat pour un nouvel &#233;l&#232;ve : nombreux sont ceux et celles sur qui le d&#233;couragement s'abat en deuxi&#232;me ou troisi&#232;me ann&#233;e de piano.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je me connaissais trop bien pour ne pas m'attendre &#224; un retour de balancier d&#233;pressif et d&#233;sabus&#233; (probablement, pensais-je alors, aux alentours de mon troisi&#232;me mois d'apprentissage), et j'&#233;tais trop lucide sur ma propre faiblesse de caract&#232;re pour ne pas savoir que ce d&#233;couragement, quand il adviendrait, ne manquerait pas de me conduire &#224; abandonner purement et simplement mon apprentissage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les pr&#233;sentes &#233;tudes sont le r&#233;sultat de ce calcul : non pas, comme je l'ai souvent dit (et c'est d'ailleurs vrai &#224; la marge), parce qu'elles me servirent &#224; jauger et documenter ma propre progression... Mais parce que je savais que je ne pourrais que finir par d&#233;cevoir, comme tous mes autres p&#232;res spirituels d'adoption pr&#233;c&#233;dents, mes deux professeurs qu'&#233;taient Herv&#233; Moreau et Thierry Barb&#233;. Et que lorsque ce jour adviendrait&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Je n'ai jamais d&#251; employer le verbe &#034;advenir&#034; que dans cet article. Mais en (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, et que j'abandonnerais la contrebasse de mon propre chef ou que, plus probablement, mon absence de progr&#232;s les conduirait &#224; se d&#233;tourner de moi... je pourrais au moins apaiser (un peu) ma conscience en leur offrant une partition pour faire amende honorable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je commen&#231;ai donc &#224; r&#233;diger quelques &#233;tudes, en prenant pour point d'appui la m&#233;thode Nanny pr&#233;cit&#233;e : chaque position (&#224; la contrebasse, l'on parlera plus volontiers de &lt;i&gt;degr&#233;&lt;/i&gt;) successivement abord&#233;e me fournissant la mati&#232;re &#224; une nouvelle partition.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#201;tude 0 : les bottes en caoutchouc&lt;/strong&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;Cette &#233;tude est ce que l'on pourrait appeler, d'un point de vue narratologique, une &lt;a href=&#034;http://tvtropes.org/pmwiki/pmwiki.php/Main/Retcon&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;retcon&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;. Herv&#233; Moreau m'ayant recommand&#233; de commencer par le deuxi&#232;me degr&#233; (celui o&#249; la main gauche se place &#224; &lt;i&gt;un ton&lt;/i&gt;, et non un demi-ton, de la corde &#224; vide), j'avais en fait r&#233;dig&#233; l'&#233;tude suivante en premier, avec une &#233;criture un peu plus personnelle et moins p&#233;dagogique (nous y reviendrons). Ce n'est que quelques jours plus tard que, d&#233;couvrant maintenant le premier degr&#233; (celui o&#249; la main gauche se place au plus haut du manche, et o&#249; la tension entre les doigts se fait le plus sentir), j'eus envie de r&#233;diger une nouvelle partition, plus facile et plus explicitement p&#233;dagogique &#8212; &#224; un point qui confine presque &#224; la caricature.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout comme la &#034;libert&#233; 0&#034; du Logiciel Libre, le num&#233;ro 0 de cette &#233;tude est donc d&#251; au fait que je l'ai ajout&#233;e a posteriori. Cependant, compter en commen&#231;ant par z&#233;ro &lt;a href=&#034;https://en.wikipedia.org/wiki/Zero-based_numbering&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;convient admirablement&lt;/a&gt; &#224; mon temp&#233;rament de &lt;i&gt;geek&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ayant commenc&#233; l'&#233;tude pr&#233;c&#233;dente (voir ci-dessous) sur &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;mi fa&lt;/code&gt;, je me sentis pouss&#233; &#224; faire de m&#234;me ici. Je me sers ici d'une &#233;criture simplifi&#233;e &#224; dessein, &#224; commencer par :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; la notation rythmique tout &#224; fait &#233;l&#233;mentaire (des noires et quelques croches),
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; la polarisation du langage (incluant m&#234;me une modulation &#224; la quinte),
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; la division en carrures s&#233;par&#233;es par des doubles barres (j'imagine d&#233;j&#224; le professeur conseillant &#224; son &#233;l&#232;ve d'apprendre &#034;jusqu'&#224; la deuxi&#232;me double barre pour la semaine prochaine&#034;),
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; et surtout la dichotomie, soulign&#233;e de fa&#231;on peu subtile, entre l'&#233;criture grave/pizzicato et m&#233;dium/arco. Ce type de dramatisation simpliste du discours est un ressort p&#233;dagogique &#233;cul&#233;, qui permet au professeur d'inciter l'&#233;l&#232;ve &#224; s'imaginer une confrontation entre deux personnages tr&#232;s diff&#233;rents : &lt;i&gt;Les Entretiens de la Belle et la B&#234;te&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Goldenberg &amp; Schmuyle&lt;/i&gt;, et ainsi de suite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De fa&#231;on tout aussi peu subtile, je brandis la pancarte s&#233;miologique &#034;attention, ceci est de la musique contemporaine&#034; en utilisant un chiffre de mesure &#224; 5 temps (en fait, la pi&#232;ce est structur&#233;e en &lt;i&gt;cinq&lt;/i&gt; carrures de &lt;i&gt;cinq&lt;/i&gt; mesures &#224; &lt;i&gt;cinq&lt;/i&gt; temps, ce qui me permet de me rassurer moi-m&#234;me en me disant que, m&#234;me dans du r&#233;pertoire p&#233;dagogique, je reste fid&#232;le &#224; mes obsessions) et en faisant intervenir un motif m&#233;lodique &#034;1 2 3&#034; (un demi-ton, puis deux puis trois), assez peu original mais se d&#233;marquant clairement d'un langage tonal ordinaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#201;tude 1 : les moufles&lt;/strong&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;Le titre de cette &#233;tude m'&#233;voque un souvenir d'enfance : dans le petit conservatoire que j'ai fr&#233;quent&#233; un temps, le professeur charg&#233; de diriger le (tr&#232;s m&#233;diocre) orchestre de cordes des d&#233;butants m'impressionnait toujours par sa patience, sa propension &#224; tout prendre de fa&#231;on positive, et son sens de l'humour : apr&#232;s une r&#233;p&#233;tition o&#249; un malheureux mouvement d'apr&#232;s Haydn, dans un arrangement ultra-facilit&#233;, s'&#233;tait vu impitoyablement massacrer, il &#233;tait ainsi capable de lancer au pupitre des violons &#034;Bon, on va reprendre du d&#233;but... et cette fois on enl&#232;ve les moufles !&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 2 d&#233;cembre 2013, alors que je commen&#231;ais tout juste &#224; apprendre la contrebasse, je fus frapp&#233; de voir qu'il me serait facile, avec le doigt&#233; rudimentaire que je venais tout juste d'apprendre (et gr&#226;ce au fait que la contrebasse s'accorde en quartes), de jouer mon motif pr&#233;f&#233;r&#233; sur quatre notes : &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;mi fa la si&lt;/code&gt; ou son renversement &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;mi fad lad si&lt;/code&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce motif m'accompagne depuis aussi longtemps que je puisse me souvenir ; adolescent, j'avais r&#233;alis&#233; une musique de sc&#232;ne pour &lt;i&gt;Le Songe d'une nuit d'&#233;t&#233;&lt;/i&gt; (sur des paroles traduites en fran&#231;ais) exactement sur ces intervalles ; quelques ann&#233;es plus tard, c'est &#233;galement lui qui allait sous-tendre, par exemple, l'air dit &#034;des bijoux&#034; dans mon &lt;a href='http://url.oumupo.org/-Opera-' class=&#034;spip_in&#034;&gt;premier op&#233;ra&lt;/a&gt;. Non pas que j'aie l'outrecuidance de m'en attribuer la paternit&#233; : on peut l'entendre de fa&#231;on tr&#232;s marquante, par exemple, dans le &lt;i&gt;Concerto pour deux pianos&lt;/i&gt; de Francis Poulenc&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ou encore dans la musique du film The Matrix &#8212; mais en mati&#232;re de r&#233;f&#233;rence (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La co&#239;ncidence &#233;tait d'autant plus appr&#233;ciable que, depuis &lt;a href='http://url.oumupo.org/Ballade' class=&#034;spip_in&#034;&gt;une douzaine d'ann&#233;es&lt;/a&gt;, je m'amuse pr&#233;cis&#233;ment &#224; commencer la plupart de mes partitions par les notes &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;mi fa&lt;/code&gt;, qui correspondent aux initiales de ma femme. Je commen&#231;ai donc &#224; &#233;crire une &#233;tude sur ce motif, avec des recombinaisons rythmiques et des m&#233;andres m&#233;lodiques comme &#224; mon habitude &#8212; et m&#234;me des &lt;i&gt;pizz&lt;/i&gt; de main gauche, vers la fin, qui me valurent un coup d'&#339;il goguenard d'Herv&#233; Moreau. (&#192; ce stade je n'envisageais aucunement d'adjoindre &#224; cette petite partition d'autres &#233;tudes : c'est en voyant l'accueil enthousiaste que lui firent &#034;mes&#034; deux professeurs de contrebasse, que l'id&#233;e me vint.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il en r&#233;sulte une petite pi&#232;ce assez expressive quoique sans doute convenue, &#224; laquelle je reste davantage attach&#233; qu'&#224; aucune autre dans ce recueil. Cependant ce reflet de mes idiosyncrasies a un prix : je pense que le texte, eu &#233;gard &#224; son niveau technique qui est celui d'un d&#233;butant absolu, est &#233;crit d'une fa&#231;on bien trop complexe pour les &#233;l&#232;ves que l'on rencontre d'ordinaire &#224; ce niveau (souvent tr&#232;s jeunes, m&#234;me si c'est moins vrai pour la contrebasse que pour d'autres instruments).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et cette tension (qui est celle de tout auteur s'essayant &#224; &#233;crire du r&#233;pertoire p&#233;dagogique tout en t&#226;chant d'&#234;tre original et expressif) s'&#233;tend tr&#232;s certainement &#224; bien d'autres des pi&#232;ces suivantes. Alors que j'&#233;cris une bonne soixantaine de pi&#232;ces p&#233;dagogiques chaque ann&#233;e pour mes propres &#233;l&#232;ves d&#233;butant(e)s, ces partitions pour contrebasse sont trop proche de moi pour que je puisse juger objectivement de leurs qualit&#233;s musicales ou p&#233;dagogiques. En fait, il me serait tout bonnement impossible de garantir qu'aucune de ces &#233;tudes puisse &#234;tre adapt&#233;e &#224; quiconque d'autre qu'un quasi-trentenaire amateur de piano et de musique mollement contemporaine, d&#233;marrant la contrebasse par pur d&#233;s&#339;uvrement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et s'il est brun &#224; lunettes, &#231;a doit aider aussi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#201;tude 2 : le gilet bleu &#224; pois verts et &#224; rayures rouges&lt;/strong&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;Ayant abord&#233; le premier et le deuxi&#232;me degr&#233; (l'ensemble desquels formant ce que l'on appellerait la &#034;premi&#232;re position&#034; pour un autre instrument &#224; cordes), il me restait &#224; m&#233;langer l'un et l'autre &#8212; et &#224; d&#233;couvrir de ce fait, ne serait-ce que de fa&#231;on balbutiante, les joies du &lt;i&gt;d&#233;manch&#233;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette &#233;tude est une tentative d'explorer ce point technique de la fa&#231;on la plus indolore possible, en m&#233;nageant de fr&#233;quents d&#233;crochages par les cordes &#224; vide. Ce n'est pas innocemment que j'emploie ici ce champ lexical : si toute pratique instrumentale est ontologiquement une exp&#233;rience physiologique et sensorielle, la contrebasse fait partie des instruments (contrairement au piano, sauf lorsqu'un abruti &#8212; brun &#224; lunettes &#8212; d&#233;cide de s'en servir pour se bousiller le poignet) dont l'apprentissage peut &#234;tre physiquement douloureux. Ampoules aux doigts, risque de crispation sur l'archet, n&#233;cessit&#233; d'une force physique impensable dans les doigts de la main gauche (en particulier l'auriculaire)... Le chemin n'est pas ais&#233;, et ne se parcourt pas sans laisser de traces &#8212; &#224; commencer par la corne sur les doigts, qui met un temps d&#233;sesp&#233;r&#233;ment long &#224; se former et dispara&#238;t d&#232;s que l'on prend une semaine de cong&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#201;tude 3 : l'&#233;charpe en tricot&lt;/strong&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;Un exercice que j'ai pass&#233; des mois &#224; r&#233;p&#233;ter scrupuleusement, sur le conseil d'Herv&#233; Moreau, consiste &#224; jouer des cordes &#224; vide en alternant avec l'archet entre deux cordes, en jouant deux puis quatre puis six ou huit notes dans chaque longueur d'archet : &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;sol r&#233; sol r&#233; sol r&#233; sol r&#233;&lt;/code&gt;, &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;r&#233; la r&#233; la r&#233; la r&#233; la&lt;/code&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce morceau est, &#224; l'origine, une tentative de rendre cet exercice plus amusant musicalement. Comme la plupart des pi&#232;ces du recueil, il tend toutefois &#224; se complexifier &#224; mesure que la partition progresse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#201;tude 4 : le pantalon de velours&lt;/strong&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;Nous arrivons ici aux pi&#232;ces &#034;trich&#233;es&#034; qui repr&#233;sentent en fait la majeure partie du recueil : celles que j'ai &#233;crites pour me sentir fier de moi (et, nous l'avons vu, conjurer par avance mon sentiment de culpabilit&#233;) mais que je n'ai en fait jamais travaill&#233;es moi-m&#234;me &#224; la contrebasse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;criture syncop&#233;e et accentu&#233;e, l'emploi de lignes de basse discr&#232;tement chromatiques, l'usage d&#233;coratif de la quarte augment&#233;e et la pr&#233;sence de neuvi&#232;mes ajout&#233;es, font signe vers le &lt;i&gt;tango nuevo&lt;/i&gt; &#8212; dont la contrebasse est d'ailleurs un alli&#233; organique et naturel. Certes, inutile d'attendre une virtuosit&#233; d&#233;coiffante, &#231;a reste du tango &#034;&#224; papa&#034; (d'o&#249; le pantalon en velours) ; mais, de par son rythme et la diversit&#233; de ses articulations, de son phras&#233; et de ses nuances, cette pi&#232;ce est probablement difficile &#224; jouer correctement pour un d&#233;butant &#8212; raison pour laquelle je me suis bien gard&#233; d'essayer. Courageux, mais pas t&#233;m&#233;raire !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#201;tude 5 : l'anorak&lt;/strong&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;Une faiblesse du r&#233;pertoire p&#233;dagogique est qu'il requiert souvent des &#233;l&#232;ves de son comporter en petites fleurs fragiles : en mati&#232;re de piano, &lt;i&gt;La M&#233;thode Rose&lt;/i&gt; en est un exemple frappant (et demeure, malgr&#233; tout, la meilleure m&#233;thode qui existe&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;M&#234;me si j'ai parfaitement conscience de passer pour le dernier des r&#233;acs &#224; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;). M&#234;me dans les &lt;i&gt;Mikrokosmos&lt;/i&gt; de Bart&#243;k, il faut attendre les volumes les plus avanc&#233;s pour avoir des gestes musicaux dignes de l'&#233;criture &#034;barbare&#034; pour laquelle son auteur est c&#233;l&#232;bre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette &#233;tude (que je n'ai pas non plus travaill&#233;e moi-m&#234;me &#224; ce jour) est donc une tentative d'imaginer un caract&#232;re instrumental d&#233;cid&#233; et affirm&#233; (bourru sans &#234;tre brutal) qui soit adapt&#233; aux moyens techniques d'un &#233;l&#232;ve d&#233;butant. Comme dans beaucoup d'autres &#233;tudes pr&#233;sent&#233;es ici, le recours aux cordes &#224; vide est abondamment utilis&#233; et en particulier le &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;mi&lt;/code&gt; grave &#8212; ce qui n'est pas forc&#233;ment un cadeau car il s'agit d'une corde &#233;paisse et lourde, qui peut peiner &#224; se mettre en mouvement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#201;tude 6 : le sous-pull&lt;/strong&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;Tout comme dans l'&#233;tude 0 ci-dessus, cette br&#232;ve pi&#232;ce met en sc&#232;ne un &#034;dialogue&#034; entre deux &#233;critures diff&#233;rentes. J'ai ici essay&#233; de faire ressortir la diff&#233;rence par des moyens plus subtils : la diff&#233;rence de tessiture et de nuances est moins grande, et les phrases se distinguent les unes des autres avant tout par leur caract&#232;re (ponctuation d&#233;tach&#233;e/li&#233;e) et leur couleur : quartes et quintes justes pour l'une, intervalles diminu&#233;s pour l'autre. &#192; part cela, rien de particuli&#232;rement remarquable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#201;tude 7 : les grosses lunettes&lt;/strong&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;Toujours dans l'&#233;tude du d&#233;manch&#233; entre premier et deuxi&#232;me degr&#233;, l'id&#233;e m'est venue de traduire musicalement le d&#233;sespoir qui s'&#233;tait empar&#233; de moi pendant quelques semaines. Cette petite &#233;tude est chromatique et gris&#226;tre, mais j'esp&#232;re pouvoir en tirer un effet involontairement comique, comme un &lt;i&gt;lamento&lt;/i&gt; un peu grotesque, jou&#233; par un personnage maladroit (et dot&#233;, comme il se doit, de grosses lunettes).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors que je comptais terminer sur le &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;sol&lt;/code&gt; di&#232;se, j'ai trouv&#233; amusant d'ajouter un &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;fa&lt;/code&gt;... sans me rendre compte qu'il serait forc&#233;ment entendu comme une r&#233;solution en fa mineur ! (Je compte cependant sur l'impr&#233;cision des hauteurs &#224; l'extr&#234;me-grave de la tessiture, qui &#233;chappe pour une part &#224; l'oreille.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#201;tude 8 : le bonnet-lapin&lt;/strong&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;Le titre de cette &#233;tude me fut sugg&#233;r&#233; par le m&#233;decin-psychiatre qui me &lt;a href='http://url.oumupo.org/Freud-fooding' class=&#034;spip_in&#034;&gt;suit&lt;/a&gt; (ou pour le dire de fa&#231;on plus convenue et un tantinet snob : &#034;mon psy&#034;), un jour o&#249; je lui expliquais mon attirance g&#233;n&#233;ralis&#233;e envers les femmes portant un bonnet de laine sur la t&#234;te. Pour une raison inexplicable (et que je pr&#233;f&#232;re probablement ne pas examiner de trop pr&#232;s), il se mit &#224; parler de bonnets-lapin : c'&#233;taient, me dit-il, des bonnets munis de grandes oreilles qui, para&#238;t-il, avaient eu nagu&#232;re leur heure de gloire&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;V&#233;rification faite avec mon moteur de recherche habituel, je n'en trouvai (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Mais l'expression m'amusait ; lorsque je me mis (nous y reviendrons) &#224; mettre des titres sur ces &#233;tudes, je ne manquai pas d'y inclure LE bonnet-lapin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'un point de vue intervallique, l'usage de tritons et de tierces majeures est ici purement idiomatique pour l'instrument (il s'agit d'intervalles voisins de la quarte, qui peuvent donc se jouer ais&#233;ment avec des doigts successifs plac&#233;s sur deux cordes voisines). Un peu comme avec l'&#233;tude 5, il s'agit ici d'une tentative de proposer &#224; l'&#233;l&#232;ve d&#233;butant des gestes instrumentaux d&#233;cid&#233;s et faisant signe vers la notion de &#034;virtuosit&#233;&#034;, non dans leur difficult&#233; technique mais dans leur dimension ma&#238;tris&#233;e et leur caract&#232;re assur&#233;. La pi&#232;ce (qui commence &#224; &#234;tre d'une longueur cons&#233;quente, suivant la progression g&#233;n&#233;rale du recueil) suit un plan A-B-A tr&#232;s classique, la section du milieu offrant des phrases plus li&#233;es tandis que tout le d&#233;but, ainsi que la r&#233;-exposition, se joue enti&#232;rement d&#233;tach&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#201;tude 9 : les chaussettes (trou&#233;es)&lt;/strong&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;Comme peut-&#234;tre beaucoup de b&#233;otiens en mati&#232;re d'instruments &#224; cordes&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le piano se rapprochant davantage, je l'ai dit, de la famille des percussions.&#034; id=&#034;nh2-8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, je suis obs&#233;d&#233; par les &lt;u&gt;&lt;i&gt;pizz&lt;/i&gt; de main gauche&lt;/u&gt;. Je trouve que c'est la d&#233;couverte du si&#232;cle, mieux que l'invention de l'eau ti&#232;de, je suis en p&#226;moison d&#232;s que j'en vois (par exemple dans le &lt;i&gt;Trio&lt;/i&gt; de Ravel, ou les &lt;i&gt;Contrastes&lt;/i&gt; de Bart&#243;k), et j'ai toutes les peines du monde &#224; me retenir d'en mettre partout dans &lt;a href='http://url.oumupo.org/Etude-pour-violon' class=&#034;spip_in&#034;&gt;ma propre musique&lt;/a&gt;. Et de fait, je ne me retiens pas toujours, comme nous l'avons vu plus haut.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette &#233;tude est donc mon d&#233;fouloir personnel en mati&#232;re de &lt;i&gt;pizz&lt;/i&gt; de main gauche, et le titre fait allusion aux &#034;trous&#034; que ceux-ci repr&#233;sentent dans le discours musical. D'un point de vue technique, elle commence aussi &#224; requ&#233;rir des positions assez basses sur le manche (s'approchant m&#234;me de l'octave, que j'ai commenc&#233; &#224; aborder apr&#232;s un peu moins de six mois de pratique), et s'ach&#232;ve par une suite de double-cordes qui correspondent &#224; l'id&#233;e que je me faisais, &#224; ce stade, d'une &#233;criture &#034;spectaculaire&#034; &#224; la contrebasse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#201;tude 10 : la combinaison de ski&lt;/strong&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;Autre &#233;tude &#034;th&#233;matique&#034;, celle-ci explore les harmoniques, c'est-&#224;-dire avant tout celle d'octave qui fait partie de la technique de jeu essentielle de l'instrument, mais aussi l'harmonique naturelle de quinte, un peu plus difficile &#224; sortir (&#224; mon niveau du moins). Je l'avais appris en cours d'orchestration mais il faut le voir soi-m&#234;me pour mesurer &#224; quel point c'est vrai : la contrebasse &lt;i&gt;raffole&lt;/i&gt; des harmoniques naturelles, en particulier dans l'aigu de l'instrument, o&#249; elles permettent de jouer juste et sans trop d'efforts de la main gauche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#201;tude 11 : ... le slip !&lt;/strong&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;Cette derni&#232;re &#233;tude tente de pousser un peu plus loin (mais pas trop, esp&#233;rons-le) l'aspect &#034;virtuose&#034; dont nous parlions plus haut. Jou&#233;e &#224; un tempo suffisamment vif, j'esp&#232;re qu'elle pourrait m&#234;me &#234;tre donn&#233;e, par exemple, en concert d'&#233;l&#232;ves. (Mais, comme je le disais : aucune garantie.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question des titres est de celles que je ne parviens jamais &#224; trancher. En &#034;vieux con&#034; que j'&lt;a href='http://url.oumupo.org/OuMuPo-mais-qu-est-ce-donc' class=&#034;spip_in&#034;&gt;estime &#234;tre&lt;/a&gt;, mon penchant naturel m'inciterait plut&#244;t &#224; ne pratiquer que des titres non-descriptifs, aust&#232;res et classiques : sonate, pr&#233;lude, nocturne... apr&#232;s tout, &#224; quel auteur du XIX&lt;super&gt;e&lt;/super&gt; si&#232;cle serait-il venu &#224; l'id&#233;e de glisser des blagounettes dans les titres de ses morceaux ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et pourtant, certains instruments semblent &lt;a href='http://url.oumupo.org/Danse-Kala' class=&#034;spip_in&#034;&gt;appeler&lt;/a&gt; les titres imaginatifs ; tout particuli&#232;rement dans le r&#233;pertoire p&#233;dagogique o&#249; les auteurs semblent rivaliser (souvent piteusement) d'id&#233;es saugrenues, quitte &#224; trahir la pauvret&#233; de leur imagination (aah, la M&#233;thode rose et ses &lt;i&gt;Tendre berceuse&lt;/i&gt; et autres &lt;i&gt;Vaillant chevalier&lt;/i&gt;), la ringardise inh&#233;rente &#224; leur g&#233;n&#233;ration (Marcel Bitsch &#8212; &lt;i&gt;enough said&lt;/i&gt;), ou leur absence de sens de l'humour. &#192; ce paysage navrant de la musique didactique fran&#231;aise, je me devais donc d'apporter ma propre insuffisance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est en rentrant chez moi, par l'un de ces soirs d'automne qui m'am&#232;nent toujours &#224; me demander pourquoi diable le mois de novembre n'a pas &#233;t&#233; class&#233; dans la saison &#034;hiver&#034;, que l'id&#233;e me vint de donner des titres en forme de v&#234;tements. C'est marrant et culturellement (&#224; peu pr&#232;s) neutre&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Toujours &#231;a de pris en ces temps d'hyst&#233;rie identitaire raciale et (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, &#231;a peut parler aux enfants aussi bien qu'aux adultes (pour tout ce qu'il y a entre les deux, j'ai abandonn&#233;), et si un jour je trouvais quelqu'un pour illustrer ces partitions, cela pourrait donner lieu &#224; des dessins rigolos.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela autorise une certaine fantaisie (quoique relativement innocente) : par exemple l'accumulation discr&#232;te de modalisateurs d&#233;coratifs (les trois couleurs du gilet, les chaussettes trou&#233;es, etc.), ou encore l'appel &#224; une imagination tactile et sensorielle (le velours c&#244;tel&#233;, le tricot).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du coup, le recueil peut se lire comme une partie de &lt;i&gt;Loup y es-tu&lt;/i&gt; ; &#034;je mets ma culotte&#034;, &#034;je mets mon pantalon&#034;, etc. Il devient alors amusant de subvertir l'ordre du rituel d'habillement, en commen&#231;ant par les bottes avant les chaussettes, l'anorak avant le sous-pull, les moufles avant tout le reste... Et le slip en tout dernier, comme un oubli &#224; r&#233;parer d'urgence &#8212; libre au lecteur d'en faire une lecture psychanalytique, ce qui m'amuserait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le fait de terminer par le slip est non seulement logique, mais pas enti&#232;rement innocent (puisque je parlais &#224; l'instant de subversion) : je publie ce recueil dans un contexte socio-politique de retour en force des valeurs r&#233;actionnaires et contre-r&#233;volutionnaires, o&#249; les questions li&#233;es &#224; l'&#233;ducation des enfants et au &lt;a href=&#034;http://leplus.nouvelobs.com/contribution/1144548-je-suis-l-auteur-du-livre-tous-a-poil-cope-n-a-rien-compris-a-notre-ouvrage.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;tabou de la nudit&#233;&lt;/a&gt; se retrouvent agit&#233;es comme un hochet pour un oui ou pour un non.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quelques transcriptions et paraphrases&lt;/strong&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;Les pages qui cl&#244;turent le pr&#233;sent recueil ont &#233;t&#233; r&#233;dig&#233;es d&#233;but 2014. J'y pr&#233;sente p&#234;le-m&#234;le quelques id&#233;es qui me sont venues d'apr&#232;s des morceaux de piano dont je suis familier : le &lt;i&gt;Jimbo's Lullaby&lt;/i&gt; de Claude Debussy dont j'ai fait la connaissance autrefois &#224; l'&#226;ge de onze ans et que j'enseigne aujourd'hui &#224; mes propres &#233;l&#232;ves, ou encore les deux sonates en La mineur de Schubert qui restent pour moi un objet myst&#233;rieux et fascinant. (Je parle ici de leur version d'origine, et non de cette transcription lourdement adapt&#233;e qui, malheureusement, ne garde pas grande trace du myst&#232;re en question.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; ces phrases s'ajoute ici un th&#232;me de jazz qui m'accompagne lointainement depuis une petite quinzaine d'ann&#233;es, et que l'on reconna&#238;tra peut-&#234;tre ici m&#234;me si je ne l'&#233;voque que par allusion. De fait, le jazz est le langage par lequel j'en suis venu, &#224; l'origine, &#224; m'int&#233;resser &#224; la contrebasse (dans sa version exclusivement &lt;i&gt;pizzicato&lt;/i&gt; &#224; l'origine, tant il est vrai que chaque fois qu'un contrebassiste de jazz se saisit d'un archet, l'on peut s'attendre &#224; un long et plus ou moins &#233;prouvant moment de solitude).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Herv&#233; Moreau, du reste, m'a fortement encourag&#233; &#224; fournir ce genre de partitions : &#034;&lt;i&gt;si tu as d'autres id&#233;es de morceaux jazz comme &#231;a avec pizzs et petite m&#233;lodies (arco ou pas) &#231;a va faire un malheur !&lt;/i&gt;&#034; Je m'y mettrai peut-&#234;tre un de ces jours, mais je dois avouer avoir du mal &#224; consid&#233;rer cela comme un travail d'&#233;criture honn&#234;te, puisque c'est plut&#244;t un amusement pour moi et que cela ne me demande quasiment aucune r&#233;flexion (ce genre de partition prend moins de temps &#224; &#233;crire qu'&#224; &#233;couter ; je pourrais en faire des dizaines de suite sans y accorder aucune valeur).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je parle bien s&#251;r ici d'honn&#234;tet&#233; intellectuelle, et non de la vaste &lt;a href='http://url.oumupo.org/Entretiens-d-un-Libriste' class=&#034;spip_in&#034;&gt;fumisterie&lt;/a&gt; que certains persistent &#8212; para&#238;t-il &#8212; &#224; appeler &#034;droit d'auteur&#034; : en effet, pour peu que d'obscurs &lt;a href=&#034;http://sacem.fr&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;laquais&lt;/a&gt; de l'industrie discographique en aient vent, une ligne de basse s'inspirant d'une grille d'accords sous copyright pourrait tr&#232;s bien se trouver attaqu&#233;e pour d&#233;lit de contrefa&#231;on.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; quoi je r&#233;ponds : &lt;i&gt;come at me, bro&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/bloc&gt;
&lt;p&gt;Bonne lecture !&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;i&gt;Valentin&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Je pr&#233;f&#232;re d'ordinaire &lt;a href='http://url.oumupo.org/Quelques-mots-d-introduction' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&#233;viter&lt;/a&gt; de mentionner ce nom.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Qualit&#233; que la contrebasse poss&#232;de en commun avec la harpe, les instruments &#224; clavier et la plupart des percussions d'orchestre.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;C'est la raison pour laquelle je n'essaye aujourd'hui m&#234;me plus d'assister &#224; des c&#233;r&#233;monies, qu'elles soient religieuses ou non : dissimuler mon mauvais esprit me demanderait trop d'&#233;nergie.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Je n'ai jamais d&#251; employer le verbe &#034;advenir&#034; que dans cet article. Mais en m&#234;me temps, &#231;a fait classe. Alors.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ou encore dans la musique du film &lt;i&gt;The Matrix&lt;/i&gt; &#8212; mais en mati&#232;re de r&#233;f&#233;rence culturelle, &#231;a fait moins classe.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;M&#234;me si j'ai parfaitement conscience de passer pour le dernier des r&#233;acs &#224; chaque fois que j'ose prof&#233;rer cette phrase.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;V&#233;rification faite avec mon &lt;a href=&#034;https://startpage.com&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;moteur de recherche habituel&lt;/a&gt;, je n'en trouvai aucune trace.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Le piano se rapprochant davantage, je l'ai &lt;a href='http://url.oumupo.org/Piano-la-chute-d-un-empire' class=&#034;spip_in&#034;&gt;dit&lt;/a&gt;, de la famille des percussions.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Toujours &#231;a de pris en ces temps d'&lt;a href='http://url.oumupo.org/Le-droit-de-ne-pas-etre-Charlie' class=&#034;spip_in&#034;&gt;hyst&#233;rie&lt;/a&gt; identitaire raciale et religieuse jusqu'au sommet de l'appareil m&#233;diatique et gouvernemental...&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Quinqua polka</title>
		<link>http://url.oumupo.org/Quinqua-polka</link>
		<guid isPermaLink="true">http://url.oumupo.org/Quinqua-polka</guid>
		<dc:date>2015-01-10T00:17:35Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Valentin Villenave</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;Cette aimable babiole est d&#233;di&#233;e &#224; mon ci-devant acolyte Lewis Trondheim, &#224; l'occasion de son cinquanti&#232;me anniversaire.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://url.oumupo.org/-Pieces-instrumentales-" rel="directory"&gt;Pi&#232;ces instrumentales&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Cette aimable babiole est d&#233;di&#233;e &#224; mon ci-devant acolyte Lewis Trondheim, &#224; l'occasion de son cinquanti&#232;me anniversaire.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Voici une petite pi&#232;ce r&#233;dig&#233;e pour les cinquante ans de Lewis Trondheim, pour ukul&#233;l&#233; seul (ou, en l'occurrence, deux ukul&#233;l&#233;s).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle est ici pr&#233;sent&#233;e dans un enregistrement r&#233;alis&#233; avec beaucoup de soin et de talent par mon coll&#232;gue &lt;a href=&#034;http://www.soulspawnbroker.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Alexandre Le Nagard&lt;/a&gt;, qui fait de cette partition (par ailleurs tr&#232;s peu remarquable) un v&#233;ritable bijou d'&#233;l&#233;gance et d'humour. Son apport est la seule raison qui me conduit &#224; la pr&#233;senter publiquement, au-del&#224; de l'histoire personnelle qu'elle repr&#233;sente pour moi.[!sommaire]&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;&lt;audio src=&#034;http://valentin.villenave.net/IMG/ogg/quinqua_polka.ogg&#034; controls autobuffer&gt;&lt;div class=&#034;spip_document_682 spip_document spip_documents spip_document_audio player&#034;&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;div class=&#034;audio-wrapper&#034; style='width:400px;max-width:100%;'&gt; &lt;audio class=&#034;mejs mejs-682&#034; data-id=&#034;4a9fe8ae&#034; preload=&#034;none&#034;&gt; &lt;source type=&#034;audio/mpeg&#034; src=&#034;IMG/mp3/quinqua_polka.mp3&#034; /&gt; &lt;/audio&gt; &lt;/div&gt; &lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt; &lt;div class=&#034;base64javascript137107496869d13cf7ecf5a6.99861852&#034; title=&#034;PHNjcmlwdCB0eXBlPSJtb2R1bGUiPgoKCQoJaW1wb3J0ICAnLy91cmwub3VtdXBvLm9yZy9wbHVnaW5zLWRpc3Qvc3BpcC9tZWRpYXMvbGliL21lanMvbWVkaWFlbGVtZW50LWFuZC1wbGF5ZXIubWluLmpzPzE3NzA4ODQwMDInOwoKCWltcG9ydCB7YWRkQ1NTfSBmcm9tICJhamF4Q2FsbGJhY2suanMiOwoJYWRkQ1NTKCdAaW1wb3J0IHVybCgibG9jYWwvY2FjaGUtY3NzL21lZGlhZWxlbWVudHBsYXllci5taW4tdXJsYWJzLWM3OTAtdXJsYWJzLWM3OTAuY3NzPzE3NzIyOTUzMzciKTsnLCdtZWpzJyk7CgoKCglpbXBvcnQgJy8vdXJsLm91bXVwby5vcmcvcGx1Z2lucy1kaXN0L3NwaXAvbWVkaWFzL2xpYi9tZWpzL2xhbmcvZnIuanM/MTc3MDg4NDAwMic7CglpZiAobWVqcy5pMThuLmxhbmcgIT09ICJmciIpIHsKCQltZWpzLmkxOG4ubGFuZ3VhZ2UoJ2ZyJyk7Cgl9CgoKCWNvbnN0IGF1ZGlvID0gbmV3IE1lZGlhRWxlbWVudFBsYXllcihkb2N1bWVudC5xdWVyeVNlbGVjdG9yKCdhdWRpb1tkYXRhLWlkPSI0YTlmZThhZSJdJyksIHsKCQlpY29uU3ByaXRlOiAnaHR0cDovL3VybC5vdW11cG8ub3JnL3BsdWdpbnMtZGlzdC9zcGlwL21lZGlhcy9saWIvbWVqcy9tZWpzLWNvbnRyb2xzLnN2ZycsCgkJLypmZWF0dXJlczpbXSwqLwoJfSk7Cgo8L3NjcmlwdD4=&#034;&gt;&lt;/div&gt;&lt;/audio&gt;
&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;&lt;tt&gt;&lt;pdf683&gt;&lt;/tt&gt;&lt;/p&gt;
&lt;table class=&#034;table spip&#034;&gt;
&lt;tbody&gt;
&lt;tr class='row_odd odd'&gt;
&lt;td&gt;&lt;div class='spip_document_683 spip_document spip_documents spip_document_file spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;73&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href='http://url.oumupo.org/IMG/pdf/polka.pdf' class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='PDF - 57.8 kio' type=&#034;application/pdf&#034;&gt;&lt;img src='http://url.oumupo.org/local/cache-vignettes/L64xH64/pdf-e9ff2.svg?1772294780' width='64' height='64' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Quinqua Polka pour ukul&#233;l&#233;
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;Licence Art Libre, Valentin Villenave, 2014.
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;&lt;div class='spip_document_684 spip_document spip_documents spip_document_file spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;38&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href='http://url.oumupo.org/IMG/zip/polka.ly.zip' class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='Zip - 868 octets' type=&#034;application/zip&#034;&gt;&lt;img src='http://url.oumupo.org/local/cache-vignettes/L64xH64/zip-4e942.svg?1772295714' width='64' height='64' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Quinqua Polka (code source LilyPond)
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;/tbody&gt;
&lt;/table&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Description.&lt;/h2&gt;&lt;bloc&gt;
&lt;center&gt;[Cliquez pour d&#233;plier.]&lt;/center&gt;&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Avertissement : comme toujours, les quelques indications qui suivent ne sont livr&#233;es qu'&#224; titre de curiosit&#233;, et ne sont pas n&#233;cessaires &#224; la compr&#233;hension de la partition !&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;C'est au d&#233;but de l'ann&#233;e 2014 que j'ai r&#233;dig&#233; cette aimable babiole, en vue de l'anniversaire de Lewis Trondheim. &#201;tant donn&#233; la nature de son d&#233;dicataire, il me fallait r&#233;pondre &#224; certaines contraintes bien pr&#233;cises. Ainsi, il fallait que ce soit une partition pour Ukul&#233;l&#233;, l'instrument par excellence de Lewis. (Je pensai m&#234;me un instant &#224; la r&#233;aliser pour ukul&#233;l&#233; et piano, puis je me dis tr&#232;s vite que ce serait un symbole trop lourdement appuy&#233;, &lt;i&gt;m&#234;me pour moi&lt;/i&gt;.) Il fallait par ailleurs qu'elle soit r&#233;dig&#233;e dans un langage tonal, familier et imm&#233;diatement accessible. Il fallait, enfin, qu'elle ne dure point trop longtemps. Et le titre &#233;tait tout trouv&#233; : ce serait une polka.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le choix de l'instrument, &#224; lui seul, repr&#233;sente ici une contrainte majeure : le ukul&#233;l&#233; est probablement le plus limit&#233; de sa famille (et parlant ici de la famille des instruments &#224; cordes, le mot est &lt;strong&gt;lourd&lt;/strong&gt; de sens), laquelle comprend pourtant quelques cousins notoirement scrofuleux tels le bouzouki ou le banjo. Il arbore une tessiture, au mieux (pour les ukul&#233;l&#233;s dits &#8212; non sans un sens de l'humour &#224; toute &#233;preuve &#8212; &#034;de concert&#034;), d'une dixi&#232;me mineure &#8212; souvent moins.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sa fa&#231;on de s'accorder n'est pas le moindre de ses charmes : &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;la r&#233;, fa&#9839; si&lt;/code&gt;, la premi&#232;re de ces cordes (c'est-&#224;-dire celle que l'on num&#233;rote quatri&#232;me, ne cherchez pas, c'est la logique des cordistes) &#233;tant &lt;i&gt;plus haute&lt;/i&gt; que les deux suivantes. Le ukul&#233;l&#233; dit &#034;de concert&#034; (ah ah ah, on ne s'en lasse jamais) est un ton plus bas. (En fait le plus simple pour s'en souvenir est que les trois derni&#232;res cordes, c'est-&#224;-dire les trois premi&#232;res, sont accord&#233;es comme celles d'une guitare mais en plus aigu ; la corde ext&#233;rieure, celle qui est jou&#233;e par le pouce de la main droite, sert de &#034;bourdon&#034; &#224; la dominante de la corde la plus grave, sauf que c'est une quinte vers le haut au lieu d'une quarte vers le bas. Ne cherchez pas, puisqu'on vous dit que c'est de la logique de ukul&#233;liste.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La m&#233;lodie se sert amplement des sixtes ajout&#233;es (ce qui accentue l'&#034;effet ukul&#233;l&#233;&#034;), multiplie les mouvements bris&#233;s et les arp&#232;ges renvers&#233;s en s'&#233;vertuant &#224; faire oublier qu'elle est en fait &#233;troitement prisonni&#232;re de l'instrument.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La partition est &#233;crite en cinquante temps (quelle id&#233;e originale), ce qui, dans le cas de carrures tr&#232;s convenues comme ici, requiert un peu d'adaptation (50 n'&#233;tant pas, la derni&#232;re fois que j'ai v&#233;rifi&#233;, un multiple de 8). Comme me l'a fait remarquer Lewis lorsque je la lui ai offerte (mais n'anticipons pas), le fait que j'aie choisi d'ajouter des silences &#224; la fin, conduit la partition &#224; faire vingt-six mesures et non pas vingt-cinq &#8212; &#224; quoi je lui ai r&#233;pondu : zut.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant &#224; l'accompagnement, il est initialement pens&#233; pour &#234;tre jou&#233; en m&#234;me temps que la m&#233;lodie, sur le m&#234;me instrument et par le m&#234;me interpr&#232;te. En &#233;crivant ces mots, je me rends compte que c'est une phrase bien &#233;trange &#224; &#233;crire pour un pianiste (tant nous sommes habitu&#233;s &#224; ce que la main gauche accompagne la main droite) mais beaucoup moins pour un guitariste (f&#251;t-il d&#233;cati au point de jouer du ukul&#233;l&#233;, comme ici) : il est courant que les guitares jouent en duo, avec une partie de pur accompagnement (la fameuse &#034;guitare rythmique&#034; qui rend le Hot Club de France si insupportable &#224; &#233;couter).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour une lecture plus simple, j'ai r&#233;dig&#233; l'accompagnement sous forme presqu'enti&#232;rement monodique, ce qui pr&#233;sente aussi l'avantage de ne pas trop passer au-dessus de la m&#233;lodie pour que cette derni&#232;re ressorte bien (ce qui est particuli&#232;rement ardu sur un instrument de moins de deux octaves), en essayant de ne pas donner &#224; l'instrumentiste d'&#233;carts impossible &#224; r&#233;aliser par rapport &#224; la m&#233;lodie (c'est la seule raison pour laquelle la voix du bas mesure &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;8&lt;/code&gt; joue &#034;do mi do&#034; au lieu de &#034;do r&#233; mi&#034;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, ce n'&#233;tait pas une partition que je devais livrer, mais un objet sonore (et l'&lt;a href='http://url.oumupo.org/Du-son-en-boite' class=&#034;spip_in&#034;&gt;on sait&lt;/a&gt; les probl&#232;mes que cela me pose). C'est ainsi que j'eus l'id&#233;e de demander &#224; mon coll&#232;gue et ami &lt;strong&gt;Alexandre Le Nagard&lt;/strong&gt;, aux talents multiples et trop peu connus : &lt;a href=&#034;http://www.soulspawnbroker.com&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;musicien de blues&lt;/a&gt;, chanteur, excellent guitariste dit &#034;classique&#034; et fin connaisseur du r&#233;pertoire, chef de ch&#339;ur,... Je lui envoyai la partition, et sachant sa comp&#233;tence en tant qu'ing&#233;nieur du son, je choisis de la pr&#233;senter sur deux port&#233;es s&#233;par&#233;es en lui sugg&#233;rant d'enregistrer les parties l'une apr&#232;s l'autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alexandre n'avait jamais vu de Ukul&#233;l&#233; de sa vie, mais nous n'allions pas nous laisser de si menus d&#233;tails nous arr&#234;ter. J'apportai &#224; Alexandre l'instrument caboss&#233; dont j'avais l'acquisition pour en jouer moi-m&#234;me dans un &lt;a href=&#034;http://chantoulipo.net/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;spectacle&lt;/a&gt;... et quarante-huit heures plus tard, il me renvoya l'enregistrement que je vous pr&#233;sente ici.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce fut pour moi un choc, au sens physique du terme : plusieurs minutes apr&#232;s avoir achev&#233; d'&#233;couter cette babiole de quarante-huit secondes, ma femme vint s'enqu&#233;rir de ma sant&#233; et me demanda si le fait que je sois rest&#233; immobile, le regard dans le vide et un sourire b&#233;at scotch&#233; sur la face, &#233;tait d&#251; &#224; un accident cardio-vasculaire.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/bloc&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Historique&lt;br&gt;&lt;span style=&#034;font-weight:initial&#034;&gt;(en trois chapitres)&lt;/span&gt;&lt;/h2&gt;&lt;bloc&gt;
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&lt;p&gt;Comme je le &lt;a href='http://url.oumupo.org/Les-courbes-de-Generations' class=&#034;spip_in&#034;&gt;constate&lt;/a&gt; r&#233;guli&#232;rement depuis mes plus jeunes ann&#233;es, je semble &#234;tre vou&#233; &#224; c&#244;toyer des gens de la g&#233;n&#233;ration pr&#233;c&#233;dente &#224; la mienne, plut&#244;t que les petits-camarades-de-mon-&#226;ge (concept dont l'existence m&#234;me me donne envie d'ouvrir la fen&#234;tre pour hurler dans la rue &#8212; ou vomir le long de la fa&#231;ade, selon les jours). Il s'agit certainement pour une part d'affinit&#233;s intellectuelles, mais aussi d'un besoin plus obscur de ma part de me chercher constamment un p&#232;re spirituel adoptif, voire (mais n'anticipons pas) une famille d'accueil.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, alors que j'ai atteint cette ann&#233;e &#8212; &lt;a href='http://url.oumupo.org/breve19'&gt;sombrement&lt;/a&gt; &#8212; l'&#226;ge de trente ans, la plupart des anniversaires marquants que j'ai eu l'occasion (le plaisir ? l'honneur ?) de c&#233;l&#233;brer sont ceux de mes accointances qui f&#234;taient leurs cinquante ans : mes colistiers &lt;a href='http://url.oumupo.org/Improvisation-sur-le-nom-de-Nicolas-Graner' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Nicolas Graner&lt;/a&gt; puis &lt;a href='http://url.oumupo.org/50-temps' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Gilles Esposito-Far&#232;se&lt;/a&gt;... et, plus r&#233;cemment, mon comp&#232;re de nagu&#232;re Lewis Trondheim qui a franchi cette ligne fatidique le 11 d&#233;cembre 2014.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lewis Trondheim (&lt;a href=&#034;http://lewistrondheim.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;site&lt;/a&gt;) a tenu une place importante dans ma vie depuis tr&#232;s longtemps, bien ne fasse effectivement sa connaissance. &#192; l'&#226;ge de 11 ans, j'empruntais &#224; la biblioth&#232;que ses albums cartonn&#233;s (&#233;ditions Dargaud) ; &#224; l'&#226;ge de 14 ans je relisais compulsivement l'article lui &#233;tant consacr&#233; dans un dictionnaire de bande dessin&#233;e que l'on m'avait offert pour No&#235;l ; &#224; l'&#226;ge de 17 ans je t&#233;l&#233;chargeais ill&#233;galement son &#339;uvre int&#233;grale sur les r&#233;seaux P2P de l'&#233;poque ; &#224; l'&#226;ge de 20 ans je lui consacrais ma ma&#238;trise de Lettres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lewis Trondheim est l'un de ces auteurs de bande dessin&#233;es qui ont le pouvoir de s&#233;duire les foules jusqu'&#224; l'hyst&#233;rie. Au-del&#224; des qualit&#233;s certaines de son &#233;criture et de l'originalit&#233; de sa d&#233;marche, son &#339;uvre est attachante, voire (terme qui m'avait beaucoup frapp&#233; dans la notice de dictionnaire pr&#233;cit&#233;e), envo&#251;tante. Pour le r&#233;sumer en un mot, depuis une vingtaine d'ann&#233;es Lewis a des &lt;i&gt;groupies&lt;/i&gt;, qu'il consid&#232;re d'un &#339;il distant et goguenard, voire m&#233;prisant ou agressif lorsqu'il est sur le point de se sentir intimid&#233; ou flatt&#233;. Aussi ai-je toujours veill&#233; &#224; ce qu'il n'apprenne pas la v&#233;rit&#233; sur mon compte : sous mon apparence d'auteur-s&#233;rieux-c&#233;r&#233;bral-exp&#233;rimental-sophistiqu&#233;, je ne suis en fait que ce petit gar&#231;on qui aurait tant aim&#233; &#234;tre le premier de ses fans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela seul suffit &#224; expliquer l'ambition folle (ou plus exactement, hyst&#233;rique) qui s'empara de moi lorsqu'&#224; l'&#226;ge de 21 ans, l'&lt;a href='http://url.oumupo.org/Note-d-intention' class=&#034;spip_in&#034;&gt;id&#233;e&lt;/a&gt; me prit de lui proposer d'&#233;crire un &lt;a href='http://url.oumupo.org/-Opera-' class=&#034;spip_in&#034;&gt;op&#233;ra&lt;/a&gt; avec moi. Je le contactai par le biais des &#233;ditions de l'Association, impressionn&#233; de ma propre audace.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et &#8212; plus impressionnant encore &#8212; il me r&#233;pondit. Avec sinc&#233;rit&#233; et maladresse.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;
Cher Valentin Villenave,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;c'est amusant que vous me proposiez d'&#233;crire le livret d'un op&#233;ra, et en plus dans la direction que vous m'indiquiez.&lt;br class='autobr' /&gt;
J'&#233;tais &#224; Paris il y a 3 jours et, marchant dans la rue, je me disais que l'Op&#233;ra s'&#233;tait coup&#233; du public car il n'&#233;tait plus actuel, il n'est plus &#233;crit &#224; notre &#233;poque, il est fig&#233;. Et je me disais donc qu'il faudrait que des mecs devraient aller au turbin pour faire quelque chose de moins pr&#233;tentieux, de moins vieillot.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;C'&#233;tait le 13 juin 2005. Il y a presque dix ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le jour le plus important de ma vie.&lt;/p&gt;
&lt;/bloc&gt;
&lt;bloc&gt;
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&lt;p&gt;La suite des &#233;v&#232;nements &#233;tant largement document&#233;e sur ce [Site], je n'y reviendrai que bri&#232;vement : pendant pr&#232;s d'un an nous n'avons travaill&#233; que par &#233;change de messages &#233;lectroniques, et ce n'est qu'en 2006 que je me suis vu contraint par la force des &#233;v&#232;nements (son prix au festival d'Angoul&#234;me) &#224; lui t&#233;l&#233;phoner pour la premi&#232;re fois, la trouille au ventre &#8212; sentiment qui ne m'a pas quitt&#233; aujourd'hui &#224; chaque fois que la circonstance se repr&#233;sente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est donc au printemps 2006, &#224; la faveur des vacances de P&#226;ques, que je rendis ma premi&#232;re visite &#224; Lewis Trondheim et sa famille, &#224; Montpellier o&#249; nous devions formaliser notre projet &#224; l'Op&#233;ra. J'y d&#233;couvris son go&#251;t pour la gastronomie, les jeux vid&#233;o (on aurait pu s'y attendre) et les petites chansonnettes accompagn&#233;es au ukul&#233;l&#233;, d'une main gauche un peu pataude avec force barr&#233;s du pouce, et toujours, une mine compass&#233;e extr&#234;mement comique. Et surtout, j'y fis la connaissance de sa femme Brigitte, d'une intelligence et d'une patience remarquables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant les presque trois ans qu'allait durer l'&#233;criture de notre op&#233;ra, et plus particuli&#232;rement pendant le mois de janvier 2009 o&#249; se tinrent les r&#233;p&#233;titions (dont j'ai rendu compte &lt;a href='http://url.oumupo.org/-Nom-de-code-Opera-Libre-' class=&#034;spip_in&#034;&gt;ici m&#234;me&lt;/a&gt;, j'eus plusieurs occasions de passer un moment en la compagnie de Lewis et de sa famille, pour un pr&#233;texte ou un autre, parfois simplement pour &#034;tra&#238;ner&#034; ensemble, d'autres fois pour d&#238;ner (me trouvant un peu comme un vagabond dans cette ville &#233;trang&#232;re, il n'est pas exclu que je leur aie inspir&#233; quelque piti&#233; &#224; cette &#233;poque). Des moments paradisiaques pour moi, moins parce qu'ils me permettaient de fr&#233;quenter mon idole (je m'employais d'ailleurs &#224; dissimuler tant bien que mal mon extase) que parce qu'ils rejoignaient mon obsession de parasite : partout o&#249; je vais, partout o&#249; je passe, ma seule envie, inavou&#233;e, est de me sentir &#034;en famille&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avance rapide en 2014, huit ans plus tard &#8212; cinq ans apr&#232;s la cr&#233;ation de &lt;i&gt;Affaire &#233;trang&#232;re&lt;/i&gt;. La v&#233;rit&#233; est que nous sommes un peu en froid depuis quelques ann&#233;es, Lewis et moi. Apr&#232;s notre op&#233;ra &#233;crit en commun, nos deux projets suivants, pourtant d'ambition moindre, ont capot&#233; mis&#233;rablement &#8212; et peut-&#234;tre plus essentiellement, j'ai perdu un par un tous mes espoirs de jeune homme, tout ce qui pouvait me donner une raison d'esp&#233;rer quelque chose de ce monde ou de l'avenir. Peut-&#234;tre suis-je devenu plus amer et cynique que Lewis Trondheim lui-m&#234;me, l'humour (voire le talent) en moins.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La v&#233;rit&#233;, cependant, est que je vivais mal l'&#233;cart flagrant entre la renomm&#233;e de Lewis et moi, et que nos relations &#233;taient condamn&#233;es &#224; rester ind&#233;l&#233;bilement entach&#233;es du complexe d'inf&#233;riorit&#233; que d&#233;veloppe &#224; l'&#233;gard de tous les &#034;hommes-tr&#232;s-occup&#233;s&#034;. Il m'avait toujours &#233;t&#233; difficile de me sentir redevable de sa mansu&#233;tude (je lui ai sorti ce terme une fois, il l'a tr&#232;s mal pris) et, ne communiquant plus avec lui qu'&#224; distance (c'est l&#224; que nous retrouvons la rude &#233;preuve que constitue toujours une conversation t&#233;l&#233;phonique avec Lewis), il me devint simplement impossible de ne pas prendre son ton sec et brusque pour de l'impatience ou de l'agacement : j'&#233;tais devenu ind&#233;sirable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le clou final dans le cercueil de notre collaboration fut plant&#233; au terme d'un projet ridicule quoique r&#233;mun&#233;rateur auquel Lewis m'a convi&#233; &#224; participer fin 2012, et dont je me suis promis de vous parler en d&#233;tail sur ce [Site] sans jamais trouver le c&#339;ur de le faire ; pour r&#233;sumer l'histoire (elle finit mal), Lewis en est venu &#224; me reprocher de manquer de professionnalisme et j'ai trouv&#233; l'accusation blessante et particuli&#232;rement d&#233;plac&#233;e. L'abc&#232;s crypto-&#339;dipien ayant &#233;t&#233; crev&#233;, nos contacts se sont fait &#233;pisodiques, environ une fois l'an (se r&#233;duisant m&#234;me, comble de la morosit&#233;, &#224; l'insipide rituel des v&#339;ux de bonne ann&#233;e par mail).&lt;/p&gt;
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&lt;center&gt;[Cliquez pour d&#233;plier.]&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;C'est dans cet &#233;tat d'esprit que je vis arriver l'ann&#233;e 2014 avec une fr&#233;n&#233;sie irr&#233;pressible : sachant (souvenez-vous de la notice de dictionnaire) que Lewis Trondheim &#233;tait n&#233; en 1964, son cinquanti&#232;me anniversaire allait me fournir une occasion de tenter de briser la glace.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s les premiers jours de l'ann&#233;e (alors que je m'employais &#224; f&#234;ter &lt;a href='http://url.oumupo.org/50-temps' class=&#034;spip_in&#034;&gt;comme il se doit&lt;/a&gt; un &lt;i&gt;autre&lt;/i&gt; anniversaire, celui de Gilles Esposito-Far&#232;se), je commen&#231;ai &#224; r&#233;diger quelques brouillons. Apr&#232;s quelques essais, je finis par r&#233;diger un petit th&#232;me d'apparence innocente, similaire en tout points &#224; ceux que j'invente par centaines lorsque j'accompagne un cours de danse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce que je ne savais pas (car Wikip&#233;dia n'existait pas &#224; l'&#233;poque o&#249; je parcourais les dictionnaires), c'est que Lewis Trondheim n'est pas n&#233; au d&#233;but de l'ann&#233;e, mais plut&#244;t vers la fin. Genre, en d&#233;cembre (le onze, pour &#234;tre exact). Commen&#231;a donc une longue attente jusqu'&#224; l'automne, que je mis &#224; profit pour m'assurer du concours de mon coll&#232;gue Alexandre Le Nagard (voir plus haut). S'il jugea &#233;trange (j'ai tout lieu de le croire) que je lui demande anxieusement deux fois par mois s'il serait dispos&#233;, le moment venu, &#224; m'enregistrer une petite pi&#232;ce de ukul&#233;l&#233; d'une dur&#233;e de cinquante secondes, il n'en laissa rien para&#238;tre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et tout d'un coup, quelques jours &#224; peine avant la date fatidique, &#201;tienne L&#233;croart, de l'&lt;a href=&#034;http://e.lecroart.free.fr/oubapo.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Oubapo&lt;/a&gt;, me convia &#224; un d&#238;ner chez lui (mon fantasme du d&#238;ner en famille se r&#233;veilla de plus belle), en compagnie de quelques membres de son ouvroir... &lt;i&gt;notamment&lt;/i&gt; Lewis Trondheim et son &#233;pouse !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'acceptai avec empressement et m'y rendis le c&#339;ur battant (bravant m&#234;me une gr&#232;ve des transports en parcourant plusieurs kilom&#232;tres &#224; pied jusque chez lui, sous la pluie battante d'une nuit venteuse). Et tout d'un coup, Lewis &#233;tait l&#224;, Lewis et ses blagues, Lewis et sa pr&#233;sence monumentalement dr&#244;le et monstrueusement envahissante, Lewis et ses jugements p&#233;remptoires, Lewis et ses silences d&#233;licieusement &lt;i&gt;awkward&lt;/i&gt;. Lewis r&#233;primand&#233; par sa femme, Lewis beuglant plus qu'il ne chante, Lewis et ses innombrables projets, ses voyages &#224; n'en plus finir, sa vie si manifestement passionnante d'homme-tr&#232;s-occup&#233;. Lewis comme toujours. Comme nous nous &#233;tions vus l'avant-veille, apr&#232;s une partie de &lt;i&gt;Tekken&lt;/i&gt; &#224; Montpellier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La soir&#233;e se passa &#224; &#233;laborer des plans pour travailler ensemble, non pas entre lui et moi, mais entre nos deux ouvroirs : l'Oubapo et l'&lt;a href='http://url.oumupo.org/OuMuPo-mais-qu-est-ce-donc' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Oumupo&lt;/a&gt; que j'ai fond&#233; il y a pr&#232;s de quatre ans (encore un parall&#233;lisme). Tant de projets excitants, auxquels je n'osai croire &#8212; comme je l'ai d&#233;j&#224; dit, j'ai aujourd'hui perdu mes esp&#233;rances. Du reste, j'&#233;tais bien trop enivr&#233; par cette soir&#233;e, par ma double fiert&#233; d'&#234;tre install&#233; &#224; table en compagnie d'auteurs que j'admirais et de la famille d'&#201;tienne, par les jeux de mots vaseux et m&#234;me pas dr&#244;les (donc hilarants) et par les beuglements pour me soucier d'un avenir hypoth&#233;tique &#8212; que je m'emploierai n&#233;anmoins &#224; faire advenir, m&#234;me si je tremble, au cas o&#249; cela se passerait mal, de perdre tout contact avec l'Oubapo, y compris &#201;tienne L&#233;croart pour qui j'ai le plus grand respect.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Telles furent mes pens&#233;es apr&#232;s le d&#238;ner, en accompagnant Lewis et sa femme dans le m&#233;tro (il s'&#233;tait d&#233;bloqu&#233; &#8212; le m&#233;tro), cependant que je me faisais violence pour descendre &#224; &lt;i&gt;ma&lt;/i&gt; station et ne pas rester encore un peu plus. La porte se ferma derri&#232;re moi et je poursuivis mon chemin dans la nuit, sans famille et sans avenir, mais &#8212; tout au plus &#8212; un peu r&#233;concili&#233; avec mon pass&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'&#233;tait il y a un mois et demi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis ? Pas grand chose.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ah &#8212; si : hier, est apparue une carte de v&#339;ux dans ma bo&#238;te mail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sign&#233;e Lewis Trondheim.&lt;/p&gt;
&lt;/bloc&gt;
&lt;p&gt;Bonne &#233;coute !&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;i&gt;Valentin&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Sweet suite</title>
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		<dc:date>2014-11-20T14:37:50Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Valentin Villenave</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;Ce recueil de sept pi&#232;ces br&#232;ves pour clavecin seul a &#233;t&#233; r&#233;dig&#233; au printemps 2014, autour de diverses contraintes d'&#233;criture.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://url.oumupo.org/-Pieces-instrumentales-" rel="directory"&gt;Pi&#232;ces instrumentales&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Ce recueil de sept pi&#232;ces br&#232;ves pour clavecin seul a &#233;t&#233; r&#233;dig&#233; au printemps 2014, autour de diverses contraintes d'&#233;criture.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le clavecin est un instrument que j'affectionne particuli&#232;rement mais pour lequel je n'&#233;tais jamais parvenu &#224; &#233;crire. Le d&#233;part &#224; la retraite de Richard Siegel, professeur de clavecin au conservatoire de Saint-Maur, m'a donn&#233; l'occasion d'&#233;crire pour cet instrument, entre mars et juin 2014, cette partition br&#232;ve et fort peu s&#233;rieuse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces pi&#232;ces n'ont pas &#233;t&#233; cr&#233;&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;tt&gt;&lt;pdf671&gt;&lt;/tt&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_671 spip_document spip_documents spip_document_file spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;92&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href='http://url.oumupo.org/IMG/pdf/sweet_suite-rc1.pdf' class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='PDF - 329.9 kio' type=&#034;application/pdf&#034;&gt;&lt;img src='http://url.oumupo.org/local/cache-vignettes/L64xH64/pdf-e9ff2.svg?1772294780' width='64' height='64' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;&#171; Sweet Suite &#187;, pour clavecin seul
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;Licence Art Libre &#169; Valentin Villenave, 2014
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Historique.&lt;/h2&gt;&lt;bloc&gt;
&lt;center&gt;[Cliquez pour d&#233;plier.]&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;De tous les professeurs qu'il m'a &#233;t&#233; donn&#233; de rencontrer ces dix-huit derni&#232;res ann&#233;es au conservatoire de Saint-Maur des Foss&#233;s, Richard Siegel est de ceux que j'ai longtemps regrett&#233; de ne pas fr&#233;quenter plus assidument.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce sentiment s'&#233;tend d'ailleurs &#224; l'instrument qu'il enseigne : il est peu de moments plus plaisants et d&#233;paysants, pour un pianiste, que de se trouver face &#224; un clavecin. Ses claviers nous invitent par leur apparence famili&#232;re, et pourtant nous d&#233;routent par leur technique incroyablement particuli&#232;re ; &#224; la fois expressif et fragile, cet instrument est une &#233;cole de l'humilit&#233; et du courage, de la pr&#233;cision et du d&#233;pouillement. Si ma pratique du continuo baroque, en tant qu'accompagnateur, m'a donn&#233; quelques occasions de jouer du clavecin (j'entends par l&#224; jouer &#034;au claveciniste&#034; comme l'on joue &#034;au docteur&#034;), j'ai toujours soup&#231;onn&#233;, et m&#234;me douloureusement ressenti, qu'il y avait l&#224; un instrument et une technique qui m'&#233;chappaient enti&#232;rement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La classe de clavecin (et ce n'est pas l&#224; la moindre de ses sp&#233;cificit&#233;s) est l'une des rares qui, dans un conservatoire, se passent enti&#232;rement d'accompagnateur &#8212; ce qui, dans mon cas, ne put qu'ajouter au sentiment de myst&#232;re et d'inaccessibilit&#233; qui l'entourait d&#233;j&#224; en mon esprit. Tout au plus pouvais-je croiser, de temps &#224; autre, un monsieur discret et grisonnant, peu expansif mais non d&#233;pourvu de caract&#232;re, de finesse et d'humour &#8212; d&#233;crire Richard Siegel, par bien des aspects, revient &#224; d&#233;crire l'instrument qu'il pratique.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_672 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://url.oumupo.org/local/cache-vignettes/L169xH226/richard_siegel-bae01.jpg?1772310032' width='169' height='226' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Ce que je ne connaissais pas de Richard Siegel &#224; l'&#233;poque, je n'ai pu le d&#233;couvrir qu'au fil des ann&#233;es, et particuli&#232;rement de ces derniers mois. Originaire de Minneapolis (une large partie de sa famille y r&#233;side encore), il cultive de nombreuses caract&#233;ristiques d'un &lt;i&gt;nerd&lt;/i&gt; (ce que nous appelerions improprement un &#034;geek&#034;) : vers&#233; dans l'informatique, fascin&#233; par l'&#233;gyptologie, passionn&#233; par les films d'&#233;pouvante du milieu du XX&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle (les loups-garous, principalement)... (L'un de ses fr&#232;res, &lt;a href=&#034;http://starwars.wikia.com/wiki/Mark_Siegel&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Mark Siegel&lt;/a&gt;, est lui-m&#234;me r&#233;v&#233;r&#233; par de nombreux geeks dans le monde, ayant cr&#233;&#233; de nombreux effets sp&#233;ciaux inoubliables pour le cin&#233;ma.) Pour autant, sa contribution la plus marquante reste &#233;videmment l'enseignement du clavecin (on lui doit notamment une &lt;a href=&#034;http://www.alphonseleduc.com/EN/recherche.php?q=siegel&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;collection p&#233;dagogique&lt;/a&gt;, tr&#232;s bien con&#231;ue quoique malheureusement propri&#233;taire, et dont il a eu la g&#233;n&#233;rosit&#233; de m'offrir un exemplaire un jour o&#249; je l'ai aid&#233; &#224; r&#233;parer son ordinateur).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autant dire que la distance teint&#233;e de respect qui me s&#233;parait de Richard s'est mu&#233;e, &#224; mesure que je me d&#233;couvrais des affinit&#233;s avec lui, en une amiti&#233; cordiale. Ayant appris qu'il partait &#224; la retraite &#224; la fin du mois de juin, je fus tent&#233; de lui rendre une mani&#232;re d'hommage de la seule fa&#231;on que je connaisse : en &#233;crivant quelque chose.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est ainsi que se dessina, au printemps 2014, un tournant majeur dans ma vie. Alors que je m'asseyais devant un cahier neuf, je me sentis &#224; nouveau submerg&#233; par ce r&#234;ve qui me poursuit depuis l'&#226;ge de douze ans : &#233;crire une grande Toccata pour le clavecin, une partition ambitieuse et monumentale, qui s'ajouterait au r&#233;pertoire de cet instrument aux c&#244;t&#233;s de l'h&#233;ritage de Couperin, Rameau et (surtout, en ce qui me concerne) Scarlatti. Cette &#339;uvre de plusieurs dizaines de pages, &#224; la fois complexe et limpide dans sa structure, d'une &#233;criture virtuose mais rigoureuse et exigeante, je l'imagine, je la vois et l'entends, je vis avec elle depuis dix-huit ans, &#224; chaque fois de fa&#231;on un peu plus pr&#233;cise et d&#233;taill&#233;e ; j'ai d&#233;j&#224; r&#233;dig&#233; d'innombrables brouillons pour tenter de m'en approcher, les abandonnant &#224; chaque fois parce qu'ils n'arrivaient jamais &#224; la hauteur de ce que je recherchais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui m'est donn&#233;e pour la premi&#232;re fois, &#224; l'&#226;ge de trente ans, l'occasion d'&#233;crire pour le clavecin ; j'ai enfin l'exp&#233;rience, l'expertise et la maturit&#233; n&#233;cessaires pour &#233;crire cette Toccata, et l'amener au grand jour pour l'offrir au monde et aux g&#233;n&#233;rations fu...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; ce stade-l&#224; de mes r&#233;flexions, je m'interrompis pour regarder le cahier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La page &#233;tait rest&#233;e d&#233;sesp&#233;r&#233;ment vide.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors, au lieu de ma Toccata r&#234;v&#233;e, j'ai commenc&#233; &#224; &#233;crire des conneries.&lt;/p&gt;
&lt;/bloc&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Description.&lt;/h2&gt;&lt;bloc&gt;
&lt;center&gt;[Cliquez pour d&#233;plier.]&lt;/center&gt;&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Avertissement : comme toujours, les quelques indications qui suivent ne sont livr&#233;es qu'&#224; titre de curiosit&#233;, et ne sont pas n&#233;cessaires &#224; la compr&#233;hension de la partition !&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Ce recueil est donc ma derni&#232;re tentative en date pour fuir l'&#233;criture de partitions plus s&#233;rieuses et intimidantes (telles le projet de Toccata que j'&#233;voquais ci-dessus). L'&#233;criture proc&#232;de donc ici d'une d&#233;marche distanciatoire, soulign&#233;e de fa&#231;on m&#233;tatextuelle par l'emploi de ce qu'une terminologie pr&#233;cise et ad&#233;quate nous oblige &#224; d&#233;crire comme : des jeux de mots &#224; deux balles&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Jeux de mots parmi lesquels certains m'ont &#233;t&#233; sugg&#233;r&#233;s par mon coll&#232;gue (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si ce recueil parcourt de fa&#231;on tr&#232;s approximative (et fort irrespectueuse) les styles ou clich&#233;s de ce que l'on nomme, avec une insupportable condescendance, les &#034;musiques anciennes&#034;, les pr&#233;sentes pi&#232;ces ne pr&#233;tendent &#234;tre rien d'autre que des &lt;a href='http://url.oumupo.org/OuMuPo-mais-qu-est-ce-donc' class=&#034;spip_in&#034;&gt;jeux d'&#233;criture&lt;/a&gt;, gouvern&#233;s par diverses contraintes formelles appliqu&#233;es de la fa&#231;on la plus stricte possible (et au demeurant ludique). Reste la question de savoir si ce stratag&#232;me dissimule un discours artistique profond et expressif ou s'il n'y a l&#224; qu'un proc&#233;d&#233; gratuit et superficiel ; je ne crois point qu'il m'appartienne de tenter d'y r&#233;pondre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Richard Siegel ayant bien voulu lire cette partition r&#233;dig&#233;e &#224; son intention, les explications suivantes sont nourries de ses commentaires. Comme il le dit tr&#232;s justement : &#034;&lt;i&gt;les compositeurs se donnent eux-m&#234;mes&lt;br class='autobr' /&gt;
des contraintes parfois bizarres...&lt;/i&gt;&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a id=&#034;table&#034;&gt;&lt;/a&gt;Eu &#233;gard &#224; la longueur de ce qui suit, vous pouvez acc&#233;der directement aux sections suivantes :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;a href=&#034;#prelude&#034; class=&#034;spip_ancre&#034;&gt;Pray lewd&lt;/a&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;a href=&#034;#allemande&#034; class=&#034;spip_ancre&#034;&gt;Almond&lt;/a&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;a href=&#034;#canzone&#034; class=&#034;spip_ancre&#034;&gt;Calzone&lt;/a&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;a href=&#034;#toccata&#034; class=&#034;spip_ancre&#034;&gt;Talk At'Tcha&lt;/a&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;a href=&#034;#menuet&#034; class=&#034;spip_ancre&#034;&gt;Menu A&lt;/a&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;a href=&#034;#ricercar&#034; class=&#034;spip_ancre&#034;&gt;Recheck Car&lt;/a&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;a href=&#034;#capriccio&#034; class=&#034;spip_ancre&#034;&gt;Ka-Preach, Yo&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pray lewd&lt;/strong&gt;&lt;a id=&#034;prelude&#034;&gt;&lt;/a&gt;&lt;a style=&#034;float:left;font-size:200%;&#034; href=&#034;#table&#034;&gt;&#8613;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Faire allusion &#224; la musique du XVII&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; et XVIII&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle, lorsqu'on &#233;crit pour le clavecin, rel&#232;ve de la tarte &#224; la cr&#232;me. Et pourtant, c'est immanquablement vers ce type d'&#233;criture que je me vois pouss&#233; ; plus sp&#233;cifiquement &#8212; parce qu'il faudrait &#234;tre balourd comme un &#233;talagiste de la Fnac pour consid&#233;rer un si&#232;cle et demi de musique savante comme un bloc esth&#233;tique et stylistique &#8212; vers l'&#233;criture de Domenico Scarlatti, plut&#244;t que celle de Frescobaldi ou m&#234;me Couperin. Scarlatti, c'est du solide : les mesures sont carr&#233;es, les ornements rarement n&#233;cessaires, la marge d'improvisation quasi inexistante, les encha&#238;nements harmoniques parfaitement pr&#233;visibles et, de ce fait, in&#233;vitables. En cela, Scarlatti (ou Vivaldi) me renvoient davantage &#224; la rigueur classique d'un Haydn ou Cimarosa qu'aux &#233;panchements parfois d&#233;goulinants d'auteurs ant&#233;rieurs que je ne nommerai pas : j'aime le clavecin-mitraillette.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pasticher la musique (pr&#233;-)classique, pour autant, ne revient pas n&#233;cessairement &#224; lui rendre un hommage transi et compass&#233;. Cela peut aussi prendre l'aspect d'un jeu de massacre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette premi&#232;re pi&#232;ce, qui pourrait &#234;tre d&#233;crite comme une &#233;tude ou une toccata (j'ai dit plus haut ce que ce mot repr&#233;sente pour moi), s'intitule Pr&#233;lude comme le premier mouvement du &lt;i&gt;Tombeau de Couperin&lt;/i&gt;, de fa&#231;on ici quelque peu inexacte (le style se voulant plus &#034;italien&#034;, pourrait-on dire, que fran&#231;ais). Elle me semble pr&#233;senter assez clairement le projet du recueil, et son fonctionnement &#224; la fois ludique et vicieux, comme une m&#233;canique qui se d&#233;traque.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La structure est extr&#234;mement simple : quatre mesures &#224; quatre temps dans chacune des douze tonalit&#233;s majeures, se succ&#233;dant par cycle de quintes (chaque tonalit&#233; tenant lieu de dominante pour la suivante) et enti&#232;rement peupl&#233;es de doubles croches aux deux mains.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le nombre total de notes est donc ais&#233; &#224; calculer :&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;4 doubles croches &#215; 4 temps &#215; 4 mesures &#215; 12 carrures &#215; 2 mains = 1536 notes = 128 &#215; 12 notes&lt;/code&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le projet est donc que l'on entende au total 128 fois chacune des douze hauteurs du temp&#233;rament, quelle que soit son octave. Ce qui donne lieu &#224; une v&#233;ritable &lt;i&gt;politique &#233;conomique&lt;/i&gt; des hauteurs : ainsi, j'ai commenc&#233; par &#233;crire librement la premi&#232;re moiti&#233; puis le dernier quart de la partition, en esp&#233;rant pouvoir utiliser le passage manquant comme variable d'ajustement &#8212; h&#233;las, il s'av&#233;ra que mon compteur de notes avait d&#233;j&#224; nettement d&#233;pass&#233; le quota allou&#233;, et je dus r&#233;&#233;crire la majeure partie de ce que j'avais d&#233;j&#224; fait, en cherchant diverses strat&#233;gies pour &#233;conomiser, en particulier les Sol et les R&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le morceau doit donner l'impression d'une tonalit&#233; globale de Do Majeur (m&#234;me si la note Do ne doit pas appara&#238;tre davantage qu'aucune autre, et que les touches noires ne doivent pas pr&#233;dominer sur les touches blanches) ; chaque nouvelle carrure doit commencer par une gamme majeure diff&#233;rente, suivant le cycle des quintes pr&#233;cit&#233; &#8212; en utilisant &#233;videmment diff&#233;rentes fa&#231;ons de pr&#233;senter lesdites gammes : en montant, en descendant, en mouvement parall&#232;le ou contraire, en d&#233;doublant les notes, etc.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_674 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://url.oumupo.org/local/cache-vignettes/L500xH57/toto-preview-35-1a28d.png?1772317549' width='500' height='57' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#201;videmment, le fait que les doubles croches ne doivent jamais s'arr&#234;ter est ici un handicap : une gamme majeure, m&#234;me en atterrissant sur la tonique, ne fait que &lt;i&gt;huit&lt;/i&gt; notes. Si l'on veut que la retomb&#233;e se trouve sur un temps fort, il faudrait soit changer le rythme (c'est ici interdit) soit ajouter une note &#8212; mais l'on cr&#233;e alors un d&#233;s&#233;quilibre dans la r&#233;partition globale des 128 notes, qu'il faudra compenser par la suite.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_675 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://url.oumupo.org/local/cache-vignettes/L483xH55/toto-preview-36-d1472.png?1772310032' width='483' height='55' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Autre contrainte simple mais plus lourde qu'il n'y para&#238;t : l'unisson est interdit. (J'entends par l&#224; que les deux mains ne doivent jamais jouer la m&#234;me hauteur, m&#234;me &#224; une octave diff&#233;rente.) C'est particuli&#232;rement difficile lorsque l'on cherche (comme je l'ai fait ici la plupart du temps) &#224; privil&#233;gier les mouvements m&#233;lodiques contraires (une main descend pendant que l'autre monte) ; il faut soit trouver des bifurcations (qui rendent du coup l'&#233;criture plus complexe et moins ais&#233;e &#224; d&#233;chiffrer), soit jouer avec les alt&#233;rations (et dans ce cas l'on introduit des notes &#233;trang&#232;res &#224; la tonalit&#233;).&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_676 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://url.oumupo.org/local/cache-vignettes/L498xH114/toto-preview-37-cd122.png?1772310032' width='498' height='114' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;De l&#224; vient le c&#244;t&#233; biscornu de l'&#233;criture de ce mouvement, que j'ai choisi de souligner plut&#244;t que d'essayer de l'escamoter : d'o&#249; l'aspect de jeu de massacre que j'&#233;voquais plus haut. La premi&#232;re mesure, en mouvement parall&#232;le avec des intervalles dissonnants (neuvi&#232;mes mineures et septi&#232;me majeure) expose tr&#232;s clairement le principe d'&#233;criture : &#231;a va &#234;tre moche, et j'assume.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;768 notes &#224; chaque main, c'est beaucoup &#8212; mais pas tant que &#231;a, &#224; condition d'aller vite : 120 &#224; la noire, et l'affaire sera boucl&#233;e en... 96 secondes. Comme une avalanche de notes, un tourbillon hypnotique : l'effet de saturation est assum&#233; et revendiqu&#233;. De m&#234;me que l'aspect spectaculaire du geste instrumental : parcourir toute l'&#233;tendue de la tessiture, alterner des mouvements conjoints et des sauts d'intervalles (parfois ridiculement larges), plein de petites ponctuations (appuy&#233;, li&#233; de deux en deux, etc.) qui se succ&#232;dent &#233;videmment trop vite pour qu'on ait le temps de les entendre... tout dispara&#238;t dans le tourbillon, et c'est le but.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Almond &lt;i&gt;Bore, eh ?&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;a id=&#034;allemande&#034;&gt;&lt;/a&gt;&lt;a style=&#034;float:left;font-size:200%;&#034; href=&#034;#table&#034;&gt;&#8613;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La pi&#232;ce suivante s'inscrit &#224; son tour dans ce geste artistique primordial et essentiel que je pourrais d&#233;crire comme : &#034;&lt;i&gt;dessinons des moustaches sur la Joconde&lt;/i&gt;&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il s'agit donc d'une Allemande ou une Bourr&#233;e &#8212; j'avoue n'avoir qu'une tr&#232;s vague id&#233;e de la diff&#233;rence, et chercher &#034;&lt;i&gt;allemande bourr&#233;e&lt;/i&gt;&#034; dans Google n'a pas rapport&#233; les r&#233;sultats que j'aurais esp&#233;r&#233;. En gros, ceci est une pi&#232;ce binaire en mi mineur, dont le th&#232;me et la structure d'ensemble pourraient avoir &#233;t&#233; imagin&#233;s par un apprenti-compositeur (excessivement m&#233;diocre) de la premi&#232;re moiti&#233; du XVIII&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle (apr&#232;s un soir de beuverie). Carr&#233;e &#224; l'extr&#234;me, la pi&#232;ce se compose de huit carrures de quatre mesures, collectionnant les clich&#233;s de cette &#233;poque : entr&#233;es en imitation, vague contrepoint-polyphonie atrocement mal fichu, renversements-r&#233;trogradation, diminutions, d&#233;veloppement &#034;modulant&#034;, r&#233;-exposition...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout comme dans la pi&#232;ce pr&#233;c&#233;dente, les unissons sont interdits (&#224; l'exception de la derni&#232;re note) et cette contrainte est responsable d'une large part des louvoiements et dissonnances.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip_document_677 spip_document spip_documents spip_document_audio spip_documents_right spip_document_right&#034;&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;div class=&#034;audio-wrapper&#034; style='width:400px;max-width:100%;'&gt; &lt;audio class=&#034;mejs mejs-677&#034; data-id=&#034;1c56dbce&#034; preload=&#034;none&#034;&gt; &lt;source type=&#034;audio/mpeg&#034; src=&#034;IMG/mp3/finnish_premiere.mp3&#034; /&gt; &lt;/audio&gt; &lt;/div&gt; &lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt; &lt;div class=&#034;base64javascript137107496869d13cf7ecf5a6.99861852&#034; title=&#034;PHNjcmlwdCB0eXBlPSJtb2R1bGUiPgoKCQoJaW1wb3J0ICAnLy91cmwub3VtdXBvLm9yZy9wbHVnaW5zLWRpc3Qvc3BpcC9tZWRpYXMvbGliL21lanMvbWVkaWFlbGVtZW50LWFuZC1wbGF5ZXIubWluLmpzPzE3NzA4ODQwMDInOwoKCWltcG9ydCB7YWRkQ1NTfSBmcm9tICJhamF4Q2FsbGJhY2suanMiOwoJYWRkQ1NTKCdAaW1wb3J0IHVybCgibG9jYWwvY2FjaGUtY3NzL21lZGlhZWxlbWVudHBsYXllci5taW4tdXJsYWJzLWM3OTAtdXJsYWJzLWM3OTAuY3NzPzE3NzIyOTUzMzciKTsnLCdtZWpzJyk7CgoKCglpbXBvcnQgJy8vdXJsLm91bXVwby5vcmcvcGx1Z2lucy1kaXN0L3NwaXAvbWVkaWFzL2xpYi9tZWpzL2xhbmcvZnIuanM/MTc3MDg4NDAwMic7CglpZiAobWVqcy5pMThuLmxhbmcgIT09ICJmciIpIHsKCQltZWpzLmkxOG4ubGFuZ3VhZ2UoJ2ZyJyk7Cgl9CgoKCWNvbnN0IGF1ZGlvID0gbmV3IE1lZGlhRWxlbWVudFBsYXllcihkb2N1bWVudC5xdWVyeVNlbGVjdG9yKCdhdWRpb1tkYXRhLWlkPSIxYzU2ZGJjZSJdJyksIHsKCQlpY29uU3ByaXRlOiAnaHR0cDovL3VybC5vdW11cG8ub3JnL3BsdWdpbnMtZGlzdC9zcGlwL21lZGlhcy9saWIvbWVqcy9tZWpzLWNvbnRyb2xzLnN2ZycsCgkJLypmZWF0dXJlczpbXSwqLwoJfSk7Cgo8L3NjcmlwdD4=&#034;&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#192; titre de curiosit&#233;, je me dois de mentionner ici le premier enregistrement mondial de cette pi&#232;ce, que m'a envoy&#233; mon coll&#232;gue Mike Solomon le 4 juillet 2014, quelques jours apr&#232;s la naissance de sa fille Maija. La qualit&#233; de l'ex&#233;cution est exactement &#224; la hauteur de celle de l'&#233;criture ; seul un tel degr&#233; de talent, de comp&#233;tence et, osons le dire, d'audace, pouvaient rendre pleinement justice &#224; cette pi&#232;ce. Merci.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Calzone&lt;/strong&gt;&lt;a id=&#034;canzone&#034;&gt;&lt;/a&gt;&lt;a style=&#034;float:left;font-size:200%;&#034; href=&#034;#table&#034;&gt;&#8613;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On dit parfois de tel ou tel personnage qu'il tuerait p&#232;re et m&#232;re pour un mauvais calembour. Je ne saurais dire si c'est vrai en ce qui me concerne (l'occasion ne s'est pas pr&#233;sent&#233;e), mais je suis certainement capable d'&#233;crire des morceaux uniquement pour faire un jeu de mot effroyable dans leur titre. Ceci en est une illustration (mais j'ai, en la mati&#232;re, de coupables &lt;a href='http://url.oumupo.org/Danse-Kala' class=&#034;spip_in&#034;&gt;ant&#233;c&#233;dents&lt;/a&gt;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il s'agit donc d'une chanson, sur un rythme ternaire que l'on pourrait associer aux chansons napolitaines du XVIII&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle (ou leurs lointains descendants tel que le &lt;i&gt;Larghetto&lt;/i&gt; de la suite &lt;i&gt;Les cinq doigts&lt;/i&gt;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La main droite joue six phrases m&#233;lodiques successives, qui passent chacune par les douze notes du temp&#233;rament (comme une s&#233;rie). Il me semblait avoir utilis&#233; une r&#232;gle pour la succession des intervalles, mais je ne parviens pas &#224; l'identifier en relisant la partition aujourd'hui, aussi pouvons-nous pr&#233;sumer que l'ordre des notes est laiss&#233; libre, et gouvern&#233; uniquement par des exigences d'expressivit&#233; (et, comme dans les deux pi&#232;ces pr&#233;c&#233;dentes, par l'absence d'unisson avec la main gauche).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les rythmes de la m&#233;lodie sont d'une complexit&#233; croissante, voire, comme me le fait remarquer Richard Siegel, inutilement complexes &#224; partir d'un certain stade. C'est assez vrai (quoique bien anodin en comparaison de la complexit&#233; de certaines partitions contemporaines).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La main gauche ne joue que des tierces, majeures ou mineures. La succession des intervalles est arbitraire mais fix&#233;e : elle correspond, tout simplement (et comme chacun l'aura sans nul doute reconnu), &#224; l'expression binaire du codage en UTF-7 des caract&#232;res S, I, E, G, E, L. &lt;br class='autobr' /&gt;
(Chaque mesure fait sept temps ; les 0 sont des tierces mineures, les 1 des tierces majeures.)&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;precode&#034;&gt;&lt;pre class='spip_code spip_code_block' dir='ltr' style='text-align:left;'&gt;&lt;code&gt;S 101 0011 I 110 1001 E 110 0101 G 110 0111 E 110 0101 L 110 1100&lt;/code&gt;&lt;/pre&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Talk At'Tcha&lt;/strong&gt;&lt;a id=&#034;toccata&#034;&gt;&lt;/a&gt;&lt;a style=&#034;float:left;font-size:200%;&#034; href=&#034;#table&#034;&gt;&#8613;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me si la facture instrumentale &#233;tait nettement moins standardis&#233;e autrefois qu'on ne pourrait l'imaginer aujourd'hui, les clavecins construits au cours du XVIII&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; semblent tendre vers une tessiture de cinq octaves plus une note, de Fa&lt;sub&gt;1&lt;/sub&gt; &#224; Fa&lt;sub&gt;6&lt;/sub&gt; (ce sera &#233;galement la tessiture du piano jusqu'aux premi&#232;res d&#233;cennies du XIX&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle). La pr&#233;sente pi&#232;ce se propose d'examiner l'ensemble de la tessiture de l'instrument de fa&#231;on m&#233;thodique, du plus grave au plus aigu et en s'arr&#234;tant successivement sur chaque note du clavier ; &#224; raison de trois temps par mesure (soit une octave toutes les quatre mesures) et sur cinq octaves, la partition fait donc vingt mesures (les deux derni&#232;res notes du clavier sont combin&#233;es afin de ne pas rajouter un temps, choix qui est &#233;galement justifi&#233; d'un point de vue musical).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Outre le continuo baroque, mon go&#251;t pour le clavecin est directement corr&#233;l&#233; &#224; ma folie furieuse envers Scarlatti, dont j'ai lu, travaill&#233; et enseign&#233; quelques douzaines de sonates (sur les presque six cents dont il est l'auteur) sans jamais y trouver une seule page d&#233;cevante. Parmi ses pi&#232;ces les plus connues figure la &lt;a href=&#034;http://imslp.org/wiki/Keyboard_Sonata_in_D_minor,_K.141_%28Scarlatti,_Domenico%29&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Sonate&lt;/a&gt; en R&#233; mineur- (Kirkpatrick 141, Longo 422, Pestelli 271, Czerny 118), improprement appel&#233;e &#034;toccata&#034; : peut-&#234;tre parce qu'elle a &#233;t&#233; notamment &lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/results?search_query=argerich%20141&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;jou&#233;e au piano&lt;/a&gt; par Martha Argerich, interpr&#232;te d'une autre toccata en R&#233; (celle de Prokofiev). Si Domenico Scarlatti n'a jamais &#233;crit de toccata pour clavecin (contrairement &#224; son p&#232;re Alessandro, qui en &#233;crivit une demi-douzaine fort int&#233;ressantes au si&#232;cle pr&#233;c&#233;dent), il est certain que cette pi&#232;ce pourrait s'appeler ainsi de par son emploi des notes r&#233;p&#233;t&#233;es (cependant les phrases sont, &#224; mon sens, trop courtes et trop entrecoup&#233;es de silences pour &#234;tre constitutives d'une &#233;criture &lt;i&gt;da toccare&lt;/i&gt; plut&#244;t que &lt;i&gt;da sonar&lt;/i&gt;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Reprenons : d&#232;s que se dessina le projet de ce recueil, j'eus envie d'y inclure une pi&#232;ce dans laquelle les notes r&#233;p&#233;t&#233;es tiendraient un r&#244;le primordial, en mani&#232;re de clin d'&#339;il &#224; cette partition de Scarlatti. Mes premi&#232;res tentatives se port&#232;rent sur des nombres irr&#233;guliers de notes r&#233;p&#233;t&#233;es, suivant diverses &lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Cat%C3%A9gorie:Suite_d%27entiers&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;suites arithm&#233;tiques&lt;/a&gt; (Fibonnaci, d&#233;cimales de Pi ou de &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;e&lt;/code&gt;, etc.) ou bien, l&#224; encore, de la g&#233;matrie des lettres S I E G E L (19, 9, 5, 7, 5, 12) : contrainte assez peu remarquable, et sans grand int&#233;r&#234;t musical. Ce n'est que plus tard que l'id&#233;e me vint de jouer le m&#234;me nombre de notes (sept, au lieu de six chez Scarlatti) de fa&#231;on syst&#233;matique, sur chaque degr&#233; de la gamme chromatique, en parcourant toute l'&#233;tendue du clavier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme dans toutes les pi&#232;ces gouvern&#233;es par une &#233;criture syst&#233;matique (dont nous verrons d'autres exemples plus bas), l'enjeu est d'&#233;viter la monotonie&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ce &#224; quoi Richard Siegel semble estimer que je suis parvenu dans la pr&#233;sente (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Cela passe, tout d'abord, par l'&#233;criture m&#234;me du flux de notes, et notamment l'aspect (gratuitement) spectaculaire du geste instrumental : nous avons en avons vu des exemples plus haut dans le Pr&#233;lude (et ci-dessous dans le Capriccio) avec des intervalles fortement disjoints, des croisements de mains, etc. Dans le cas de notes r&#233;p&#233;t&#233;es comme ici, la seule ressource possible r&#233;side dans l'alternance des mains, que j'ai organis&#233;e de fa&#231;on presque exactement sym&#233;trique :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; mesures 1-4 :&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;g d d d d d d&lt;/code&gt;/&lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;d g g g g g g&lt;/code&gt; puis inversion
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; mesures 5-8 :&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;d d d d d d d&lt;/code&gt;/&lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;g g g g g g g&lt;/code&gt; puis inversion
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; mesures 9-12 :&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;g g g g g g g&lt;/code&gt; (et au milieu : &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;d g d g d g d&lt;/code&gt;)
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; mesures 13-16 :&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;d d d d d d d&lt;/code&gt; (et au milieu : &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;g d g d g d g&lt;/code&gt;)
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; mesures 17-20 :&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;g g g g g g d&lt;/code&gt;/&lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;d d d d d d g&lt;/code&gt; puis inversion&lt;br class='manualbr' /&gt;(&#034;d&#034; et &#034;g&#034; signifiant respectivement main droite et main gauche.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La deuxi&#232;me ressource permettant d'&#233;viter la monotonie (et &#224; laquelle je n'avais pas acc&#232;s dans le Pr&#233;lude ci-dessus), est &#233;videmment d'ajouter des &#233;v&#232;nements musicaux superpos&#233;s par-dessus le flux sonore existant (ce que je consid&#232;re comme l'&#233;quivalent en dramaturgie musicale du proc&#233;d&#233; cin&#233;matographique nomm&#233; &lt;i&gt;matte painting&lt;/i&gt;). Ce type d'&#233;criture se trouve notamment dans l'&#233;criture pour clavier de Ligeti, dont mon ami Gilles Esposito-Far&#232;se m'a r&#233;cemment rappel&#233; un &lt;a href=&#034;http://www.youtube.com/watch?v=h0qoue0JbbU&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;exemple&lt;/a&gt; qui n'est pas sans parent&#233; avec l'&#233;criture de cette pi&#232;ce&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;(Je d&#233;teste quand Ligeti se permet de copier sur moi. Pas vous ?)&#034; id=&#034;nh3-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. C'est l'occasion de plusieurs gestes &#034;orchestraux&#034; (coups de griffes en agr&#233;gats &lt;i&gt;staccato&lt;/i&gt;, notes graves tenues, effets de trompettes) qui sont probablement plus courants au piano qu'au clavecin, mais peut-&#234;tre appropri&#233;s ici : Richard Siegel m'a dit avoir trouv&#233; ce petit fragment instrumental &#034;marrant comme tout&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Menu A&lt;/strong&gt;&lt;a id=&#034;menuet&#034;&gt;&lt;/a&gt;&lt;a style=&#034;float:left;font-size:200%;&#034; href=&#034;#table&#034;&gt;&#8613;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Soyons francs : je n'avais absolument pas eu l'id&#233;e d'ajouter un Menuet &#224; ce recueil avant de voir cette suggestion de titre de mon coll&#232;gue Mike Solomon (j'ai, est-il besoin de le dire, des fr&#233;quentations douteuses). Chose tr&#232;s peu courante, j'ai r&#233;dig&#233; cette partition tr&#232;s rapidement et d'une seule traite &lt;small&gt;pendant une r&#233;union p&#233;dagogique&lt;/small&gt; et m'en estimai assez content.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Stylistiquement, il s'agit d'un menuet assez &#034;sucr&#233;&#034; un peu comme l'on en trouve chez Ravel (&#224; la diff&#233;rence du Menuet de la Suite bergamasque, dont j'attends encore de comprendre en quoi il s'agit d'un menuet) : au moyen de quintes et de quartes superpos&#233;es, je construis des accords de sixte ou de septi&#232;me majeure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La quinte et la quarte sont donc le seul intervalle simultan&#233; autoris&#233; &#224; l'int&#233;rieur de chaque main (mais pas entre les deux mains : c'est l&#224; que r&#233;side l'astuce). L&#224; n'est pas, toutefois, la seule contrainte : chaque mesure doit donner &#224; entendre les douze notes du temp&#233;rament, soit six &#224; chaque main car (au d&#233;but en tout cas) les notes entendues &#224; une main ne doivent pas l'&#234;tre &#224; l'autre main dans la m&#234;me mesure. D'une mesure &#224; la suivante seule deux notes peuvent changer (c'est-&#224;-dire &#234;tre emprunt&#233;es &#224; l'autre main), les quatre autres restant inchang&#233;es. &#192; partir de la mesure 13 intervient une r&#233;-exposition en renversement m&#233;lodique, avec ces m&#234;mes contraintes (le seul unisson arrivera &#224; la toute fin).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Humble et expressive, d'une harmonie plaisante mais rigoureuse, cette petite pi&#232;ce me semblait assez r&#233;ussie ; quelques mois plus tard, Richard Siegel m'indiquant qu'il la trouvait tr&#232;s peu int&#233;ressante, j'essayai pour la premi&#232;re fois de la jouer (ailleurs que dans ma t&#234;te)... et n'en retins qu'un sentiment de d&#233;ception un peu d&#233;primante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Oh well.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Recheck car&lt;/strong&gt;&lt;a id=&#034;ricercar&#034;&gt;&lt;/a&gt;&lt;a style=&#034;float:left;font-size:200%;&#034; href=&#034;#table&#034;&gt;&#8613;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme tout langage (et peut-&#234;tre m&#234;me plus que tout autre langage), la musique est un objet codifi&#233;, structur&#233;, et intrins&#232;quement gouvern&#233; par toutes sortes de contraintes formelles : ma d&#233;marche d'&#233;criture (et celle de l'&lt;a href=&#034;http://oumupo.org&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Oumupo&lt;/a&gt; que j'ai fond&#233; depuis quelques ann&#233;es) peut donc &#8212; l&#233;gitiment &#8212; sembler n'&#234;tre qu'un m&#233;diocre r&#233;inventage de roue, pr&#233;tentieux et monumentalement inutile.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De fait, le jeu sur les formes et les langages musicaux a exist&#233; depuis (probablement) aussi longtemps qu'il y a eu des musiciens. Les compositeurs de l'&#233;poque baroque, des madrigalistes &#224; la &lt;a href=&#034;https://en.wikipedia.org/wiki/Mizler#Musical_society&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;soci&#233;t&#233; Milzer&lt;/a&gt;, &#233;taient aussi de grands exp&#233;rimentateurs ; le &lt;i&gt;ricercar&lt;/i&gt; est l'un de leur terrains de jeu favoris (en Italie du moins, m&#234;me si le contrepoint allemand en est un h&#233;ritier direct), en ce qu'il exige &#224; la fois une stricte parcimonie des moyens mis en &#339;uvre, et une tr&#232;s grande inventivit&#233; dans le traitement du discours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est en accompagnant ma femme lors d'une analyse de sang que, bloqu&#233; sur l'inconfortable si&#232;ge en plastique d'une salle d'attente &#233;clair&#233;e au n&#233;on, face &#224; une table basse encombr&#233;e de magazines f&#233;minins et d'hebdomadaires de droite, j'ai commenc&#233; &#224; tracer cette pi&#232;ce o&#249; la main droite reste bloqu&#233;e sur une descente en R&#233; mineur (qui, dans d'autres circonstances, pourrait &#234;tre fort expressive et touchante ; on en trouve des exemples inoubliables dans la musique de &lt;a href=&#034;https://en.wikipedia.org/wiki/Giya_Kancheli&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Giya Kancheli&lt;/a&gt;), en acc&#233;l&#233;rant puis d&#233;c&#233;l&#233;rant progressivement... pendant que la main gauche se &#034;divertit&#034;, pourrait-on dire, sur toutes les autres notes (en conservant toujours, toutefois, un axe de sym&#233;trie autour de la quinte R&#233;-La).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ceci est une mani&#232;re de tester les limites d'un dispositif, tout comme l'on dit d'un garnement qu'il &#034;teste les limites&#034; de son entourage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ou plus souvent, on appelle &#231;a une t&#234;te &#224; baffes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ka-Preach, Yo&lt;/strong&gt;&lt;a id=&#034;capriccio&#034;&gt;&lt;/a&gt;&lt;a style=&#034;float:left;font-size:200%;&#034; href=&#034;#table&#034;&gt;&#8613;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce morceau est le premier que j'ai termin&#233; dans ce recueil, peu avant le Pr&#233;lude que nous avons vu au d&#233;but. En fait, j'ai longuement h&#233;sit&#233; entre ces deux pi&#232;ces, dont l'une comme l'autre aurait pu servir de num&#233;ro introductif. Le titre aussi n'a pas &#233;t&#233; sans susciter quelques doutes : apr&#232;s tout, la premi&#232;re pi&#232;ce (avec son d&#233;bit, on l'a vu, de mitraillette) aurait pu s'appeler toccata, et la pr&#233;sente pi&#232;ce aurait pu constituer un pr&#233;lude, une ouverture ou une fantaisie (&#034;Font Asia&#034; ? &#034;Fun Tase'Ya&#034; ?). M'&#233;tant arr&#234;t&#233; sur &#034;capriccio&#034;, je consacrai un temps ridiculement disproportionn&#233; &#224; chercher un jeu de mots &#224; la hauteur de ce qui avait pr&#233;c&#233;d&#233;... (Si on vous demande, le &lt;a href=&#034;http://www.urbandictionary.com/define.php?term=Ka&amp;defid=4554243&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;pr&#233;fixe&lt;/a&gt; &#034;Ka&#034; fait partie du &lt;i&gt;slang&lt;/i&gt; hip-hop au m&#234;me titre que &#034;Yo&#034; : cf ka-blam[o], ka-tching, etc.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour &#233;viter de me servir du nombre 12 comme partout ailleurs, j'ai voulu construire ce Capriccio autour du nombre 9 : trois sections constitu&#233;es chacune de trois phrases, en trois carrures de trois mesures chacune (est-il besoin de le pr&#233;ciser, les mesures sont &#224; trois temps et constitu&#233;es de triolets).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chaque carrure est compos&#233;e de deux mesures en h&#233;miole, puis d'une &#034;tornada&#034; en une seule mesure, &#233;crite diff&#233;remment. Chaque section fonctionne (autant que possible) en miroir : la premi&#232;re phrase et la deuxi&#232;me phrase sont d'une &#233;criture similaire, cependant que la phrase du milieu sera un peu diff&#233;rente. De m&#234;me, &#224; un niveau plus global, il existe une correspondance entre la premi&#232;re et la derni&#232;re section (correspondant &#224; ce qui, dans une forme classique, constituerait la r&#233;-exposition).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme dans la toccata plus haut, l'alternance des deux mains fait donc l'objet d'un sch&#233;ma pr&#233;-&#233;tabli, auquel se surimposent les quelques interventions plus ou moins m&#233;lodiques (main gauche mesure 10, main droite mesure 37). Les mouvements m&#233;lodiques font, eux aussi, l'objet d'une politique raisonn&#233;e, suivant que les deux mains sont en arp&#232;ges ascendants, ou descendants, ou contraires, etc. M&#234;me en ne consid&#233;rant que les &#034;tornadas&#034; (une mesure sur trois), l'ordre des notes y est l&#224; encore dict&#233; par une logique combinatoire (&lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;cab&lt;/code&gt; aux mesures 3, 6, 9 correspondant &#224; la premi&#232;re phrase, &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;bca&lt;/code&gt; aux mesures 12 et 15 de la main droite, dans la deuxi&#232;me phrase, et ainsi de suite). J'ai not&#233; dans mon cahier le sch&#233;ma suivant :&lt;/p&gt;
&lt;table class=&#034;table spip&#034;&gt;
&lt;thead&gt;&lt;tr class='row_first'&gt;&lt;th id='iddfad_c0'&gt;Main gauche&lt;/th&gt;&lt;th id='iddfad_c1'&gt;Main droite&lt;/th&gt;&lt;/tr&gt;&lt;/thead&gt;
&lt;tbody&gt;
&lt;tr class='row_odd odd'&gt;
&lt;td headers='iddfad_c0'&gt;&lt;center&gt;&#8599;&lt;/center&gt;&lt;/td&gt;
&lt;td headers='iddfad_c1'&gt;&lt;center&gt;&#8599;&lt;/center&gt;&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_even even'&gt;
&lt;td headers='iddfad_c0'&gt;&lt;center&gt;&#8600;&lt;/center&gt;&lt;/td&gt;
&lt;td headers='iddfad_c1'&gt;&lt;center&gt;&#8599;&lt;/center&gt;&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_odd odd'&gt;
&lt;td headers='iddfad_c0'&gt;&lt;center&gt;&#8599;&lt;/center&gt;&lt;/td&gt;
&lt;td headers='iddfad_c1'&gt;&lt;center&gt;&#8600;&lt;/center&gt;&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_even even'&gt;
&lt;td headers='iddfad_c0'&gt;&lt;center&gt;&#8600;&lt;/center&gt;&lt;/td&gt;
&lt;td headers='iddfad_c1'&gt;&lt;center&gt;&#8600;&lt;/center&gt;&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_odd odd'&gt;
&lt;td headers='iddfad_c0'&gt;&lt;center&gt;&#8599;&#8600;&lt;/center&gt;&lt;/td&gt;
&lt;td headers='iddfad_c1'&gt;&lt;center&gt;&#8600;&#8599;&lt;/center&gt;&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_even even'&gt;
&lt;td headers='iddfad_c0'&gt;&lt;center&gt;&#8600;&#8599;&lt;/center&gt;&lt;/td&gt;
&lt;td headers='iddfad_c1'&gt;&lt;center&gt;&#8599;&#8600;&lt;/center&gt;&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;/tbody&gt;
&lt;/table&gt;
&lt;p&gt;Cependant, la contrainte la plus frappante dans cette partition est certainement la succession des intervalles. Chaque phrase (de neuf mesures, on l'a vu) est gouvern&#233;e par un (et un seul) intervalle, dont l'ordre dans chaque section suit une progression de type &#034;deux pas en avant, un pas en arri&#232;re&#034; : 4/5/3, etc.&lt;/p&gt;
&lt;table class=&#034;table spip&#034;&gt;
&lt;thead&gt;&lt;tr class='row_first'&gt;&lt;th id='id650c_c0'&gt;Section&lt;/th&gt;&lt;th id='id650c_c1'&gt;Mesures&lt;/th&gt;&lt;th id='id650c_c2'&gt;Intervalle&lt;/th&gt;&lt;th id='id650c_c3'&gt;Nombre de demi-tons&lt;/th&gt;&lt;/tr&gt;&lt;/thead&gt;
&lt;tbody&gt;
&lt;tr class='row_odd odd'&gt;
&lt;td rowspan='3' headers='id650c_c0'&gt;&lt;strong&gt;I&lt;/strong&gt;&lt;/td&gt;
&lt;td headers='id650c_c1'&gt;1 &#224; 9&lt;/td&gt;
&lt;td headers='id650c_c2'&gt;Tierce majeure&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric ' headers='id650c_c3'&gt;4&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_even even'&gt;
&lt;td headers='id650c_c1'&gt;10 &#224; 18&lt;/td&gt;
&lt;td headers='id650c_c2'&gt;Quarte juste&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric ' headers='id650c_c3'&gt;5&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_odd odd'&gt;
&lt;td headers='id650c_c1'&gt;19 &#224; 27&lt;/td&gt;
&lt;td headers='id650c_c2'&gt;Tierce mineure&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric ' headers='id650c_c3'&gt;3&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_even even'&gt;
&lt;td headers='id650c_c0'&gt;&lt;strong&gt;II&lt;/strong&gt;a&lt;/td&gt;
&lt;td headers='id650c_c1'&gt;28 &#224; 36&lt;/td&gt;
&lt;td headers='id650c_c2'&gt;Quinte juste&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric ' headers='id650c_c3'&gt;7&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_odd odd'&gt;
&lt;td rowspan='3' headers='id650c_c0'&gt;&lt;strong&gt;II&lt;/strong&gt;b&lt;/td&gt;
&lt;td headers='id650c_c1'&gt;37 &#224; 39&lt;/td&gt;
&lt;td headers='id650c_c2'&gt;Triton&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric ' headers='id650c_c3'&gt;6&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_even even'&gt;
&lt;td headers='id650c_c1'&gt;40 &#224; 42&lt;/td&gt;
&lt;td headers='id650c_c2'&gt;Septi&#232;me mineure&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric ' headers='id650c_c3'&gt;10&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_odd odd'&gt;
&lt;td headers='id650c_c1'&gt;43 &#224; 45&lt;/td&gt;
&lt;td headers='id650c_c2'&gt;Sixte mineure&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric ' headers='id650c_c3'&gt;8&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_even even'&gt;
&lt;td headers='id650c_c0'&gt;&lt;strong&gt;II&lt;/strong&gt;c&lt;/td&gt;
&lt;td headers='id650c_c1'&gt;46 &#224; 54&lt;/td&gt;
&lt;td headers='id650c_c2'&gt;Sixte majeure&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric ' headers='id650c_c3'&gt;9&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_odd odd'&gt;
&lt;td rowspan='3' headers='id650c_c0'&gt;&lt;strong&gt;III&lt;/strong&gt;&lt;/td&gt;
&lt;td headers='id650c_c1'&gt;55 &#224; 63&lt;/td&gt;
&lt;td headers='id650c_c2'&gt;Seconde majeure&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric ' headers='id650c_c3'&gt;2&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_even even'&gt;
&lt;td headers='id650c_c1'&gt;64 &#224; 72&lt;/td&gt;
&lt;td headers='id650c_c2'&gt;Septi&#232;me majeure&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric ' headers='id650c_c3'&gt;11&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_odd odd'&gt;
&lt;td headers='id650c_c1'&gt;73 &#224; 81&lt;/td&gt;
&lt;td headers='id650c_c2'&gt;Seconde mineure&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric ' headers='id650c_c3'&gt;1&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;/tbody&gt;
&lt;/table&gt;
&lt;p&gt;&#201;videmment, c'est au centre de la pi&#232;ce (la deuxi&#232;me phrase de la deuxi&#232;me section) que je me d&#233;brouille pour placer la plupart des intervalles pairs (&#224; raison de un intervalle par carrure de trois mesures plut&#244;t qu'un intervalle pour la phrase enti&#232;re de neuf mesures), ce qui est fort utile car cela me permet d'&#233;vacuer rapidement le triton (peu int&#233;ressant dans le cadre de cette contrainte), et tous les intervalles renvoyant trop clairement aux gammes par tons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un ordre d'id&#233;es similaire, je garde en r&#233;serve l'intervalle le plus large (11 demi-tons, c'est-&#224;-dire la septi&#232;me majeure) pour le mettre au milieu de la derni&#232;re section, ce qui permet non seulement de rompre la monotonie des intervalles &#233;troits, mais aussi de garder le passage le plus dissonnant (et le plus spectaculaire d'un point de vue instrumental) pour la fin de la pi&#232;ce, &#224; un moment o&#249; l'interpr&#232;te et l'auditeur sont d&#233;j&#224; familiaris&#233;s avec le fonctionnement du discours.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_678 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://url.oumupo.org/local/cache-vignettes/L500xH470/challenge-accept-941a3338-c0ffc.jpg?1772317549' width='500' height='470' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Pour autant, ce passage en septi&#232;mes majeures (mesure 64 &lt;i&gt;et seq.&lt;/i&gt;) est, objectivement, tr&#232;s difficile : il exige un interpr&#232;te pour le moins casse-cou, ou ayant beaucoup de temps &#224; perdre. J'y reviens ci-dessous, ainsi que sur la r&#233;action de Richard Siegel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En guise de conclusion&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ayant expos&#233; &#224; Richard Siegel le projet esth&#233;tique (c'est beaucoup dire) de ce recueil, je me vis opposer la remarque suivante : &#034;&lt;i&gt;je me m&#233;fie toujours du compositeur qui doit me dire comment imaginer son oeuvre. &#192; moi de trouver les effets et l'atmosph&#232;re et comment embarquer le public...&lt;/i&gt;&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Son point de vue est autant justifi&#233; que le mien ; c'est l&#224;, je pense, un conflit irr&#233;ductible&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Un peu &#224; l'image du conflit parents-enfants dans le r&#232;gne animal.&#034; id=&#034;nh3-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; : l'interpr&#232;te cherche son degr&#233; de libert&#233;, et l'auteur veut imposer sa volont&#233; &#8212; du moins lorsque ce dernier est un &lt;i&gt;control freak&lt;/i&gt; comme c'est mon &lt;a href='http://url.oumupo.org/Ma-gentille-soupe' class=&#034;spip_in&#034;&gt;cas&lt;/a&gt;. En ce qui me concerne, je me sens tr&#232;s &#233;tranger &#224; la d&#233;marche des compositeurs qui laissent &#224; l'interpr&#232;te une tr&#232;s grande latitude ; je ne pourrais adopter moi-m&#234;me une telle attitude sans la vivre comme un manque de courage ou de coh&#233;rence. N'ayant, de principe, aucune confiance en l'interpr&#232;te, j'essaye au contraire d'orthographier ma musique de fa&#231;on &#224; ce que &#034;&lt;i&gt;ce qui se con&#231;oit bien s'&#233;nonce clairement&lt;/i&gt;&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, je suis par ailleurs fermement convaincu de ce qu'aucune &#339;uvre n'est absolue ni d&#233;finitive, et reste donc ouvert &#224; la possibilit&#233; pour quiconque (musicien ou autre) de r&#233;-imaginer diff&#233;remment quelque chose que j'aurais &#233;crit ; d'o&#249; mon choix d'avoir publi&#233;, &#224; ce jour, la totalit&#233; de mes partitions sous des licences libres. &#192; bien des &#233;gards, un interpr&#232;te devrait pouvoir &#234;tre consid&#233;r&#233; comme co-auteur plut&#244;t que comme un ex&#233;cutant servile &#8212; et les licences libres permettent pr&#233;cis&#233;ment de savoir &#224; qui l'on doit chaque apport, chaque id&#233;e successive.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En tant qu'instrumentiste moi-m&#234;me, je voudrais pouvoir consid&#233;rer n'importe quel texte comme un point de d&#233;part, pour trouver ensuite mes propres &#034;effets et atmosph&#232;re&#034; ; mais, quitte &#224; la trahir ensuite, je veux &#234;tre au pr&#233;alable en mesure de comprendre sans ambigu&#239;t&#233; la pens&#233;e de l'auteur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui m'am&#232;ne aux difficult&#233;s d'ex&#233;cution de certaines de ces pi&#232;ces, notamment les septi&#232;mes majeures du Capriccio ou les sixtes du Pr&#233;lude, que j'ai r&#233;dig&#233;es en pleine connaissance de cause (et peut-&#234;tre, avec une mentalit&#233; de virtuosit&#233; gratuite relevant davantage du piano que du clavecin). Certains passages &#8212; les plus dr&#244;les &#224; mon avis, m&#234;me si cela demande sans doute un sens de l'humour assez particulier &#8212; demandent beaucoup de travail, et comme me l'indique Richard Siegel, il n'est pas certain que le jeu en vaille la chandelle :&lt;br class='manualbr' /&gt;&#034;&lt;i&gt;Les grands &#233;carts sont compliqu&#233;s et difficiles, et ne marchent pas au clavecin. Sans p&#233;dale, cela ne donne pas un bon r&#233;sultat... Et j'ai pourtant une grande main, mais c'est impossible d'articuler comme &#231;a ; on ne peut pas faire du li&#233;. Sorry.&lt;/i&gt;&#034;&lt;br class='manualbr' /&gt;Moi &#8212; &#034;C'est vrai que c'est une &#233;criture tr&#232;s &lt;i&gt;cow-boy&lt;/i&gt;, mais &#231;a reste jouable au moyen de quelques acrobaties (personnellement, dans la mesure 64 du Capriccio je jouerais le Fa et le R&#233; avec la main gauche, tout le reste &#224; droite). Comme la contrainte m'obligeait &#224; n'utiliser que des septi&#232;mes majeures &#224; cet endroit, j'ai choisi de ne pas le dissimuler mais au contraire de le souligner pour un effet plus comique et spectaculaire ; je trouve ce d&#233;fi hilarant, mais YMMV (ou pour le dire en latin : &lt;i&gt;de gustibus&lt;/i&gt;, etc.).&#034;&lt;br class='manualbr' /&gt;Richard &#8212; &#034;&lt;i&gt;Es-tu certain que l'interpr&#232;te veuille passer autant de temps dessus ? Pas s&#251;r... m&#234;me en admettant un sens d'humour et tout le reste.&lt;/i&gt;&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que cette mesure ne justifie pas les nombreuses heures qu'elle demanderait (tout comme, dans un genre un peu similaire, la mesure 11 du Scherzo de ma premi&#232;re &lt;a href='http://url.oumupo.org/Premiere-Sonate-pour-piano' class=&#034;spip_in&#034;&gt;sonate&lt;/a&gt; pour piano), c'est une hypoth&#232;se enti&#232;rement valable &#8212; pas plus que, nous avons pu l'&#233;tablir avec une certain degr&#233; de certitude, les titres parfaitement d&#233;biles de ce recueil ne justifient les nombreuses heures que j'ai pass&#233;es &#224; arpenter le &lt;a href=&#034;http://urbandictionary.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Urban dictionary&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme tous les d&#233;fis, c'est parfaitement gratuit et superficiel ; ou pour le dire autrement, b&#234;te et m&#233;chant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et pourtant, je dois avouer qu'alors que je r&#233;digeais ces passages, un sourire m'est venu en imaginant la grimace que ferait un instrumentiste les atteignant. Grimace que je n'ai moi-m&#234;me que trop faite en d&#233;chiffrant des partitions au piano &#8212; mais souvent moins pour leur difficult&#233; ou leur mauvais go&#251;t, que leur maladresse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce sourire avait ici un go&#251;t de victoire : je pr&#233;f&#232;re mille fois &#234;tre d&#233;masqu&#233; en tant que sadique qu'en tant que maladroit.&lt;/p&gt;
&lt;/bloc&gt;
&lt;p&gt;Bonne lecture !&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;i&gt;Valentin.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Jeux de mots parmi lesquels certains m'ont &#233;t&#233; sugg&#233;r&#233;s par mon coll&#232;gue &lt;a href=&#034;http://mikesolomon.org/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Mike Solomon&lt;/a&gt;, dont il est ainsi d&#233;finitivement prouv&#233; qu'il exerce sur moi une influence d&#233;plorable.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ce &#224; quoi Richard Siegel semble estimer que je suis parvenu dans la pr&#233;sente Toccata, mais pas dans le Pr&#233;lude ci-dessus ou le Capriccio plus bas.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;(Je &lt;i&gt;d&#233;teste&lt;/i&gt; quand Ligeti se permet de copier sur moi. Pas vous ?)&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Un peu &#224; l'image du &lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Conflit_parents-prog%C3%A9niture&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;conflit parents-enfants&lt;/a&gt; dans le r&#232;gne animal.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Le lendemain de la publication de cette pi&#232;ce, un commentateur (ci-dessous) m'a sugg&#233;r&#233; d'y adjoindre des fichiers MIDI pour les personnes d&#233;sirant &#233;couter &#034;ce que &#231;a donne&#034; :&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_679 spip_document spip_documents spip_document_file spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;49&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href='http://url.oumupo.org/IMG/zip/sweet_suite_midi-2.zip' class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='Zip - 19.5 kio' type=&#034;application/zip&#034;&gt;&lt;img src='http://url.oumupo.org/plugins-dist/spip/medias/prive/vignettes/zip.svg?1770884002' width='64' height='64' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;&#171; Sweet Suite &#187; &#8212; fichiers MIDI
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;(Ayant fait le test, je peux r&#233;pondre moi-m&#234;me &#224; cette question : &#034;&#231;a donne&#034; l'impression d'un &lt;a href=&#034;https://en.wikipedia.org/wiki/Infinite_monkey_theorem&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;singe tapant au hasard sur un clavier&lt;/a&gt;, &#224; condition que le singe en question ait &#233;t&#233; transform&#233; en cyborg par un scientifique psychopathe et inculte. D'autres questions ? :-) )&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		
		<enclosure url="http://url.oumupo.org/IMG/pdf/sonate_flute.pdf" length="515436" type="application/pdf" />
		
		<enclosure url="http://url.oumupo.org/IMG/pdf/sonate_flute-solo.pdf" length="288433" type="application/pdf" />
		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Sonate pour un mois de mai</title>
		<link>http://url.oumupo.org/Sonate-pour-un-mois-de-mai</link>
		<guid isPermaLink="true">http://url.oumupo.org/Sonate-pour-un-mois-de-mai</guid>
		<dc:date>2013-12-28T18:20:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Valentin Villenave</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;Cette partition relativement sophistiqu&#233;e pour fl&#251;te traversi&#232;re et piano fait suite &#224; une &lt;a href='http://url.oumupo.org/Ballade' class=&#034;spip_in&#034;&gt;pi&#232;ce&lt;/a&gt; pr&#233;c&#233;dente ; elle est ici accompagn&#233;e de longues explications et consid&#233;rations diverses.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="http://url.oumupo.org/-Pieces-instrumentales-" rel="directory"&gt;Pi&#232;ces instrumentales&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Cette partition relativement sophistiqu&#233;e pour fl&#251;te traversi&#232;re et piano fait suite &#224; une &lt;a href='http://url.oumupo.org/Ballade' class=&#034;spip_in&#034;&gt;pi&#232;ce&lt;/a&gt; pr&#233;c&#233;dente ; elle est ici accompagn&#233;e de longues explications et consid&#233;rations diverses.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Dix ans jour pour jour apr&#232;s une petite pi&#232;ce du nom de &lt;a href='http://url.oumupo.org/Ballade' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&lt;i&gt;Ballade pour un mois de mai&lt;/i&gt;&lt;/a&gt; pour fl&#251;te et piano, voici une nouvelle pi&#232;ce plus d&#233;velopp&#233;e consacr&#233;e aux m&#234;mes instruments. D'une &#233;criture plus complexe et plus aust&#232;re, elle est &#233;galement d'un degr&#233; de difficult&#233; instrumentale plus &#233;lev&#233;.[!sommaire]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette pi&#232;ce n'a jamais &#233;t&#233; cr&#233;&#233;e&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La partie de fl&#251;te a &#233;t&#233; relue par mon ami oulipo&#239;de Gilles Esposito-Far&#232;se, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;tt&gt;&lt;pdf643&gt;&lt;/tt&gt;&lt;/p&gt;
&lt;table class=&#034;table spip&#034;&gt;
&lt;tbody&gt;
&lt;tr class='row_odd odd'&gt;
&lt;td&gt;&lt;div class='spip_document_643 spip_document spip_documents spip_document_file spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;96&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href='http://url.oumupo.org/IMG/pdf/sonate_flute.pdf' class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='PDF - 503.4 kio' type=&#034;application/pdf&#034;&gt;&lt;img src='http://url.oumupo.org/local/cache-vignettes/L64xH64/pdf-e9ff2.svg?1772294780' width='64' height='64' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;&#034;Sonate pour un mois de mai&#034;, pour fl&#251;te et piano
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;Licence Art Libre &#169; Valentin Villenave, 2013
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;&lt;div class='spip_document_644 spip_document spip_documents spip_document_file spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;99&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href='http://url.oumupo.org/IMG/pdf/sonate_flute-solo.pdf' class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='PDF - 281.7 kio' type=&#034;application/pdf&#034;&gt;&lt;img src='http://url.oumupo.org/local/cache-vignettes/L64xH64/pdf-e9ff2.svg?1772294780' width='64' height='64' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;&#034;Sonate pour un mois de mai&#034; &#8212; partie de fl&#251;te
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;Licence Art Libre &#169; Valentin Villenave, 2013
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;/tbody&gt;
&lt;/table&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Historique.&lt;/h2&gt;&lt;bloc&gt;
&lt;center&gt;[Cliquez pour d&#233;plier.]&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;L'histoire de cette partition remonte au mois de mai 2003. Ou plus exactement, juin 2003 : je venais alors de r&#233;diger une &lt;a href='http://url.oumupo.org/Ballade' class=&#034;spip_in&#034;&gt;partition&lt;/a&gt; pour l'anniversaire de ma petite amie, qui f&#234;tait (&#224; sa mani&#232;re, c'est-&#224;-dire pas du tout) ses vingt ans. L'&#233;criture de cette partition m'avait demand&#233; beaucoup de temps et de concentration, et je m'estimais plut&#244;t satisfait du r&#233;sultat &#8212; satisfaction un peu coupable, car j'avais d&#233;sormais une conscience aig&#252;e de l'aspect involontairement pass&#233;iste, sinon incurablement r&#233;actionnaire, de ma propre &#233;criture.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour autant, si attachante soit-elle, &#233;crire une petite pi&#232;ce de quelques minutes n'a rien d'un exploit impressionnant, et j'&#233;tais en qu&#234;te d'alibis pour ravigorer mon amour-propre : par exemple, consid&#233;rer cette petite pi&#232;ce relativement inoffensive comme un second mouvement de Sonate, et r&#233;diger deux autres partitions grandioses qui l'encadreraient glorieusement, feraient oublier sa m&#233;diocrit&#233; et affirmeraient une bonne fois pour toute ma toute-puissance d'Auteur : on allait voir ce qu'on allait voir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et : on ne vit rien du tout. En juillet 2003, je r&#233;digeai une page de ce qui pourrait servir de premier mouvement : toujours en partant du &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;mi&lt;/code&gt; - &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;fa&lt;/code&gt; d&#233;j&#224; &#233;voqu&#233;, mais cette fois sur un ton &#233;pique et spectaculaire, virtuose et tonitruant. Je ne saurais dire si c'est par manque de courage ou de conviction que je n'allai pas plus loin ; je fus tent&#233; &#224; quelques reprises, au cours des ann&#233;es suivantes, de reprendre ce projet mais il resta lettre morte&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cette manie de vouloir l&#233;gitimer des pi&#232;ces br&#232;ves en les ench&#226;ssant dans (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avance rapide de dix ans ; m&#234;me d&#233;cor, m&#234;mes personnages. D&#233;but 2013, mon emploi du temps se partage (jusqu'&#224; l'emp&#234;trement) entre l'accompagnement de cours de danse et les r&#233;p&#233;titions du spectacle &lt;a href='http://url.oumupo.org/Chansons-Oulipiennes' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&lt;i&gt;Chant'Oulipo&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, ce qui me fait deux raisons urgentes de reconstituer un peu de mon amour-propre ; par ailleurs approche l'anniversaire de ma femme (nous ne sommes pas mari&#233;s mais au bout d'un certain temps l'expression &#034;petite amie&#034; tend &#224; perdre de son ad&#233;quation) &#8212; laquelle atteint donc maintenant (&#224; sa mani&#232;re, c'est-&#224;-dire sombrement) ses trente ans. Bref, l'heure de la Sonate... a sonn&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/bloc&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Troisi&#232;me mouvement.&lt;/h2&gt;&lt;bloc&gt;
&lt;center&gt;[Cliquez pour d&#233;plier.]&lt;/center&gt;&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Avertissement : comme toujours, les quelques indications qui suivent ne sont livr&#233;es qu'&#224; titre de curiosit&#233;, et ne sont pas n&#233;cessaires &#224; la compr&#233;hension de la partition !&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;C'est donc nourri de l'id&#233;e de conserver la petite pi&#232;ce de 2003 que je commen&#231;ai &#224; tenter d'envisager deux mouvements qui l'encadreraient en s'appuyant sur le m&#234;me mat&#233;riel m&#233;lodique et harmonique : &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;mi fa&lt;/code&gt;, pseudo-spectres, gestes m&#233;lodiques expressifs et &#233;criture concertante &#034;brahmsienne&#034;, architecture sur les nombres 3 et 7... Et m&#234;me au-del&#224; : contrairement &#224; l'attitude qui m'avait anim&#233; dix ans auparavant, je n'avais plus envie de faire oublier le caract&#232;re sobre et expressif de cette partition, mais au contraire de le &lt;i&gt;retrouver&lt;/i&gt; et de le cultiver. L&#224; o&#249;, autrefois, chaque partition que j'&#233;crivais se devait de constituer un &lt;a href='http://url.oumupo.org/Ouverture' class=&#034;spip_in&#034;&gt;morceau de bravoure&lt;/a&gt;, impressionnant et s&#233;duisant, de nombreuses ann&#233;es pass&#233;es &#224; tenter de vendre mes travaux et &#224; chercher en vain des commandes, m'ont habitu&#233; &#224; l'&#233;ventualit&#233; sans cesse confirm&#233;e que, fondamentalement, ce que j'&#233;cris n'int&#233;resse &lt;i&gt;que moi&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Non pas que je n'aie plus rien &#224; prouver : comme toutes mes partitions, cette pi&#232;ce, nous le verrons plus bas, est encore le n-i&#232;me r&#233;cit de mes &lt;a href='http://url.oumupo.org/Ma-gentille-soupe' class=&#034;spip_in&#034;&gt;questionnements&lt;/a&gt; sur ma propre l&#233;gitimit&#233;, la valeur de ce que j'&#233;cris et en particulier sa &lt;i&gt;contemporan&#233;it&#233;&lt;/i&gt;. Questionnement qui n'a pu se faire que plus pressant au fil des ann&#233;es, &#224; mesure que s'estompait l'excuse de l'&#226;ge : &#233;crire de fa&#231;on peu courageuse lorsque l'on a moins de quinze ou vingt ans est bien pardonnable, surtout lorsque le r&#233;sultat pr&#233;sente des aspects s&#233;duisants ; mais une fois sorti des &#034;pi&#232;ces de jeunesse&#034;, cela devient nettement moins sympathique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est dans cet exact &#233;tat d'esprit que j'ai r&#233;dig&#233;, entre 2009 et 2012, ma &lt;a href='http://url.oumupo.org/Premiere-Sonate-pour-piano' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Premi&#232;re sonate pour piano&lt;/a&gt; que j'ai surnomm&#233;e, en toute sinc&#233;rit&#233; quoique non sans susciter quelques haussements de sourcil, &#034;&lt;i&gt;sonate de vieux con&lt;/i&gt;&#034;. Son premier mouvement, en particulier, est d'une &#233;criture aust&#232;re o&#249; l'humour n'a aucune place &#8212; typiquement le genre de partition que je d&#233;teste d&#233;chiffrer ou entendre &#8212; je suis pianiste et auditeur bien avant d'&#233;crire de la musique. De fait, on pourra observer un certain parall&#233;lisme entre cette partition et la pr&#233;sente Sonate :&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_655 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://url.oumupo.org/local/cache-vignettes/L500xH85/document-28-19d2a.png?1772317549' width='500' height='85' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Outre sa grande simplicit&#233; rythmique&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Sans rire : m&#234;me dans leurs pires passages, mes partitions n'arrivent pas &#224; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, le langage reste ici dans ce que je nomme des &#034;tons blancs&#034; (qui suivraient les touches blanches lorsqu'on joue sur un clavier de piano), un peu dans l'esprit de Prokofiev : &#034;&lt;i&gt;Le ton de&lt;/i&gt; do &lt;i&gt;majeur&lt;/i&gt;, &#233;crit Francis Poulenc dans un &lt;a href=&#034;https://books.google.fr/books?id=kvAojP8oZDsC&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;livre&lt;/a&gt; extraordinaire, &lt;i&gt;a toujours &#233;t&#233; cher &#224; Prokofiev. Je ne sais plus qui a surnomm&#233; Prokofiev `le po&#232;te des touches blanches'. C'est exact.&lt;/i&gt;&#034; Poulenc et Prokofiev : on le voit, je ne me r&#233;f&#232;re gu&#232;re aux compositeurs de la deuxi&#232;me moiti&#233; du XX&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle (&#224; part Ligeti, de temps &#224; autre).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Cheminement&lt;/strong&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;M&#234;me si ma petite pi&#232;ce de 2003 &#233;tait construite, dans la plupart des sections, de fa&#231;on tr&#232;s raisonn&#233;e et avec une certaine rigueur formelle, j'en gardais le sentiment d'une pi&#232;ce tr&#232;s spontan&#233;e et expressive, &#233;crite relativement rapidement (&#224; l'&#233;poque, travailler un mois et demi sur une pi&#232;ce de six minutes me semblait consid&#233;rable ; apr&#232;s avoir mis, avec ma &lt;i&gt;Sonate&lt;/i&gt; pour piano, plus de trois ans pour publier une partition d'une vingtaine de minutes, c'est avec nostalgie que je repense aujourd'hui &#224; cette &#233;poque). J'avais donc envie de revenir &#224; un pareil degr&#233; d'expressivit&#233;, en qu&#234;te d'une &#233;criture touchante et attachante. (Nous verrons bient&#244;t qu'il en fut tout autrement &#8212; mais n'anticipons pas.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mon premier r&#233;flexe fut d'&#233;crire :&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_656 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://url.oumupo.org/local/cache-vignettes/L99xH52/document-29-9d12d.png?1772312404' width='99' height='52' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Cela n'a l'air de rien, mais &#224; la fl&#251;te traversi&#232;re ces deux notes sont charg&#233;es d'expressivit&#233;. Tout d'abord elles se trouvent dans le registre grave, qui peut &#234;tre soit tr&#232;s chaleureux soit inqui&#233;tant ; ensuite la liaison indique ici non seulement une articulation mais &#233;galement un certain &lt;i&gt;soutien&lt;/i&gt; du souffle, ce registre consommant beaucoup d'air.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;veloppons le geste :&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_657 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://url.oumupo.org/local/cache-vignettes/L172xH54/document-30-ed111.png?1772312404' width='172' height='54' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;On passe de deux notes &#224; trois, ce qui peut laisser envisager une progression arithm&#233;tique ; de plus le mouvement m&#233;lodique ascendant est &#233;galement un embrayeur expressif. Pour continuer &#224; d&#233;velopper, il faut donc d&#233;terminer deux politiques : celle de la structuration rythmique (vais-je continuer avec &lt;i&gt;quatre&lt;/i&gt; notes, puis &lt;i&gt;cinq&lt;/i&gt; ? ou bien vais-je adopter une suite de Fibonacci avec &lt;i&gt;cinq&lt;/i&gt; notes, puis &lt;i&gt;huit&lt;/i&gt; ?), et celle des hauteurs (vais-je continuer sur des mouvements purement chromatiques ? ou encore introduire progressivement du &lt;i&gt;mode 2&lt;/i&gt; ?).&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_658 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://url.oumupo.org/local/cache-vignettes/L279xH60/document-31-a2bae.png?1772312404' width='279' height='60' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s lors, nous commen&#231;ons &#224; savoir un peu plus clairement o&#249; l'on va.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_659 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://url.oumupo.org/local/cache-vignettes/L432xH72/document-32-ceccb.png?1772312404' width='432' height='72' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s quelques tentatives, voil&#224; o&#249; j'avais abouti. Les mont&#233;es de fl&#251;te suivent un &#233;largissement intervallique progressif, suivi d'une descente en r&#233;duction (soit, en nombre de demi-tons, &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;+1 +2 +3 +3 -2 -1&lt;/code&gt;), et le nombre de notes de chaque groupe augmente selon la suite arithm&#233;tique des &lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Nombre_premier&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;entiers premiers&lt;/a&gt;. Tout cela laissait envisager l'entr&#233;e de nouvelles voix, et une &#233;criture polyphonique en d&#233;veloppements horizontaux : en un mot, tout cela appelait &lt;i&gt;la fugue&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Seul petit inconv&#233;nient : la fugue, elle avait d&#233;j&#224; &#233;t&#233; &#233;crite.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_660 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://url.oumupo.org/local/cache-vignettes/L500xH57/document-33-6a094.png?1772317549' width='500' height='57' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Chacun son snobisme : quand on me parle de fugue, l'image qui me vient &#224; l'esprit n'est pas celle d'un &lt;a href=&#034;https://en.wikipedia.org/wiki/Johann_Sebastian_Bach&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;p&#232;re de famille teuton&lt;/a&gt; bien en chair, dont par ailleurs je me d&#233;sint&#233;resse toujours plus r&#233;solument, mais celle d'un &lt;a href=&#034;https://en.wikipedia.org/wiki/B%C3%A9la_Bart%C3%B3k&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;hongrois anti-fasciste et souffreteux&lt;/a&gt;. La fugue chromatique de la &lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=bkwdJJPT97Q&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Musique pour cordes, c&#233;lesta et percussions&lt;/i&gt;&lt;/a&gt; est pour moi le mod&#232;le ind&#233;pass&#233; de l'expressivit&#233; atonale (ou de ce que j'appelle parfois, en parall&#232;le avec la peinture, &lt;i&gt;abstraction lyrique&lt;/i&gt;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Donc bref, me voil&#224; parti pour &#233;crire une fugue atonale construite sur des motifs chromatiques en augmentation et dans un caract&#232;re plus ou moins recueilli, exactement comme celle de Bart&#243;k quoiqu'en n&#233;cessairement moins bien &#8212; et, l&#233;ger d&#233;tail, presque 80 ans plus tard. &lt;i&gt;&#199;a&lt;/i&gt; c'est du contemporain !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et pourtant &#8212; et pourtant, c'&#233;tait exactement &lt;u&gt;cela&lt;/u&gt; que j'avais envie d'&#233;crire. Cela, et rien d'autre. Pour moi qui me demande toujours, en toute situation, o&#249; est l'attitude la plus courageuse &#224; avoir, impossible de trancher, dans la situation pr&#233;sente, s'il e&#251;t &#233;t&#233; plus courageux de ne &lt;i&gt;point&lt;/i&gt; c&#233;der &#224; mes envies de reproduire en moins bien des musiques du si&#232;cle pass&#233;, ou bien de faire face &#224; mes propres obsessions et d'assumer mes go&#251;ts surann&#233;s. Je finis par adopter, au terme d'une longue r&#233;flexion, la m&#234;me r&#233;ponse que d'habitude et la seule qui englobe enti&#232;rement la situation dans toute son ambivalence :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Zut.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Structure&lt;/strong&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;La suite des nombres premiers gouverne donc la partition, &#224; un niveau local (les groupes de notes, comme nous l'avons vu &#8212; encore que ce ne sont ici que des nombres &#034;apparents&#034;, puisqu'un demi-soupir s'y ajoute &#224; chaque fois et fausse donc les comptes) mais &#233;galement macroscopique : les diff&#233;rents &#233;v&#232;nements importants (tels que les entr&#233;es des diff&#233;rentes voix) prennent place &#224; des points d&#233;termin&#233;s par ces nombres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Se pose alors le probl&#232;me inh&#233;rent &#224; toute suite de ce type, dont les nombres tendent &#224; s'espacer progressivement : la musique a sa propre logique, et les &#233;v&#232;nements musicaux ne peuvent pas &#234;tre &lt;i&gt;trop&lt;/i&gt; &#233;loign&#233;s les uns des autres. De plus, il faut &#233;galement tenir compte de la &lt;u&gt;fatigue auditive&lt;/u&gt; du spectateur (et de l'interpr&#232;te !), qui tend &#224; cro&#238;tre au fil du mouvement &#8212; de ce fait, l'on privil&#233;giera plut&#244;t une suite &lt;i&gt;d&#233;croissante&lt;/i&gt;, qui acc&#233;l&#232;re les &#233;v&#232;nements plut&#244;t que de les ralentir. C'est, du reste, ce qui se pratique depuis des si&#232;cles, avec dans l'&#233;criture verticale la notion de fr&#233;quence harmonique (le rythme auquel se succ&#232;dent les accords) et dans l'&#233;criture horizontale ce que l'on nomme la &lt;i&gt;strette&lt;/i&gt; et qui vient en g&#233;n&#233;ral vers la fin des fugues.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aussi ai-je fini par structurer ce mouvement autour de plusieurs s&#233;ries de nombres premiers : deux d&#233;croissantes, et une croissante. Je recopie ici (en tentant de m'y retrouver moi-m&#234;me) le tableau qui s'est peu &#224; peu constitu&#233; dans mon cahier, et dont la ligne du bas d&#233;signe le nombre de temps (noires) &#233;coul&#233;s depuis le d&#233;but du mouvement :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;!-- div style=&#034;transform:rotate(90deg); -ms-transform:rotate(90deg); -webkit-transform:rotate(90deg);&#034; --&gt;&lt;/p&gt;
&lt;table class=&#034;table spip&#034;&gt;
&lt;tbody&gt;
&lt;tr class='row_odd odd'&gt;
&lt;th id='idb358_l0'&gt;A&lt;/th&gt;
&lt;td class='numeric ' headers='idb358_l0'&gt;&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric ' headers='idb358_l0'&gt;&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric ' headers='idb358_l0'&gt;41&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric ' headers='idb358_l0'&gt;&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric ' headers='idb358_l0'&gt;37&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric ' headers='idb358_l0'&gt;&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric ' headers='idb358_l0'&gt;31&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric ' headers='idb358_l0'&gt;&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric ' headers='idb358_l0'&gt;&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric ' headers='idb358_l0'&gt;29&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric ' headers='idb358_l0'&gt;&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric ' headers='idb358_l0'&gt;&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric ' headers='idb358_l0'&gt;23&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric ' headers='idb358_l0'&gt;&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric ' headers='idb358_l0'&gt;19&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric ' headers='idb358_l0'&gt;17&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric ' headers='idb358_l0'&gt;&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric ' headers='idb358_l0'&gt;13&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric ' headers='idb358_l0'&gt;11&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric ' headers='idb358_l0'&gt;7&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric ' headers='idb358_l0'&gt;5&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric ' headers='idb358_l0'&gt;3&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric ' headers='idb358_l0'&gt;2&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_even even'&gt;
&lt;th id='idb358_l1'&gt;B&lt;/th&gt;
&lt;td class='numeric ' headers='idb358_l1'&gt;11&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric ' headers='idb358_l1'&gt;13&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric ' headers='idb358_l1'&gt;17&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric ' headers='idb358_l1'&gt;19&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric ' headers='idb358_l1'&gt;&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric ' headers='idb358_l1'&gt;23&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric ' headers='idb358_l1'&gt;&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric ' headers='idb358_l1'&gt;29&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric ' headers='idb358_l1'&gt;&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric ' headers='idb358_l1'&gt;&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric ' headers='idb358_l1'&gt;31&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric ' headers='idb358_l1'&gt;&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric ' headers='idb358_l1'&gt;&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric ' headers='idb358_l1'&gt;&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric ' headers='idb358_l1'&gt;37&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric ' headers='idb358_l1'&gt;&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric ' headers='idb358_l1'&gt;&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric ' headers='idb358_l1'&gt;&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric ' headers='idb358_l1'&gt;41&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric ' headers='idb358_l1'&gt;&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric ' headers='idb358_l1'&gt;&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric ' headers='idb358_l1'&gt;&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric ' headers='idb358_l1'&gt;&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_odd odd'&gt;
&lt;th id='idb358_l2'&gt;C&lt;/th&gt;
&lt;td class='numeric ' headers='idb358_l2'&gt;&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric ' headers='idb358_l2'&gt;&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric ' headers='idb358_l2'&gt;&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric ' headers='idb358_l2'&gt;&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric ' headers='idb358_l2'&gt;41&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric ' headers='idb358_l2'&gt;&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric ' headers='idb358_l2'&gt;&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric ' headers='idb358_l2'&gt;&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric ' headers='idb358_l2'&gt;37&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric ' headers='idb358_l2'&gt;&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric ' headers='idb358_l2'&gt;&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric ' headers='idb358_l2'&gt;31&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric ' headers='idb358_l2'&gt;&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric ' headers='idb358_l2'&gt;29&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric ' headers='idb358_l2'&gt;&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric ' headers='idb358_l2'&gt;&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric ' headers='idb358_l2'&gt;23&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric ' headers='idb358_l2'&gt;&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric ' headers='idb358_l2'&gt;19&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric ' headers='idb358_l2'&gt;&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric ' headers='idb358_l2'&gt;&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric ' headers='idb358_l2'&gt;&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric ' headers='idb358_l2'&gt;17&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_even even'&gt;
&lt;th id='idb358_l3'&gt;Temps&lt;/th&gt;
&lt;td class='numeric ' headers='idb358_l3'&gt;11&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric ' headers='idb358_l3'&gt;24&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric ' headers='idb358_l3'&gt;41&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric ' headers='idb358_l3'&gt;60&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric ' headers='idb358_l3'&gt;78&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric ' headers='idb358_l3'&gt;83&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric ' headers='idb358_l3'&gt;109&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric ' headers='idb358_l3'&gt;112&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric ' headers='idb358_l3'&gt;119&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric ' headers='idb358_l3'&gt;138&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric ' headers='idb358_l3'&gt;143&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric ' headers='idb358_l3'&gt;150&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric ' headers='idb358_l3'&gt;161&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric ' headers='idb358_l3'&gt;179&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric ' headers='idb358_l3'&gt;180&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric ' headers='idb358_l3'&gt;197&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric ' headers='idb358_l3'&gt;202&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric ' headers='idb358_l3'&gt;210&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric ' headers='idb358_l3'&gt;221&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric ' headers='idb358_l3'&gt;228&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric ' headers='idb358_l3'&gt;233&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric ' headers='idb358_l3'&gt;236&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric ' headers='idb358_l3'&gt;238&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;/tbody&gt;
&lt;/table&gt;
&lt;p&gt;&lt;!-- /div --&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La progression comporte quelques particularit&#233;s int&#233;ressantes (par exemple quelques rencontres entre les sch&#233;mas A et B) ; pour des raisons de bri&#232;vet&#233; toutefois, l'on ne va jamais tr&#232;s loin dans la suite de nombres (le plus &#233;lev&#233; est 41, m&#234;me pas &lt;a href=&#034;https://en.wikipedia.org/wiki/42_%28number%29&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;42&lt;/a&gt;) ; quant &#224; traduire ces nombres par quelque chose qui fasse sens dans la partition, il ne me fallut pas longtemps pour r&#233;aliser que c'&#233;tait un luxe que je ne pourrais me permettre : la fl&#251;te n'a qu'un seul souffle, le piano n'a que deux mains, et chacun &#233;tait d&#233;j&#224; tr&#232;s vite pouss&#233; aux limites de ses capacit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un mot &#224; ce sujet : la partie de piano de ce mouvement est probablement l'une des plus complexes que j'aie jamais &#233;dit&#233;es ; les mains passent leur temps &#224; se d&#233;multiplier, &#224; faire passer un contrepoint chromatique interne, &#224; arp&#233;ger des notes hors d'atteinte. J'aimerais toutefois me dire que cette partition est malgr&#233; tout pens&#233;e de fa&#231;on tr&#232;s idiomatique pour le piano et &#233;voquera moins le &lt;i&gt;pensum&lt;/i&gt; harassant que sont les partitions polyphoniques de Bach&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Harassant pour les pianistes en tout cas, &#224; qui l'on s'obstine pourtant (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, que le bonheur stimulant des &#339;uvres de Prokofiev. Une autre r&#233;f&#233;rence en mati&#232;re d'&#233;criture pianistique polyphonique sur des registres multiples est &#224; chercher dans les &lt;i&gt;&#201;tudes&lt;/i&gt; pour piano de Ligeti, &#224; qui j'ai d'ailleurs pens&#233; tout particuli&#232;rement &#224; quelques endroits : accords un peu &lt;i&gt;jazz&lt;/i&gt; mesures 20-21, &lt;i&gt;forte&lt;/i&gt; dans le suraigu mesures 31-32 pendant que la main gauche reste &lt;i&gt;mezzo piano&lt;/i&gt;. Quant &#224; la partie de fl&#251;te, elle constitue plut&#244;t une r&#233;capitulation des mouvements pr&#233;c&#233;dents, que nous allons voir ci-dessous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un corollaire du tableau ci-dessus est que la pi&#232;ce ne comporte pas de sections clairement d&#233;limit&#233;es et identifiables : pendant qu'un nouveau geste commence, tous les autres continuent, se superposent et se m&#233;langent en ce qu'on pourrait qualifier de &#034;tuilage&#034; et que j'ai surnomm&#233; &lt;a href='http://url.oumupo.org/Ouverture' class=&#034;spip_in&#034;&gt;autrefois&lt;/a&gt; &lt;i&gt;matte painting&lt;/i&gt;. De l&#224; vient l'aspect labyrinthique du mouvement, mais &#233;galement de sa d&#233;polarisation des hauteurs : le &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;mi&lt;/code&gt; sert souvent de note de d&#233;part, mais &#233;galement le &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;si&lt;/code&gt; b&#233;mol, voire &#224; l'occasion le &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;sol&lt;/code&gt; ou le &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;do&lt;/code&gt; di&#232;se. Cette &#233;criture reste en apesanteur, et j'esp&#232;re tout au plus que l'on entendra quand m&#234;me, de loin en loin, quelques couleurs harmoniques int&#233;ressantes quoique d'apparence fortuite. Il est tout de m&#234;me assez inhabituel de terminer une Sonate sur un mouvement aussi lent et aust&#232;re ; je reviendrai plus bas sur ce choix qui s'est plus ou moins impos&#233; &#224; moi et dans lequel je ne parviens pas &#224; me reconna&#238;tre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Restait &#224; savoir de quelle fa&#231;on orthographier cette suite ininterrompue de noires et de croches (pour ne rien dire des triolets) ; afin d'&#244;ter de la complexit&#233; partout o&#249; je le pouvais, je choisis d'adopter des mesures &#224; 4/4, les plus naturelles pour nous instrumentistes occidentaux (si tant est que l'on consid&#232;re que l'Occident s'arr&#234;te avant l'Espagne). Je tentai un bref moment d'&#233;crire avec des mesures &#224; sept temps, comme dans les deux autres mouvements, mais la saine panique qui s'empara de moi lorsque j'essayai de d&#233;chiffrer moi-m&#234;me la partie de piano ainsi orthographi&#233;e, mit un frein &#224; mes vues de l'esprit. Cette m&#233;trique &#224; quatre temps doit donc &#234;tre consid&#233;r&#233;e comme celle des &lt;i&gt;&#201;tudes&lt;/i&gt; de Ligeti : les barres de mesure ne servent que de rep&#232;res et n'ont aucune signification structurelle.&lt;/p&gt;
&lt;/bloc&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Deuxi&#232;me mouvement&lt;/h2&gt;&lt;bloc&gt;
&lt;center&gt;[Cliquez pour d&#233;plier.]&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;Un jeudi apr&#232;s-midi en f&#233;vrier 2013, dans un couloir du conservatoire de Montreuil, je trouvai une feuille de cahier (petit format, grands carreaux) sur le sol. J'avais pr&#233;cis&#233;ment une heure et demie &#224; tuer avant de retourner accompagner des cours de danse ; et une table se trouvait l&#224;, dans le couloir d&#233;sert. Je m'assis et &#233;crivis un peu ce qui me passait par la t&#234;te : c'&#233;tait l'accord introductif de la chanson &lt;i&gt;Barcelona&lt;/i&gt;, dans la com&#233;die musicale am&#233;ricaine &lt;i&gt;Company&lt;/i&gt; &#224; laquelle j'avais consacr&#233;, ces trois derni&#232;res ann&#233;es, un &lt;a href='http://url.oumupo.org/Company-ou-l-echec-du-langage' class=&#034;spip_in&#034;&gt;fort long essai&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La structure&lt;/strong&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;Je fus tent&#233;, dans un premier temps, de r&#233;p&#233;ter cet accord en syncopes :&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_649 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://url.oumupo.org/local/cache-vignettes/L304xH112/toto-preview-29-62c5f.png?1772312405' width='304' height='112' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;... c'&#233;tait trop facile. Je devais chercher (un peu comme dans la partie de piano de ma troisi&#232;me &lt;a href='http://url.oumupo.org/Danses-Kala' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&lt;i&gt;Danse K&#224;la&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, qui repose d'ailleurs en partie sur les m&#234;mes notes) une fa&#231;on de sugg&#233;rer la syncope : ce serait une mesure &#224; 7/8.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_650 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://url.oumupo.org/local/cache-vignettes/L302xH121/toto-preview-30-8aaf0.png?1772312405' width='302' height='121' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Et il y en aurait, euh... sept en tout. Ah zut, c'est un peu court. Bon, alors &lt;i&gt;deux fois&lt;/i&gt; sept. Oui, mais que vient faire le chiffre deux dans cette affaire ? Rien ne le justifie (si encore c'&#233;tait du &lt;i&gt;trois&lt;/i&gt;)... Bon, alors des mesures &#224; 7/4, qui durent deux fois plus longtemps comme &#231;a il suffit d'en mettre sept et non quatorze. Ni vu ni connu.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_651 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://url.oumupo.org/local/cache-vignettes/L319xH162/toto-preview-31-58026.png?1772312405' width='319' height='162' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Fort bien. Des carrures de sept mesures &#224; sept temps &#8212; o&#249; as-tu d&#233;j&#224; vu &#231;a ? Ah oui, le premier mouvement de cette Sonate pour fl&#251;te que tu es cens&#233; &#234;tre en train d'&#233;crire (voir ci-dessous) plut&#244;t que de faire des gribouillis sur une table dans le couloir du conservatoire. Bon, toujours le chiffre sept ; on n'aura qu'&#224; dire que &#034;cela illustre la coh&#233;rence de la pens&#233;e formelle de l'auteur&#034;, ce sera quand m&#234;me plus classe que &#034;&#231;a sent la grosse ficelle&#034;. Reste la question : &lt;i&gt;combien&lt;/i&gt; de carrures ? On ne va quand m&#234;me pas en faire sept, c'est long et gonflant &#8212; ce Premier mouvement l'a amplement montr&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui, mais. Si ce n'est pas &lt;i&gt;sept&lt;/i&gt;, il faut que ce soit &lt;i&gt;trois&lt;/i&gt;. Au nom de quoi ? De rien, c'est &lt;a href='http://url.oumupo.org/Ballade' class=&#034;spip_in&#034;&gt;comme &#231;a&lt;/a&gt;. Fort bien, donc : trois carrures de sept mesures, c'est dit &#8212; attends un instant. Trois fois sept... Tu te proposes d'&#233;crire glorieusement un morceau de : &lt;i&gt;vingt-et-une mesures&lt;/i&gt; ? Ce n'est pas s&#233;rieux, on va te rire au nez.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me des mesures longues, &#224; 7/4 ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me des mesures longues. M&#234;me &#224; 7/4.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut donc trouver un moyen de d&#233;velopper tout &#231;a. Et si j'ajoutais des sections de transition, entre les trois grandes parties de sept mesures chacune ? Des sections plus courtes, bien s&#251;r : par exemple, non pas de sept mesures, mais... euh, ce n'est pas comme si j'avais le choix : si ce n'est pas sept, ce sera trois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et voil&#224; donc le plan de cette pi&#232;ce, en nombre de mesures :&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;&lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;7+3+7+3+7&lt;/code&gt;&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;Total : vingt-sept. Bon, ce n'est pas encore tr&#232;s glorieux, mais c'est d&#233;j&#224; un peu moins ridicule, vingt-sept. Cherchons des justifications : c'est &lt;del&gt;un nombre premier&lt;/del&gt; un &lt;a href=&#034;&#034;&gt;cube parfait&lt;/a&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Merci &#224; Gilles Esposito-Far&#232;se &#8212; toujours lui ! &#8212; de m'avoir signal&#233; cette (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; et puis en plus c'est un nombre qui s'&#233;crit avec le chiffre &lt;i&gt;sept&lt;/i&gt;... Avec un peu de chance, &#231;a pourra m&#234;me donner l'impression que c'est calcul&#233; expr&#232;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'harmonie&lt;/strong&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;Bon, toujours est-il que je me retrouve avec cet accord dont je ne sais pas trop quoi faire, moi :&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_652 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://url.oumupo.org/local/cache-vignettes/L274xH121/toto-preview-32-dce3d.png?1772312405' width='274' height='121' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Un accord &lt;i&gt;parfait&lt;/i&gt;. De Sol mineur. La honte absolue. On se croirait en 1830, les gens vont me prendre pour un sale r&#233;actionnaire de 95 ans. En plus il n'est m&#234;me pas correctement fichu cet accord, n'importe quel &#233;tudiant de premi&#232;re ann&#233;e te dira qu'&lt;i&gt;on ne double &lt;u&gt;pas&lt;/u&gt; la basse d'un accord du premier renversement&lt;/i&gt;, tu pourras toujours te retrancher derri&#232;re le deuxi&#232;me mouvement du &lt;a href=&#034;http://imslp.org/wiki/String_Quartet_No.14,_D.810_%28Schubert,_Franz%29&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;quatuor&lt;/a&gt; &#034;La Jeune fille et la Mort&#034; de Schubert (mesure 10 : coucou, un accord de Sol mineur renvers&#233; et doubl&#233; !), mais &#231;a reste quand m&#234;me faiblard.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et si on le faisait passer, cet accord, comme le produit tout &#224; fait involontaire d'un calcul purement math&#233;matique ? Voyons, quels sont les intervalles entre les notes ? Comptons les demi-tons :&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_653 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://url.oumupo.org/local/cache-vignettes/L121xH107/toto-preview-33-a93e7.png?1772312405' width='121' height='107' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Hmm, &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;7 - 8 - 9&lt;/code&gt;, int&#233;ressant. Autant tu dis &#034;j'ai &#233;crit un morceau en Sol mineur&#034; tout le monde hausse les &#233;paules, autant tu dis &#034;j'ai &#233;crit un morceau sur une suite arithm&#233;tique fond&#233;e sur 7-8-9&#034;, c'est d&#233;j&#224; plus pr&#233;sentable. (Pas autant que le spectre acoustique, la section d'or ou les nombres de Mersenne, mais bon, on fait avec ce qu'on a.) Et d'ailleurs, on peut s&#251;rement les intervertir de plusieurs fa&#231;ons :&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_654 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://url.oumupo.org/local/cache-vignettes/L306xH147/toto-preview-34-5341f.png?1772312405' width='306' height='147' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Magnifique, tout un tas d'accords parfaits totalement ringards mais enti&#232;rement justifiables par un alibi math&#233;matique/combinatoire/&lt;a href='http://url.oumupo.org/OuMuPo-mais-qu-est-ce-donc' class=&#034;spip_in&#034;&gt;oumupien&lt;/a&gt; ! Je pourrai m&#234;me jouer sur la progression arithm&#233;tique entre les diff&#233;rents accords : dans un sens, dans un autre, dans l'ordre ou le d&#233;sordre, r&#233;pandus sur 24 demi-tons (deux octaves) comme ici ou regroup&#233;s sur une seule octave, etc. Sauf que... zut, il n'y en a que six.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pas sept.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;(soupir)&lt;/i&gt; Bon, pas grave, je rajouterai discr&#232;tement un accord de quinte augment&#233;e (&lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;8 - 8 - 8&lt;/code&gt;) et le tour sera jou&#233;... Et pour ne pas rester confin&#233; dans ces accords, je pourrai toujours me rabattre sur des &#233;chelles non-octaviantes (par exemple mesure 16, sur &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;5 - 6 - 7&lt;/code&gt;) ou des pseudo-spectres : apr&#232;s tout, tout cela repose sur la suite des entiers naturels hein, bonnet blanc et dent pour dent !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La m&#233;lodie&lt;/strong&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;Comment &#231;a, &#034;la m&#233;lodie&#034; ? J'&#233;cris un mouvement de Sonate &lt;u&gt;pour fl&#251;te&lt;/u&gt; et c'est seulement &lt;i&gt;maintenant&lt;/i&gt; que je me dis, ah tiens, il faudrait peut-&#234;tre rajouter une m&#233;lodie sur tout &#231;a ? Quel professionnalisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et d'abord, qu'est-ce que cette partition ? Qu'est-ce que je crois &#234;tre en train de faire, au juste ? C'est un mouvement lent, ind&#233;niablement &#8212; mais j'ai &lt;i&gt;d&#233;j&#224;&lt;/i&gt; un mouvement lent, &#224; savoir cette vieille partition dont je rebats mes propres oreilles depuis dix ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;... Et puis par l&#224;-dessus je me suis mis &#224; &#233;crire : une fugue (je vous demande un peu : une &lt;i&gt;fugue&lt;/i&gt;) chromatique et atonale, lente et interminable. Je me suis dis tiens, &#231;a pourrait faire un premier mouvement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;... Mais entretemps j'ai commenc&#233; une nouvelle partition, elle aussi lente et solennelle, avec des mesures &#224; 7/4, des gammes qui montent en croche,... et je me suis dit tiens, &#231;a ferait un meilleur premier mouvement que ma fugue-interminable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec cette nouvelle partition entam&#233;e dans le couloir, &#231;a me fait donc non pas deux, non pas trois mais QUATRE mouvements lents de cette fichue Sonate.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Passe encore pour le premier mouvement, ce n'est pas grave si c'est un peu recueilli/solennel (j'ai &lt;a href='http://url.oumupo.org/Premiere-Sonate-pour-piano' class=&#034;spip_in&#034;&gt;d&#233;j&#224;&lt;/a&gt; fait le coup). Quant au deuxi&#232;me mouvement, c'est effectivement un mouvement lent, c'est la tradition qui veut &#231;a, admettons. Mais pour le &lt;u&gt;dernier&lt;/u&gt; mouvement, celui qui est cens&#233; r&#233;veiller les gens et les faire applaudir, il faudrait vraiment, vraiment, que je r&#233;dige un petit truc marrant-primesautier-virtuose. On ne va pas les laisser sur cette impression l&#224;, quand m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les gens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui mais &lt;i&gt;quelles&lt;/i&gt; gens, au fond ? &#199;a impliquerait au moins deux personnes qui joueraient ma musique, et au moins une personne pour &#233;couter les deux pr&#233;c&#233;dentes : tant de monde alors que depuis plusieurs ann&#233;es j'ai quand m&#234;me pu remarquer que, au fond, ce que j'&#233;cris n'int&#233;resse qu'une personne. Moi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(Et encore.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors ? Alors j'&#233;cris ce que je veux. Tant pis. Et si je veux faire trois mouvements lents, tant pis. Et si je veux finir par une fugue tordue et interminable : tant pis. (De toute fa&#231;on je n'ai plus le choix.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et si je veux mettre au milieu des deux autres cette nouvelle partition de vingt-et-sept mesures, qui n'a rien &#224; voir avec le reste et ne commence m&#234;me pas par du &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;mi&lt;/code&gt; et du &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;fa&lt;/code&gt;, eh bien, tant pis. Les deuxi&#232;mes mouvements qui ne ressemblent &#224; rien, &#231;a existe, il n'y a qu'&#224; voir l'&lt;a href=&#034;http://imslp.org/wiki/3_Fantasiest%C3%BCcke,_Op.111_%28Schumann,_Robert%29&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;opus 111&lt;/a&gt; de Schumann (ce n'est pas une Sonate, mais : je me comprends).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et, si je finis par &#233;jecter de cette Sonate &#034;la&#034; fameuse petite pi&#232;ce sans laquelle rien de tout cela n'aurait exist&#233;, celle qui fournit tout le mat&#233;riel th&#233;matique, harmonique, m&#233;lodique &#8212; tant pis. On n'aura qu'&#224; la jouer s&#233;par&#233;ment. (Ou : ne pas plus la jouer que le reste de mes partitions, cf plus haut.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et ce m&#234;me si je suis cette m&#234;me personne qui &#224; l'&#226;ge de dix-sept ans annon&#231;ait cr&#226;nement : &#034;le jour o&#249; j'&#233;crirai un concerto, je passerai directement du premier au troisi&#232;me mouvement. Les mouvements lents, &#231;a sert &#224; rien et &#231;a fait chier tout le monde.&#034; Tant pis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La seule chose qui est s&#251;re : c'est que. L&#224;, maintenant, tout de suite. Peut-&#234;tre parce que je n'ai plus dix-sept ans mais vingt-neuf (on n'est pas s&#233;rieux quand on a vingt-neuf ans). Peut-&#234;tre parce que c'est une p&#233;riode sombre, je ne sais pas, tant pis. Mais ce dont je suis s&#251;r : je n'ai &lt;i&gt;aucune&lt;/i&gt; envie d'&#233;crire un truc marrant et primesautier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Donc, la m&#233;lodie...&lt;/strong&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;La m&#233;lodie, on n'a qu'&#224; l'appuyer sur des notes compl&#233;mentaires de l'accord du piano. Par exemple si le piano fait du &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;8&lt;/code&gt; (une sixte mineure), la fl&#251;te peut donner le &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;4&lt;/code&gt; (la tierce majeure) :&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_661 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://url.oumupo.org/local/cache-vignettes/L92xH167/document-34-bbf09.png?1772312405' width='92' height='167' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Et si le piano fait un nombre impair ?&lt;/i&gt; Euh... je n'ai qu'&#224; le diviser par trois au lieu de deux : &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;9&lt;/code&gt; (la sixte majeure) donne &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;3&lt;/code&gt; puis &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;6&lt;/code&gt; (deux tierces mineures empil&#233;es). &lt;i&gt;Et si c'est un nombre premier ?&lt;/i&gt; Voyons voir... La fl&#251;te n'&#224; qu'&#224; faire les deux notes du milieu dans ce cas (par exemple &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;3&lt;/code&gt; et &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;4&lt;/code&gt; si le nombre est &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;7&lt;/code&gt;) &#8212; de toute fa&#231;on je me rendrai tr&#232;s vite compte que ce n'est pas un probl&#232;me, mais n'anticipons pas.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_663 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://url.oumupo.org/local/cache-vignettes/L216xH176/document-36-a8db9.png?1772312405' width='216' height='176' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Me voil&#224; avec cinq notes compl&#233;mentaires pour chaque accord ; enlevons les doublons &#8212; les notes d&#233;j&#224; donn&#233;es par le piano &#8212; et il n'en reste plus que quatre (tous les paquets d'un demi-ton, caus&#233;s par les quintes du piano, disparaissent) :&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_664 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://url.oumupo.org/IMG/png/document-37.png' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='http://url.oumupo.org/local/cache-vignettes/L500xH167/document-37-14c01.png?1772317549' width='500' height='167' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Et l&#224;, on commence &#224; avoir de quoi faire. De jolies m&#233;lodies que c'en est une merveille, avec en plus la possibilit&#233; d&#8216;utiliser &lt;u&gt;toutes les douze notes du temp&#233;rament&lt;/u&gt; un m&#234;me nombre de fois, ce qu'&#224; l'Oumupo &#034;on&#034; (c'est-&#224;-dire moi) nomme &lt;i&gt;&#233;quit&#233; statistique&lt;/i&gt;, ou &lt;a href=&#034;http://oumupo.org/wiki/index.php/S%C3%A9rialisme_d%C3%A9tendu&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;s&#233;rialisme d&#233;tendu&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, c'est selon.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'int&#233;r&#234;t d'utiliser des notes &#034;compl&#233;mentaires&#034;, qui ne figurent pas dans les accords du piano mais sont n&#233;anmoins dict&#233;es par iceux, c'est qu'on obtient ainsi une m&#233;lodie tr&#232;s abstraite et difficilement polarisable, et malgr&#233; tout assez chantante. On peut ainsi penser au d&#233;but un peu &#233;trange de la &lt;i&gt;Naive And Sentimental Music&lt;/i&gt; de John Adams (&#233;galement sur des accords r&#233;p&#233;t&#233;s mais pas avec des notes compl&#233;mentaires). Ou pour prendre un autre exemple, tout &#224; fait au hasard : je ne sais pas si vous en avez entendu parler, mais il y a de fort jolies m&#233;lodies abstraites dans une &lt;a href='http://url.oumupo.org/Ballade' class=&#034;spip_in&#034;&gt;petite pi&#232;ce&lt;/a&gt; pour fl&#251;te et piano dat&#233;e de mai 2003. Tellement r&#233;ussies que je m'empresse de les recycler (comparez ainsi les mesures 8-9 de la pi&#232;ce pr&#233;cit&#233;e et la mesure 5 du pr&#233;sent mouvement, quoique reformul&#233;e pour r&#233;pondre &#224; la contrainte d'&#233;quit&#233; statistique).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re transition (mesures 7 &#224; 9) est une simple progression sur une &#233;chelle &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;4-5-6&lt;/code&gt; non-octaviante ; la deuxi&#232;me grande section se construit, nous l'avons vu, sur des progressions d'accords parfaits ou des &#233;chelles intervalliques de type &lt;i&gt;n ; n+1 ; n+2&lt;/i&gt;, avec des guirlandes dans l'aigu du piano (proc&#233;d&#233; sur lequel je reviendrai plus bas). La deuxi&#232;me transition (mesures 18 &#224; 20) sert de contraste avec l'atmosph&#232;re tr&#232;s &#233;th&#233;r&#233;e du mouvement et permet de r&#233;veiller un peu l'auditeur avant la r&#233;exposition mesure 21. &#192; l'origine (lorsque le mouvement &#233;tait encore orthographi&#233; &#224; 7/8) cette derni&#232;re grande section devait &#234;tre deux fois plus courte (une seule carrure de sept mesures &#224; 7/8, au lieu de deux pour l'exposition) ; ce n'est que tardivement (et apr&#232;s avoir ajout&#233; les &lt;i&gt;bamboo tones&lt;/i&gt; que nous allons d&#233;tailler plus bas) que j'ai fini par accepter de la rallonger, et de donner plus de place aux silences : le spectateur peut ici se rendormir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#201;critures instrumentales&lt;/strong&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;Autant le dire : je ne suis en g&#233;n&#233;ral pas &lt;i&gt;fan&lt;/i&gt; des modes de jeu instrumentaux non-standard. Souffler dans son violon, s'asseoir sur son clavier, &#233;ternuer dans sa trompette... Tr&#232;s peu pour moi ; c'est le genre d'effet qui est amusant une fois lorsqu'on le d&#233;couvre, puis que des &lt;del&gt;douzaines&lt;/del&gt; centaines de compositeurs s'empressent d'utiliser parce que cela montre &#224; quel point ils sont Authentiquement Contemporains&lt;sup&gt;&#174;&lt;/sup&gt;, et &#224; ce stade &#231;a n'a plus rien d'int&#233;ressant ; bien au contraire, cela rend le m&#233;tier d'instrumentiste chaque jour un peu plus insupportable et cela ach&#232;ve de d&#233;tourner plusieurs g&#233;n&#233;rations d'&#233;l&#232;ves de la musique savante r&#233;cente. L'on m'objectera qu'avec de pareils raisonnements j'aurais censur&#233; la moiti&#233; du r&#233;pertoire de Monteverdi et que l&#8216;on n'aurait jamais d&#233;couvert le &lt;i&gt;pizzicato&lt;/i&gt; et le &lt;i&gt;col legno&lt;/i&gt; et que ce serait bien dommage : l'on aura pleinement raison. Mais disons tout simplement que dans la plupart des cas que j'ai pu rencontrer, la complexit&#233; instrumentale n'est qu'un artifice destin&#233; &#224; masquer la pauvret&#233; fondamentale du discours musical sous-jacent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui m'am&#232;ne &#224; la pr&#233;sente partition. Un matin alors que j'avais achev&#233; de &lt;a href=&#034;http://lilypond.org&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;LilyPond&lt;/a&gt;er ma partition et que je m'employais &#224; ajouter les liaisons et nuances, je m'interrogeai sur les indications &#224; ajouter dans la partie de fl&#251;te. Je n'ignorais pas qu'il existait des effets int&#233;ressants et relativement accessibles en mati&#232;re d'harmoniques et de &lt;i&gt;glissando&lt;/i&gt; (nous y reviendrons) ; cependant je cherchais, sans parvenir &#224; le nommer, un certain effet dans le registre grave de la fl&#251;te (c'est ce que je finis par d&#233;signer, nous le verrons, comme &#034;sons &#233;oliens mixtes&#034;). Commen&#231;ant &#224; arpenter le Web, j'en vins &#224; tomber sur des &lt;a href=&#034;http://mediatheque.ircam.fr/sites/instruments/flute/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;sites&lt;/a&gt; de &lt;a href=&#034;http://www.flutetunes.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;plus&lt;/a&gt; en &lt;a href=&#034;http://www.sfz.se/flutetech/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;plus&lt;/a&gt; en &lt;a href=&#034;http://www.robertdick.net/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;plus&lt;/a&gt; (en &lt;a href=&#034;http://www.larrykrantz.com/et/et.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;plus&lt;/a&gt; &lt;a href=&#034;http://www.flutecolors.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;int&#233;ressants&lt;/a&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;En particulier cet article dont toute personne qui &#233;crit de la musique (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, jusqu'&#224; enfin aboutir &#224; &lt;a href=&#034;http://www.forthecontemporaryflutist.com&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;la r&#233;f&#233;rence&lt;/a&gt; d&#233;finitive : &lt;i&gt;For The Contemporary Flutist&lt;/i&gt;, recueil de douze &#233;tudes par Wil Offermans qui, depuis sa parution en 1992, r&#233;capitule et enseigne tout ce qu'il y a &#224; savoir sur les pratiques instrumentales non-standard de la fl&#251;te traversi&#232;re Boehm. Recueil qui n'est &#233;videmment pas disponible librement en ligne (du moins, ahem, pas &lt;i&gt;officiellement&lt;/i&gt;) ; je me suis donc empress&#233; &lt;del&gt;de le t&#233;l&#233;charger ill&#233;ga&lt;/del&gt;d'en faire l'acquisition et d'attendre plusieurs jours sa livraison avant d'&#234;tre s&#251;r qu'il s'agissait bien de quelque chose d'int&#233;ressant pour moi. Du reste, je vous interdis formellement de cliquer sur &lt;a href=&#034;http://javiermontilla.com/Offermans-%20ContemporaryFlutist.pdf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;ce lien&lt;/a&gt; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et ce qui est particuli&#232;rement int&#233;ressant dans ce livre, c'est l'&#233;tude num&#233;ro quatre : &lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=zKSc9SBVIRY&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Bamboo Tones&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;. Au moyen de doigt&#233;s alternatifs (impliquant notamment l'espace creux au centre des plateaux) , Wil Offermans parvient tr&#232;s ing&#233;nieusement &#224; &lt;a href=&#034;http://www.flutecolors.com/techniques/bamboo-tones/video/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;imiter&lt;/a&gt;, avec une fl&#251;te occidentale tout &#224; fait ordinaire, le son des fl&#251;tes traditionnelles en bambou que l'on peut trouver aussi bien en Inde qu'en extr&#234;me-Orient ou en Am&#233;rique du Sud.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tr&#232;s impressionn&#233; par ce dispositif, je me mis en t&#234;te de l'utiliser dans ma partition ; je recyclai pour cela quelques-uns des doigt&#233;s de Offermans, et en improvisai all&#232;grement d'autres (notamment pour le &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;mi&lt;/code&gt; naturel aigu, le &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;mi&lt;/code&gt; b&#233;mol grave et le &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;si&lt;/code&gt; naturel), qui feront probablement hurler de rire n'importe quel fl&#251;tiste mais tiendront lieu de &lt;i&gt;placeholders&lt;/i&gt; jusqu'&#224; nouvel ordre. En effet, je n'avais aucune intention de changer les hauteurs, dont on a vu qu'elles &#233;taient choisies pour de bonnes (ou mauvaises) raisons. De ce fait, la partition peut tr&#232;s bien &#234;tre jou&#233;e sans doigt&#233;s sp&#233;ciaux, et peut-&#234;tre m&#234;me y gagnerait-on, pour peu que l'interpr&#232;te soit particuli&#232;rement attentif &#224; soigner son timbre et son phras&#233;. Mais je m'en serais voulu de ne pas rendre compte de l'admiration qui m'avait saisie en d&#233;couvrant ces techniques de jeu. D'ailleurs, cela me permettait de faire usage pour la premi&#232;re fois des diagrammes de doigt&#233;s de LilyPond, contribu&#233;s il y a quelques ann&#233;es par mon coll&#232;gue Mike Solomon.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;... Sont-ce vraiment les seule raisons ? Ne serait-ce pas aussi, &#224; un niveau moins avouable, qu'il y avait l&#224; un moyen de &lt;i&gt;contemporan&#233;iser&lt;/i&gt; &#224; bon compte ma partition, de lui donner sans trop de tracas cet inimitable &lt;i&gt;look-and-feel&lt;/i&gt; inutilement compliqu&#233; que se doit d'arborer, depuis trois quarts de si&#232;cle, toute partition d'un compositeur voulant &#234;tre pris au s&#233;rieux&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;En tout cas en France, encore aujourd'hui.&#034; id=&#034;nh4-7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ? Poser la question, c'est y r&#233;pondre &#8212; mais qu'on n'aille pas me le reprocher, hein : songez &#224; Monteverdi !&lt;/p&gt;
&lt;/bloc&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Premier mouvement&lt;/h2&gt;&lt;bloc&gt;
&lt;center&gt;[Cliquez pour d&#233;plier.]&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;Le premier mouvement est compos&#233; de 343 temps, soit 7 &lt;i&gt;carrures&lt;/i&gt; de 7 mesures &#224; 7 temps. Parcourons-le ensemble, carrure apr&#232;s carrure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le motif central de ce mouvement (et son seul &#233;l&#233;ment th&#233;matique, en fait) est expos&#233; imm&#233;diatement par la fl&#251;te : une simple gamme diatonique ascendante, en boucle, sur un intervalle de septi&#232;me majeure born&#233;e par les notes &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;mi&lt;/code&gt; aigu et &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;fa&lt;/code&gt; grave &#8212; un effet quelque peu &#233;trange, ou du moins d&#233;paysant en regard du langage musical &lt;i&gt;classique&lt;/i&gt; que nous avons tous en t&#234;te, d&#233;coule de la couleur modale de la gamme (qui ne suit pas la succession de tons et demi-tons habituelle) et du fait que l'octave est syst&#233;matiquement &#233;vit&#233;e : difficile pour l'oreille de trouver une &lt;i&gt;polarit&#233;&lt;/i&gt; dans cette suite de notes. Je ne pense toutefois pas cette gamme comme un mode (lequel, d'ailleurs ? phrygien ? lydien ?) mais plut&#244;t comme &#224; l'utilisation libre et d&#233;polaris&#233;e d'un &#034;ton blanc&#034;, comme je l'explique plus haut. De plus, la lenteur du tempo et la douceur de la nuance nous &#233;loignent ici d'une &#233;criture &lt;i&gt;motorique&lt;/i&gt; souvent associ&#233;e aux gammes, comme par exemple dans le d&#233;marrage de &lt;i&gt;La tempesta di mare&lt;/i&gt; de Vivaldi ou du &lt;i&gt;Mandarin merveilleux&lt;/i&gt; de Bart&#243;k (o&#249; l'on &#233;vite &#233;galement l'octave juste, m&#234;me si dans ce dernier cas c'est en visant trop large plut&#244;t que pas assez) : ici le motif se joue de fa&#231;on presque immobile et imperturbable, comme dans un &#233;tat d'envo&#251;tement ou de catatonie.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_646 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://url.oumupo.org/local/cache-vignettes/L500xH46/toto-preview-26-8d481.png?1772317549' width='500' height='46' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;C'est dans ce contexte que, une fois l'oreille habitu&#233;e &#224; ce &#034;ton blanc&#034; de la fl&#251;te, entre le piano, d&#233;polarisant encore un peu plus le discours en ne jouant que sur les hauteurs compl&#233;mentaires &#8212; en d'autres termes, sur les touches noires du clavier. La pr&#233;sence du piano permet, discr&#232;tement et progressivement, de faire &#233;voluer le discours musical d'un langage apparemment m&#233;lodique vers un langage harmonique : lorsque les deux instruments &#233;changeront leur r&#244;le &#8212; mesure 8, c'est-&#224;-dire &#224; la deuxi&#232;me carrure &#8212;, le piano ajoutera peu &#224; peu de la p&#233;dale, d&#233;veloppera ses registres (aigu et surtout grave), et la gamme ascendante deviendra plus loin (&#224; la troisi&#232;me carrure, mesure 15) un v&#233;ritable accord arp&#233;g&#233;. Pendant ce temps l'&#233;criture de la fl&#251;te devient plus dense ; ses valeurs rythmiques diminuent et se complexifient, ses registres se diversifient ainsi que ses modes de jeu (phras&#233;, li&#233;, d&#233;tach&#233;, et m&#234;me un effet que je d&#233;nomme &#034;&#233;olien mixte&#034; consistant &#224; laisser d&#233;lib&#233;r&#233;ment entendre le souffle sur une fin de phrase, comme dans certaines musiques de film des ann&#233;es 1960-70).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant ce temps le piano (toujours en compl&#233;mentarit&#233; de hauteurs avec la fl&#251;te) &#233;largit peu &#224; peu ses intervalles : il fait appara&#238;tre la s&#233;quence d'intervalles &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;1-2-3&lt;/code&gt;, puis &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;1-2-3-4&lt;/code&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Je compte en demi-tons.&#034; id=&#034;nh4-8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; et ainsi de suite, jusqu'&#224; produire (dans la troisi&#232;me carrure, nous l'avons vu) ces accords que je baptise du nom de &#034;&lt;i&gt;pseudo-spectres&lt;/i&gt; depuis une dizaine d'ann&#233;es sans avoir jamais trouv&#233; de d&#233;nomination moins pr&#233;tentieuse. Il s'agit ici du m&#234;me langage harmonique que celui que j'&lt;a href='http://url.oumupo.org/Ballade' class=&#034;spip_in&#034;&gt;utilisais&lt;/a&gt; il y a une dizaine d'ann&#233;es ; les occurrences du motif &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;1-2-3&lt;/code&gt; font &#233;videmment r&#233;f&#233;rence &#224; la &lt;i&gt;Ballade&lt;/i&gt; de 2003 (qui &#233;tait toujours cens&#233;e, au moment o&#249; j'&#233;crivais ces mesures, servir de second mouvement &#224; la sonate), quoique de fa&#231;on sans doute plus enchev&#234;tr&#233;e. Ce n'est d'ailleurs pas la seule r&#233;f&#233;rence : les sauts de septi&#232;me majeure ascendants &#224; la fl&#251;te sont le motif central d'une pi&#232;ce symphonique que je commen&#231;ai &#224; r&#233;diger &#224; l'&#233;t&#233; 2003, et que je n'ai jamais termin&#233;e faute de trouver une commande. De m&#234;me, le motif esquiss&#233; par la fl&#251;te mesure 17 (en ligne bris&#233;e de septi&#232;mes majeures) est tr&#232;s proche de celui que l'on trouve au centre de la partie lente de mon &lt;a href='http://url.oumupo.org/Concertino' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&lt;i&gt;Concertino&lt;/i&gt;&lt;/a&gt; pour piano et orchestre d'&#233;l&#232;ves, r&#233;dig&#233; d&#233;but 2005 (mesure 127, lettre M dans la partition). Comme dans tout passage un peu expansif, la difficult&#233; est de savoir m&#233;nager ses effets et j'ai donc recours plus d'une fois au &lt;i&gt;pianissimo&lt;/i&gt; subito, notamment pour les &#233;critures de la fl&#251;te en harmonique de douzi&#232;me. J'ai dit plus haut comment ces &#233;critures instrumentales avaient &#233;t&#233; ajout&#233;es &lt;i&gt;a posteriori&lt;/i&gt; ; je ne l'avais pas calcul&#233; expr&#232;s mais il se trouve que le &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;sol&lt;/code&gt; di&#232;se aigu, jou&#233; avec le doigt&#233; du &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;do&lt;/code&gt; di&#232;se m&#233;dium, est exactement la derni&#232;re harmonique que l'on puisse attraper de cette fa&#231;on ; je ne sais pas ce que donne techniquement l'encha&#238;nement avec le &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;la&lt;/code&gt; aigu ordinaire mais cela me semblait poser un d&#233;fi int&#233;ressant &#224; l'interpr&#232;te &#233;ventuel...&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_647 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://url.oumupo.org/local/cache-vignettes/L250xH91/toto-preview-27-734b7.png?1772312405' width='250' height='91' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Cette troisi&#232;me carrure est &#233;galement le moment o&#249; les harmonies commencent &#224; prendre racine sur la note &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;sol&lt;/code&gt;, qui alternera par la suite avec son triton &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;do&lt;/code&gt; di&#232;se &#8212; pr&#233;cis&#233;ment les notes de polarit&#233;s dans la &lt;i&gt;Ballade&lt;/i&gt; de 2003. D'ailleurs, si l'on regarde la progression de la ligne de basse (les notes les plus graves du piano) l'on pourra se rendre compte qu'elles suivent les m&#234;mes intervalles que dans la premi&#232;re carrure de la &lt;i&gt;Ballade&lt;/i&gt; &#8212; il s'agissait aussi de carrures de sept mesures. Les m&#234;mes intervalles, et la m&#234;me structure sym&#233;trique ; toutefois les proportions du chiasme sont ici invers&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Centrale dans le mouvement, la quatri&#232;me carrure voit la fl&#251;te reprendre son motif en gammes ascendantes, peu &#224; peu effiloch&#233; (effet que j'ai peut-&#234;tre emprunt&#233; &#224; mon coll&#232;gue Mike Solomon dans sa chanson &lt;a href='http://url.oumupo.org/Chansons-Oulipiennes#debut)' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&lt;i&gt;D&#233;but&lt;/i&gt;&lt;/a&gt; ?). Le piano donne des r&#233;sonances graves, sur lesquelles viennent se placer des mont&#233;es s&#233;v&#232;res suivant la s&#233;quence &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;1-2-3&lt;/code&gt;, geste que j'ai l'impression d'avoir utilis&#233; des centaines de fois mais le seul exemple que je puisse trouver est la mesure 12 dans le deuxi&#232;me de mes &lt;a href='http://url.oumupo.org/Trois-poemes' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&lt;i&gt;Trois po&#232;mes&lt;/i&gt;&lt;/a&gt; pour voix et piano, &#233;crits fin 2004. Quant &#224; la pr&#233;sence un peu myst&#233;rieuse de la fl&#251;te dans l'extr&#234;me grave (effet totalement &#233;cul&#233;, je m'empresse de la reconna&#238;tre) avec son &lt;i&gt;glissando&lt;/i&gt; sur le &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;do&lt;/code&gt; grave, j'ai probablement d&#251; utiliser ce genre de choses dans mon &lt;a href='http://url.oumupo.org/Trio' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&lt;i&gt;Trio&lt;/i&gt;&lt;/a&gt; dat&#233; lui aussi de 2003. Bref, on ne se refait pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La petite guirlande de notes suraig&#252;es au piano qui d&#233;core la cinqui&#232;me carrure (mesure 29 et suivantes) est un &#034;truc&#034; que j'utilise de plus en plus depuis quelques ann&#233;es : l'on se reportera par exemple &#224; la quatri&#232;me des &lt;a href='http://url.oumupo.org/Danses-Kala' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&lt;i&gt;Danses K&#224;la&lt;/i&gt;&lt;/a&gt; mesure 31 &lt;i&gt;et seq.&lt;/i&gt;, au troisi&#232;me mouvement de ma &lt;a href='http://url.oumupo.org/Premiere-Sonate-pour-piano' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&lt;i&gt;Sonate&lt;/i&gt;&lt;/a&gt; pour piano mesure 85 &lt;i&gt;et seq.&lt;/i&gt; ou &#224; toute la fin de &lt;a href='http://url.oumupo.org/Etoile-sans-couleur' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&lt;i&gt;&#201;toile sans couleur&lt;/i&gt;&lt;/a&gt; &#224; partir de mesure 285. Pendant longtemps, j'ai eu tendance &#224; privil&#233;gier syst&#233;matiquement les notes graves dans mon &#233;criture : je les jugeais plus naturelles et plus rassurantes que les notes aig&#252;es, et d'ailleurs il est bien plus s&#251;r acoustiquement, lorsque l'on r&#233;dige l'accompagnement d'une m&#233;lodie (ou, plus encore, d'un chant dont il faut que l'on puisse comprendre les paroles), de rester confin&#233; au registre inf&#233;rieur. &lt;a href='http://url.oumupo.org/15-Ebauche-d-une-analyse-II-l-instrumentation' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Utiliser des instruments aigus&lt;/a&gt; &#233;tait une fa&#231;on de me &#034;soigner&#034; de ce travers ; et lorsque j'utilisais le registre aigu c'&#233;tait en g&#233;n&#233;ral pour des gestes virtuoses et brillants : ainsi commence, par exemple, le &lt;i&gt;Concerto&lt;/i&gt; pour piano que j'ai commenc&#233; &#224; r&#233;diger &#224; l'&#226;ge de douze ans et qui m'occupe encore aujourd'hui &#233;pisodiquement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, j'ai &#233;t&#233; frapp&#233; lors de la cr&#233;ation de mon &lt;a href='http://url.oumupo.org/-Opera-' class=&#034;spip_in&#034;&gt;premier op&#233;ra&lt;/a&gt; en 2009, par un passage (dernier tableau, mesure 346 &lt;i&gt;et seq.&lt;/i&gt;) que j'avais &#233;crit pour &#234;tre jou&#233; tr&#232;s rapidement, et que le chef prit la d&#233;cision de faire jouer beaucoup plus lentement. &lt;a href=&#034;http://youtu.be/rfzlofp4nEQ?t=1h23m54s&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Le r&#233;sultat&lt;/a&gt; &#233;tait &#224; des kilom&#232;tres de ce que j'avais imagin&#233;, mais d'une beaut&#233; surprenante, abstraite et bien plus po&#233;tique. C'est un peu dans cet esprit que se joue la main droite du piano dans la pr&#233;sente Sonate ; &#233;videmment la question se pose alors de savoir si l'accompagnement ne devient pas plus int&#233;ressant que ce qui est cens&#233; se trouver au premier plan &#8212; ici la fl&#251;te. Dans cette carrure j'ai choisi d'assumer enti&#232;rement le d&#233;calage, en &#233;crivant des gestes beaucoup plus nerveux &#224; la fl&#251;te, en &lt;i&gt;crescendo&lt;/i&gt; constant, tout en comptant sur la diff&#233;rence acoustique (de timbre et surtout de hauteur : comme je l'expliquais plus haut, les sons aigus isol&#233;s sortent toujours mieux par-dessus le reste) pour que le piano reste audible m&#234;me en diminuant jusqu'&#224; une d&#233;licatesse presque caricaturale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le &lt;i&gt;crescendo&lt;/i&gt; de la fl&#251;te nous m&#232;ne donc &#224; la sixi&#232;me carrure, mesure 36 et suivantes). Cette carrure est orthographi&#233;e diff&#233;remment : plut&#244;t que de tout &#233;crire en triple-croches, ce qui, &#224; 7 temps par mesure, aurait donn&#233; 56 notes par mesure (on trouvera une telle &#233;criture dans le deuxi&#232;me mouvement, mesures 18 &#224; 20), j'ai ici &#233;crit chaque temps dans une mesure s&#233;par&#233;e (il y a donc 49 mesures au total), tout en augmentant les valeurs &#233;crites, les triple-croches devenant des double-croches (le tempo est doubl&#233;, aussi la diff&#233;rence ne s'entend-elle pas). Il s'agit &#233;videmment, et sans surprise ni ambig&#252;it&#233;, du point culminant dramatique du morceau. La fl&#251;te commence par reprendre les gammes diatoniques du d&#233;but, plus fort et plus aigu (quand je vous disais qu'il n'y a pas de surprise) ; de m&#234;me, le piano redonne les touches noires, sous forme percussive. S'ensuivent quelques d&#233;veloppements sur ce motif ainsi que sur &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;mi&lt;/code&gt; - &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;fa&lt;/code&gt;, rien de tr&#232;s original. La fl&#251;te monte jusqu'au &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;do&lt;/code&gt; di&#232;se suraigu, note difficile &#224; atteindre mais assez couramment employ&#233;e depuis le XX&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle (je l'ai moi-m&#234;me utilis&#233;e dans ma petite &lt;a href='http://url.oumupo.org/Trio' class=&#034;spip_in&#034;&gt;pi&#232;ce&lt;/a&gt; en trio) ; la plupart des &lt;a href=&#034;http://helenbledsoe.com/?p=38&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;auteurs actuels&lt;/a&gt; vont jusqu'au &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;re&lt;/code&gt; voire all&#232;grement au-del&#224; mais c'est une limite que je m'emp&#234;che de franchir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il me semble avoir utilis&#233; dans cette carrure (mais aussi dans d'autres, m&#234;me si je ne me rappelle plus lesquelles) des r&#232;gles d'&lt;a href=&#034;http://oumupo.org/wiki/index.php/S%C3%A9rialisme_d%C3%A9tendu&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#233;quit&#233; statistique&lt;/a&gt; pour les hauteurs, en particulier pour la partie de fl&#251;te (en excluant le &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;mi&lt;/code&gt; et &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;fa&lt;/code&gt; du d&#233;compte). Enfin, et non que ce soit d'un grand int&#233;r&#234;t, la phrase qui suit imm&#233;diatement les suraigus, reprend en les m&#233;langeant les notes du motif central de mon &lt;a href='http://url.oumupo.org/Concertino' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&lt;i&gt;Concertino&lt;/i&gt;&lt;/a&gt; d&#233;j&#224; cit&#233; :&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_645 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://url.oumupo.org/local/cache-vignettes/L236xH83/toto-preview-25-5a06c.png?1772312405' width='236' height='83' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Enfin, la derni&#232;re carrure revient au motif d'ouverture, cette fois au piano &#8212; interversion classique s'il en est &#8212;, &#233;clair&#233; par le &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;do&lt;/code&gt; grave de la fl&#251;te (ce qui pourrait laisser sugg&#233;rer que nous soyons en fait bel et bien dans un contexte de Do majeur). Soulignant un peu plus la forme &#034;en arche&#034;, la fl&#251;te parcourt maintenant les gammes en descendant, et avec une inversion sym&#233;trique des intervalles &#8212; ce que dans le grand monde on appellerait &#034;renversement du r&#233;trograde&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_648 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://url.oumupo.org/local/cache-vignettes/L500xH42/toto-preview-28-9c708.png?1772317549' width='500' height='42' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Quelques mots personnels en conclusion&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Comme s'il y avait eu quoi que ce soit d'autre dans ce qui pr&#233;c&#232;de &#8212; mais (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Lorsque je rencontrai, &#224; l'&#226;ge de dix-sept ans, la personne pour qui j'ai maintenant &#233;crit deux partitions de fl&#251;te, ni elle ni moi n'&#233;tions anim&#233;s par l'&#233;merveillement habituellement associ&#233; &#224; la jeunesse et &#224; une premi&#232;re relation romantique. Notre principale pens&#233;e &#233;tait plut&#244;t en forme de compte &#224; rebours : combien de temps s'&#233;coulera-t-il avant que cette relation n'explose ou ne parte insensiblement en capilotade ? (Elle avait pari&#233; sur quarante-huit heures ; plus optimiste, j'estimais que deux ans repr&#233;sentait le maximum statistiquement envisageable. C'&#233;tait il y a pr&#232;s de douze ans, et aujourd'hui nos pronostics respectifs n'ont pas chang&#233;.) Tout est vou&#233; &#224; dispara&#238;tre ; sans doute notre g&#233;n&#233;ration en a-t-elle une conscience plus aig&#252;e. &#192; l'&#226;ge que j'ai aujourd'hui, ma grand-m&#232;re avait d&#233;j&#224; trois enfants et ma m&#232;re deux ; ma femme et moi en sommes encore &#224; chercher l'indice d'une place dans la soci&#233;t&#233;, une place certes pas d&#233;finitive mais ne serait-ce que d&#233;finiss&lt;i&gt;able&lt;/i&gt;. Entrer enfin dans ce que l'on appelait encore jadis, me semble-t-il, l'&#226;ge adulte ; &#224; chaque ann&#233;e qui s'&#233;coule il me semble guetter le signe que j'ai fini de grandir et commenc&#233; &#224; vieillir : cess&#233; d'attendre pour cesser d'&#234;tre d&#233;&#231;u. Mais le mouvement des ans semble ne changer jamais : il apporte quelque d&#233;sillusion, et draine un peu d'espoir. Nous persistons &#224; lui survivre sans trop nous demander pourquoi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mettre en regard ces deux partitions et ces deux p&#233;riodes de ma vie est &#224; ce titre assez vertigineux : ayant perdu en humour et en forces vives ce que j'ai (peut-&#234;tre, et encore) gagn&#233; en ma&#238;trise, je relis avec perplexit&#233; ce que j'&#233;cris aujourd'hui sans y retrouver la personne que j'&#233;tais et qu'il me semble pourtant toujours &#234;tre ; c'est comme regarder dans le miroir terni d'une &lt;a href=&#034;https://fr.wikisource.org/wiki/Les_Grandes_Esp%C3%A9rances/I/8#88&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;pi&#232;ce aux volets ferm&#233;s&lt;/a&gt; dans laquelle je serais rest&#233; claustr&#233; dix ans sans m'en rendre compte, devant un g&#226;teau d'anniversaire depuis longtemps d&#233;fra&#238;chi. Non que le monde ait &#233;t&#233; moins d&#233;sesp&#233;rant &#224; l'&#233;poque o&#249; je le d&#233;couvrais &#8212; mais sans doute ma lassitude &#233;tait elle alors mieux compens&#233;e par ma pratique intensive de l'ironie et ma sainte horreur des postures de po&#232;te-maudit. Ni l'une ni l'autre ne m'ont quitt&#233; aujourd'hui : seule la lassitude cro&#238;t.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ou bien, peut-&#234;tre traversons-nous aujourd'hui une p&#233;riode sombre.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/bloc&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bonne lecture !&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;i&gt;Valentin.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb4-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;La partie de fl&#251;te a &#233;t&#233; relue par mon ami oulipo&#239;de &lt;a href=&#034;http://www.gef.free.fr/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Gilles Esposito-Far&#232;se&lt;/a&gt;, qui a ressorti pour l'occasion l'instrument qu'il n'avait plus pratiqu&#233; depuis fort longtemps ; qu'il soit remerci&#233; pour ses conseils et son sacrifice !&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cette manie de vouloir l&#233;gitimer des pi&#232;ces br&#232;ves en les ench&#226;ssant dans des cycles plus longs ne m'a d'ailleurs pas quitt&#233;e : c'est ce que j'avais voulu faire pour mon petit &lt;a href='http://url.oumupo.org/Trio' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&lt;i&gt;Trio&lt;/i&gt;&lt;/a&gt; &#224; la m&#234;me &#233;poque, et que j'ai fait r&#233;cemment pour mes &lt;a href='http://url.oumupo.org/Danses-Kala' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&lt;i&gt;Danses K&#224;la&lt;/i&gt;&lt;/a&gt; ou &lt;a href='http://url.oumupo.org/articl215'&gt;&lt;i&gt;Sardinosaures&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;. Il faudrait y ajouter un cycle de m&#233;lodies sur des textes d'Apollinaire que je poursuis depuis l'&#226;ge de 14 ans, et qui para&#238;tra peut-&#234;tre ici un de ces jours/mois/ann&#233;es...&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Sans rire : m&#234;me dans leurs pires passages, mes partitions n'arrivent pas &#224; la cheville de n'importe quelle pi&#232;ce Authentiquement Contemporaine&lt;sup&gt;&#174;&lt;/sup&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Harassant pour les pianistes en tout cas, &#224; qui l'on s'obstine pourtant encore, pour une raison myst&#233;rieuse, &#224; vouloir faire travailler ces &#339;uvres.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Merci &#224; Gilles Esposito-Far&#232;se &#8212; toujours lui ! &#8212; de m'avoir signal&#233; cette b&#234;tise grosse comme moi.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;En particulier &lt;a href=&#034;http://helenbledsoe.com/?p=44&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;cet article&lt;/a&gt; dont toute personne qui &#233;crit de la musique savante devrait prendre connaissance.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;En tout cas en France, encore aujourd'hui.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Je compte en demi-tons.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Comme s'il y avait eu quoi que ce soit d'autre dans ce qui pr&#233;c&#232;de &#8212; mais entretenons l'illusion.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Improvisation sur le nom de Nicolas Graner</title>
		<link>http://url.oumupo.org/Improvisation-sur-le-nom-de-Nicolas-Graner</link>
		<guid isPermaLink="true">http://url.oumupo.org/Improvisation-sur-le-nom-de-Nicolas-Graner</guid>
		<dc:date>2012-12-01T13:02:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Valentin Villenave</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;Ceci est une trace sonore de ma premi&#232;re tentative de faire de la musique avec un th&#233;r&#233;mine.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://url.oumupo.org/-Pieces-instrumentales-" rel="directory"&gt;Pi&#232;ces instrumentales&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Ceci est une trace sonore de ma premi&#232;re tentative de faire de la musique avec un th&#233;r&#233;mine.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Une fois n'est pas coutume, l'exp&#233;rience musicale que je vous pr&#233;sente aujourd'hui n'est accompagn&#233;e d'aucune partition. R&#233;alis&#233;e &#224; l'occasion du cinquanti&#232;me anniversaire de Nicolas Graner, cette pi&#232;ce est construite enti&#232;rement sur les lettres de son nom et enregistr&#233;e par mes soins (et en plusieurs &#233;tapes) au piano ainsi qu'au &lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Th&#233;r&#233;mine&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;th&#233;r&#233;mine&lt;/a&gt;.[!sommaire]&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;&lt;audio src=&#034;http://valentin.villenave.net/IMG/ogg/improvisation_graner.ogg&#034; controls autobuffer /&gt;&lt;div class=&#034;spip_document_578 spip_document spip_documents spip_document_audio player&#034;&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;div class=&#034;audio-wrapper&#034; style='width:400px;max-width:100%;'&gt; &lt;audio class=&#034;mejs mejs-578&#034; data-id=&#034;4e14ec3d&#034; preload=&#034;none&#034;&gt; &lt;source type=&#034;audio/mpeg&#034; src=&#034;IMG/mp3/improvisation_graner.mp3&#034; /&gt; &lt;/audio&gt; &lt;/div&gt; &lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt; &lt;div class=&#034;base64javascript137107496869d13cf7ecf5a6.99861852&#034; title=&#034;PHNjcmlwdCB0eXBlPSJtb2R1bGUiPgoKCQoJaW1wb3J0ICAnLy91cmwub3VtdXBvLm9yZy9wbHVnaW5zLWRpc3Qvc3BpcC9tZWRpYXMvbGliL21lanMvbWVkaWFlbGVtZW50LWFuZC1wbGF5ZXIubWluLmpzPzE3NzA4ODQwMDInOwoKCWltcG9ydCB7YWRkQ1NTfSBmcm9tICJhamF4Q2FsbGJhY2suanMiOwoJYWRkQ1NTKCdAaW1wb3J0IHVybCgibG9jYWwvY2FjaGUtY3NzL21lZGlhZWxlbWVudHBsYXllci5taW4tdXJsYWJzLWM3OTAtdXJsYWJzLWM3OTAuY3NzPzE3NzIyOTUzMzciKTsnLCdtZWpzJyk7CgoKCglpbXBvcnQgJy8vdXJsLm91bXVwby5vcmcvcGx1Z2lucy1kaXN0L3NwaXAvbWVkaWFzL2xpYi9tZWpzL2xhbmcvZnIuanM/MTc3MDg4NDAwMic7CglpZiAobWVqcy5pMThuLmxhbmcgIT09ICJmciIpIHsKCQltZWpzLmkxOG4ubGFuZ3VhZ2UoJ2ZyJyk7Cgl9CgoKCWNvbnN0IGF1ZGlvID0gbmV3IE1lZGlhRWxlbWVudFBsYXllcihkb2N1bWVudC5xdWVyeVNlbGVjdG9yKCdhdWRpb1tkYXRhLWlkPSI0ZTE0ZWMzZCJdJyksIHsKCQlpY29uU3ByaXRlOiAnaHR0cDovL3VybC5vdW11cG8ub3JnL3BsdWdpbnMtZGlzdC9zcGlwL21lZGlhcy9saWIvbWVqcy9tZWpzLWNvbnRyb2xzLnN2ZycsCgkJLypmZWF0dXJlczpbXSwqLwoJfSk7Cgo8L3NjcmlwdD4=&#034;&gt;&lt;/div&gt;&lt;/audio&gt;
&lt;/center&gt;
&lt;center&gt;&lt;strong&gt;Improvisation sur le nom de Nicolas Graner&lt;/strong&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;small&gt;Licence Art Libre &#169; 2012 Valentin Villenave&lt;/small&gt;
&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;De par sa nature improvis&#233;e, il n'existe pas de partition de cet interm&#232;de musical. Il ne serait cependant gu&#232;re difficile d'en reconstituer une, en partant des contraintes d&#233;taill&#233;es plus bas.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Historique&lt;/h2&gt;&lt;bloc&gt;
&lt;center&gt;[Cliquez pour d&#233;plier.]&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quelques mots sur... Le th&#233;r&#233;mine&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le &lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Th%C3%A9r%C3%A9mine&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;th&#233;r&#233;mine&lt;/a&gt; est l'un des tout premiers instruments &#233;lectroniques. Invent&#233; peu avant 1920 par un physicien russe du nom de Lev Thermen (ou L&#233;on Theremin, suivant les translitt&#233;rations), il constituait &#224; l'origine un travail purement scientifique : d&#233;tecter le mouvement et le traduire par des variations sonores. En effet, le th&#233;r&#233;mine est encore &#224; ce jour, le seul instrument de musique dont on joue &lt;i&gt;sans le toucher&lt;/i&gt; ; deux antennes cr&#233;ent un champ magn&#233;tique dans lequel chaque geste horizontal ou vertical de l'interpr&#232;te affecte respectivement la hauteur et l'intensit&#233; du son. Et c'est pr&#233;cis&#233;ment ce que raconte toute l'histoire du th&#233;r&#233;mine : comment, d'un pur ph&#233;nom&#232;ne physique exp&#233;rimental, aboutir &#224; un geste artistique expressif.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_598 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://url.oumupo.org/local/cache-vignettes/L431xH390/3584-13e8a56e-3fe68.jpg?1772305057' width='431' height='390' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Notre perception de notre propre corps et de nos propres gestes, &#233;videmment, s'est beaucoup modifi&#233;e avec l'av&#232;nement de moyens de captation de l'image. Photographie, webcams, t&#233;l&#233;phones-cam&#233;ras : pour un occidental contemporain, se retrouver &#034;mis en bo&#238;te&#034; dans ses faits et gestes n'a rien d'une exp&#233;rience inhabituelle. Cependant il ne s'agit jamais que d'&lt;i&gt;images&lt;/i&gt;, en deux dimensions seulement, et qui restent condamn&#233;es &#224; nous rester aussi &#233;trang&#232;res et ext&#233;rieures que tout objet que nous ne pouvons appr&#233;hender que par la vue. (Ce qui a d'ailleurs conduit, ces derni&#232;res ann&#233;es, &#224; l'apparition d'interfaces de communication ou d'interaction qui qui invitent &#224; se mouvoir dans l'espace, &#224; faire des gestes du bras ou de la main, etc.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le th&#233;r&#233;mine, en revanche, est &lt;i&gt;aveugle&lt;/i&gt;. Peu lui importe votre posture ou l'expression de votre visage : seule compte la &lt;i&gt;masse&lt;/i&gt; de votre corps, la place et le volume qu'il prend dans l'espace. Les bons th&#233;r&#233;minstes savent, par exemple, que le simple fait de modifier la capacit&#233; de leur cage thoracique (en inspirant et expirant), influe sur la justesse du son : ils apprennent &#224; contr&#244;ler leur souffle et &#224; jouer, le plus souvent, en apn&#233;e. Rien n'est laiss&#233; au hasard : la taille de vos souliers, l'ampleur de vos v&#234;tements, ce que vous avez mang&#233; derni&#232;rement... tout cela se retrouve, &#224; des degr&#233;s plus ou moins perceptibles, dans la justesse et dans la technique de jeu &#8212; ce qui fait du th&#233;r&#233;mine non seulement l'un des instruments les plus difficiles &#224; ma&#238;triser (en l'absence de tout rep&#232;re spacial tel que le manche d'un violon), mais &#233;galement une v&#233;ritable discipline en soi, une gestuelle exigeante, pr&#233;cise et mesur&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une telle rigueur entre &#233;videmment en tension avec la spontan&#233;it&#233; d'un geste purement expressif, mais ce n'est pas tout : afin que le &lt;i&gt;son&lt;/i&gt; lui-m&#234;me soit int&#233;ressant artistiquement, il doit &#234;tre non seulement juste mais aussi bien plac&#233; (tout comme un chanteur &#034;place&#034; sa voix) &#8212; pour faire chanter le th&#233;r&#233;mine, il faut donc travailler son vibrato, pas trop resserr&#233; mais pas trop ample non plus ; il faut &#233;galement tenir compte de l'inertie de l'instrument, qui pour impalpable qu'elle soit, n'en est pas moins pr&#233;sente... D'un point de vue technique, le champ du th&#233;r&#233;mine pr&#233;sente une double non-lin&#233;arit&#233; : on conna&#238;t la non-lin&#233;arit&#233; des instruments &#224; cordes, o&#249; plus l'on monte dans l'aigu plus les intervalles se resserrent ; eh bien le th&#233;r&#233;mine pr&#233;sente la m&#234;me chose, dans l'aigu &lt;i&gt;mais &#233;galement&lt;/i&gt; dans le grave. (De r&#233;cents mod&#232;les se pr&#233;sentent comme &#034;lin&#233;aires&#034; pour pallier ce d&#233;faut ; ils sont h&#233;las hors de prix.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le son irr&#233;el du th&#233;r&#233;mine et sa puissance dramatique n'ont pas &#233;chapp&#233; aux fabricants de musiques de film, &#224; commencer par Bernard Herrmann dans &lt;a href=&#034;http://archive.org/details/day_the_earth_stood_still&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;The Day The Earth Stood Still&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, 1951. Le th&#233;r&#233;mine y gagnera une r&#233;putation ind&#233;l&#233;bilement attach&#233;e aux s&#233;ries B surnaturelles ou &#224; la science-fiction. (On le trouve aujourd'hui dans le g&#233;n&#233;rique de l'in&#233;puisable s&#233;rie polici&#232;re britannique &lt;a href=&#034;http://en.wikipedia.org/wiki/Midsomer_Murders}&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Midsomer's Murders&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, &#034;Inspecteur Barnaby&#034; en fran&#231;ais.) Les th&#233;r&#233;ministes restent une esp&#232;ce rare (m&#234;me si nous avons aujourd'hui le bonheur de disposer d'un infatigable professeur nomm&#233; YouTube), et le r&#233;pertoire savant pour l'instrument demeure restreint : &#224; part quelques pi&#232;ces de Var&#232;se, Martinu ou Chostakovitch, plus quelques illustres inconnus contemporains-exp&#233;rimentaux, on se rabattra avec plus ou moins bonne fortune sur du r&#233;pertoire pour violon, voix ou violoncelle &#8212; le grave de l'instrument restant h&#233;las, &#224; mon sens, sous-exploit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.larevuedesressources.org/le-theremine,1608.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Invention fascinante&lt;/a&gt;, le th&#233;r&#233;mine se confond aussi avec l'Histoire du XX&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle et avec la vie extraordinairement romanesque de &lt;a href=&#034;http://en.wikipedia.org/wiki/L%C3%A9on_Theremin&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;son inventeur&lt;/a&gt;. Remarqu&#233; avec grand int&#233;r&#234;t par L&#233;nine lui-m&#234;me d&#232;s 1920, le th&#233;r&#233;mine devient l'un des joyaux du bloc sovi&#233;tique, en une &#233;poque o&#249; l'humanit&#233; presque enti&#232;re comptait sur ce que l'on nommait encore la &#034;f&#233;e &#233;lectricit&#233;&#034; pour r&#233;soudre les probl&#232;mes du monde. La conjonction de ph&#233;nom&#232;nes &#233;lectro-acoustiques avec une pratique instrumentale &#233;tait doublement bienvenue, l'Union sovi&#233;tique mettant en place son c&#233;l&#232;bre syst&#232;me d'&#233;ducation musicale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Envoy&#233; en 1927 aux &#201;tats-Unis d'Am&#233;rique pour y pr&#233;senter son invention, L&#233;on Theremin y devient une c&#233;l&#233;brit&#233; mondaine &#8212; Albert Einstein, entre autres, sera envo&#251;t&#233; par son instrument &#8212; et d&#233;cide de faire d&#233;fection au r&#233;gime sovi&#233;tique ; d&#233;pos&#233; comme brevet industriel en 1928 puis fabriqu&#233; en s&#233;rie, le th&#233;r&#233;mine est cette fois destin&#233; aux enfants am&#233;ricains. (Ce sera un &#233;chec : la difficult&#233; de l'instrument avait &#233;t&#233; grandement sous-estim&#233;e, et le syst&#232;me &#233;ducatif am&#233;ricain faisait p&#226;le figure en regard de son &#233;quivalent sovi&#233;tique.) Cependant en 1938 le professeur Th&#233;r&#233;mine disparait myst&#233;rieusement ; on le pr&#233;sume assassin&#233; par les services secrets sovi&#233;tiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'en est rien : enlev&#233; et rapatri&#233; en grand secret, il est d&#233;sormais employ&#233; dans les laboratoires occultes de Sib&#233;rie, o&#249; il con&#231;oit du mat&#233;riel d'espionnage &#8212; le microphone-laser que l'on voit encore aujourd'hui dans tous les films d'espions, par exemple, sera l'une de ses inventions. On lui doit &#233;galement l'incroyable micro-espion dissimul&#233; par le K.G.B. dans le bureau m&#234;me de l'ambassadeur des &#201;tats-Unis pendant de nombreuses ann&#233;es, sans fil ni alimentation. Ce ne sera qu'en 1989, apr&#232;s la chute de l'empire sovi&#233;tique, que le professeur repara&#238;tra au grand jour et retrouvera notamment la grande th&#233;r&#233;ministe Clara Rockmore qu'il avait form&#233;e plus de soixante ans auparavant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; moins d'un si&#232;cle d'existence, le th&#233;r&#233;mine h&#233;rite donc d'une histoire riche et charg&#233;e autant esth&#233;tiquement que politiquement, bien plus que d'autres instruments plus anciens et plus l&#233;gitim&#233;s. Mais au-del&#224; de toutes lettres de noblesse possibles, son principal obstacle demeure sa tr&#232;s grande difficult&#233; d'ex&#233;cution, qui le condamnera encore longtemps &#224; rester davantage un jouet bruitiste qu'un instrument de musique &#224; proprement parler.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quelques mots sur... La liste Oulipo&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai &lt;a href='http://url.oumupo.org/OuMuPo-mais-qu-est-ce-donc' class=&#034;spip_in&#034;&gt;d&#233;j&#224; pr&#233;sent&#233;&lt;/a&gt; l'&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Oulipo&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Oulipo&lt;/a&gt; (Ouvroir de Litt&#233;rature Potentielle), groupe de recherche litt&#233;raire fond&#233; il y a plus de cinquante ans et qui &lt;a href=&#034;http://www.oulipo.net/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;continue aujourd'hui&lt;/a&gt; ses activit&#233;s avec une poign&#233;e de membres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S'arr&#234;ter &#224; cela, cependant, serait occulter une &lt;a href=&#034;http://www.oulipotes.net/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;communaut&#233;&lt;/a&gt; bien plus large et vivace, qui repr&#233;sente &#224; mon sens l'essentiel de la vie litt&#233;raire &#034;potentielle&#034; actuelle : je veux parler, bien s&#251;r, de la &lt;a href=&#034;http://quatramaran.ens.fr/mailman/listinfo/oulipo&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt;liste Oulipo&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt; qui compte des centaines d'abonn&#233;s, plus d'une quinzaine d'ann&#233;es d'existence, des dizaines de nouvelles contributions chaque semaine. Cette liste n'est &lt;u&gt;pas&lt;/u&gt; la liste officielle de l'Oulipo, elle est au contraire ostensiblement ignor&#233;e par ce dernier... Et pourtant, c'est l'endroit o&#249; j'ai rencontr&#233; certains des exp&#233;rimentateurs les plus brillants, les plus audacieux et, ce qui ne g&#226;te rien, les plus sympathiques, que le monde de la litt&#233;rature potentielle francophone compte ces derni&#232;res ann&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La liste est h&#233;berg&#233;e par l'&#201;cole Normale Sup&#233;rieure (ayant &#233;t&#233; cr&#233;&#233;e jadis par un normalien, puis l&#226;chement abandonn&#233;e) ; les archives ne sont malheureusement (et stupidement) pas publiques mais l'inscription est libre et ouverte &#224; tous &#8212; pour le meilleur et pour le pire, diront les esprits chagrins. L'&#233;tat d'esprit communautaire/contributif (celui-l&#224; m&#234;me qui sous-tend Wikip&#233;dia ou les logiciels Libres) y fonctionne &#224; pleine mesure, et cr&#233;e des liens de respect et d'&#233;mulation qui ne cessent de faire leurs preuves. Le tout dans la plus pure abn&#233;gation : l&#224; o&#249; les auteurs de l'Oulipo officiel savent pouvoir compter sur une r&#233;putation prestigieuse qui leur vaut maintes distinctions sonnantes et tr&#233;buchantes, les humbles soutiers de la liste Oulipo restent dans l'ombre et n'attendent d'autre reconnaissance que celle de leurs estim&#233;s &#034;co-listiers&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'illustration la plus extraordinaire de ce d&#233;sint&#233;ressement m'est fournie par les &#034; &lt;a href=&#034;http://www.oulipotes.net/BLO/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt;BLO&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;&#034; (Biblioth&#232;que List-Oulipienne), parodie des &#034;B.O.&#034; (Biblioth&#232;que Oulipienne), recueils d'envergure modeste publi&#233;s r&#233;guli&#232;rement par l'Oulipo officiel (et distribu&#233;s commercialement, parfois avec un certain succ&#232;s). La &lt;strong&gt;liste Oulipo&lt;/strong&gt; a pris, &#224; son tour, l'habitude d'&#233;laborer des recueils, de fa&#231;on nettement moins r&#233;guli&#232;re et, en g&#233;n&#233;ral, &#224; l'occasion du mariage ou de l'anniversaire d'un de ses membres &#233;minents. Ces recueils ne sont ni vendus ni m&#234;me imprim&#233;s, sinon en un exemplaire unique qui est remis &#224; son destinataire. Exemplaire auquel s'ajoute bien &#233;videmment, la version librement accessible en ligne &#8212; ce qui suffirait en soi &#224; expliquer en quoi je me sens si proche de la d&#233;marche &lt;i&gt;list'oulipienne&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quelques mots sur... Nicolas Graner&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai eu la chance d'&#234;tre associ&#233; (de trop loin, sans doute), au seizi&#232;me volume de cette &#034;BLO&#034;, concoct&#233; &#224; l'occasion du cinquanti&#232;me anniversaire de Nicolas Graner, le 1&lt;sup&gt;er&lt;/sup&gt; d&#233;cembre 2012. Que dire de Nicolas Graner ? Je ne l'ai tout d'abord connu que comme l'un des contributeurs les plus r&#233;guliers et les plus marquants de la liste ; j'ai ensuite eu l'occasion de le rencontrer lors des lectures publiques (les &#034;jeudis de l'Oulipo&#034;) &#224; la Biblioth&#232;que Nationale ainsi qu'&#224; une conf&#233;rence de Richard Stallman o&#249; nous avait convi&#233;s notre &#233;minent colistier Gilles Esposito-Farese. Et puis, surtout, j'ai visit&#233; son &lt;a href=&#034;http://www.graner.net/nicolas/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;site&lt;/a&gt; qui contient en particulier quelques &lt;a href=&#034;http://www.graner.net/nicolas/OULIPO/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;d&#233;monstrations oulipiennes&lt;/a&gt; et &lt;a href=&#034;http://www.graner.net/nicolas/nombres/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;lexico-math&#233;matiques&lt;/a&gt; amusantes, ainsi que des &lt;a href=&#034;http://www.graner.net/nicolas/MALVOYANCE/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;t&#233;moignages&lt;/a&gt; particuli&#232;rement int&#233;ressants sur la r&#233;tinite pigmentaire, une maladie d&#233;g&#233;n&#233;rative dont il est affect&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette d&#233;ficience visuelle de Nicolas nous a amen&#233; &#224; des r&#233;flexions int&#233;ressantes dans le cadre du projet de &#034;BLO&#034; que nous lui destinions : utiliser une mise en page sp&#233;ciale, avec des polices larges et confortables ? Enregistrer sous forme sonore les contributions qui pouvaient l'&#234;tre ? Mais alors, que faire de toutes les contributions o&#249; le graphisme joue un r&#244;le essentiel : ambigrammes, isoc&#233;lismes, mots crois&#233;s, pinacogrammes ? Et m&#234;me d'un point de vue plus technique, comment garantir que la version en ligne de ce recueil serait pleinement accessible ?&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;De ce dernier point de vue le r&#233;sultat n'est qu'une demi-r&#233;ussite, mon ami (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces pr&#233;occupations, dans mon propre cas, prenaient une dimension encore autre : comme je l'ai &lt;a href='http://url.oumupo.org/Du-son-en-boite' class=&#034;spip_in&#034;&gt;expliqu&#233;&lt;/a&gt; &lt;a href='http://url.oumupo.org/Ma-gentille-soupe' class=&#034;spip_in&#034;&gt;souvent&lt;/a&gt;, ma pratique de la musique se fait avant tout par l'&#233;crit et par cet objet purement graphique qu'est la partition.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Il existe des partitions en Braille, sur lesquelles j'ai &#233;t&#233; notamment amen&#233; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. J'aurais pu, certes, r&#233;diger une partition sous forme de code source : Nicolas est familier avec cette notion, puisqu'il a lui-m&#234;me publi&#233; des &lt;a href=&#034;http://www.graner.net/nicolas/arbeau&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;danses de la renaissance&lt;/a&gt; en notation &lt;a href=&#034;http://abcnotation.com&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;ABC&lt;/a&gt; (un langage primitif dont LilyPond est un peu l'arri&#232;re-petit-cousin).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais il existait une possibilit&#233; encore plus amusante...&lt;/p&gt;
&lt;/bloc&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Description&lt;/h2&gt;&lt;bloc&gt;
&lt;center&gt;[Cliquez pour d&#233;plier.]&lt;/center&gt;&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Avertissement : comme toujours, les quelques indications qui suivent ne sont livr&#233;es qu'&#224; titre de curiosit&#233;, et ne sont pas n&#233;cessaires &#224; la compr&#233;hension de l'enregistrement !&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Comment exprimer des mots au moyen de notes de musique ? La r&#233;ponse la plus &#233;vidente nous est donn&#233;e par les pays anglo-saxons, qui d&#233;signent les notes de la gamme par des lettres : A pour &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;la&lt;/code&gt;, B pour &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;si&lt;/code&gt; (b&#233;mol en Allemagne), et ainsi de suite. En &#233;tendant cette s&#233;rie aux douze notes du temp&#233;rament, et en la r&#233;p&#233;tant un peu plus de deux fois (au passage : que ne r&#233;tablit-on l'alphabet &#224; 24 lettres ! S&#233;rieusement, &lt;i&gt;qui&lt;/i&gt; a besoin du &lt;a href=&#034;http://fr.wikipedia.org/wiki/Le_K&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;K&lt;/a&gt; ou du &lt;a href=&#034;http://fr.wikipedia.org/wiki/W_ou_le_Souvenir_d%27enfance&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;double-V&lt;/a&gt; ?), on obtient toutes les lettres de l'alphabet.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_423 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://url.oumupo.org/local/cache-vignettes/L500xH103/toto-78-7b3ac.png?1772317550' width='500' height='103' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Tout mot se pr&#233;sente donc comme une &#233;chelle chromatique non-octaviante, suivant un proc&#233;d&#233; que j'ai d&#233;j&#224; utilis&#233; &lt;a href='http://url.oumupo.org/Ouverture' class=&#034;spip_in&#034;&gt;ici&lt;/a&gt; ou &lt;a href='http://url.oumupo.org/Etoile-sans-couleur' class=&#034;spip_in&#034;&gt;l&#224;&lt;/a&gt;. En pratique, cela donne un peu toujours la m&#234;me chose : il suffit que le mot contienne un E ou un A pour que notre motif soit ancr&#233; par un &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;mi&lt;/code&gt; ou un &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;la&lt;/code&gt; grave, plus quelques &#233;chapp&#233;es vaguement d&#233;polarisantes dans l'aigu. Et dans le cas de notre ami Nicolas Graner, &#231;a ne loupe pas :&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_577 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://url.oumupo.org/local/cache-vignettes/L500xH60/nom-79075.png?1772317550' width='500' height='60' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;C'est l&#224;, au passage, que &lt;a href='http://url.oumupo.org/LilyPond-la-notation-musicale-pour-tous' class=&#034;spip_in&#034;&gt;GNU LilyPond&lt;/a&gt; prend tout son sens : il s'agit d'un des seuls logiciels d'&#233;dition musicale utilisable par des non-voyants. Ce qui me permet d'exprimer l'exemple pr&#233;c&#233;dent sous forme de code source :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;div class=&#034;precode&#034;&gt;&lt;pre class='spip_code spip_code_block' dir='ltr' style='text-align:left;'&gt;&lt;code&gt;\language &#034;italiano&#034; \relative { \ottava #1 sib''1 _&#034;N&#034; \ottava #0 dod, _&#034;I&#034; do, _&#034;C&#034; \ottava #1 do'' _&#034;O&#034; \ottava #0 sold _&#034;L&#034; la,, _&#034;A&#034; \ottava #1 sol''' _&#034;S&#034; \ottava #0 \bar &#034;||&#034; sol,, _&#034;G&#034; \ottava #1 fa'' _&#034;R&#034; \ottava #0 la,,, _&#034;A&#034; \ottava #1 sib'' _&#034;N&#034; \ottava #0 mi,, _&#034;E&#034; \ottava #1 fa'' _&#034;R&#034; }&lt;/code&gt;&lt;/pre&gt;&lt;/div&gt;&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Ces deux ensembles de notes fournissent aussi bien un motif m&#233;lodique (si on les joue successivement), qu'une &#233;chelle modale ou harmonique (si on les joue ensemble), dont les possibilit&#233;s sont ici explor&#233;es de diverses fa&#231;ons au piano.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Reprenons donc notre enregistrement :&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;&lt;audio src=&#034;http://valentin.villenave.net/IMG/ogg/improvisation_graner.ogg&#034; controls autobuffer /&gt;&lt;div class=&#034;spip_document_578 spip_document spip_documents spip_document_audio player&#034;&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;div class=&#034;audio-wrapper&#034; style='width:400px;max-width:100%;'&gt; &lt;audio class=&#034;mejs mejs-578&#034; data-id=&#034;4e14ec3d&#034; preload=&#034;none&#034;&gt; &lt;source type=&#034;audio/mpeg&#034; src=&#034;IMG/mp3/improvisation_graner.mp3&#034; /&gt; &lt;/audio&gt; &lt;/div&gt; &lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt; &lt;div class=&#034;base64javascript137107496869d13cf7ecf5a6.99861852&#034; title=&#034;PHNjcmlwdCB0eXBlPSJtb2R1bGUiPgoKCQoJaW1wb3J0ICAnLy91cmwub3VtdXBvLm9yZy9wbHVnaW5zLWRpc3Qvc3BpcC9tZWRpYXMvbGliL21lanMvbWVkaWFlbGVtZW50LWFuZC1wbGF5ZXIubWluLmpzPzE3NzA4ODQwMDInOwoKCWltcG9ydCB7YWRkQ1NTfSBmcm9tICJhamF4Q2FsbGJhY2suanMiOwoJYWRkQ1NTKCdAaW1wb3J0IHVybCgibG9jYWwvY2FjaGUtY3NzL21lZGlhZWxlbWVudHBsYXllci5taW4tdXJsYWJzLWM3OTAtdXJsYWJzLWM3OTAuY3NzPzE3NzIyOTUzMzciKTsnLCdtZWpzJyk7CgoKCglpbXBvcnQgJy8vdXJsLm91bXVwby5vcmcvcGx1Z2lucy1kaXN0L3NwaXAvbWVkaWFzL2xpYi9tZWpzL2xhbmcvZnIuanM/MTc3MDg4NDAwMic7CglpZiAobWVqcy5pMThuLmxhbmcgIT09ICJmciIpIHsKCQltZWpzLmkxOG4ubGFuZ3VhZ2UoJ2ZyJyk7Cgl9CgoKCWNvbnN0IGF1ZGlvID0gbmV3IE1lZGlhRWxlbWVudFBsYXllcihkb2N1bWVudC5xdWVyeVNlbGVjdG9yKCdhdWRpb1tkYXRhLWlkPSI0ZTE0ZWMzZCJdJyksIHsKCQlpY29uU3ByaXRlOiAnaHR0cDovL3VybC5vdW11cG8ub3JnL3BsdWdpbnMtZGlzdC9zcGlwL21lZGlhcy9saWIvbWVqcy9tZWpzLWNvbnRyb2xzLnN2ZycsCgkJLypmZWF0dXJlczpbXSwqLwoJfSk7Cgo8L3NjcmlwdD4=&#034;&gt;&lt;/div&gt;&lt;/audio&gt;
&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;Le mot &#034;Nicolas&#034;, pour peu qu'on le compresse sur une seule octave, nous fournit un &#034;p&#226;t&#233;&#034; de notes couvrant presque int&#233;gralement un intervalle de triton, de &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;sol&lt;/code&gt; &#224; &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;do&lt;/code&gt; di&#232;se. Presque int&#233;gralement... car le &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;si&lt;/code&gt; n'est pas donn&#233;. Qu'&#224; cela ne tienne : ce &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;si&lt;/code&gt; manquant sera donc ma note p&#233;dale, dans le grave, sur un rythme assez primaire, presque processionnel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le motif &#034;Nicolas&#034; se d&#233;ploie ensuite dans sa pleine dimension, sur plusieurs octaves. On note tout de suite les deux seules notes issues de l'&#233;chelle anglo-saxonne (c'est-&#224;-dire ici les plus graves) : le &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;do&lt;/code&gt; de la lettre C, le &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;la&lt;/code&gt; de la lettre A, produisant un balancement &#034;poulencquien&#034; sur une tierce mineure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avant d'&#233;voquer la partie de th&#233;r&#233;mine, je voudrais d&#233;clarer tr&#232;s solennellement qu'avec m&#234;me pas un an de pratique, je ne suis qu'un th&#233;r&#233;ministe &lt;strong&gt;extr&#234;mement d&#233;butant&lt;/strong&gt; ! Si de vrais instrumentistes passent par ici, ils trouveront sans nul doute les explications suivantes parfaitement risibles : elles le sont, et j'en suis pleinement conscient.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La partie de th&#233;r&#233;mine a &#233;t&#233; enregistr&#233;e post&#233;rieurement &#224; la partie de piano (bin oui, j'peux pas tout faire &#224; la fois). Comme je l'ai expliqu&#233; plus haut, la justesse est un probl&#232;me majeur de cet instrument ; apr&#232;s plusieurs heures d'efforts infructueux, il est apparu que la seule chance pour moi d'enregistrer une partie &#224; peu pr&#232;s juste, serait de garder un diapason &#233;lectronique coll&#233; contre l'oreille. C'est pour cette &lt;u&gt;seule raison&lt;/u&gt;, que la premi&#232;re note que je joue ne pouvait &#234;tre qu'un &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;la&lt;/code&gt; : celui du diapason.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_596 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://url.oumupo.org/local/cache-vignettes/L429xH62/toto-preview-23-a6bd8.png?1772305057' width='429' height='62' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;div class=&#034;precode&#034;&gt;&lt;pre class='spip_code spip_code_block' dir='ltr' style='text-align:left;'&gt;&lt;code&gt;\language &#034;italiano&#034; \relative { la'2~ la8 sol~ \times 2/3 {sol la sol} dod2. sib4.~ sib4 do! la2 }&lt;/code&gt;&lt;/pre&gt;&lt;/div&gt;&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Cette intervention m&#233;lodique du th&#233;r&#233;mine, purement improvis&#233;e (et, pour tout dire, totalement &#224; l'aveuglette) passe par toutes les &#034;notes-lettres&#034; du mot Nicolas, dans le d&#233;sordre, en partant donc de &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;la&lt;/code&gt; et en se terminant sur la m&#234;me note une octave plus bas. Elle donne du coup l'impression d'une polarisation sur cette note (impression que je n'avais ni pr&#233;vue, ni m&#234;me entendue en enregistrant la partie de piano) ; ce qui donne &#224; la m&#233;lodie un certain lyrisme &#233;l&#233;giaque (ou pour parler plus simplement, on a au moins vaguement l'impression de savoir o&#249; l'on va).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais le v&#233;ritable projet de la pi&#232;ce &#8212; et la raison pour laquelle j'ai voulu ici employer le th&#233;r&#233;mine &#8212; intervient un peu plus loin, lorsque le th&#233;r&#233;mine pousse ses longs g&#233;missements en &lt;i&gt;glissando&lt;/i&gt;. De quoi s'agit-il ? C'est tout simplement le nom de NICOLAS GRANER, &lt;strong&gt;trac&#233; lettre par lettre (en capitales) en l'air, dans le champ du th&#233;r&#233;mine&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et c'est l&#224; que se trouve &#224; mon avis l'une des promesses les plus int&#233;ressantes de cet instrument : en nous invitant &#224; repenser nos gestes, il nous donne &#233;galement une nouvelle fa&#231;on de &lt;strong&gt;donner &#224; entendre l'&#233;criture&lt;/strong&gt;, en tant que geste &#8212; ce qui, dans le cadre d'une r&#233;flexion sur la d&#233;ficience visuelle et sur la question de &#034;d&#233;passer l'&#233;crit&#034; en tant qu'objet purement graphique, comme je l'expliquais plus haut, prend tout son sens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi l'on entendra &#224; partir de 1'16, le nom de NICOLAS (la lettre N commence en trois b&#226;tons bien distincts, et la lettre S s'ach&#232;ve &#224; 2'25 ; la courbe inf&#233;rieure du S est d'ailleurs presque inaudible &#224; un certain point). Puis le nom de GRANER est donn&#233; &#224; partir de 4'08, jusqu'&#224; 4'32.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors certes, il y a une part de tricherie dans tout cela : en effet si le th&#233;r&#233;mine offre une sorte d'illusion bi-dimensionnelle, dans lequel les d&#233;placements de gauche &#224; droite se traduisent par une mont&#233;e du son vers l'aigu, et les d&#233;placements de haut en bas par une baisse de volume du son, le champ du th&#233;r&#233;mine n'est pas en deux dimensions mais bien en &lt;i&gt;trois&lt;/i&gt; dimensions spatiales, et l'antenne produit un champ non pas strictement cylindrique mais plut&#244;t ovo&#239;de. (En d'autres termes, d&#233;placer sa main de bas en haut n'est &lt;i&gt;pas&lt;/i&gt; sans affecter la hauteur, loin de l&#224;.) De plus, le th&#233;r&#233;mine (en tout cas digne de ce nom) ne se joue pas d'une seule main mais &#224; deux mains, les d&#233;placements verticaux &#233;tant en principe r&#233;serv&#233;s &#224; la main gauche. Pour tracer une lettre avec sa main droite, il faut donc en m&#234;me temps se servir de la main gauche pour contr&#244;ler les changements d'intensit&#233; sonore &#8212; et, surtout, pour interrompre le son &#224; la fin de chaque lettre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, il me semble que, une fois que l'on conna&#238;t la ruse, les lettres successives sont somme toute assez identifiables &#8212; et qui plus est, elles nous renseignent m&#234;me sur la &lt;i&gt;fa&#231;on&lt;/i&gt; dont le trac&#233; s'effectue, avec une certaine charge expressive. On entend ainsi assez distinctement la barre horizontale du A (2'09, puis 4'17) ou les trois barres horizontales du E (4'22), presque guillerettes. Dans certains cas (l&#224; o&#249; je peux me le permettre), j'essaye de faire aboutir mon geste sur une hauteur significative (par exemple un &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;mi&lt;/code&gt; aigu), de transformer ce qui n'est que pur bruitage en un discours ne serait-ce que vaguement musical. (On m'objectera que &#034;le bruit, c'est d&#233;j&#224; de la musique&#034; ; &#224; quoi je r&#233;ponds : &#034;&lt;a href='http://url.oumupo.org/Ma-gentille-soupe' class=&#034;spip_in&#034;&gt;mais bien s&#251;r&lt;/a&gt;&#034;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant &#224; la partie de piano, apr&#232;s une premi&#232;re section sur &#034;Nicolas&#034; d&#233;j&#224; &#233;voqu&#233;e, elle module vers la troisi&#232;me mesure sur &#034;Graner&#034; (la modulation se rep&#232;re avec l'apparition de la note &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;fa&lt;/code&gt;, qui sera plus loin mise en valeur au th&#233;r&#233;mine) avec un traitement diff&#233;rent, plus harmonique (qui &#233;voquera peut-&#234;tre le passage mesures &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;55&lt;/code&gt; et suivantes de ma premi&#232;re &lt;a href='http://url.oumupo.org/Ouverture' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&lt;i&gt;Ouverture&lt;/i&gt;&lt;/a&gt; pour deux pianos) :&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_597 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://url.oumupo.org/local/cache-vignettes/L500xH81/toto-preview-24-507be.png?1772317550' width='500' height='81' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;div class=&#034;precode&#034;&gt;&lt;pre class='spip_code spip_code_block' dir='ltr' style='text-align:left;'&gt;&lt;code&gt;\language &#034;italiano&#034; \relative { \time 3/2 \tempo &#034;Lent&#034; &lt;la mi' sol sib fa'&gt;4 q2 q q4 q q &lt;sib fa' la mi' sol&gt; q2 q4~ q q &lt;la mi' sol sib fa'&gt; q &lt;sib fa' la mi' sol&gt; q &lt;fa sib sol' mi' la&gt; q2 q2. }&lt;/code&gt;&lt;/pre&gt;&lt;/div&gt;&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;L'accord &#034;Graner&#034; est ici recompos&#233; de plusieurs fa&#231;ons diff&#233;rentes ; &#224; partir de 4'08 je le joue &#224; nouveau de fa&#231;on m&#233;lodique non-octaviante (les notes une par une et sur plusieurs octaves, pour le dire plus simplement), avec diff&#233;rente recombinaisons &#8212; exercice &lt;a href=&#034;http://oumupo.org/wiki/index.php/%C3%89criture_combinatoire&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;combinatoire&lt;/a&gt; totalement improvis&#233; et fort peu rigoureux !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, le motif &#034;Nicolas&#034; est r&#233;&#233;xpos&#233; &#224; la fin, avec la scansion de &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;si&lt;/code&gt; grave que nous avons &#233;voqu&#233;e. La derni&#232;re phrase du th&#233;r&#233;mine se poursuit &lt;i&gt;morendo&lt;/i&gt; jusque dans l'extr&#234;me grave de l'instrument, &#224; cet instant d'une indicible expressivit&#233; o&#249; le th&#233;r&#233;mine se charge de toute la po&#233;sie ineffable d'un moteur de tondeuse &#224; gazon. La toute derni&#232;re intervention du piano reprend le motif mais en sens inverse (on peut dire r&#233;trogradation pour faire plus chic). Histoire de donner une petite touche de finition formelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui me ram&#232;ne in&#233;luctablement &#224; cette phrase que m'avait dite ma tante un jour : &#034;improviser, c'est &lt;i&gt;donner l'impression&lt;/i&gt; que l'on sait ce que l'on fait&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;alit&#233; &#233;tant, bien &#233;videmment, toute autre.&lt;/p&gt;
&lt;/bloc&gt;
&lt;p&gt;Bonne &#233;coute !&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;i&gt;Valentin&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb5-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;De ce dernier point de vue le r&#233;sultat n'est qu'une demi-r&#233;ussite, mon ami Gilles Esposito-Farese ayant pr&#233;f&#233;r&#233; le &#034;confort&#034; et la familiarit&#233; des formats Flash/mp3 aux standards ouverts qui sont aujourd'hui promus &#8212; j'ai essay&#233; de ne pas commettre cette m&#234;me erreur sur mon propre site, m&#234;me si le lecteur par d&#233;faut des navigateurs est moins &#233;l&#233;gant que certains lecteurs en Flash.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Il existe des &lt;a href=&#034;http://www.delysid.org/freedots.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;partitions en Braille&lt;/a&gt;, sur lesquelles j'ai &#233;t&#233; notamment amen&#233; &#224; me pencher dans le cadre du logiciel &lt;a href=&#034;http://lilypond.org&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;LilyPond&lt;/a&gt; mais j'y demeure totalement &#233;tranger.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Danses K&#224;la</title>
		<link>http://url.oumupo.org/Danses-Kala</link>
		<guid isPermaLink="true">http://url.oumupo.org/Danses-Kala</guid>
		<dc:date>2012-11-25T10:05:01Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Valentin Villenave</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;Vous reprendrez bien un peu de saucisson (pour tuba) ?&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="http://url.oumupo.org/-Pieces-instrumentales-" rel="directory"&gt;Pi&#232;ces instrumentales&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Vous reprendrez bien un peu de saucisson (pour tuba) ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Ce recueil de quatre pi&#232;ces pour tuba (ou saxhorn, ou euphonium) et piano inclut et compl&#232;te la &lt;a href='http://url.oumupo.org/Danse-Kala' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Danse K&#224;la&lt;/a&gt; publi&#233;e individuellement en 2011. De longueurs et difficult&#233;s vari&#233;es, ces pi&#232;ces ont pour projet de mettre en valeur toutes les capacit&#233;s de l'instrument (et, pourquoi pas, de s'amuser un peu ce faisant).[!sommaire]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aucune de ces pi&#232;ces n'a jamais &#233;t&#233; cr&#233;&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_579 spip_document spip_documents spip_document_file spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;85&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href='http://url.oumupo.org/IMG/pdf/danses.pdf' class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='PDF - 549.8 kio' type=&#034;application/pdf&#034;&gt;&lt;img src='http://url.oumupo.org/local/cache-vignettes/L64xH64/pdf-e9ff2.svg?1772294780' width='64' height='64' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Danses K&#224;la, pour tuba et piano
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&#169; Valentin Villenave, 2009-2012. Licence Art Libre.
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;tt&gt;&lt;pdf579&gt;&lt;/tt&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_580 spip_document spip_documents spip_document_file spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;81&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href='http://url.oumupo.org/IMG/pdf/danses_tuba.pdf' class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='PDF - 273.8 kio' type=&#034;application/pdf&#034;&gt;&lt;img src='http://url.oumupo.org/local/cache-vignettes/L64xH64/pdf-e9ff2.svg?1772294780' width='64' height='64' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Danses K&#224;la, partie de tuba
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&#169; Valentin Villenave, 2009-2012. Licence Art Libre.
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Historique et orientation&lt;/h2&gt;&lt;bloc&gt;
&lt;center&gt;[Cliquez pour d&#233;plier.]&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;J'ai &lt;a href='http://url.oumupo.org/Danse-Kala' class=&#034;spip_in&#034;&gt;d&#233;j&#224; expos&#233;&lt;/a&gt; &#8212; longuement &#8212; les circonstances qui m'ont conduit, d'abord &#224; faire connaissance avec cet instrument charmant et injustement m&#233;pris&#233; qu'est le tuba, puis &#224; lui consacrer une pi&#232;ce en 2009-2010-2011 (oui, je sais : plus de deux ans pour &#233;crire quatre minutes de tuba, il y a de quoi s'arracher quelques cheveux).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or voil&#224; : publier une petite partition comme &#231;a, quelque r&#233;ussie qu'elle puisse &#234;tre, &#231;a ne &lt;i&gt;fait pas tr&#232;s s&#233;rieux&lt;/i&gt;. Et &#234;tre pris au s&#233;rieux, dans ma vie, et tout particuli&#232;rement dans ma vie de personne-qui-&#233;crit-de-la-musique, c'est une pr&#233;occupation r&#233;currente (mon souci constant, comme dirait Georges Perec).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La solution, on la conna&#238;t (c'est d&#233;j&#224; ce qui m'a conduit &#224; &#233;crire, par exemple, mes &lt;a href='http://url.oumupo.org/Sardinosaures' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Sardinosaures&lt;/a&gt;) : plut&#244;t qu'une pi&#232;ce s&#233;par&#233;e, individuelle, mis&#233;rable, il suffit de produire un mini-recueil (pour parler plus pr&#233;tentieusement, on appellera &#231;a un &#034;cycle&#034;). Donc me revoil&#224; au travail, d&#232;s l'&#233;t&#233; 2011, avec pour objectif de &lt;i&gt;dire tout ce que je n'ai pas dit&lt;/i&gt; la premi&#232;re fois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par exemple, r&#233;aliser un mouvement lent. Puisque ma premi&#232;re danse reposait, dans l'ensemble, sur un mouvement rapide, motorique et carr&#233;, principalement impuls&#233; par le piano, pourquoi ne pas r&#233;diger une pi&#232;ce plus lente, dans un mouvement d'aspect plus circulaire, o&#249; le piano reste tr&#232;s estomp&#233; ? Ce sera la &lt;strong&gt;troisi&#232;me&lt;/strong&gt; danse, que j'ai r&#233;dig&#233;e rapidement&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Dans le R.E.R. qui me menait au conservatoire de Saint-Maur des Foss&#232;s &#8212; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; en pensant au tuba seulement, et qui pourrait m&#234;me presque se passer de piano&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La partie de piano, je l'ai &#233;crite un an plus tard dans un TGV Paris-Lyon, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autre strat&#233;gie possible : partir d'une id&#233;e exactement similaire &#224; la premi&#232;re danse, mais en allant plus loin &#8212; voire, le plus loin possible. Ce sera la &lt;strong&gt;quatri&#232;me&lt;/strong&gt; danse, qui part du m&#234;me mat&#233;riau en quartes diatoniques que la premi&#232;re, mais presque comme une caricature : tempo encore plus rapide, avec des notes r&#233;p&#233;t&#233;es, des traits ultra-rapides, des notes extr&#234;mes particuli&#232;rement exigeantes, et de tr&#232;s longues phrases &#224; jouer sans possibilit&#233; de respirer &#8212; autant dire, un &#233;ventail assez complet de tout ce qui fait faire des cauchemars la nuit &#224; n'importe quel tubiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il existe plusieurs raisons pour lesquelles la &#034;suite&#034; d'un film, au cin&#233;ma, est en g&#233;n&#233;ral nettement moins r&#233;ussie que le film d'origine&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;J'ai d'ailleurs failli donner comme sous titre au pr&#233;sent article : &#034;Danse (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Le public connaissant d&#233;j&#224; les personnages et le principe narratif, il n'y a plus rien &#224; exposer ni &#224; prouver, la prise de risque est bien moins grande (et tr&#232;s souvent, les auteurs n'ont tout simplement plus rien &#224; dire qu'il n'aient d&#233;j&#224; dit, ils n'ont plus qu'&#224; s'installer paresseusement sur des rails pr&#233;-existants). De plus, ces films disposant en g&#233;n&#233;ral d'un budget plus confortable (et de la pression industrielle-commerciale qui l'accompagne), il n'y a plus besoin de se creuser la cervelle pour &lt;i&gt;sugg&#233;rer&lt;/i&gt; et composer avec l'&#233;conomie de moyens : il suffit de &lt;i&gt;montrer&lt;/i&gt;, montrer et montrer encore, dans un &#233;talage d'effets cin&#233;matographiques, une d&#233;bauche de grand spectacle. Telle est un peu la d&#233;marche qui a &#233;t&#233; la mienne, &#224; partir d'un soir de d&#233;cembre 2011 o&#249;, sur le trottoir en rentrant chez moi, je me demandais quelle serait la phrase la plus spectaculaire par laquelle un tuba solo pourrait lancer un morceau &#8212; et eus l'id&#233;e de cette interminable suite de triolets en notes r&#233;p&#233;t&#233;es dans l'aigu, &#224; jouer en une seule respiration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puisqu'il s'agit l&#224; d'un mouvement vif, son &#233;criture me demanda nettement plus de temps ; non seulement parce qu'il y a davantage de notes &#224; remplir&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Oui, dit comme cela c'est assez peu po&#233;tique.&#034; id=&#034;nh6-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; mais aussi et surtout parce que c'est dans les mouvements rapides que le d&#233;calage entre le &#034;temps de l'&#233;criture&#034; et le &#034;tempo de la musique&#034; est le plus grand : ces lignes que vous venez d'&#233;crire en vous &#233;chinant pendant plusieurs heures, ne seront jou&#233;es qu'en quelques secondes le jour venu. &lt;i&gt;Vous&lt;/i&gt; avez envie de passer &#224; autre chose, de faire &#233;voluer votre id&#233;e musicale, vous &lt;i&gt;ressentez&lt;/i&gt; qu'il en est grand temps &#8212; et pourtant, votre interpr&#232;te et ses auditeurs n'auront m&#234;me pas eu le temps de comprendre votre id&#233;e. Variez trop souvent votre pens&#233;e, votre musique sera indigeste et incoh&#233;rente &#224; l'&#233;coute. Inversement : abusez du copier-coller, et votre musique sera sans aucun int&#233;r&#234;t. La musique se doit d'&#234;tre &lt;i&gt;ni trop pr&#233;visible ni trop impr&#233;visible&lt;/i&gt; ; tout est une question de rythme et de tempo, et c'est dans les mouvements rapides que cet &#233;quilibre est le plus d&#233;licat &#224; observer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, et puisqu'il est ici question d'impr&#233;visibilit&#233;, la derni&#232;re strat&#233;gie possible est, non pas d'aller dans le m&#234;me sens ou en sens inverse de votre id&#233;e d'origine, mais simplement... de faire &lt;i&gt;tout autre chose&lt;/i&gt;. Quelque chose qui, par exemple, ne me ressemblerait pas &#8212; j'avais pr&#233;cis&#233;ment eu l'occasion d'accompagner, en janvier 2011, un &#233;l&#232;ve se pr&#233;sentant au Concours de tuba de Tours, pour lequel il pr&#233;sentait une &lt;a href=&#034;http://www.musicae.fr/partition-Prelude-varie-et-Samba-de-Sebastien-Rabiller-82-69.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;cr&#233;ation contemporaine&lt;/a&gt; en forme de danse cubano-br&#233;silienne (samba, rumba, salsa, enfin un truc comme &#231;a) ; typiquement le genre de morceau sympa-cool que je n'oserais jamais &#233;crire. Aussi me mis-je en devoir d'essayer de travailler dans cette direction, &#034;pour changer un peu&#034;, et en essayant de me d&#233;barrasser de tout marqueur trop identifiable : on se retrouve avec une esp&#232;ce de danse ind&#233;finissable vaguement latino-am&#233;ricaine ou vaguement jazz-swing, qui plus est m&#226;tin&#233;e de dod&#233;caphonisme et bard&#233;e de contraintes formelles &#8212; parce que bon, je veux bien prendre l'air sympa-cool un instant, mais on ne se refait pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et ce fut donc la &lt;strong&gt;deuxi&#232;me&lt;/strong&gt; danse, celle qui me demanda le plus de travail (m&#234;me sans gu&#232;re de conviction, ou pr&#233;cis&#233;ment &#224; cause de cela). &#192; ce stade-l&#224; &#233;videmment, elle ne s'appelait pas encore deuxi&#232;me ; je ne d&#233;cidai de l'ordre qu'apr&#232;s-coup. La premi&#232;re danse me semblait constituer une excellente ouverture pour le &#034;cycle&#034;, et reste &#224; mon avis la plus r&#233;ussie &#8212; j'&#233;voquais plus haut son aspect &#034;carr&#233;&#034; ; c'est sans doute la raison pour laquelle le recueil est compos&#233; de &lt;i&gt;quatre&lt;/i&gt; pi&#232;ces et non cinq. Je choisis d'enfouir les deux suivantes &#224; l'int&#233;rieur du recueil afin qu'elles passent plus inaper&#231;ues ; et la quatri&#232;me, dans toute sa virtuosit&#233; spectaculaire, paraissait assez appropri&#233;e pour conclure l'ensemble. Ce qui se dessinait ainsi &#233;tait rien moins qu'une &#034;forme sonate&#034; &#8212; en quatre mouvements, telle que la Deuxi&#232;me Sonate pour piano de Prokofiev : de ce fait, la deuxi&#232;me danse tient ici lieu de &lt;i&gt;scherzo&lt;/i&gt;, la troisi&#232;me, de mouvement lent et la quatri&#232;me, de finale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pr&#233;senter cette derni&#232;re pi&#232;ce comme le &#034;finale&#034; (oui, &#231;a s'&#233;crit au masculin, c'est pas un match de foot) d'un cycle, est &#233;galement un moyen d'att&#233;nuer son aspect de &lt;i&gt;saucisson&lt;/i&gt; pour tuba&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Au passage : je me suis toujours demand&#233; pourquoi l'on appelle &#034;saucisson&#034; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Un mot &#224; ce sujet : comme je l'avais expliqu&#233; &lt;a href='http://url.oumupo.org/Danse-Kala' class=&#034;spip_in&#034;&gt;nagu&#232;re&lt;/a&gt;, chaque instrument poss&#232;de son lot de saucissons, ces gros morceaux incontournables pour tout instrumentiste un tant soit peu aguerri. Il existe, depuis au moins le XVIII ou XIX&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle, un v&#233;ritable business pour compositeurs autour de la fabrication de saucissons en gros. Les italiens ont tr&#232;s longtemps domin&#233; le march&#233; du saucisson pour violon (Vivaldi, Locatelli, Paganini, ou le bien-nomm&#233; Tartini) et pour brailleuses (A. Scarlatti, Vaccai, Rossini, Bellini, Verdi, Donizetti, Puccini, avec toutefois une certaine concurrence des fran&#231;ais chez Lully, Campra, Charpentier, Collasse, Gluck), alors que les fran&#231;ais produisent g&#233;n&#233;reusement pour les vents (de Boismortier &#224; Tomasi ou Desenclos en passant par Damar&#233;, et j'en passe)&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Il faudrait y ajouter le saucisson d'orgue, qui est de tr&#232;s loin le pire de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, et ont m&#234;me tent&#233; de s'imposer sur le march&#233; du saucisson violonistique (avec les fabricants Saint-Saens, Lalo et autres Ysa&#239;e).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Se dessine ainsi un panorama somme toute assez complet de la musique pas int&#233;ressante &#224; travers les &#233;poques. Attention toutefois, saucisson ne veut pas dire que la musique est moche ni p&#233;nible &#224; jouer, bien au contraire ; un &lt;u&gt;bon&lt;/u&gt; saucisson est un vrai r&#233;gal &#224; travailler et &#224; interpr&#233;ter (et m&#234;me, pour les amateurs du genre, &#224; &#233;couter : sans quoi les op&#233;ras italiens se joueraient dans des th&#233;&#226;tres d&#233;sert&#233;s). Simplement, ce n'est pas un morceau qui pr&#233;tend r&#233;volutionner la musique ; un saucisson pour violon n'aura d'int&#233;r&#234;t que pour les violonistes, un saucisson pour fl&#251;te ne sera d'utilit&#233; et d'agr&#233;ment qu'&#224; un(e) fl&#251;tiste, et ainsi de suite. Comme toute r&#232;gle, la phrase pr&#233;c&#233;dente a ses exceptions : ainsi, le r&#233;pertoire saucisonno&#239;de fran&#231;ais du vingti&#232;me si&#232;cle (qui se r&#233;sume grosso modo aux morceaux de concours &#233;crits chaque ann&#233;e pour le Conservatoire de Paris) r&#233;ussit le tour de force d'&#234;tre &lt;i&gt;&#224; la fois&lt;/i&gt; parfaitement inaudible pour les spectateurs... &lt;u&gt;et&lt;/u&gt; chiatique au-del&#224; de toute expression pour les instrumentistes eux-m&#234;mes. &lt;i&gt;In memoriam&lt;/i&gt; &lt;a href=&#034;http://identi.ca/notice/89345793&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Marcel Bitsch&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'en est-il du piano, me direz-vous ? Eh bien, sa situation me semble quand m&#234;me tr&#232;s particuli&#232;re, et singuli&#232;rement enviable &#224; comparer des autres instruments. En effet, si nous autres pianistes n'&#233;chappons &#233;videmment pas au syndrome du saucisson (ce ne sont pas mes grands amis Beethoven, Liszt, Rachmaninoff, Faur&#233; ou Messiaen qui pr&#233;tendront le contraire) &#8212; encore sont-ce, dans la plupart des cas, des saucissons de remarquable facture &#8212;, le piano a quand m&#234;me attir&#233; une bonne poign&#233;e d'&lt;i&gt;immenses&lt;/i&gt; compositeurs qui ont &#233;crit pour lui des &#339;uvres authentiquement int&#233;ressantes &#8212; j'entends par l&#224;, des &#339;uvres dont l'int&#233;r&#234;t pour le monde musical va tr&#232;s, tr&#232;s loin au-del&#224; des quatre-vingt huit touches d'un piano. Chopin, Schumann, Debussy, Prokofiev ; pour tous ces compositeurs, le piano est &lt;i&gt;le&lt;/i&gt; lieu d'expression de leur pens&#233;e musicale dans toute sa richesse. Et m&#234;me des compositeurs dont le piano n'est pas forc&#233;ment le centre d'int&#233;r&#234;t unique (Brahms, Ravel, Ligeti,...) &#233;crivent pour le piano avec un soin tout particulier : ils savent qu'ils sont attendus au tournant, et que ce n'est pas &lt;i&gt;n'importe quel&lt;/i&gt; instrument.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais revenons-en au tuba, qui ne jouit pas d'une grande consid&#233;ration (c'est le moins qu'on puisse dire) en tant qu'instrument soliste&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Je parle ici indiff&#233;remment des tubas, saxhorns et euphoniums, qui sont des (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6-7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#201;crire un saucisson pour un tel instrument &#8212; et &lt;i&gt;seulement&lt;/i&gt; pour un tel instrument, au contraire des &#034;saucissons g&#233;n&#233;riques&#034; produits autrefois &#224; la cha&#238;ne pour le Conservatoire de Paris, et jou&#233;s indiff&#233;remment au tuba ou au trombone sans rien perdre de leur mochet&#233; &#8212;, partant, c'est s'exposer &#224; un double discr&#233;dit : en tant que fabricant de saucissons, et, pire sans doute, en tant qu'amateur de tubas. Aussi ai-je eu &#224; c&#339;ur de travailler (tr&#232;s) consciencieusement sur ces partitions, et notamment de r&#233;diger une partie de piano digne de ce nom (c'est-&#224;-dire non seulement exigeante mais sans difficult&#233; inutile). De plus, les effets instrumentaux que j'utilise sont la plupart du temps mis au service de l'expressivit&#233;, et justifi&#233;s par un vrai geste musical plut&#244;t que &#034;faire des gammes pour faire des gammes&#034;. Except&#233; en de tr&#232;s rares endroits, o&#249; j'ai eu conscience de rajouter de la difficult&#233; pour la partie de tuba (le plus souvent avec quelques notes aig&#252;es ponctuelles, par exemple le &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;la&lt;/code&gt; aigu mesure &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;73&lt;/code&gt; de la premi&#232;re danse), il me semble que la virtuosit&#233; de l'instrument soliste, &#224; chaque fois qu'elle intervient, est rendue pleinement n&#233;cessaire par l'intention musicale qui la sous-tend.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela est-il vraiment perceptible et aussi enthousiasmant que je le souhaitais ? Je ne peux que l'esp&#233;rer.&lt;/p&gt;
&lt;/bloc&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Description&lt;/h2&gt;&lt;bloc&gt;
&lt;center&gt;[Cliquez pour d&#233;plier.]&lt;/center&gt;&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Avertissement : comme toujours, les quelques indications qui suivent ne sont livr&#233;es qu'&#224; titre de curiosit&#233;, et ne sont pas n&#233;cessaires &#224; la compr&#233;hension de la partition !&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La premi&#232;re.&lt;/strong&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;On pourra se reporter &#224; ma &lt;a href='http://url.oumupo.org/Danse-Kala' class=&#034;spip_in&#034;&gt;pr&#233;sentation&lt;/a&gt; de cette pi&#232;ce. Pour n'en rappeler que les grandes lignes : il s'agit d'un mouvement enlev&#233; et ininterrompu, construit sur des structures de 42 mesures et avec une sym&#233;trie interne. Le motif principal est construit sur des quartes, faisant signe vers l'&#233;criture typique de ce que j'appelle les cuivres de p&#233;plum.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un point que je n'ai pas abord&#233; &#224; l'&#233;poque, est celui de la &lt;i&gt;polarisation&lt;/i&gt; de cette pi&#232;ce. M&#234;me si la partition ne fait intervenir aucun accord parfait, aucune fonction tonale ni m&#234;me aucune d&#233;termination majeure mineure, il s'agit tout de m&#234;me d'une &#233;criture tr&#232;s polaris&#233;e, toujours organis&#233;e autour d'une note centrale clairement identifi&#233;e et constamment r&#233;affirm&#233;e. C'est ce qui fait, &#224; n'en pas douter, l'efficacit&#233; du discours musical (d'autant plus n&#233;cessaire qu'on a effectivement affaire &#224; des gestes &#034;dans&#233;s&#034;) ; mais c'est &#233;galement la marque d'une certaine &lt;u&gt;facilit&#233;&lt;/u&gt;, voire d'une pauvret&#233; harmonique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je reste donc toujours &lt;a href='http://url.oumupo.org/Ma-gentille-soupe' class=&#034;spip_in&#034;&gt;tiraill&#233;&lt;/a&gt; entre le souci d'efficacit&#233; et d'intelligibilit&#233; (et &#224; ce titre, la polarisation fournit des points de rep&#232;res irrempla&#231;ables) et la crainte de tomber dans une certaine complaisance racoleuse (que ce soit du c&#244;t&#233; n&#233;o-tonal ou du c&#244;t&#233; d&#233;polaris&#233;, qui produit lui-m&#234;me sa &#034;soupe contemporaine&#034; pour le plus grand bonheur d'un certain public plus ou moins snob). Cette premi&#232;re danse en porte la trace : chacune de ses parties commence par asseoir une note polarisante, puis lance des envol&#233;es un peu plus inattendues (par exemple mesure &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;26&lt;/code&gt; puis &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;34&lt;/code&gt;, ou encore &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;89&lt;/code&gt; ou &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;165&lt;/code&gt; et suivantes).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La deuxi&#232;me.&lt;/strong&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;J'ai expos&#233; ci-dessus le projet de cette deuxi&#232;me &#034;danse&#034;, et mes doutes quant au r&#233;sultat atteint. Si l'influence des rythmiques sud-am&#233;ricaines ou cubaines ne se per&#231;oit sans doute plus vraiment, mon id&#233;e de d&#233;part &#233;tait bel et bien un &lt;a href=&#034;http://en.wikipedia.org/wiki/Montuno&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;montuno&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Qu'il faudrait plut&#244;t appeler, si j'en crois Wikip&#233;dia, un guajeo &#8212; mais ne (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6-8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; sur quatre notes seulement. En partant de double-croches, j'explore ensuite diverses combinaisons rythmiques que l'on pourrait qualifier de &#034;syncop&#233;es&#034; &#224; des degr&#233;s divers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais revenons tout d'abord au travail sur les hauteurs. Ces quatre notes un peu chromatiques sont un motif que j'utilise &#233;norm&#233;ment&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Elles correspondent, prises en sens inverse, &#224; ce que je surnommais le (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6-9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, mais dont je ne suis &#233;videmment pas l'inventeur (on le trouve &#233;norm&#233;ment chez les compositeurs un peu tordus, tels que Bach, Bart&#242;k ou Schumann).&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_581 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://url.oumupo.org/local/cache-vignettes/L129xH36/toto-preview-10-97835.png?1772299341' width='129' height='36' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Ces quatres notes appellent &#224; &#234;tre compl&#233;t&#233;es (&#224; la dominante, par allusion au langage tonal des styles musicaux auxquels je me r&#233;f&#232;re discr&#232;tement) par quatre autres, qui suivent le m&#234;me motif mais que l'on donnera en inversion sym&#233;trique (&#224; la fois verticale et horizontale) :&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_582 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://url.oumupo.org/local/cache-vignettes/L231xH45/toto-preview-11-a1a76.png?1772299341' width='231' height='45' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Et il nous reste donc, pour parvenir aux douze notes de l'&#233;chelle, quatre autres notes qui cette fois ne suivent plus le m&#234;me motif intervallique :&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_583 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://url.oumupo.org/local/cache-vignettes/L128xH42/toto-preview-12-2a76e.png?1772299341' width='128' height='42' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Ce nouveau motif est particuli&#232;rement rigolo car il correspond &#224; un accord parfait &#224; la fois majeur et mineur (jouez ce motif en boucle et vous aurez l'impression d'entendre un &lt;a href=&#034;http://en.wikipedia.org/wiki/Boogie-woogie&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;boogie-woogie&lt;/a&gt;). Prises dans un ordre diff&#233;rent, elles constituent &#233;galement le d&#233;but du c&#233;l&#232;bre et kitchissime &lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/results?search_query=saint%20louis%20blues&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Saint-Louis Blues&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;. &#192; premi&#232;re vue, rien n'apparente ce nouveau motif avec le premier. Mais... contentez-vous de substituer &#224; la premi&#232;re ou la derni&#232;re note son &lt;i&gt;triton&lt;/i&gt;, et vous vous retrouverez exactement avec les notes du premier motif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a mieux ; comme ces trois motifs contiennent chacun deux tierces mineures, on peut les d&#233;crire de la fa&#231;on suivante :&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_586 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://url.oumupo.org/local/cache-vignettes/L230xH46/toto-preview-15-7ecfb.png?1772299341' width='230' height='46' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class='spip_document_588 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://url.oumupo.org/local/cache-vignettes/L323xH45/toto-preview-17-b989a.png?1772299341' width='323' height='45' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;En d'autres termes, chaque motif de quatre notes emprunte respectivement deux notes &#224; deux des trois accords de septi&#232;me diminu&#233;e (et quand je relis cette phrase, je me dis que j'ai bien fait de pr&#233;senter &lt;i&gt;d'abord&lt;/i&gt; le sch&#233;ma avec les couleurs). Il y a donc une approche &lt;a href=&#034;http://oumupo.org/wiki/index.php/%C3%89criture_combinatoire&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;combinatoire&lt;/a&gt; &#224; proposer, et c'est exactement ce que je fais dans cette pi&#232;ce. J'en veux pour illustration les mesures &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;19&lt;/code&gt; &#224; &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;25&lt;/code&gt; au piano, qui explorent m&#233;thodiquement non seulement les diff&#233;rents modes mais &#233;galement les diff&#233;rentes combinaisons rythmiques permettant de faire entendre 12 notes dans une mesure de 16 double-croches (le premier temps restant inchang&#233;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le motif de quatre notes pr&#233;cit&#233;, sert &#233;galement &#224; atteindre les points culminants de la partie de tuba. Ce qui me permet de glisser une petite allusion &#224; une autre pi&#232;ce instrumentale assez c&#233;l&#232;bre qui fait signe vers le jazz tout en s'inscrivant dans un h&#233;ritage harmonique post-s&#233;riel : la sonate pour saxophone et piano de &lt;a href=&#034;http://en.wikipedia.org/wiki/Edison_Denisov&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Denisov&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce mouvement fait exactement 127 temps (encore un nombre &lt;a href=&#034;http://en.wikipedia.org/wiki/Localhost&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;pour geeks&lt;/a&gt;), d&#233;coup&#233;s soigneusement avec des multiples de 7 &#8212; &#224; moins que ce soit de 9 ou de 11, je ne suis plus tr&#232;s s&#251;r de mes calculs mais je me souviens qu'ils furent laborieux. Afin de brouiller les pistes, je ne voulais pas ouvrir la pi&#232;ce avec des mesures &#224; quatre temps trop ais&#233;ment perceptibles. Apr&#232;s beaucoup de r&#233;flexion intense (le pire c'est que ce n'est pas une blague), j'ai fini par rajouter un temps dans les premi&#232;res carrures, en rempla&#231;ant &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;4 + 4&lt;/code&gt; par &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;4 + 3 + 2&lt;/code&gt; &#8212; et l'on voit ainsi combien cela demandait d'effort intellectuel. Me restait donc des mesures &#224; &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;2/4&lt;/code&gt;, totalement vides, dont la seule fonction &#233;tait de briser la carrure trop &#233;vidente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est que quelque temps plus tard que l'id&#233;e m'est venue d'utiliser ces mesures pour renforcer le c&#244;t&#233; &#034;sympa-cool&#034; de la pi&#232;ce, avec... des &lt;i&gt;claquements de doigts&lt;/i&gt; (on dira &#034;finger snap&#034; en anglais, beaucoup plus classe). Il s'agit l&#224; d'un artifice extr&#234;mement facile, sans doute passablement &#233;cul&#233; mais qui peut conserver un vague parfum d'anti-conformisme s'il est employ&#233; dans un cadre suffisamment ringard &#8212; ou dans une &lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/results?search_query=catch+me+if+you+can+opening&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;musique de film&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La troisi&#232;me.&lt;/strong&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;Comme je l'&#233;crivais pr&#233;c&#233;demment, cette br&#232;ve pi&#232;ce a failli &#234;tre &#233;crite pour tuba seul.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le r&#233;pertoire pour instruments monodiques solo ne lasse jamais de m'interloquer, j'y ai toujours vu une sorte de pitoyable lot de consolation destin&#233; aux instrumentistes qui ne peuvent s'offrir un accompagnateur. Non que je n'appr&#233;cie pas les jolies lignes m&#233;lodiques, mais pour moi toute l'expressivit&#233; d'une m&#233;lodie na&#238;t du rapport entre ses notes et leur soubassement harmonique. Certains compositeurs s'en sortent &#8212; souvent mal &#8212; en sugg&#233;rant des harmonies par de mis&#233;rables d&#233;tours de la m&#233;lodie ; c'est le cas de Johann Sebastian Bach&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Une fois pour toutes : on prononce B&#226;rrrrrr.&#034; id=&#034;nh6-10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; dans ses diff&#233;rents machins r&#233;serv&#233;s aux inconditionnels fanatiques (ils sont h&#233;las nombreux), ou encore d'Astor Piazzolla dans ses c&#233;l&#232;bres &#233;tudes pour fl&#251;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai ici tent&#233; d'&#233;viter ce genre de tricheries, en me concentrant sur des mouvements conjoints et en n'ayant recours &#224; des d&#233;crochages disjoints que lorsqu'ils pr&#233;sentent &lt;i&gt;vraiment&lt;/i&gt; un int&#233;r&#234;t expressif. Du coup &#231;a donne une ligne m&#233;lodique assez pauvre (voire honteuse, du point de vue d'un &#034;compositeur&#034; &#034;s&#233;rieux&#034;), mais qui offre v&#233;ritablement &#224; l'instrumentiste toute la place pour faire valoir sa propre finesse et ses qualit&#233;s de phras&#233;. (L'articulation et la ponctuation des phrases est d'ailleurs indiqu&#233;e avec une certaine pr&#233;cision, m&#234;me si l'on ne peut exclure &#8212; et c'est tant mieux &#8212; que les interpr&#232;tes fassent leurs propres choix.) Oh, certes, il y a bien quelques phrases expressives dans la premi&#232;re ou la quatri&#232;me pi&#232;ce, avec des valeurs longues et des mouvements m&#233;lodiques un peu raffin&#233;s ; mais lorsque ce genre d'&#233;criture vient en contraste d'une avalanche de notes, il n'est gu&#232;re difficile de sembler tout d'un coup extraordinairement sensible et musical. Maintenir une telle couleur et une telle pr&#233;cision sur un mouvement entier, f&#251;t-il tr&#232;s bref, c'est une autre affaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La partie de piano est &#233;crite avec beaucoup de rigueur dans le choix des hauteurs. Elle donne &#224; entendre des accords faits de tierces majeures et mineures, dont je r&#233;alise &#224; l'instant qu'ils sont directement d&#233;riv&#233;s des motifs chromatiques de la deuxi&#232;me danse ci-dessus ; on peut &#233;galement les rapprocher des accords volontairement dissonnants-mais-pas-tant-que-cela que j'ai pr&#233;sent&#233;s il y a une petite dizaine d'ann&#233;es dans des &lt;a href='http://url.oumupo.org/Trois-poemes' class=&#034;spip_in&#034;&gt;m&#233;lodies&lt;/a&gt; pour voix et piano. L&#224; encore, une contrainte combinatoire est &#224; l'&#339;uvre puisque la partie de piano fait entendre exactement les douze notes du total-chromatisme, non seulement si l'on tient compte des quatre &#034;voix&#034; cumul&#233;es de chaque accord, mais &#233;galement si l'on suit l'une ou l'autre voix du d&#233;but &#224; la fin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces accords sont r&#233;p&#233;t&#233;s sous diverses formes (noire-blanche, blanche-noire, rien d'extraordinaire), et conf&#232;rent &#224; la pi&#232;ce le recueillement de certaines danses anciennes (passacaille, sarabande). La pi&#232;ce est d&#233;coup&#233;e en trois sections de &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;14&lt;/code&gt; mesures chacune (oui, &#231;a fait 42 en tout), la deuxi&#232;me section &#233;tant une sorte d'inversion de la premi&#232;re, et la troisi&#232;me faisant intervenir deux red&#233;coupages sym&#233;triques et superpos&#233;s (soulign&#233;s par les liaisons &#224; la main droite et gauche du piano). Le motif central de la premi&#232;re section est sur trois temps, celui de la deuxi&#232;me sur deux temps seulement, et celui de la troisi&#232;me sur un temps. On pourrait dire que cela participe d'une fragmentation progressive du discours musical, j'en passe et des meilleures &#8212; mais en v&#233;rit&#233;, c'est seulement parce que j'ai trouv&#233; &#231;a amusant sur le moment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La quatri&#232;me.&lt;/strong&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;La derni&#232;re de ces danses s'ouvre sur un solo de tuba sans doute passablement spectaculaire (c'&#233;tait en tout cas, comme je l'ai cont&#233; plus haut, le but recherch&#233;). On se situe dans le haut de la tessiture de l'instrument. Les notes sont r&#233;p&#233;t&#233;es trois par trois, en un rythme qui &#233;voque la tarentelle ; ce style de r&#233;p&#233;tition n'est pas aussi commode au tuba qu'&#224; d'autres vents ; tout d'abord parce qu'il faut compter avec une certaine inertie de l'instrument lors de l'&#233;mission du son, et &#233;galement parce que le &#034;triple coup de langue&#034; qui se pratique &#224; la fl&#251;te ou &#224; la clarinette est malais&#233; et inusit&#233; aux cuivres &#8212; de fait, on articulera probablement ces notes par six plut&#244;t que par trois, en double coup de langue et non en triple. Un ph&#233;nom&#232;ne similaire est &#224; l'&#339;uvre au piano, qui r&#233;pond en &#034;triolets par six&#034; alternant aux deux mains (un peu comme dans le dernier mouvement de ma &lt;a href='http://url.oumupo.org/Premiere-Sonate-pour-piano' class=&#034;spip_in&#034;&gt;premi&#232;re sonate&lt;/a&gt;, qui est &#233;galement une forme de tarentelle). Enfin, cette premi&#232;re intervention du tuba est relativement longue, et obligera sans doute l'instrumentiste &#224; se lancer dans un tempo tr&#232;s rapide sous peine de ne pas avoir assez de souffle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rien de tout cela n'est insurmontable en soi, et l'on trouve des phrases tout aussi difficiles, sinon pires, dans la litt&#233;rature pour cuivres graves. Ce qui est, en revanche, certainement &#233;puisant, c'est &lt;i&gt;l'accumulation&lt;/i&gt; ; dans la suite du mouvement les phrases s'encha&#238;nent &#224; toute vitesse, parfois sans laisser le temps d'une vraie respiration (par exemple mesure &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;9&lt;/code&gt; puis &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;17&lt;/code&gt;), les notes suraig&#252;es se succ&#232;dent (mesures &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;29&lt;/code&gt; &#224; &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;37&lt;/code&gt;), de nombreux sauts d'octave (ou pire) imposent une tension constante sur les l&#232;vres... Entendons-nous bien : je n'ai jamais souffl&#233; dans une embouchure de ma vie, et n'ai strictement aucune id&#233;e du degr&#233; de difficult&#233; de ce que j'&#233;cris ; il est tout &#224; fait possible que ce soit en fait largement abordable, ou au contraire cat&#233;goriquement injouable. Je ne le saurai que si un v&#233;ritable instrumentiste tente de s'y frotter un jour et m'en fait part : &#233;crire de la musique n'est jamais qu'une activit&#233; essentiellement hypoth&#233;tique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quoiqu'il en soit, ce motif de notes r&#233;p&#233;t&#233;es est construit sur un b&#234;te balancement en quarte descendante : &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;fa - do&lt;/code&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-11&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Je parle ici en sons r&#233;els, c'est-&#224;-dire un ton en-dessous de la partie de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6-11&#034;&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, ce qui contribue &#224; l'ultra-polarisation du langage musical que j'&#233;voquais plus haut : notre inconscient musical collectif entend imm&#233;diatement un rapport dominante-tonique. Autre balancement, la seconde mineure descendante &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;fa - mib&lt;/code&gt;, qui fait elle aussi signe vers une polarisation sur &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;fa&lt;/code&gt; &#8212; d'une fa&#231;on encore plus primitive d'ailleurs, puisqu'il n'y a ici m&#234;me plus de note sensible.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_592 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://url.oumupo.org/local/cache-vignettes/L397xH62/toto-preview-21-8dc35.png?1772299341' width='397' height='62' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Ce type d'&#233;criture plus-vraiment-tonal-mais-tout-de-m&#234;me-tr&#232;s-polaris&#233; se trouvera chez certains auteurs du d&#233;but du XX&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle, je pense par exemple &#224; &lt;i&gt;Masques&lt;/i&gt; de Debussy. Apr&#232;s coup, je retrouve &#233;galement &#034;mon&#034; motif en quartes dans l'&lt;i&gt;Introduction et Allegro&lt;/i&gt; de Ravel (quoique sous-tendu par un contexte clairement tonal et assez sophistiqu&#233;) :&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_590 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://url.oumupo.org/local/cache-vignettes/L245xH93/toto-preview-19-5723f.png?1772299341' width='245' height='93' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le deuxi&#232;me motif de la pi&#232;ce &#8212; qui n'est, en derni&#232;re analyse, construite &lt;u&gt;que&lt;/u&gt; sur deux motifs outrageusement simples, j'en con&#231;ois une certaine honte &#224; l'instant o&#249; je m'en rends compte &#8212; est donn&#233; d&#232;s la mesure &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;7&lt;/code&gt;, sans m&#234;me le faire attendre, le faire d&#233;sirer, lui donner la moindre importance dramatique :&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_591 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://url.oumupo.org/local/cache-vignettes/L188xH62/toto-preview-20-86aff.png?1772299341' width='188' height='62' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Oui, c'est tout. Ce motif est (&#224; peine) plus m&#233;lodique que le premier, mais construit pareillement, sur une quarte et une seconde majeure. Et puisque nous en sommes aux parall&#232;les culturels, je pense tout d'un coup au troisi&#232;me &lt;i&gt;Concerto&lt;/i&gt; pour piano (inachev&#233;) de Bart&#242;k, dont j'ai beaucoup &#233;cout&#233; le disque &#224; l'&#226;ge de onze-douze ans mais plus jamais depuis lors &#8212; je cite de m&#233;moire :&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_593 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://url.oumupo.org/local/cache-vignettes/L362xH74/toto-preview-22-def34.png?1772299341' width='362' height='74' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Enfin bref, il y a de la quarte dans l'air. Ce qui ne fait que davantage ressortir le contraste lorsque d'autres intervalles surgissent, par exemple les tierces majeures et effets de gamme par tons (mesure &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;22&lt;/code&gt;) ou de quintes augment&#233;es (mesure &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;64&lt;/code&gt;) qu'elles suscitent. C'est ainsi que, en conservant un mat&#233;riau th&#233;matique (c'est un &lt;i&gt;tr&#232;s&lt;/i&gt; grand mot, s'agissant ici de simples bouts de phrases de quelques notes) en apparence constant, je tente quand m&#234;me de diff&#233;rencier quelques grandes sections, d&#233;finies par un type de gestes et une atmosph&#232;re harmonique propres. Par exemple, je me suis servi &#224; divers endroits d'un &lt;a href=&#034;http://oumupo.org/wiki/index.php/S%C3%A9rialisme_d%C3%A9tendu&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;proc&#233;d&#233;&lt;/a&gt; de r&#233;partition &#233;gale des douze notes du temp&#233;rament, proc&#233;d&#233; tr&#232;s &lt;i&gt;d&#233;polarisant&lt;/i&gt;, qui donne par exemple les jolies guirlandes de notes aig&#252;es de la main droite du piano &#224; partir de mesure &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;31&lt;/code&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La taille des diff&#233;rentes sections successives, ainsi que leur d&#233;coupage interne, est dict&#233;e par un jeu combinatoire autour des chiffres trois, quatre et sept. Ainsi l'on a ;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; une premi&#232;re section de 21 mesures (soit 7 &#215; 3) 49 blanches (7 &#215; 7), elle-m&#234;me d&#233;coup&#233;e en&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; 7 carrures de 7 blanches, c'est-&#224;-dire
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; 3 carrures de 4 blanches plus 3 blanches, puis&lt;/li&gt;&lt;li&gt; 3 carrures de 3 blanches plus 4 blanches, puis&lt;/li&gt;&lt;li&gt; 1 carrure de 2 blanches plus 3 blanches plus 2 blanches
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; une section de 27 mesures (3 &#215; 3 &#215; 3) &#224; 3 temps, soit 81 temps en tout (3 &#215; 3 &#215; 3 &#215; 3, c'est-&#224;-dire 3 exposant 4), elle-m&#234;me d&#233;coup&#233;e en&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; 3 carrures de 3 mesures chacune
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; ce sont des mesures &#224; 3 temps... avec 3 croches par temps.
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; une reprise de la premi&#232;re section, mais cette fois d&#233;compos&#233;e en 49 noires et non en blanches, d&#233;coup&#233;e en&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; 7 carrures de 7 temps chacune, dont l'encha&#238;nement fonctionne comme un palindrome :
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; 4 + 3&lt;/li&gt;&lt;li&gt; 3 + 4&lt;/li&gt;&lt;li&gt; 4 + 3&lt;/li&gt;&lt;li&gt; 2 + 3 + 2&lt;/li&gt;&lt;li&gt; 3 + 4&lt;/li&gt;&lt;li&gt; 4 + 3&lt;/li&gt;&lt;li&gt; 3 + 4
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; une section de 16 mesures (4 &#215; 4) &#224; 4 temps, soit 64 temps en tout (4 &#215; 4 &#215; 4, c'est-&#224;-dire 4 exposant 3), elle-m&#234;me d&#233;coup&#233;e en&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; 4 carrures de 4 mesures
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; les mesures &#233;tant elles-m&#234;mes &#224; 4 temps... avec (pas toujours) des double-croches dedans).
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; et enfin, un retour de la premi&#232;re section, cette fois en blanches comme initialement, &#224; ceci pr&#232;s que les 7 carrures sont maintenant invers&#233;es :&lt;/li&gt;&lt;li&gt; 1 carrure de 2 blanches plus 3 blanches plus 2 blanches, puis&lt;/li&gt;&lt;li&gt; 3 carrures de 3 blanches plus 4 blanches, puis&lt;/li&gt;&lt;li&gt; 3 carrures de 4 blanches plus 3 blanches&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;En tout, nous avons donc (en nombre de noires par section) : 98 - 81 - 49 - 64 - 98, soit un total de 390 temps. Ce qui est relativement long (et encore, j'avais initialement pr&#233;vu un dispositif encore plus long, sur sept sections et non cinq), et demande quelques efforts en particulier pour remplir les deux derni&#232;res sections : celle &#224; quatre temps ne peut plus jouer sur le c&#244;t&#233; &#034;&#233;th&#233;r&#233;&#034; de celle &#224; trois temps (ce serait du d&#233;j&#224;-vu), et la derni&#232;re n'est destin&#233;e qu'&#224; faire entendre quelque chose qu'on a d&#233;j&#224; entendu (ce qui n'a rien d'anormal), mais avec la &lt;i&gt;m&#234;me longueur&lt;/i&gt;, ce qui peut &#234;tre lassant. J'ai donc essay&#233; d'y introduire quelques variations nouvelles, tout en essayant de trouver ce fameux &#233;quilibre entre le pr&#233;visible et l'impr&#233;visible que j'&#233;voquai plus haut.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Outre les diff&#233;rences de couleurs intervalliques expos&#233;es plus haut, chaque section est polaris&#233;e sur des notes diff&#233;rentes selon un plan relativement logique, et en respectant &#224; chaque fois une sym&#233;trie intervallique sur l'octave &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;fa - fa'&lt;/code&gt; :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;fa&lt;/code&gt; pour la premi&#232;re section (la basse du piano donne &#233;galement du &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;si&lt;/code&gt;, du &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;reb&lt;/code&gt; et du &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;la&lt;/code&gt;)
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;sol&lt;/code&gt; et &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;mib&lt;/code&gt; pour la deuxi&#232;me section, r&#233;partis d'une fa&#231;on &#034;fractale&#034; (nous avons vu que cette deuxi&#232;me section est d&#233;coup&#233;e en trois fois trois : il y a donc &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;sol&lt;/code&gt; pour la premi&#232;re carrure, &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;mib&lt;/code&gt; pour la deuxi&#232;me, puis dans la derni&#232;re carrure : &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;sol&lt;/code&gt; pour la premi&#232;re mesure, &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;mib&lt;/code&gt; pour la deuxi&#232;me, puis dans la derni&#232;re mesure : &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;sol&lt;/code&gt; pour le premier temps, &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;mib&lt;/code&gt; pour le deuxi&#232;me temps, et enfin &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;sol&lt;/code&gt; pour le dernier temps)
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;la&lt;/code&gt; et &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;dod&lt;/code&gt; pour la troisi&#232;me section, l'un servant tour &#224; tour de &#034;dominante&#034; &#224; l'autre
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;si&lt;/code&gt; pour la quatri&#232;me section
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; et enfin &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;fa&lt;/code&gt; pour la cinqui&#232;me section.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On retrouve ici le d&#233;s&#233;quilibre que j'avouais craindre &#224; l'instant : toutes les sections s'organisent autour de &lt;i&gt;deux&lt;/i&gt; notes polaires... sauf les deux derni&#232;res sections, qui sont &#233;galement les plus dispensables. J'ai bien peur qu'un sentiment de longueur inutile ne se per&#231;oive dans les derni&#232;res pages du morceau, &#224; moins que le feu d'artifice de virtuosit&#233; tourbillonnante ne fonctionne suffisamment bien pour maintenir la tension des interpr&#232;tes... et l'attention des auditeurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#199;a tombe bien : si j'en crois mon Dictionnaire Historique, le mot &#034;saucisson&#034; est &#233;galement utilis&#233; pour d&#233;signer... une fus&#233;e de feu d'artifice.&lt;/p&gt;
&lt;/bloc&gt;
&lt;p&gt;Bonne lecture !&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;i&gt;Valentin&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb6-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Dans le R.E.R. qui me menait au conservatoire de Saint-Maur des Foss&#232;s &#8212; c'&#233;tait un matin paisible et ensoleill&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;La partie de piano, je l'ai &#233;crite un an plus tard dans un TGV Paris-Lyon, par un soir maussade d'automne o&#249; les intemp&#233;ries avaient bloqu&#233; le train.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;J'ai d'ailleurs failli donner comme sous titre au pr&#233;sent article : &#034;Danse K&#224;la, &lt;i&gt;Reloaded&lt;/i&gt;&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Oui, dit comme cela c'est assez peu po&#233;tique.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Au passage : je me suis toujours demand&#233; pourquoi l'on appelle &#034;saucisson&#034; un morceau particuli&#232;rement technique et r&#233;barbatif. Est-ce par analogie avec l'aliment indigeste et rebutant qu'est le saucisson ? Est-ce par similitude entre le geste du violoniste qui s'acharne sur son instrument et celui du gourmand qui coupe des tranches de saucisson ? Est-ce, tout simplement, une mani&#232;re &#233;vocatrice de d&#233;signer &#034;un gros morceau&#034; ? Ou y a-t-il l&#224; &#224; l'&#339;uvre d'obscurs fantasmes moins avouables ? Je ne saurais le dire.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Il faudrait y ajouter le saucisson d'orgue, qui est de tr&#232;s loin le pire de tous : Widor, Franck, Saint-Saens, Alkan, Alain, Durufl&#233;, Dupr&#233;, Vierne, Messiaen... J'avancerais d'ailleurs volontiers le postulat suivant : &lt;i&gt;tout&lt;/i&gt; compositeur qui &#233;crit pour l'orgue, est vou&#233; &#224; le faire sous forme de saucisson.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Je parle ici indiff&#233;remment des tubas, saxhorns et euphoniums, qui sont des instruments distincts mais g&#233;n&#233;ralement enseign&#233;s dans les m&#234;mes classes.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Qu'il faudrait plut&#244;t appeler, si j'en crois Wikip&#233;dia, un &lt;i&gt;guajeo&lt;/i&gt; &#8212; mais ne me demandez pas comment cela se prononce.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Elles correspondent, prises en sens inverse, &#224; ce que je surnommais le &#034;motif de la Mort&#034; lorsque je r&#233;digeai mon &lt;a href='http://url.oumupo.org/-Opera-' class=&#034;spip_in&#034;&gt;premier op&#233;ra&lt;/a&gt;, et le prologue de mon deuxi&#232;me op&#233;ra (nom de code &#034;projet &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;D&lt;/code&gt;&#034; dans mon &lt;a href='http://url.oumupo.org/Catalogue' class=&#034;spip_in&#034;&gt;catalogue&lt;/a&gt;) est enti&#232;rement construit sur ce m&#234;me motif.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Une fois pour toutes : on prononce &lt;i&gt;B&#226;rrrrrr&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-11&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-11&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-11&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Je parle ici en &lt;i&gt;sons r&#233;els&lt;/i&gt;, c'est-&#224;-dire un ton en-dessous de la partie de tuba telle qu'elle est publi&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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