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	<title>[Le Site]</title>
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	<description>Le site de Valentin Villenave, musicien et auteur Libre.</description>
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		<title>[Le Site]</title>
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		<title>Sonatine</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Valentin Villenave</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;R&#233;dig&#233;e &#224; l'&#233;t&#233; 2014, cette petite sonatine en deux mouvements esquisse ce qui aurait pu devenir ma deuxi&#232;me sonate pour piano.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://url.oumupo.org/-Pieces-instrumentales-" rel="directory"&gt;Pi&#232;ces instrumentales&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;R&#233;dig&#233;e &#224; l'&#233;t&#233; 2014, cette petite sonatine en deux mouvements esquisse ce qui aurait pu devenir ma deuxi&#232;me sonate pour piano.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Apr&#232;s avoir mis pr&#232;s de trois ans &#224; r&#233;diger ma premi&#232;re &lt;a href='http://url.oumupo.org/Premiere-Sonate-pour-piano' class=&#034;spip_in&#034;&gt;sonate pour piano&lt;/a&gt; en trois mouvements, je fis l'acquisition d'un cahier (mauve) de seulement trente-deux pages, avec l'&lt;a href='http://url.oumupo.org/Fragment-1' class=&#034;spip_in&#034;&gt;intention&lt;/a&gt; d'&#233;crire imm&#233;diatement une nouvelle sonate tr&#232;s diff&#233;rente, plus spontan&#233;e et l&#233;g&#232;re, qui serait constitu&#233;e de cinq mouvements brefs, de deux minutes chacun.&lt;br class='manualbr' /&gt;&#8230; La suite n'est que trop pr&#233;visible : apr&#232;s des mois de r&#233;flexion et d'atermoiements, je ne parvins &#224; en terminer que deux ; apr&#232;s plusieurs ann&#233;es de procrastination tout aussi infructueuse, je pris le parti de les publier tels quels, sous forme d'une petite sonatine en deux mouvements. Voici cette partition, qui n'a &#233;videmment pas &#233;t&#233; cr&#233;&#233;e &#224; ce jour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;tt&gt;&lt;pdf912&gt;&lt;/tt&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_912 spip_document spip_documents spip_document_file spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;66&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href='http://url.oumupo.org/IMG/pdf/sonatine_piano.pdf' class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='PDF - 199.8 kio' type=&#034;application/pdf&#034;&gt;&lt;img src='http://url.oumupo.org/local/cache-vignettes/L64xH64/pdf-e9ff2.svg?1772294780' width='64' height='64' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Sonatine pour piano
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;V. Villenave, 2014 &#8212; Licence Art Libre
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;hr class=&#034;clear&#034;&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Historique et description&lt;/h2&gt;&lt;bloc&gt;
&lt;center&gt;[Cliquez pour d&#233;plier.]&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'&#233;t&#233; 2014, alors que les activit&#233;s de l'&lt;a href='http://url.oumupo.org/OuMuPo-mais-qu-est-ce-donc' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Oumupo&lt;/a&gt; battaient leur plein et que j'avais multipli&#233; depuis quelques ann&#233;es les exp&#233;riences formelles d'&#233;criture musicale sous contrainte, je fus saisi (pour la n-i&#232;me fois) de ce mouvement de retour de balancier dont je ne suis &lt;a href='http://url.oumupo.org/Ma-gentille-soupe' class=&#034;spip_in&#034;&gt;que trop familier&lt;/a&gt; : et si toutes ces recherches et explorations (ou toutes ces pitreries, pour le dire moins charitablement) n'&#233;taient qu'une fa&#231;on trop facile de me dissimuler et de fuir, d'&#233;viter de regarder en face le fait que, fondamentalement, je n'ai jamais eu grand-chose d'int&#233;ressant &#224; dire ? Je me mis donc en devoir d'&#233;carter cette trop grande facilit&#233; pour essayer de chercher une pens&#233;e musicale plus sinc&#232;re, plus concise, plus profonde et plus authentique. (Je ne doute pas qu'il existe des personnes pour qui, au contraire, s'exprimer spontan&#233;ment est plus facile, la difficult&#233; r&#233;sidant au contraire dans la d&#233;marche de mise en forme et d'adoption d'un cadre rigoureux ; &#224; chacun sa torture, j'imagine.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bref, attention attention, on allait maintenant faire de la Musique avec un grand M, tendre vers une V&#233;rit&#233; avec un grand V,&#8230; et &#233;videmment &#231;a ne pouvait d&#233;boucher que sur un magistral Bide avec un grand B. Ce qu'il advint pr&#233;cis&#233;ment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je me souviens en particulier d'avoir pass&#233; plusieurs heures, par un apr&#232;s-midi de juillet, &#224; observer gravement les d&#233;placements d'une mouche dans la pi&#232;ce o&#249; je me trouvais : parfois quasi circulaires, souvent obsessionnels, et cependant jamais pr&#233;visibles. Une trace de vie, infime et circonscrite (je lui avais &#224; plusieurs reprises donn&#233; la possibilit&#233; de sortir par la fen&#234;tre, et elle avait &#224; chaque fois d&#233;clin&#233; mon invitation), et pourtant fascinante et &#233;chappant &#224; ma compr&#233;hension. Je r&#234;vais d'&#233;crire une musique aussi pure que l'&#233;taient les mouvements de cette mouche &#8212; car enfin, la mouche a bien une logique &#224; elle, certainement ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il en r&#233;sulta le mouvement que je choisis d'intituler &#034;carillon&#034;, parce qu'il se joue en r&#233;sonnance et toujours autour des m&#234;mes hauteurs &#8212; ce qui ne manqua pas de faire soupirer, par la suite, un coll&#232;gue authentiquement campanologue qui me fit s&#232;chement remarquer qu'un _vrai_ carillon ne se joue qu'avec un nombre limit&#233; de cloches, le plus souvent sur un t&#233;tracorde. Ce mouvement est constitu&#233; principalement d'intervalles objectivement dissonnants (septi&#232;mes majeures et octaves augment&#233;es), et pourtant il me semble qu'on peut le jouer avec douceur et peut-&#234;tre m&#234;me tendresse, comme une esp&#232;ce de bo&#238;te &#224; musique un peu d&#233;rang&#233;e. Il n'y a pas de structure fixe (m&#234;me si j'ai d&#251; pour cela me faire violence), mais on peut entendre assez clairement des phrases et quelques modulations progressives.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; peu pr&#232;s &#224; la m&#234;me &#233;poque, je fis une autre d&#233;couverte marquante : le manuscrit inachev&#233; de la Dixi&#232;me Sonate pour piano de Serge Prokofiev, dont ce dernier ne parvint &#224; r&#233;diger que deux pages &#224; la toute fin de sa vie, en 1952-1953. Je vais ici non seulement commettre d&#233;lib&#233;r&#233;ment un acte d&#233;lictueux, mais vous en rendre vous-m&#234;me de fait complice, en reproduisant ici le document en question :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;tt&gt;&lt;pdf913&gt;&lt;/tt&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_913 spip_document spip_documents spip_document_file spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;56&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href='http://url.oumupo.org/IMG/pdf/sonata_no_10_op137_unfinished_ms_2pp.pdf' class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='PDF - 1.3 Mio' type=&#034;application/pdf&#034;&gt;&lt;img src='http://url.oumupo.org/local/cache-vignettes/L64xH64/pdf-e9ff2.svg?1772294780' width='64' height='64' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Serge Prokofiev, &#233;bauche de la Sonate n&#176;10 op.137
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Pendant plusieurs d&#233;cennies l'on n'a connu que la premi&#232;re de ces deux pages, et c'est pourtant la deuxi&#232;me qui rec&#232;le des suprises &#233;tonnantes, et deux lignes exceptionnellement r&#233;ussies. (J'ai d'ailleurs persist&#233; dans ma violation &#233;hont&#233;e des lois en vigueur, en &#233;ditant ce fragment par mes soins et en le &lt;a href=&#034;https://imslp.org/wiki/Piano_Sonata_No.10%2C_Op.137_(Prokofiev%2C_Sergey)&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;postant sur IMSLP&lt;/a&gt;.) En fait, il ne s'agit toutefois pas d'une d&#233;couverte totale, puisque Prokofiev avait souhait&#233; adapter (comme il le fit &#233;galement, &#224; la m&#234;me &#233;poque, de sa Sonate n&#176;5 op.38/op.135) une &#339;uvre ant&#233;rieure : sa &lt;a href=&#034;https://imslp.org/wiki/2_Sonatinas,_Op.54_(Prokofiev,_Sergey)&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;sonatine pour piano&lt;/a&gt; op.54 n&#176;1. (C'est ce qui contribua, quelques ann&#233;es plus tard, &#224; me convaincre de publier ces deux mouvements sous forme de sonatine ; comme pour m'inciter &#224; croire qu'un jour je serais peut-&#234;tre capable, &#224; mon tour, d'en faire une v&#233;ritable sonate.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Marqu&#233; par le parcours tr&#232;s romanesque de cette partition, je fus tent&#233; d'en &#233;crire une sorte de pastiche : en ne conservant du texte que son chiffre de mesure, son indication de tempo (&lt;strong&gt;Allegro moderato&lt;/strong&gt;) et sa premi&#232;re note, je me lan&#231;ai dans une sorte de pr&#233;lude, ou d'ouverture, au ton un peu d&#233;clamatoire ou &#233;l&#233;giaque (en commen&#231;ant, comme toujours, par le motif &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;mi-fa&lt;/code&gt;, qui se poursuit naturellement par des intervalles croissants d'un demi-ton, selon le proc&#233;d&#233; que j'ai &lt;a href='http://url.oumupo.org/Ballade' class=&#034;spip_in&#034;&gt;parfois&lt;/a&gt; qualifi&#233; de &lt;i&gt;pseudo-spectre&lt;/i&gt;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&#224; encore, je dus faire des efforts constants pour r&#233;sister &#224; la tentation de chercher des structures algorithmiques ou autres contraintes formelles ; c'&#233;tait peu de temps apr&#232;s l'&#233;criture de ma &lt;a href='http://url.oumupo.org/Sonate-pour-un-mois-de-mai' class=&#034;spip_in&#034;&gt;sonate pour fl&#251;te&lt;/a&gt;, dont l'&#233;criture labyrinthique (surtout dans le troisi&#232;me mouvement) est finalement assez perceptible ici &#8212; ce qui tendrait &#224; montrer que mon id&#233;al d'une &#233;criture pleinement spontan&#233;e et expressive a &#233;t&#233; compl&#232;tement manqu&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ou bien, peut-&#234;tre que la vision d'un labyrinthe &#233;tait finalement la seule chose que j'avais &#224; exprimer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; bien y r&#233;fl&#233;chir, je ne sais laquelle des deux hypoth&#232;ses serait la moins d&#233;primante.&lt;/p&gt;
&lt;/bloc&gt;
&lt;p&gt;Bonne lecture !&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;i&gt;Valentin.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;clearfix&#034;&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Jazz et astronomie : le Cosmic Book !</title>
		<link>http://url.oumupo.org/Jazz-et-astronomie-le-Cosmic-Book</link>
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		<dc:date>2018-05-18T08:55:22Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Valentin Villenave</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;Quelques th&#232;mes de Jazz &#233;crits autour de th&#232;mes li&#233;s (de fa&#231;on plus ou moins indirecte) &#224; l'astronomie.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://url.oumupo.org/-Musiques-de-scene-" rel="directory"&gt;Musiques de sc&#232;ne&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Quelques th&#232;mes de Jazz &#233;crits autour de th&#232;mes li&#233;s (de fa&#231;on plus ou moins indirecte) &#224; l'astronomie.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Comme chaque ann&#233;e maintenant, j'ai &#233;t&#233; invit&#233; &#224; l'occasion de la Nuit des mus&#233;es 2018 &#224; pr&#233;senter une soir&#233;e musicale au plan&#233;tarium du &lt;a href=&#034;http://archives.oumupo.org/2018/2018_palais/accueil.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Palais de la d&#233;couverte&lt;/a&gt;. J'ai pour cela r&#233;dig&#233; quelques th&#232;mes de jazz en pastichant des &#034;standards&#034; connus, dont le titre &#233;voquait de fa&#231;on plus ou moins lointaine des sujets d'astronomie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voici la partition de ce &#034;Cosmic Book&#034;, suivie d'explications plus d&#233;taill&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;tt&gt;&lt;pdf909&gt;&lt;/tt&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_909 spip_document spip_documents spip_document_file spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;94&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href='http://url.oumupo.org/IMG/pdf/cosmos_book.pdf' class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='PDF - 366.8 kio' type=&#034;application/pdf&#034;&gt;&lt;img src='http://url.oumupo.org/local/cache-vignettes/L64xH64/pdf-e9ff2.svg?1772294780' width='64' height='64' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;The Cosmic Book vol.0
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;Copyright &amp; Copyleft Valentin Villenave, 2018.&lt;br class='manualbr' /&gt;Licence Art Libre.
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Comme d'habitude, la partition est &#233;dit&#233;e avec &lt;a href=&#034;http://lilypond.org/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;GNU LilyPond&lt;/a&gt; (en utilisant l'excellente contribution &lt;a href=&#034;https://github.com/lyp-packages/lilyjazz&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;LilyJazz&lt;/a&gt; de Torsten H&#228;mmerle). Le code source de la partition est inclus dans le fichier PDF, ce qui permet de la transposer, la modifier &#224; volont&#233; ; cela est d'ailleurs non seulement autoris&#233; mais encourag&#233;, la partition &#233;tant diffus&#233;e sous les termes de la licence Art Libre.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Avant-propos&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;bloc&gt;[Cliquez pour d&#233;plier]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En gravitation autour du plan&#233;tarium&lt;/strong&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;Lors de mes pr&#233;c&#233;dentes visites au Palais de la d&#233;couverte (notamment avec mon collectif l'&lt;a href=&#034;http://oumupo.org&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Oumupo&lt;/a&gt;), j'avais pr&#233;sent&#233; &lt;a href=&#034;http://archives.oumupo.org/2017/2017_palais/accueil.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;diverses&lt;/a&gt; &lt;a href=&#034;http://archives.oumupo.org/2018/2018_palais/accueil.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;exp&#233;riences&lt;/a&gt; astronomiques et musicales, notamment :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; en faisant d&#233;filer les &#233;toiles du plan&#233;tarium &lt;a href=&#034;http://archives.oumupo.org/2017/2017_palais/symetries/etoiles.png&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;dans une port&#233;e de musique&lt;/a&gt; et en jouant la m&#233;lodie correspondante, dans un sens puis dans l'autre (en imaginant que la Terre tourne &#224; l'envers), puis en renversement intervallique (en imaginant qu'on voie les &#233;toiles depuis l'autre h&#233;misph&#232;re).
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; en projetant les constellations dans un &lt;a href=&#034;http://archives.oumupo.org/2017/2017_palais/symetries/tonnetz/tonnetz.jpg&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Tonnetz&lt;/a&gt;, c'est-&#224;-dire un maillage de notes dispos&#233;es selon trois axes. Cela permettait d'entendre des accords.
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; en proposant une mod&#233;lisation musicale de la m&#233;canique c&#233;leste, d'abord &lt;a href=&#034;http://archives.oumupo.org/2018/2018_palais/planetarium/partitions/Planetes.pdf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;plan&#232;te par plan&#232;te&lt;/a&gt; puis en confrontant les &lt;a href=&#034;http://archives.oumupo.org/2018/2018_palais/planetarium/partitions/Systeme.pdf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;p&#233;riodes orbitales de plusieurs plan&#232;tes&lt;/a&gt; sous forme de polyrythmie ; mon co-&#233;quipier Gilles Esposito-Far&#232;se avait &#233;galement &lt;a href=&#034;http://www.gef.free.fr/oulipo29.html#date060318&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;propos&#233;&lt;/a&gt; d'int&#233;ressantes mod&#233;lisations des satellites galil&#233;ens de Jupiter.&lt;/p&gt;
&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;Pour la plupart de ces exp&#233;riences, nous avons eu la chance de pouvoir compter sur la comp&#233;tence et la bienveillance de l'&#233;quipe du plan&#233;tarium, en particulier Andy Richard qui a &#233;t&#233; d'une aide pr&#233;cieuse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour cette nouvelle occasion, j'ai propos&#233; une approche moins exp&#233;rimentale : comme je savais que le responsable de l'unit&#233; astronomie du Palais de la d&#233;couverte, S&#233;bastien Fontaine, &#233;tait fan de synth&#233;tiseurs, je lui ai propos&#233; de participer autour d'improvisations sur des grilles d'accords&#8230; ce qui nous orientait donc plut&#244;t vers des langages se rapprochant du jazz. (Il s'est av&#233;r&#233; finalement que S&#233;bastien ne serait pas disponible ce soir-l&#224; ; c'est la vie.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le paradoxe du Vrai Livre&lt;/strong&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;Du coup, je suis revenu vers un projet qui me tente depuis longtemps : r&#233;aliser un pastiche du &lt;i&gt;Real Book&lt;/i&gt;. Qu'est-ce que le Real Book ? C'est un &lt;a href=&#034;https://en.wikipedia.org/wiki/Real_Book&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;recueil&lt;/a&gt; de quelques centaines de th&#232;mes de jazz que tous les musiciens aguerris connaissent par c&#339;ur, interpr&#232;tent et revisitent chacun &#224; leur fa&#231;on : ce que l'on appelle des &lt;a href=&#034;https://en.wikipedia.org/wiki/Jazz_standard&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;standards&lt;/i&gt;&lt;/a&gt; de jazz, le c&#339;ur du r&#233;pertoire de cette musique en &#233;volution constante, qui repose majoritairement sur des savoirs-faire et traditions non-&#233;crites.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Real Book est &#233;crit &#224; la main, grossi&#232;rement, photocopi&#233; et rephotocopi&#233; depuis des d&#233;cennies&#8230; et surtout : il pr&#233;sente l'int&#233;ressante particularit&#233; d'&#234;tre &lt;u&gt;totalement ill&#233;gal&lt;/u&gt;, car en inad&#233;quation compl&#232;te avec le r&#233;gime &#034;tous droits r&#233;serv&#233;s&#034; du soi-disant droit &#034;d'auteur&#034; en vigueur dans nos contr&#233;es pr&#233;tend&#251;ment civilis&#233;es. Reproduire des th&#232;mes d'oreille ? Les transcrire approximativement, les r&#233;&#233;crire, les r&#233;harmoniser, les transformer ? Sans autorisation, sans &lt;i&gt;royalties&lt;/i&gt;, sans d&#233;claration Ascap/Sacem/Urssaf/Boucherie Sanzot ? Impensable ! Scandaleux ! Pendant toute une (glorieuse) &#233;poque, le Real Book ne s'est transmis que sous le manteau. &#034;Pirates&#034; ou &#034;bootleggers&#034;, les musiciens de jazz n'ont pu prosp&#233;rer que dans cette ill&#233;gitimit&#233; &#8212; ce qui n'a pas emp&#234;ch&#233; les producteurs de disques de mettre la main sur ce patrimoine et de le &lt;i&gt;copyright&lt;/i&gt;er pour les lustres &#224; venir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La solution &#224; ce probl&#232;me aurait pourtant &#233;t&#233;, nous le savons aujourd'hui, &lt;a href='http://url.oumupo.org/Quelques-questions-sur-le-Libre-et-leurs-reponses' class=&#034;spip_in&#034;&gt;toute simple&lt;/a&gt; : il aurait suffi d'utiliser des licences alternatives au r&#233;gime &#034;tous droits r&#233;serv&#233;s&#034;. Par exemple, certaines des licences &lt;a href=&#034;https://creativecommons.org/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Creative Commons&lt;/a&gt;, ou encore mieux, la licence &lt;a href=&#034;http://artlibre.org/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Art Libre&lt;/a&gt; ; en un mot, d'autoriser par principe l'ex&#233;cution, la copie, et la cr&#233;ation de nouvelles &#339;uvres &#224; partir des th&#232;mes d'origine. (Certes, les industriels du disque et les soci&#233;t&#233;s de gestion auraient fait la t&#234;te. Mais &#224; la limite, c'est plut&#244;t une raison de plus.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme je l'ai fr&#233;quemment dit, l&#224; o&#249; le Pirate copie, le Libriste &lt;u&gt;clone&lt;/u&gt; (et am&#233;liore). Plut&#244;t que d'utiliser ill&#233;galement une copie de Microsoft Office, vous pouvez t&#233;l&#233;charger gratuitement &lt;a href=&#034;https://www.libreoffice.org/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;LibreOffice&lt;/a&gt;, c'est plus l&#233;ger et plus fiable ; de m&#234;me pour Mozilla Firefox, Android, GNU/Linux, Wikip&#233;dia, et toutes les grandes r&#233;ussites du monde Libre ces quinze derni&#232;res ann&#233;es. Et dans le domaine musical ? On trouve, certes, des biblioth&#232;ques de partitions telles que l'indispensable &lt;a href=&#034;http://imslp.org/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;IMSLP&lt;/a&gt; ou la moins-connue &lt;a href=&#034;http://www.mutopiaproject.org/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Mutopia&lt;/a&gt; ; elles se pr&#233;occupent toutefois davantage de musique savante des si&#232;cles pass&#233;es, ces miettes que l'industrie culturelle a bien voulu (non sans r&#233;sistance) laisser entrer dans le domaine public. Pour la musique populaire ou les musiques dites &#034;actuelles&#034;&#8230; Il faut se d&#233;brouiller soi-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#201;crire savamment dans un langage non-savant&lt;/strong&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;Tel est le constat qui m'a conduit, &#224; de nombreuses reprises, &#224; &#233;crire de &#034;fausses&#034; partitions de musique populaire, histoire de pouvoir non seulement les jouer moi-m&#234;me au nez et &#224; la barbe de tous les parasites du milieu artistique&#8230; mais aussi, et surtout, de permettre &#224; d'&#233;ventuel&#8901;le&#8901;s futur&#8901;e&#8901;s musicien&#8901;ne&#8901;s de les jouer &#224; leur tour. Il ne s'agit pas de contrefa&#231;on, j'y veille d'ailleurs tr&#232;s soigneusement (&#244; glorieuse &#233;poque dans laquelle nul ne peut &#234;tre artiste ou auteur sans &#234;tre d'abord et avant tout juriste) ; personne ne pourrait confondre, par exemple, mes &lt;a href='http://url.oumupo.org/Siete-tangos' class=&#034;spip_in&#034;&gt;tangos&lt;/a&gt; avec ceux de Piazzolla, m&#234;me s'ils s'y r&#233;f&#232;rent explicitement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au-del&#224; de cette raison pratique, existe une autre raison (une raison pure ?) &#224; ma d&#233;marche : d'un point de vue politique et id&#233;ologique, l'existence m&#234;me d'une telle dichotomie entre culture populaire et culture savante me h&#233;risse, m'insupporte, me donne envie tour &#224; tour de fracasser des pare-brises &#224; coup de batte ou d'ouvrir la fen&#234;tre pour vomir dans la rue. Certes, l'industrie m&#233;diatique de masse est en faute, je l'ai d&#233;nonc&#233; &lt;a href='http://url.oumupo.org/page=recherche&amp;recherche=ringardisation'&gt;maintes fois&lt;/a&gt; dans ces pages. Mais le monde de la &#034;cr&#233;ation contemporaine&#034; soi-disant l&#233;gitim&#233;e n'est pas moins &#224; bl&#226;mer, qui s'est gargaris&#233; pendant plus d'un demi-si&#232;cle de son propre herm&#233;tisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mon langage habituel, celui que j'utilise dans mes propres &lt;a href='http://url.oumupo.org/Catalogue' class=&#034;spip_in&#034;&gt;partitions&lt;/a&gt;, est celui de la musique savante contemporaine (certes &lt;a href='http://url.oumupo.org/Ma-gentille-soupe' class=&#034;spip_in&#034;&gt;pas assez&lt;/a&gt; contemporain pour d'aucuns, mais c'est un autre probl&#232;me). Cela ne m'emp&#234;che pas d'&#234;tre int&#233;ress&#233; par les porosit&#233;s entre les langages : de m&#234;me qu'il n'existe aucune raison pour ne pas utiliser du subjonctif dans un SMS ou des gros mots dans un beau livre, ne pourrait-on pas rendre la musique soi-disant savante accessible &#224; chacun, et la musique dite populaire plus sophistiqu&#233;e qu'un pur produit de consommation &#224; court terme ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En conclusion de l'introduction&lt;/strong&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;Voil&#224; ce qui m'a conduit &#224; &#233;crire ce petit recueil de quelques th&#232;mes, en partant de standards de jazz connus mais en introduisant quelques particularit&#233;s peut-&#234;tre int&#233;ressantes : accords enrichis, modulations inattendues, progressions d'accords prises &#224; rebrousse-poil, renversements intervalliques de la m&#233;lodie&#8230; Je m'empresse d'ailleurs de pr&#233;ciser que je ne pr&#233;tends aucunement r&#233;inventer l'eau ti&#232;de, et que quelques jazz&#8901;wo&#8901;men font des choses musicalement tout aussi tordues depuis bien longtemps.&lt;/p&gt;
&lt;/bloc&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Sommaire&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Black Moon&lt;/strong&gt; (d'apr&#232;s &lt;em&gt;Blue Moon&lt;/em&gt;, 1934, Richard Rodgers &amp; Lorenz Hart)&lt;br class='manualbr' /&gt;Une &#171; lune bleue &#187; d&#233;signe une pleine lune qui arrive une deuxi&#232;me fois dans un m&#234;me mois (la p&#233;riode orbitale de la Lune autour de la Terre &#233;tant de 29,53 jours, donc un peu inf&#233;rieure &#224; un mois). &#192; l'inverse, une &#171; lune noire &#187; d&#233;signe une nouvelle lune qui arrive une deuxi&#232;me fois dans un m&#234;me mois : c'est-&#224;-dire que la lune pr&#233;sente sa face qui n'est pas &#233;clair&#233;e par le Soleil &#8212; au sens strict, elle n'est toutefois pas enti&#232;rement &#171; noire &#187;, car la Terre lui renvoie une faible lumi&#232;re dite &#171; cendr&#233;e &#187; (ce ph&#233;nom&#232;ne a &#233;t&#233; compris et d&#233;crit pour la premi&#232;re fois par Galil&#233;e). D'un point de vue harmonique, le d&#233;fi &#233;tait dans cette chanson de&#8230; &#171; faire tourner un Anatole &#224; l'envers &#187; (&#231;a ne s'invente pas).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Fly Me To The 71st Moon Of Jupiter&lt;/strong&gt; (d'apr&#232;s &lt;em&gt;Fly me to the Moon&lt;/em&gt;, 1954, Bart Howard)&lt;br class='manualbr' /&gt;La chanson &lt;em&gt;Fly me to the Moon&lt;/em&gt;, enregistr&#233;e notamment par Frank Sinatra (cet enregistrement accompagna m&#234;me les astronautes des missions Apollo 10 et 11), nous invite &#224; aller sur la lune, puis sur &#171; Jupiter and Mars &#187;&#8230; ce qui repr&#233;sente un trajet assez peu pratique (1230 millions de kilom&#232;tres au moins !). Au contraire, si nous cherchions &#224; aller vers Jupiter, il serait avantageux de passer d'abord pr&#232;s de Mars pour b&#233;n&#233;ficier de son champ gravitationnel pour nous propulser. Et d'ailleurs, des Lunes, Jupiter en a beaucoup : 69 connues &#224; l'heure actuelle, mais on en d&#233;couvre fr&#233;quemment de nouvelles (la t&#226;che &#233;tant rendue difficile par les orbites excentriques des satellites les plus irr&#233;guliers).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;strong&gt;How High The Satellite&lt;/strong&gt; (d'apr&#232;s &lt;em&gt;How high the Moon&lt;/em&gt;, 1940, Nancy Hamilton &amp; Morgan Lewis)&lt;br class='manualbr' /&gt;La chanson &lt;em&gt;How high the Moon&lt;/em&gt;, enregistr&#233;e entre autres par Ella Fitzgerald, est une m&#233;ditation sur l'infini, la musique et l'amour. Sa m&#233;lodie oscille entre majeur et mineur, et ses accords ont inspir&#233; d'innombrables musicien&#8901;ne&#8901;s, notamment John Coltrane qui en a propos&#233; sa propre version, intitul&#233;e &lt;em&gt;Satellite&lt;/em&gt; et devenue elle-m&#234;me un standard &#224; part enti&#232;re. Cette r&#233;&#233;criture combine des &#233;l&#233;ments th&#233;matiques de l'une (rigoureusement invers&#233;s) et des encha&#238;nements harmoniques de l'autre (l&#224; encore recombin&#233;s dans tous les sens). Et pour r&#233;pondre rapidement &#224; la question pos&#233;e par ce titre : la Lune orbite &#224; environ 380 000 kilom&#232;tres de la Terre, ce qui &#233;quivaut &#224; plus de dix fois l'altitude de nos satellites artificiels les plus &#233;loign&#233;s (en orbite g&#233;ostationnaire).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;strong&gt;It's Only A Gobo Moon&lt;/strong&gt; (d'apr&#232;s &lt;em&gt;It's only a paper moon&lt;/em&gt;, 1933, Harold Arlen)&lt;br class='manualbr' /&gt;Le terme &#171; gobo &#187; est utilis&#233; par les &#233;clairagistes pour &#233;voquer les formes d&#233;coup&#233;es dans un mat&#233;riau opaque, et projet&#233;es par une lampe munie d'une lentille. On en trouve de toutes les tailles, et pour toutes sortes de motifs&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Leonids Fell On America&lt;/strong&gt; (d'apr&#232;s &lt;em&gt;Stars fell on Alabama&lt;/em&gt;, 1934, Frank Perkins)&lt;br class='manualbr' /&gt;La chanson &lt;em&gt;Stars fell on Alabama&lt;/em&gt; est une romance innocente, dont le titre a &#233;t&#233; emprunt&#233; &#224; un livre qui &#233;voque des sujets plus s&#233;rieux (&#224; commencer par la s&#233;gr&#233;gation raciale). Ce titre se r&#233;f&#232;re, quant &#224; lui, &#224; la pluie d'&#233;toiles filantes qui se fit remarquer sur toute l'Am&#233;rique du Nord &#224; l'automne 1833. Des astronomes &#233;tudi&#232;rent ce ph&#233;nom&#232;ne de fa&#231;on rigoureuse, mais il fallut plusieurs d&#233;cennies pour comprendre qu'il &#233;tait en fait d&#251; au passage cyclique d'une com&#232;te. La pluie dite des &#171; L&#233;onides &#187; peut &#234;tre observ&#233;e chaque ann&#233;e &#224; l'automne mais elle est plus intense tous les 33 ans. Plus connues, les &#171; Pers&#233;ides &#187; peuvent &#234;tre observ&#233;es chaque &#233;t&#233; dans tout l'h&#233;misph&#232;re Nord.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Let My Black Hole Grow&lt;/strong&gt; (d'apr&#232;s &lt;em&gt;Let My People Go&lt;/em&gt; chant traditionnel r&#233;pertori&#233; pour la premi&#232;re fois pendant la Guerre de s&#233;cession)&lt;br class='manualbr' /&gt;Mon acolyte Nicolas Graner a eu l'id&#233;e d'&#233;crire des paroles sur ce &lt;em&gt;negro spiritual&lt;/em&gt; afin d'&#233;voquer les trous noirs et leurs caract&#233;ristiques physiques (c'est-&#224;-dire principalement gravitationelles). J'ai r&#233;&#233;crit la m&#233;lodie d'une fa&#231;on &#224; la fois tr&#232;s proche de l'original quoique subtilement plus compliqu&#233;e, et fid&#232;le &#224; l'esprit de ces chants traditionnels ; on peut notamment y trouver des traces de &lt;em&gt;Swing Low&lt;/em&gt;, qui date des ann&#233;es 1860 et dont l'auteur Wallace Willis &#233;tait lui-m&#234;me un esclave affranchi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;strong&gt;My Favorite Rings&lt;/strong&gt; (d'apr&#232;s &lt;em&gt;My Favorite Things&lt;/em&gt;, extrait de &lt;em&gt;The Sound of Music&lt;/em&gt;, 1959, Richard Rodgers &amp; Oscar Hammerstein)&lt;br class='manualbr' /&gt;Cette valse enlev&#233;e a &#233;t&#233; transform&#233;e en standard de jazz notamment par John Coltrane, qui en a laiss&#233; plusieurs enregistrements m&#233;morables. Elle est ici r&#233;&#233;crite enti&#232;rement avec des paroles &#233;voquant les anneaux dans le syst&#232;me solaire : c'est-&#224;-dire non seulement les quatre plan&#232;tes gazeuses, mais &#233;galement quelques syst&#232;mes d'anneaux que l'on commence tout juste &#224; d&#233;couvrir (notamment autour d'ast&#233;ro&#239;des et de plan&#233;to&#239;des tels que les Centaures).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Noisy Light Of Busy Stars&lt;/strong&gt; (d'apr&#232;s &lt;em&gt;Quiet nights of quiet stars&lt;/em&gt;, 1960, Ant&#244;nio Carlos Jobim)&lt;br class='manualbr' /&gt;La c&#233;l&#232;bre bossa &lt;em&gt;Corcovado&lt;/em&gt; d'Ant&#244;nio Carlos Jobim a &#233;t&#233; traduite en anglais par Gene Lees pour &#233;voquer le calme de la nuit et les &#233;toiles silencieuses&#8230; Or, la lumi&#232;re qui nous parvient des &#233;toiles n'est pas du tout fixe, mais elle est pleine de bruit ! Outre le scintillement li&#233; &#224; l'atmosph&#232;re terrestre, la lumi&#232;re d'une &#233;toile peut &#234;tre perturb&#233;e par des corps c&#233;lestes passant entre elle et nous (ou d&#233;formant sa trajectoire par leur champ gravitationnel) ; mesur&#233; soigneusement &#224; une &#233;chelle infime, ce ph&#233;nom&#232;ne a notamment permis de d&#233;duire l'existence de plan&#232;tes en orbite autour de certaines &#233;toiles&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Quinoccio&lt;/strong&gt; (d'apr&#232;s &lt;em&gt;Equinox&lt;/em&gt;, 1960, John Coltrane)&lt;br class='manualbr' /&gt;Si le standard de jazz &lt;em&gt;Equinox&lt;/em&gt; est d&#251; au grand saxophoniste John Coltrane, c'est &#224; sa femme Naima qu'on en doit le titre (l'&#233;quinoxe d'automne co&#239;ncidant avec l'anniversaire de Coltrane). C'est un th&#232;me minimal, sous forme de blues en mineur ; toutes les formules rythmiques ont ici &#233;t&#233; interverties, et le dessin m&#233;lodique s'appuie sur d'autres notes du mode tout en restant lointainement reconnaissable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Spin Slow&lt;/strong&gt; (d'apr&#232;s &lt;em&gt;Speak Slow&lt;/em&gt; extrait de &lt;em&gt;One Touch of Venus&lt;/em&gt;, 1943, Ogden Nash &amp; Kurt Weill)&lt;br class='manualbr' /&gt;Venus est l'objet c&#233;leste le plus visible depuis la Terre, apr&#232;s notre Lune. Elle a fait l'objet de multiple missions spatiales, en particulier sovi&#233;tiques, qui ont permis de constater son &#233;volution radicalement diff&#233;rente de celle de notre plan&#232;te, pourtant &#224; peine plus grosse : V&#233;nus est couverte d'une atmosph&#232;re de dioxyde de carbone et de nuages d'acide sulfurique, qui en cr&#233;ant un effet de serre tr&#232;s marqu&#233;, en font une plan&#232;te plus chaude que Mercure, qui est pourtant plus proche du Soleil. C'est &#233;galement la seule plan&#232;te &#224; tourner sur elle-m&#234;me dans le sens inverse de toutes les autres (peut-&#234;tre suite &#224; une collision), et ce tr&#232;s lentement ; toutefois l'existence de vents tr&#232;s puissants tout autour de la surface donne l'impression que son atmosph&#232;re tourne plus vite que la plan&#232;te elle-m&#234;me (on parle m&#234;me de &#034;super-rotation&#034;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Star System&lt;/strong&gt; (d'apr&#232;s &lt;em&gt;Star eyes&lt;/em&gt;, 1943, Gene de Paul &amp; Don Raye)&lt;br class='manualbr' /&gt;Au-del&#224; du sens que lui donnent les paparazzi, l'expression &#171; star system &#187; d&#233;signe des syst&#232;mes stellaires, c'est-&#224;-dire des ensembles de plusieurs &#233;toiles orbitant les unes autour des autres. Pour nous, habitants du syst&#232;me solaire &#224; une seule &#233;toile, il est d&#233;j&#224; difficile d'imaginer un syst&#232;me binaire ou ternaire (&#224; deux ou trois &#233;toiles, respectivement) ; or on a pu observer des syst&#232;mes quintuples voire sextuples, eux-m&#234;me compos&#233;s de syst&#232;mes binaires ou ternaires !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Stellar&lt;/strong&gt; (d'apr&#232;s &lt;em&gt;Solar&lt;/em&gt;, Miles Davis, 1954)&lt;br class='manualbr' /&gt;Le th&#232;me &lt;em&gt;Solar&lt;/em&gt; est l'un de ces standards m&#233;morables qui renouvel&#232;rent &#224; eux seuls le langage du blues et du jazz. Il est ici r&#233;&#233;crit en proc&#233;dant par renversement des intervalles de d&#233;part, ce qui conduit &#224; des encha&#238;nements harmoniques plus &#233;tonnants&#8230; voire acrobatiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Stellarium By Starlight&lt;/strong&gt; (d'apr&#232;s &lt;em&gt;Stella by starlight&lt;/em&gt;, 1944, Victor Young)&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;em&gt;Stella by starlight&lt;/em&gt; est l'un des th&#232;mes les plus c&#233;l&#232;bres et expressifs de l'histoire du jazz ; il a &#233;t&#233; interpr&#233;t&#233; et r&#233;invent&#233; par des centaines de musiciens parmi les plus grands. La m&#233;lodie qui l'&#233;voque ici passe par des modulations sophistiqu&#233;es et inattendues&#8230; et il est &#233;videmment possible, comme pour l'original, de la transformer de diverses fa&#231;ons. &#171; Stellarium &#187; est un terme latin qui d&#233;signe une carte des astres (et pourrait d'ailleurs d&#233;crire plus pertinemment ce que nous nommons plan&#233;tarium) ; c'est aussi le nom de &lt;a href=&#034;http://stellarium.org/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;l'un des deux&lt;/a&gt; magnifiques logiciels libres (le second &#233;tant &lt;a href=&#034;https://celestia.space&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Celestia&lt;/a&gt;) qui permettent de d&#233;couvrir les corps c&#233;lestes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Stormy Weather On Jupiter&lt;/strong&gt; (d'apr&#232;s &lt;em&gt;Stormy Weather&lt;/em&gt;, 1933, Harold Arlen &amp; Ted Koehler)&lt;br class='manualbr' /&gt;Davantage que la plupart des autres th&#232;mes pr&#233;sent&#233;s ici, il s'agit d'un pastiche revendiqu&#233;. Peu d'objets dans le syst&#232;me solaire m&#233;ritent autant d'&#234;tre qualifi&#233;s de &#171; stormy weather &#187; (temps temp&#233;tueux) que la grande tache rouge de Jupiter. Sa composition chimique est encore mal connue &#224; ce jour, m&#234;me si plusieurs hypoth&#232;ses pourraient expliquer sa couleur si reconnaissable. Nous savons cependant qu'il s'agit d'un gigantesque cyclone, qui est observ&#233; depuis plus de 350 ans et semble d'ailleurs diminuer peu &#224; peu. Jupiter est class&#233; comme une plan&#232;te g&#233;ante gazeuse, et porte bien cette qualification puisque son diam&#232;tre est un dizi&#232;me de celui du Soleil, mais 10 fois celui de la Terre (et c'est par 1000 qu'il faut multiplier ou diviser si l'on compare le volume plut&#244;t que le diam&#232;tre) !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Twin Devil Moons&lt;/strong&gt; (d'apr&#232;s &lt;em&gt;Old devil moon&lt;/em&gt;, 1947, Burton Lane &amp; Yip Harburg)&lt;br class='manualbr' /&gt;Dans l'&lt;em&gt;Iliade&lt;/em&gt;, le dieu Mars (dieu de la guerre) invoque ses deux fils, Phobos et Deimos (la peur et la terreur). Il &#233;tait donc assez logique de baptiser ainsi les deux lunes de la plan&#232;te Mars lorsqu'elles furent d&#233;couvertes &#224; la fin du XIXe si&#232;cle. L'affaire connait cependant un prologue pittoresque lorsque, deux si&#232;cles et demi plus t&#244;t, l'astronome Johannes Kepler tombe sur une &#233;nigmatique inscription de son coll&#232;gue Galil&#233;e (qui, pour des raisons de confidentialit&#233;, pratiquait assidument les anagrammes) : &lt;em&gt;smaismrmilmepoetaleumibunenugttauiras&lt;/em&gt; &#8212; Kepler pense que Galil&#233;e indique ici avoir observ&#233; deux satellites de Mars&#8230; alors que ce dernier parlait en fait de ce que nous savons aujourd'hui &#234;tre les anneaux de Saturne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Wintertime&lt;/strong&gt; (d'apr&#232;s &lt;em&gt;Summertime&lt;/em&gt;, 1934, George Gershwin &amp; DuBose Heyward)&lt;br class='manualbr' /&gt;L'hiver et l'&#233;t&#233; trouvent leur explication dans l'inclinaison de l'axe de rotation de la Terre par rapport au plan de l'&#233;cliptique. Cette chanson &lt;em&gt;Wintertime&lt;/em&gt; est en fait extraite de la com&#233;die musicale &lt;em&gt;Harmoniques&lt;/em&gt; (musique de Valentin Villenave sur un texte de Nicolas Graner) ; non seulement les paroles sont &#233;crites en utilisant seulement deux voyelles, mais les intervalles de la m&#233;lodie suivent ces voyelles de fa&#231;on oblig&#233;e (monter ou descendre d'une quinte &#224; chaque changement de voyelle, et uniquement des mouvements conjoints quand la voyelle ne change pas). La difficult&#233; &#233;tait d'&#233;voquer le blues de Gershwin malgr&#233; ces contraintes d'&#233;criture !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;strong&gt;The Yearly Sun&lt;/strong&gt; (d'apr&#232;s &lt;em&gt;The Midnight sun&lt;/em&gt;, 1947, Lionel Hampton &amp; Sonny Burke)&lt;br class='manualbr' /&gt;Passer un week-end sur Mercure (au-del&#224; d'un petit probl&#232;me de temp&#233;rature : il y fait -173&#176;C la nuit, 430&#176;C le jour) est moins simple qu'il n'y para&#238;t. Le mouvement de cette petite plan&#232;te (grande comme une fois et demie notre Lune, quoique cinq fois plus lourde) pr&#233;sente en effet une particularit&#233; int&#233;ressante : il lui faut exactement autant de temps pour tourner trois fois sur elle-m&#234;me, que pour faire deux fois le tour du soleil &#8212; par cons&#233;quent, vous ne verriez le soleil se lever qu'une fois tous les deux ans !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Yet Another Star&lt;/strong&gt; (d'apr&#232;s &lt;em&gt;Another Star&lt;/em&gt;, 1976, Stevie Wonder)&lt;br class='manualbr' /&gt;Lorsque para&#238;t la chanson &lt;em&gt;Another star&lt;/em&gt;, Stevie Wonder a 26 ans mais d&#233;j&#224; 18 albums &#224; son actif. Cette chanson s'inspire de son &lt;em&gt;riff&lt;/em&gt; de basse entra&#238;nant, en rempla&#231;ant la succession harmonique d'origine par un encha&#238;nement chromatique plus complexe&#8230; mais, esp&#233;rons-le, tout aussi &lt;em&gt;groovy&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Zenith Of The Sun (Or Nadir Of The Moon ?)&lt;/strong&gt; (d'apr&#232;s &lt;em&gt;East of the Sun (and West of the Moon)&lt;/em&gt;, 1934, Brooks Bowman)&lt;br class='manualbr' /&gt;La chanson &lt;em&gt;East of the Sun (and West of the Moon)&lt;/em&gt; doit son titre &#224; un conte norv&#233;gien, ce qui ne nous renseigne gu&#232;re sur l'emplacement ainsi d&#233;sign&#233; (d'ailleurs, peut-on vraiment parler d'Est et Ouest dans l'espace ?). On pourrait plut&#244;t parler, par exemple, de Z&#233;nith et de Nadir, ce qui n'a sans doute pas beaucoup plus de pertinence mais nous permet d'utiliser ces deux beaux termes arabes peu usit&#233;s (pour quelqu'un qui se tiendrait debout sur une plan&#232;te, le z&#233;nith est l'axe directement au-dessus de lui alors que le nadir est la direction oppos&#233;e, qui part sous ses pieds). Si nous voulions que le soleil soit &#224; notre Z&#233;nith, il faudrait nous trouver sur Terre pr&#232;s de l'&#233;quateur &#224; midi&#8230; et pour que la Lune soit au nadir au m&#234;me moment, il faudrait qu'il y ait en m&#234;me temps une &#233;clipse de lune observable par les terriens aux antipodes ! La ligne m&#233;lodique &#233;voque ici la chanson d'origine, mais l'harmonie lui donne un &#233;clairage compl&#232;tement diff&#233;rent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autres th&#232;mes &#224; visiter &#233;ventuellement :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Stardust [c'est aussi le nom d'une tr&#232;s belle mission de retour d'&#233;chantillon de com&#232;te en 2006, la seule mission spatiale au-del&#224; de la Lune &#224; &#234;tre revenue jusqu'&#224; nous]
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Moon dreams
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Moon song
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Moonlight serenade
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; No moon at all
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Oh you crazy moon
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Night and day [une occasion de comparer le jour solaire et le jour sid&#233;ral ?]
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; What a little moonlight can do
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Reaching for the moon
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; It was written in the stars
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Moonlight becomes you
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Olha pro C&#233;u (Look at the sky)
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Orbits (Wayne Shorter-Miles Davis)
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; The world is waiting for the sunrise
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Lost in the stars (Kurt Weill) [ce titre r&#233;sume la situation des sondes Voyager 1 et 2, qui ont atteint la limite entre le syst&#232;me solaire et l'espace interstellaire]
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; When the sun comes out
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; When you wish upon a star
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Merci &#224; &lt;a href=&#034;http://graner.net/nicolas/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Nicolas Graner&lt;/a&gt; pour avoir bien voulu relire et corriger ces explications astronomiques !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;V.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>A generic impromptu</title>
		<link>http://url.oumupo.org/Un-impromptu-generique</link>
		<guid isPermaLink="true">http://url.oumupo.org/Un-impromptu-generique</guid>
		<dc:date>2018-04-19T08:41:28Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Valentin Villenave</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;Cette br&#232;ve partition pour clavecin seul a &#233;t&#233; &#233;crite en 2015 pour servir de g&#233;n&#233;rique &#224; un podcast de vulgarisation scientifique.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://url.oumupo.org/-Pieces-instrumentales-" rel="directory"&gt;Pi&#232;ces instrumentales&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Cette br&#232;ve partition pour clavecin seul a &#233;t&#233; &#233;crite en 2015 pour servir de g&#233;n&#233;rique &#224; un podcast de vulgarisation scientifique.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Voici une petite pi&#232;ce que je n'avais pas pr&#233;vu de publier en tant que telle, mais apr&#232;s l'avoir laiss&#233;e dans un coin pendant quelques ann&#233;es j'en suis venu &#224; craindre d'oublier son existence m&#234;me. Vous trouverez ici la partition (le code source &lt;a href=&#034;http://lilypond.org/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;LilyPond&lt;/a&gt; est inclus dans le fichier PDF), pr&#233;c&#233;d&#233;e d'un enregistrement interpr&#233;t&#233; au clavecin par Richard Siegel et moi-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;&lt;audio controls&gt;
&lt;source src=&#034;IMG/flac/generic_impromptu.ogg&#034;&gt;
&lt;source src=&#034;IMG/flac/generic_impromptu.flac&#034;&gt;
&lt;source src=&#034;IMG/mp3/generic_impromptu.mp3&#034;&gt;
&lt;/audio&gt;&lt;/center&gt;&lt;hr class=&#034;clear&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;tt&gt;&lt;pdf903&gt;&lt;/tt&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;clear&#034;&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Historique et description&lt;/h2&gt;&lt;bloc&gt;
&lt;center&gt;[Cliquez pour d&#233;plier.]&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;J'ai d&#233;j&#224; eu l'&lt;a href='http://url.oumupo.org/Improvisation-sur-le-nom-de-Nicolas-Graner' class=&#034;spip_in&#034;&gt;occasion&lt;/a&gt; de pr&#233;senter ici mon ami &lt;a href=&#034;http://graner.net/nicolas/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Nicolas Graner&lt;/a&gt;, membre &#233;minent de la &lt;a href=&#034;http://www.oulipotes.net/liste/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;liste Oulipo&lt;/a&gt; depuis 1996 et qui a particip&#233; ces derni&#232;res ann&#233;es aux &#233;v&#233;nements que je propose avec l'&lt;a href=&#034;http://oumupo.org&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Oumupo&lt;/a&gt; au Palais de la d&#233;couverte. (Nicolas et moi avons &#233;galement &#233;crit ensemble une com&#233;die musicale, mais &#231;a je vous en reparlerai une autre fois.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la vie, Nicolas travaille &#224; la Facult&#233; des Sciences de l'universit&#233; d'Orsay, o&#249; il anime &#224; lui (presque) tout seul un &lt;a href=&#034;http://www.cvc.u-psud.fr/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;service de vulgarisation&lt;/a&gt; proposant des conf&#233;rences, expositions et publications en ligne &#8212; notamment un podcast audio. Et &#224; ce titre qu'il m'a demand&#233;, &#224; l'automne 2015, si je n'aurais pas une id&#233;e de musique pouvant lui servir de g&#233;n&#233;rique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est l&#224; le genre de requ&#234;te que j'ai tendance &#224; fuir d'ordinaire : en effet, je ne pratique pas le &lt;a href='http://url.oumupo.org/Du-son-en-boite' class=&#034;spip_in&#034;&gt;son en bo&#238;te&lt;/a&gt;. Ma comp&#233;tence se borne &#224; jouer des partitions, et parfois &#224; en &#233;crire (les premi&#232;res &#233;tant de pr&#233;f&#233;rence distinctes des secondes) ; en d'autres termes je ne c&#244;toie &#8212; officiellement &#8212; la musique que sous forme &#233;crite. Alors certes, j'aurais pu dans le cas pr&#233;sent 1/ &#233;crire une partition, puis 2/ la jouer au piano et 3/ l'enregistrer ; il n'y a que l'&#233;tape 3 pour laquelle je me d&#233;clare formellement incomp&#233;tent, mais il m'est &lt;a href='http://url.oumupo.org/Variations-sensees' class=&#034;spip_in&#034;&gt;arriv&#233;&lt;/a&gt; de faire comme si.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, s'agissant d'un motif musical introductif (ou &lt;i&gt;jingle&lt;/i&gt; en bon fran&#231;ais), la sp&#233;cificit&#233; du timbre est au moins aussi importante que celle du contour m&#233;lodique ; en d'autres termes, quelque chose d'un peu plus inattendu que le piano aurait &#233;t&#233; souhaitable. Mon premier r&#233;flexe, dans ce genre de situation, est d'utiliser le &lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Marimba&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;marimba&lt;/a&gt;, un instrument magnifique permettant toutes sortes d'&#233;critures. Oui sauf que, c'est une tellement bonne id&#233;e que je suis loin d'&#234;tre le premier &#224; l'avoir : depuis une quarantaine d'ann&#233;es, le marimba est devenu le signe par excellence de l'alibi exotique-moderniste, pour n'&#234;tre plus aujourd'hui que celui de la paresse intellectuelle des &lt;i&gt;Sound Designers&lt;/i&gt; De Tous Poils (SDDTP).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une hypoth&#232;se un peu plus courageuse aurait &#233;t&#233; d'utiliser un instrument authentiquement pass&#233; de mode. Or, j'avais r&#233;dig&#233; l'ann&#233;e pr&#233;c&#233;dente une &lt;a href='http://url.oumupo.org/Sweet-suite' class=&#034;spip_in&#034;&gt;suite de pi&#232;ces&lt;/a&gt; pour clavecin seul, &#224; l'intention du claveciniste &#233;m&#233;rite &lt;a href=&#034;http://www.valmalete.com/seeartist.php?modif=26&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Richard Siegel&lt;/a&gt; ; m&#234;me si ledit Richard n'avait pas eu l'air particuli&#232;rement enthousiasm&#233; par ma partition, nous avions sympathis&#233; autour d'un autre sujet : notre go&#251;t commun pour ce qui est de bidouiller des ordinateurs. (Et pour les &lt;a href='http://url.oumupo.org/Chopin-tomate-oignon' class=&#034;spip_in&#034;&gt;kebabs&lt;/a&gt; et les jeux vid&#233;os, mais on ne se connaissait pas encore si bien que cela &#224; l'&#233;poque.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si j'&lt;u&gt;&#233;tais&lt;/u&gt; un &lt;i&gt;SDDTP&lt;/i&gt;, je pourrais ici r&#233;diger tout un baratin pour expliquer combien le choix du clavecin pour un podcast scientifique est &#224; la fois une audacieuse trouvaille et une ad&#233;quation &#233;vidente ; combien le choc cognitif r&#233;sultant de la confrontation entre un instrument ancien et une &#233;criture contemporaine est &#224; l'image de la science elle-m&#234;me, faite de lien avec le pass&#233; et de disruptions innovantes blablablabla, blablabla, blabla. Disons que c'est chose faite et passons &#224; la suite ; la seule v&#233;rit&#233; &#233;tant &#233;videmment que j'avais tout simplement envie de faire enfin jouer un peu de clavecin &#224; Richard Siegel (ma tentative pr&#233;c&#233;dente en la mati&#232;re ne s'&#233;tant gu&#232;re av&#233;r&#233;e fructueuse).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un jour o&#249; j'allais rendre visite &#224; Richard autour d'une question de carte m&#232;re ou de p&#226;te thermique, je r&#233;digeai en chemin une br&#232;ve s&#233;quence, sur un rythme dansant (fait de m&#233;lange ternaire/binaire, troch&#233;e/pyrrhique, de valeurs ajout&#233;es, d&#233;crivez-le comme vous voudrez) et &#224; base de quintes &#8212; et, plus discr&#232;tement, d'intervalles de couleur majeure : tierce majeure, septi&#232;me majeure, sixte majeure. (L&#224; encore, un SDDTP pourrait d&#233;velopper une bonne page de &lt;i&gt;bullshit&lt;/i&gt; entrepreneurial-communicationnel pour expliquer combien ce motif r&#233;jouissant symbolise la joie de la connaissance, mais aussi combien les quintes repr&#233;sentent la logique in&#233;branlable de la d&#233;marche scientifique, blablabla.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette &#233;criture tend &#224; sonner plut&#244;t bien au clavecin ; je l'avais d&#233;j&#224; utilis&#233;e dans quelques-unes de mes pi&#232;ces mentionn&#233;es plus haut, mais on la trouve &#233;videmment bien avant moi, par exemple dans des partitions de Ligeti (je pense ici moins &#224; &lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/results?search_query=&#034;hungarian+rock&#034;+ligeti&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Hungarian Rock&lt;/i&gt;&lt;/a&gt; qu'&#224; l'&#233;tude &lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/results?search_query=%22fem%22+ligeti&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;F&#233;m&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, que je jouais autrefois par c&#339;ur). Enfin, je d&#233;coupai cette br&#232;ve partition en plusieurs phrases, en me disant que les titres et annonces du podcast pourraient &#234;tre ins&#233;r&#233;es entre les s&#233;quences m&#233;lodiques.&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;&lt;audio controls&gt;
&lt;source src=&#034;IMG/flac/jingle.flac&#034;&gt;
&lt;source src=&#034;IMG/mp3/jingle.mp3&#034;&gt;
&lt;/audio&gt;&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;&lt;tt&gt;&lt;pdf902&gt;&lt;/tt&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Richard enregistra la piste sur son clavecin &#224; plumes de vautour, et je l'envoyai illico &#224; mon &#034;commanditaire&#034; Nicolas Graner. H&#233;las, ce dernier m'expliqua que son projet &#233;tait plut&#244;t de parler &lt;i&gt;sur&lt;/i&gt; la musique, en faisant peu &#224; peu baisser le volume du fond sonore (ou, pour le dire en bon fran&#231;ais, &lt;i&gt;fade out&lt;/i&gt;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela posait deux nouveaux probl&#232;mes : tout d'abord, il allait falloir davantage de musique (voire de la musique qui puisse &#234;tre r&#233;p&#233;t&#233;e en boucle, pour s'adapter &#224; la longueur n&#233;cessaire). L'autre probl&#232;me est que le clavecin est un instrument &#224; la sonorit&#233; tr&#232;s pr&#233;gnante, o&#249; les attaques de chaque note et accord s'entendent et se remarquent (et risquent donc de distraire l'attention si l'on ajoute du texte parl&#233;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'&#233;crivis donc une partition plus longue, toujours en partant du motif que j'avais initialement r&#233;dig&#233;, mais en le r&#233;servant pour la fin, et en annon&#231;ant tous ses &#233;l&#233;ments au pr&#233;alable. Apr&#232;s un d&#233;but dans l'aigu qui sert &#8212; tout comme avant &#8212; &#224; saisir l'attention de l'auditeur (en tr&#232;s bon fran&#231;ais, la &lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Captatio_benevolentiae&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;captatio benevolentiae&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;), la musique descend d&#232;s que possible dans le grave de l'instrument et s'y maintient pendant un long moment (ce qui permet d'obtenir une texture sonore plus ad&#233;quate &#224; servir de fond sonore &#224; de la voix parl&#233;e).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me si l'&#233;criture est ici tr&#232;s libre (et r&#233;dig&#233;e, pour tout avouer, d'un seul premier jet), j'utilise quand m&#234;me quelques structures un tant soit peu rigoureuses : par exemple dans le d&#233;coupage rythmique :&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;precode&#034;&gt;&lt;pre class='spip_code spip_code_block' dir='ltr' style='text-align:left;'&gt;&lt;code&gt;3 3 3 3 (2 mesures &#224; 6/8) 2 3 3 2 (2 mesures &#224; 5/8) etc.&lt;/code&gt;&lt;/pre&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Rien de tr&#232;s remarquable, en tout cas. L&#224; encore, je me sers du cycle des quintes pour parvenir &#224; des superpositions harmoniques de plus en plus complexes et quelque peu &#034;dissonantes&#034; ; cependant les notes graves du clavecin sont ici assez indistinctes. (Et trahissent peut-&#234;tre le fait que c'est un pianiste et non un claveciniste qui a &#233;crit la partition&#8230;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rien ne me poussait &#224; donner un titre &#224; cette partition purement utilitaire ; je l'intitulai &lt;i&gt;A generic impromptu&lt;/i&gt; (&#034;un impromptu g&#233;n&#233;rique&#034;) pour faire un (petit) jeu de mots, puisqu'elle n'a pas grand-chose de distinctif&#8230; et qu'elle doit servir de g&#233;n&#233;rique. Le jeu de mots fonctionne un peu mieux en anglais, o&#249; l'on adore utiliser des mots tels que &lt;i&gt;generic&lt;/i&gt; ou &lt;i&gt;basic&lt;/i&gt; pour se moquer des gens ou des id&#233;es un peu conventionnelles. Quant au terme d'&lt;i&gt;impromptu&lt;/i&gt;, il me sert &#224; reconna&#238;tre et excuser l'&#233;criture tr&#232;s libre et informelle de la partition (contrairement &#224; mes travaux habituels, extr&#234;mement formalistes et contraints), r&#233;dig&#233;e ici au fil de la plume comme une improvisation sur le papier &#8212; ou plut&#244;t en l'occurrence, dans le code LilyPond. Plut&#244;t qu'&#224; l'expressivit&#233; des impromptus de Chopin, Sibelius ou Poulenc, je pense ici &#224; la l&#233;g&#232;ret&#233; de &lt;i&gt;L'Impromptu de Versailles&lt;/i&gt; de Moli&#232;re, qui m'a marqu&#233; quand j'&#233;tais petit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bref, j'apportai cette nouvelle version &#224; Richard&#8230; lequel me d&#233;clara tout bonnement qu'il avait la flemme de l'apprendre lui-m&#234;me pour la jouer correctement ; il me proposa donc de l'enregistrer avec lui. La version que je pr&#233;sente ici a donc &#233;t&#233; enregistr&#233;e par un duo de clavi&#233;ristes, &#224; une main chacun (si mes souvenirs sont bons, votre serviteur est la main droite).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme quoi.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/bloc&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bonne lecture et bonne &#233;coute !&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;i&gt;Valentin.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;clearfix&#034;&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Note d'intention</title>
		<link>http://url.oumupo.org/Note-d-intention,256</link>
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		<dc:date>2017-04-27T12:55:43Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Valentin Villenave</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;Voici une br&#232;ve note d'intention que j'ai r&#233;dig&#233;e pour pr&#233;senter en quelques mots la partition que j'ai &#233;crite pour les &#171; Musicien(ne)s en herbe &#187; 2017.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://url.oumupo.org/-Yonne-2017-" rel="directory"&gt;Yonne, 2017&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Voici une br&#232;ve note d'intention que j'ai r&#233;dig&#233;e pour pr&#233;senter en quelques mots la partition que j'ai &#233;crite pour les &#171; Musicien(ne)s en herbe &#187; 2017.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Lorsque Claude Lherminier m'a propos&#233;, fin 2016, d'&#233;crire une partition sur le th&#232;me de la chanson &lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Cadet_Rousselle_(chanson)&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Cadet Rousselle&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, j'ai tout de suite pens&#233; au compositeur &lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Albert_Roussel&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Albert Roussel&lt;/a&gt; (1869-1937), ainsi qu'&#224; l'&#233;crivain &lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Raymond_Roussel&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Raymond Roussel&lt;/a&gt; (1877-1933). Ces deux personnages historiques, qui ne se sont jamais c&#244;toy&#233;s malgr&#233; leur homonymie fortuite, partageaient pourtant une passion envers les math&#233;matiques et la logique. Il faut leur ajouter un troisi&#232;me Roussel, moins connu mais tout aussi essentiel dans ce m&#234;me domaine : &lt;a href=&#034;http://lepetitarchimede.fr/roussel/biographie.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Yves Roussel&lt;/a&gt; (1938-2009), fondateur du &lt;i&gt;Petit Archim&#232;de&lt;/i&gt;, une revue de math&#233;matique destin&#233;e au jeune public qui a ouvert la voie &#224; plusieurs g&#233;n&#233;rations de passionn&#233;s et de presse vulgarisatrice, de &lt;a href=&#034;http://www.pourlascience.fr/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Pour la Science&lt;/i&gt;&lt;/a&gt; &#224; &lt;a href=&#034;http://tangente-mag.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Tangentes&lt;/i&gt;&lt;/a&gt; en passant par &lt;a href=&#034;https://junior.science-et-vie.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Science&amp;Vie Junior&lt;/i&gt;&lt;/a&gt; et le &lt;a href=&#034;http://www.mathkang.org/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Kangourou des math&#233;matiques&lt;/i&gt;&lt;/a&gt; ; tout un univers dans lequel j'ai moi-m&#234;me grandi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Impossible d'ignorer autant de co&#239;ncidences : je d&#233;cidai donc que cette partition sur l'air de &lt;i&gt;Cadet Rousselle&lt;/i&gt;, serait aussi une partition math&#233;matique. Elle est ainsi d&#233;coup&#233;e en trois mouvements, qui correspondent chacun aux trois segments de la chanson de d&#233;part et d&#233;ploient chacun diff&#233;rents proc&#233;d&#233;s d'&#233;criture sous contrainte :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Le premier mouvement est enti&#232;rement construit &#224; partir de certaines &lt;strong&gt;d&#233;cimales du nombre &#960;&lt;/strong&gt;, converties en notes au moyen de diff&#233;rentes strat&#233;gies (quantit&#233; de notes, degr&#233;s,&#8230;). On reconna&#238;tra sans mal les premi&#232;res d&#233;cimales bien connues (en base 10) : 3, 1, 4, 1, 5, etc. ; cependant il m'a aussi fallu aller un peu plus loin pour trouver dans ces d&#233;cimales (plusieurs milliards de chiffres apr&#232;s la virgule) les s&#233;quences exactes qui reproduisent la m&#233;lodie de &lt;i&gt;Cadet Rousselle&lt;/i&gt; ! Des parties facultatives, pour les instrumentistes plus avanc&#233;(e)s, donnent &#233;galement &#224; entendre le contexte dans lequel ces s&#233;quences apparaissent (c'est-&#224;-dire les chiffres-notes qui les pr&#233;c&#232;dent et les suivent).
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Le deuxi&#232;me mouvement est un &lt;a href=&#034;http://oumupo.org/wiki/Palindrome&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt;palindrome&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt; rigoureux : toutes les notes (hauteurs, rythmes et nuances) de la premi&#232;re moiti&#233; de la partition sont donn&#233;es &#224; nouveau, en sens inverse, pour en former la deuxi&#232;me moiti&#233; (le silence du milieu tenant lieu d'axe de sym&#233;trie). Ce mouvement est construit sur la deuxi&#232;me phrase de &lt;i&gt;Cadet Rousselle&lt;/i&gt;, r&#233;harmonis&#233;e d'une fa&#231;on peu habituelle ; en tendant l'oreille l'on pourra &#233;galement reconna&#238;tre un air associ&#233; &#224; la chanson de &lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Jean_de_Nivelle#Chansons_populaires&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Jehan de Nivelle&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, l'anc&#234;tre de Cadet Rousselle dont on retrouve la trace jusqu'au XV&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle.
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Le troisi&#232;me mouvement s'int&#233;resse &#224; un objet math&#233;matique exotique et intrigant : le syst&#232;me de &lt;strong&gt;num&#233;ration phinaire&lt;/strong&gt;, c'est-&#224;-dire la &lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Base_d%27or&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;base&lt;/a&gt; construite &#224; partir du nombre &#966; (le nombre d'or). Cette base fut d&#233;crite et explor&#233;e pour la premi&#232;re fois dans les ann&#233;es 1950 par un &lt;a href=&#034;https://en.wikipedia.org/wiki/George_Bergman&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;jeune math&#233;maticien&lt;/a&gt; (&#226;g&#233; de 12 ans &#224; l'&#233;poque !). Gr&#226;ce &#224; cette base, il proposa notamment une mani&#232;re in&#233;dite d'&#233;crire le nombre &#960;, avec des 1 entrecoup&#233;s de un ou plusieurs 0, ce dont je me sers ici pour &#233;voquer les &#034;&#233;clats de rire&#034; &#224; la fin de la chanson &lt;i&gt;Cadet Rousselle&lt;/i&gt;. Cette succession irr&#233;guli&#232;re donne lieu &#224; diverses superpositions rythmiques, avant de s'installer progressivement dans un mouvement ternaire pour finir par un dernier petit gag.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'esp&#232;re ainsi avoir pu faire de cette partition un objet ludique et pr&#234;tant &#224; r&#233;fl&#233;chir, une sorte de jeu de piste musical et math&#233;matique offrant &#224; ses jeunes interpr&#232;tes (ou, pourquoi pas, moins jeunes) plusieurs niveaux de lecture&#8230;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Variations sens&#233;es</title>
		<link>http://url.oumupo.org/Variations-sensees</link>
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		<dc:date>2017-03-25T09:31:41Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Valentin Villenave</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;Ces 33 miniatures pour piano (suivant des contraintes d'&#233;criture assez lourdes) ont &#233;t&#233; r&#233;dig&#233;es pour une pr&#233;sentation de l'&lt;a href=&#034;http://oumupo.org&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Oumupo&lt;/a&gt; au printemps 2014.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://url.oumupo.org/-Pieces-instrumentales-" rel="directory"&gt;Pi&#232;ces instrumentales&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Ces 33 miniatures pour piano (suivant des contraintes d'&#233;criture assez lourdes) ont &#233;t&#233; r&#233;dig&#233;es pour une pr&#233;sentation de l'&lt;a href=&#034;http://oumupo.org&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Oumupo&lt;/a&gt; au printemps 2014.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Cette br&#232;ve partition pour piano (qui, autant le dire tr&#232;s clairement, fait sans doute partie des choses les moins int&#233;ressantes que j'aie publi&#233;es ici) tente de relever un d&#233;fi : l'exploration de contraintes extr&#234;mement difficiles, tout en t&#226;chant d'y insuffler un minimum d'expressivit&#233; et de sens. &#201;crite au printemps 2014 pour une pr&#233;sentation de mon collectif l'Oumupo, elle a finalement &#233;t&#233; supprim&#233;e faute de temps et n'a donc jamais &#233;t&#233; jou&#233;e en public.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voici la partition, avec son code source LilyPond inclus :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;tt&gt;&lt;pdf899&gt;&lt;/tt&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_899 spip_document spip_documents spip_document_file spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;72&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href='http://url.oumupo.org/IMG/pdf/variations_33.pdf' class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='PDF - 166.5 kio' type=&#034;application/pdf&#034;&gt;&lt;img src='http://url.oumupo.org/local/cache-vignettes/L64xH64/pdf-e9ff2.svg?1772294780' width='64' height='64' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Variations sens&#233;es, pour piano
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;Licence Art Libre &#169; V. Villenave, 2014.
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#192; la demande de mon estimable acolyte &lt;a href=&#034;http://www.gef.free.fr/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Gilles Esposito-Far&#232;se&lt;/a&gt;, j'ai bricol&#233; un enregistrement de cette partition ; le voici :&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;&lt;audio src=&#034;http://valentin.villenave.net/IMG/ogg/variations_33.ogg&#034; controls autobuffer&gt;&lt;div class=&#034;spip_document_900 spip_document spip_documents spip_document_audio spip_document_avec_legende player&#034; data-legende-len=&#034;83&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;div class=&#034;audio-wrapper&#034; style='width:400px;max-width:100%;'&gt; &lt;audio class=&#034;mejs mejs-900&#034; data-id=&#034;773d3562&#034; preload=&#034;none&#034;&gt; &lt;source type=&#034;audio/ogg&#034; src=&#034;IMG/ogg/variations_33.ogg&#034; /&gt; &lt;/audio&gt; &lt;/div&gt; &lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Variations sens&#233;es, pour piano
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;Enregistr&#233;es en avril 2017 (sur un piano fatigu&#233;).
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt; &lt;div class=&#034;base64javascript173381635969d13cfa13a597.26806377&#034; title=&#034;PHNjcmlwdCB0eXBlPSJtb2R1bGUiPgoKCQoJaW1wb3J0ICAnLy91cmwub3VtdXBvLm9yZy9wbHVnaW5zLWRpc3Qvc3BpcC9tZWRpYXMvbGliL21lanMvbWVkaWFlbGVtZW50LWFuZC1wbGF5ZXIubWluLmpzPzE3NzA4ODQwMDInOwoKCWltcG9ydCB7YWRkQ1NTfSBmcm9tICJhamF4Q2FsbGJhY2suanMiOwoJYWRkQ1NTKCdAaW1wb3J0IHVybCgibG9jYWwvY2FjaGUtY3NzL21lZGlhZWxlbWVudHBsYXllci5taW4tdXJsYWJzLWM3OTAtdXJsYWJzLWM3OTAuY3NzPzE3NzIyOTUzMzciKTsnLCdtZWpzJyk7CgoKCglpbXBvcnQgJy8vdXJsLm91bXVwby5vcmcvcGx1Z2lucy1kaXN0L3NwaXAvbWVkaWFzL2xpYi9tZWpzL2xhbmcvZnIuanM/MTc3MDg4NDAwMic7CglpZiAobWVqcy5pMThuLmxhbmcgIT09ICJmciIpIHsKCQltZWpzLmkxOG4ubGFuZ3VhZ2UoJ2ZyJyk7Cgl9CgoKCWNvbnN0IGF1ZGlvID0gbmV3IE1lZGlhRWxlbWVudFBsYXllcihkb2N1bWVudC5xdWVyeVNlbGVjdG9yKCdhdWRpb1tkYXRhLWlkPSI3NzNkMzU2MiJdJyksIHsKCQlpY29uU3ByaXRlOiAnaHR0cDovL3VybC5vdW11cG8ub3JnL3BsdWdpbnMtZGlzdC9zcGlwL21lZGlhcy9saWIvbWVqcy9tZWpzLWNvbnRyb2xzLnN2ZycsCgkJLypmZWF0dXJlczpbXSwqLwoJfSk7Cgo8L3NjcmlwdD4=&#034;&gt;&lt;/div&gt;&lt;/audio&gt;
&lt;/center&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Historique &amp; description&lt;/h2&gt;&lt;bloc&gt;
&lt;center&gt;[Cliquez pour d&#233;plier.]&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Chapitre 33&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au printemps 2014, l'&lt;a href='http://url.oumupo.org/OuMuPo-mais-qu-est-ce-donc' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Ouvroir de Musique Potentielle&lt;/a&gt; (Oumupo), re&#231;ut une bonne nouvelle : la &lt;a href=&#034;http://www.bnf.fr/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Biblioth&#232;que nationale de France&lt;/a&gt; daignait nous accueillir pour une s&#233;rie de pr&#233;sentations r&#233;guli&#232;res, &#224; partir de d&#233;cembre. La premi&#232;re de ces soir&#233;es tombant le jour o&#249; l'un de nos membres &lt;a href=&#034;http://oumupo.org/trouvailles/?PecAjw#PecAjw&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;f&#234;terait&lt;/a&gt; ses 32 ans, nous d&#233;cid&#226;mes que le th&#232;me en serait tout trouv&#233; : ce serait &lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=kzwtYv7LkHA&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;le nombre 32&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais au pr&#233;alable, nous &#233;tions invit&#233;s, comme chaque ann&#233;e, &#224; un autre &#233;v&#233;nement, d'envergure moindre : d&#233;but juin, nous devions participer &#224; une lecture/concert avec des &#233;crivains de l'Oulipo. Jean-Fran&#231;ois Piette et Fr&#233;d&#233;ric Forte, repr&#233;sentant respectivement l'Oumupo et l'Oulipo, s'entretinrent gravement afin de trouver un th&#232;me &#224; cette matin&#233;e&#8230; Et, apr&#232;s d'intenses r&#233;flexions, s'en vinrent nous annoncer beno&#238;tement leur trouvaille : le th&#232;me serait&#8230; &#034;&lt;i&gt;Dites 33&lt;/i&gt;&#034;. (Quelle originalit&#233;, quelle audace.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Non sans un soupir, je me mis donc en devoir de trouver (outre les &lt;a href='http://url.oumupo.org/32-variations-sur-8-notes' class=&#034;spip_in&#034;&gt;32 variations sur 32 notes&lt;/a&gt; que j'avais d&#233;j&#224; pr&#233;vu d'&#233;crire pour notre repr&#233;sentation de d&#233;cembre) une fa&#231;on d'exploiter ce nombre, si proche et pourtant &lt;del&gt;si diff&#233;rent&lt;/del&gt; si proche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et finis donc par annoncer, solennellement : 33 variations sur 33 notes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#192; la recherche des pannotes&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsque j'avais lanc&#233; l'&lt;a href=&#034;http://oumupo.org&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Oumupo&lt;/a&gt; en 2011, j'avais &#233;t&#233; tent&#233; d'y transposer, sous forme musicale, de nombreuses contraintes d'&#233;criture imagin&#233;es et utilis&#233;es par l'&lt;a href=&#034;http://oulipo.net/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Oulipo&lt;/a&gt;, ou depuis une vingtaine d'ann&#233;es par la &lt;a href=&#034;http://www.graner.net/nicolas/OULIPO/liste-oulipo.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Liste Oulipo&lt;/a&gt;. L'une d'entre elles est le &lt;strong&gt;pangramme&lt;/strong&gt; : l'exercice qui consiste &#224; utiliser dans une phrase la totalit&#233; des lettres de l'alphabet. L'exemple le plus c&#233;l&#232;bre &#233;tant sans doute la phrase&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Portez ce vieux whisky au juge blond qui fume&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;&#201;videmment, si l'on consid&#232;re un texte suffisamment long ou une phrase suffisamment verbeuse, la probabilit&#233; pour que s'y trouvent toutes les lettres augmente, et rend le tour de force nettement moins amusant. Le but est donc que notre phrase fasse le moins de lettres possible ; pour peu que l'on s'amuse &#224; pousser l'exercice un peu plus loin, comme le fait &lt;a href=&#034;http://www.gef.free.fr/pangrammes.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;inlassablement et obsessionnellement&lt;/a&gt; mon estimable ami list-oulipien Gilles Esposito-Far&#232;se, on tend m&#234;me vers l'&lt;strong&gt;h&#233;t&#233;ropangramme&lt;/strong&gt; pur, une phrase de 26 lettres seulement, o&#249; chaque lettre n'appara&#238;t qu'une fois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quel serait l'&#233;quivalent musical d'un tel exercice ? Le &lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Musique_s%C3%A9rielle&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;s&#233;rialisme&lt;/a&gt; nous en donne une id&#233;e assez proche, puisqu'il exige d'utiliser chacune des douze notes disponibles dans le temp&#233;rament (mais n'interdit ni les changements d'octave, ni les notes r&#233;p&#233;t&#233;es). Une autre contrainte dont j'ai eu l'id&#233;e assez t&#244;t fut la &lt;a href=&#034;http://oumupo.org/wiki/Saturation_de_tessiture&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;saturation de tessiture&lt;/a&gt;, o&#249; un(e) instrumentiste doit utiliser chacune des notes &#224; sa disposition.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, &#224; supposer qu'elle ait le moindre int&#233;r&#234;t, cette contrainte musicale n'est pas tr&#232;s difficile &#224; r&#233;aliser : contrairement au domaine litt&#233;raire o&#249; il faut se d&#233;brouiller pour faire sens (quoique&#8230; avec les h&#233;t&#233;ropangrammes, la difficult&#233; est bien souvent de &lt;i&gt;pr&#233;tendre&lt;/i&gt; que des assemblages abscons ont un sens), la musique est beaucoup moins exigeante, tout particuli&#232;rement la musique &lt;strong&gt;atonale&lt;/strong&gt; o&#249; il n'y a , par principe, aucune raison objective de pr&#233;f&#233;rer telle combinaison de notes &#224; telle autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pourquoi je d&#233;cidai de compliquer un peu la chose, en m'obligeant &#224; rester dans un langage (&#224; peu pr&#232;s) tonal&#8230; mais &#233;galement en ajoutant une &lt;a href=&#034;http://oumupo.org/wiki/Liponote&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;autre&lt;/i&gt; contrainte&lt;/a&gt; : la &lt;strong&gt;liponote&lt;/strong&gt;. J'allais essayer de sugg&#233;rer (tant bien que mal) que la partition &#233;tait en Do Majeur&#8230; sans utiliser une seule fois le Do.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et, par une co&#239;ncidence &#224; peine croyable : les trois octaves centrales d'un piano, pour peu qu'on leur enl&#232;ve tous les Do, &#231;a fait combien de notes ? Mmh ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dites : &#034;33&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Forme&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le titre de cette partition est un jeu de mots &#224; deux sous : ce sont des variations sans &#034;C&#034; (C &#233;tant la lettre qui, en notation allemande et anglo-saxonne, d&#233;signe la note Do), qui font allusion aux &lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Variations_s%C3%A9rieuses&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Variations s&#233;rieuses&lt;/i&gt;&lt;/a&gt; (en fran&#231;ais dans le texte) de Felix Mendelssohn Bartholdy.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;capitulons les r&#232;gles du jeu :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &#233;crire un morceau de 33 notes,
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; limit&#233; en tessiture,
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; sans r&#233;p&#233;ter deux fois la m&#234;me note,
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; en interdisant tous les &#034;Do&#034;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; et en donnant (de pr&#232;s ou de loin) l'impression qu'on pourrait &#234;tre, dans l'ensemble, en Do Majeur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le terme de &#034;variations&#034; est ici un brin abusif ; et pourtant, avec un peu de bonne volont&#233; on peut retrouver un th&#232;me (de onze notes, comme il se doit) qui se r&#233;p&#232;te, se r&#233;pond et se transforme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'alterne ici entre des styles et des &#233;critures tr&#232;s diff&#233;rentes, qui constituent autant de strat&#233;gies possibles (certaines moins fructueuses que d'autres, il faut le reconna&#238;tre) pour r&#233;pondre aux contraintes. L'obligation d'utiliser des notes toujours diff&#233;rentes oriente facilement vers un aspect &#034;Sch&#246;nbergien&#034;. J'entends par l&#224;, soit une couleur franchement s&#233;rielle, soit m&#234;me le Sch&#246;nberg des &lt;a href=&#034;http://imslp.org/wiki/6_Little_Piano_Pieces,_Op.19_(Schoenberg,_Arnold)&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;6 pi&#232;ces op.19&lt;/a&gt;. (Ainsi, les deux derni&#232;res notes du &#034;th&#232;me&#034; ressemblent &#224; ce que l'on trouve &#224; la main gauche dans la sixi&#232;me mesure de la sixi&#232;me pi&#232;ce.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je suis tr&#232;s attach&#233; &#224; ces six pi&#232;ces, que je connais par c&#339;ur depuis l'&#226;ge de 12 ans ; dans ses (rares) moments les plus r&#233;ussis, la pr&#233;sente partition m'y fait penser un petit peu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224;.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/bloc&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bonne lecture !&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;i&gt;Valentin&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>R&#233;jouissances musicales et p&#233;dagogiques dans l'Yonne</title>
		<link>http://url.oumupo.org/Rejouissances-musicales-et-pedagogiques-dans-l-Yonne</link>
		<guid isPermaLink="true">http://url.oumupo.org/Rejouissances-musicales-et-pedagogiques-dans-l-Yonne</guid>
		<dc:date>2017-03-23T19:02:31Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Valentin Villenave</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;Fin 2016, le conservatoire d'Auxerre m'a propos&#233; d'&#233;crire une partition destin&#233;e &#224; l'&#233;dition 2017 de l'initiative &#034;Musicien(ne)s en herbe&#034;. Voici une pr&#233;sentation g&#233;n&#233;rale de ce projet.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="http://url.oumupo.org/-Yonne-2017-" rel="directory"&gt;Yonne, 2017&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Fin 2016, le conservatoire d'Auxerre m'a propos&#233; d'&#233;crire une partition destin&#233;e &#224; l'&#233;dition 2017 de l'initiative &#034;Musicien(ne)s en herbe&#034;. Voici une pr&#233;sentation g&#233;n&#233;rale de ce projet.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Alors, voil&#224;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai d&#233;j&#224; expliqu&#233; (&lt;a href='http://url.oumupo.org/Danse-Kala' class=&#034;spip_in&#034;&gt;ici&lt;/a&gt; et &lt;a href='http://url.oumupo.org/Danses-Kala' class=&#034;spip_in&#034;&gt;l&#224;&lt;/a&gt;) de quelle fa&#231;on j'ai fait la connaissance de la classe de tuba du conservatoire o&#249; j'officie, et de la personnalit&#233; marquante de son professeur, Claude Lherminier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, ledit Claude Lherminier n'enseigne pas seulement le tuba. Mais aussi la musique d'ensemble &#8212; et pas n'importe quelle musique d'ensemble : celle que l'on joue en &lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Orchestre_d%27harmonie&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;harmonie&lt;/a&gt;, c'est-&#224;-dire en ensemble de vents.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notamment, au conservatoire d'Auxerre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, audit conservatoire d'Auxerre, se tient maintenant chaque ann&#233;e (&#224; l'initiative dudit Claude Lherminier), un projet intitul&#233; &#034;Musi&lt;del&gt;ciens&lt;/del&gt; en herbe&#034; (que je m'empresse de mettre &#233;galement au f&#233;minin, ya pas de raison), destin&#233; aux &#233;l&#232;ves d&#233;butant(e)s et impliquant toutes les &#233;coles de musique du d&#233;partement de l'Yonne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, ledit projet &#034;Musicien-ne-s en herbe&#034;, a d&#233;cid&#233; de se lancer dans la cr&#233;ation d'une partition nouvelle, &#233;crite sp&#233;cialement pour l'occasion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et du coup, c'est &#224; moi que l'on a fait appel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'heure o&#249; j'&#233;cris ces lignes (h&#226;tivement), la partition est quasiment termin&#233;e, et je la mettrai bient&#244;t en ligne &lt;a href='http://url.oumupo.org/Catalogue' class=&#034;spip_in&#034;&gt;ici-m&#234;me&lt;/a&gt; (sous licence Libre, &lt;a href='http://url.oumupo.org/Quelques-questions-sur-le-Libre-et-leurs-reponses' class=&#034;spip_in&#034;&gt;comme toutes mes autres partitions&lt;/a&gt;), assortie d'abondantes explications (qu'il me reste encore &#224; r&#233;diger).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais en mati&#232;re d'explications, j'ai fait encore mieux ce coup-ci : j'ai fait un &lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Vlog&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;vlog&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Donc, voil&#224;.&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;&lt;iframe width=&#034;560&#034; height=&#034;315&#034; src=&#034;https://www.youtube-nocookie.com/embed/videoseries?list=PL-OA9SbdRvDkZzgyH5AQKUgDxM3PzTQHS&#034; frameborder=&#034;0&#034; allowfullscreen&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;&#192; tr&#232;s bient&#244;t !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Valentin.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Arkipel</title>
		<link>http://url.oumupo.org/Arkipel</link>
		<guid isPermaLink="true">http://url.oumupo.org/Arkipel</guid>
		<dc:date>2017-01-17T13:56:36Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Valentin Villenave</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;Cette partition pour quatuor de contrebasses a &#233;t&#233; &#233;crite &#224; l'automne 2016, dans un style un peu inhabituel pour moi.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="http://url.oumupo.org/-Musique-de-chambre-" rel="directory"&gt;Musique de chambre&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Cette partition pour quatuor de contrebasses a &#233;t&#233; &#233;crite &#224; l'automne 2016, dans un style un peu inhabituel pour moi.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;D'une dur&#233;e d'environ dix minutes, cette pi&#232;ce est instrument&#233;e pour quatre contrebasses dont deux accord&#233;es en accord soliste &#8212; c'est-&#224;-dire un ton plus haut. Elle a &#233;t&#233; lue pour la premi&#232;re fois en public &#224; l'occasion d'une &#034;journ&#233;e de la contrebasse&#034; le 14 janvier 2017 au conservatoire de Saint-Maur des Foss&#233;s (94), par &lt;strong&gt;Thierry Barb&#233;&lt;/strong&gt;, &lt;strong&gt;Marine Clermont&lt;/strong&gt;, &lt;strong&gt;J&#233;r&#233;mie Decottignie&lt;/strong&gt; et &lt;strong&gt;Jeanne Bonnet&lt;/strong&gt; ; qu'ils et elles en soient remerci&#233;(e)s ici.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voici un enregistrement r&#233;alis&#233; &#224; cette occasion (le quatuor n'ayant r&#233;p&#233;t&#233; qu'une seule fois, je m'&#233;tais vu proposer de battre la mesure pour les aider &#8212; &#233;tant bien entendu que je ne suis pas chef d'orchestre et que je n'ai jamais pratiqu&#233; cette discipline).&lt;/p&gt;
&lt;iframe width=&#034;560&#034; height=&#034;315&#034; src=&#034;https://www.youtube-nocookie.com/embed/UrOScLSDOUk&#034; frameborder=&#034;0&#034; allowfullscreen&gt;&lt;/iframe&gt;
&lt;p&gt;&lt;tt&gt;&lt;pdf885&gt;&lt;/tt&gt;&lt;/p&gt;
&lt;table class=&#034;table spip&#034;&gt;
&lt;tbody&gt;
&lt;tr class='row_odd odd'&gt;
&lt;td&gt;&lt;div class='spip_document_885 spip_document spip_documents spip_document_file spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;86&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href='http://url.oumupo.org/IMG/pdf/arkipel.pdf' class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='PDF - 423.3 kio' type=&#034;application/pdf&#034;&gt;&lt;img src='http://url.oumupo.org/local/cache-vignettes/L64xH64/pdf-e9ff2.svg?1772294780' width='64' height='64' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;&#034;Arkipel&#034;, pour quatuor de contrebasses
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;Licence Art Libre &#169; Valentin Villenave, 2016
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;&lt;div class='spip_document_886 spip_document spip_documents spip_document_file spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;108&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href='http://url.oumupo.org/IMG/pdf/arkipel_parties.pdf' class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='PDF - 448.7 kio' type=&#034;application/pdf&#034;&gt;&lt;img src='http://url.oumupo.org/local/cache-vignettes/L64xH64/pdf-e9ff2.svg?1772294780' width='64' height='64' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;&#034;Arkipel&#034; &#8212; parties individuelles
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;(Les deux premi&#232;res contrebasses sont accord&#233;es un ton plus haut.)
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;/tbody&gt;
&lt;/table&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Historique&lt;/h2&gt;&lt;bloc&gt;
&lt;center&gt;[Cliquez pour d&#233;plier.]&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;J'ai d&#233;j&#224; &lt;a href='http://url.oumupo.org/Douze-etudes-pour-avoir-chaud-l-hiver' class=&#034;spip_in&#034;&gt;racont&#233;&lt;/a&gt; (en &lt;a href='http://url.oumupo.org/Siete-tangos' class=&#034;spip_in&#034;&gt;plusieurs&lt;/a&gt; &lt;a href='http://url.oumupo.org/Elegie-d-apres-Claude-Debussy' class=&#034;spip_in&#034;&gt;occasions&lt;/a&gt;) de quelle fa&#231;on j'ai eu l'occasion de faire la connaissance ces derni&#232;res ann&#233;es de &lt;a href=&#034;http://www.thierrybarbe-contrebasse.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Thierry Barb&#233;&lt;/a&gt;, qui est non seulement un tr&#232;s grand contrebassiste mais un excellent musicien au-del&#224; de son instrument. Or Thierry Barb&#233; participe tr&#232;s r&#233;guli&#232;rement &#224; toutes sortes d'&#233;v&#233;nements destin&#233;s &#224; faire mieux conna&#238;tre la contrebasse, et en suscite parfois lui-m&#234;me (notamment une convention internationale qu'il a organis&#233;e en 2008 au CNSM o&#249; il est professeur).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;but 2016, il me fit part de son projet d'organiser une journ&#233;e de concerts, d'envergure relativement modeste, ouverte &#224; des &#233;l&#232;ves de tous niveaux et &#226;ges (en accueillant notamment l'orchestre de contrebasses qu'anime &#201;milie Postel-Vinay dans le Val-de-Marne). &#034;Tu pourrais &#233;crire quelque chose&#034;, me dit-il ; ce n'&#233;tait ni une question ni une requ&#234;te, simplement l'&#233;nonc&#233; d'une possibilit&#233;. Oui. Je pourrais &#233;crire quelque chose.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; &lt;strong&gt;Petit panorama du r&#233;pertoire&lt;/strong&gt; &#8212;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rejeton peu consid&#233;r&#233; de la tr&#232;s-noble famille des cordes &#224; archet, la contrebasse est largement exclue de la grande majorit&#233; du r&#233;pertoire existant en musique de chambre : elle ne figure pas, en particulier, dans la formation traditionnelle du quatuor &#224; cordes (compos&#233; de deux violons, un alto et un violoncelle). Il faut alors se rabattre sur des compositeurs mineurs (quoique tout &#224; fait honorables par ailleurs) : &lt;a href=&#034;http://imslp.org/wiki/Quartetto_a_Contrabbasso_Obbligato_(Hoffmeister,_Franz_Anton)&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Hoffmeister&lt;/a&gt;, &lt;a href=&#034;http://imslp.org/wiki/Quartet_for_Flute_and_Strings_in_D_major_(Sperger,_Johann_Matthias)&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Sperger&lt;/a&gt;, &lt;a href=&#034;http://imslp.org/wiki/Grand_Quatuor_concertant,_Op.130_(Dotzauer,_Friedrich)&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Dotzauer&lt;/a&gt; &lt;a href=&#034;http://imslp.org/index.php?title=Category:Haydn%2C_Michael&amp;intersect=Scores_featuring_the_double_bass&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Michael Haydn&lt;/a&gt;, &lt;a href=&#034;http://imslp.org/wiki/3_String_Quintets,_G.337-339_(Op.39)_(Boccherini,_Luigi)&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Boccherini&lt;/a&gt;&#8230; Ou encore, se rabattre sur les quelques miettes que leur laisse le r&#233;pertoire, lorsqu'un compositeur ou une compositrice daigne &#233;crire une partie de contrebasse dans &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; un &lt;a href=&#034;http://imslp.org/index.php?title=Category:For_2_violins%2C_viola%2C_cello%2C_double_bass&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;quintette &#224; cordes&lt;/a&gt; (par exemple chez &lt;a href=&#034;http://imslp.org/wiki/String_Quintet_No.2,_Op.77_(Dvo%C5%99%C3%A1k,_Anton%C3%ADn)&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Dvo&#345;&#225;k&lt;/a&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; un &lt;a href=&#034;http://imslp.org/index.php?title=Category:For_violin%2C_viola%2C_cello%2C_double_bass%2C_piano&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;quintette mixte&lt;/a&gt; avec piano (notamment &lt;a href=&#034;http://imslp.org/wiki/Piano_Quintet_in_A_major,_D.667_(Schubert,_Franz)&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Schubert&lt;/a&gt;, &lt;a href=&#034;http://imslp.org/wiki/Piano_Quintet_in_C_minor_(Vaughan_Williams,_Ralph)&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Vaughan Williams&lt;/a&gt; ou &lt;a href=&#034;http://imslp.org/wiki/Piano_Quintet_No.1,_Op.30_(Farrenc,_Louise)&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Louise&lt;/a&gt; &lt;a href=&#034;http://imslp.org/wiki/Piano_Quintet_No.2,_Op.31_(Farrenc,_Louise)&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Farrenc&lt;/a&gt;), ou avec un instrument &#224; vent (&lt;a href=&#034;http://imslp.org/wiki/Quintet,_Op.39_(Prokofiev,_Sergey)&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Prokofiev&lt;/a&gt;)
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; un &lt;a href=&#034;http://imslp.org/index.php?title=Category:Scores_featuring_the_double_bass&amp;intersect=Sextets&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;sextuor&lt;/a&gt; (notamment &lt;a href=&#034;http://imslp.org/wiki/Piano_Sextet,_Op.110_(Mendelssohn,_Felix)&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Mendelssohn&lt;/a&gt; et &lt;a href=&#034;http://imslp.org/wiki/Grand_Sextet_(Glinka,_Mikhail)&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Glinka&lt;/a&gt;)
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; un &lt;a href=&#034;http://imslp.org/index.php?title=Category:Scores_featuring_the_double_bass&amp;intersect=Septets&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;septuor&lt;/a&gt; (&lt;a href=&#034;http://imslp.org/wiki/Septet_in_E-flat_major,_Op.20_(Beethoven,_Ludwig_van)&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Beethoven&lt;/a&gt;, &lt;a href=&#034;http://imslp.org/wiki/Septet,_Op.65_(Saint-Sa%C3%ABns,_Camille)&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Saint-Saens&lt;/a&gt;)
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; un &lt;a href=&#034;http://imslp.org/index.php?title=Category:Scores_featuring_the_double_bass&amp;intersect=Octets&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;octuor&lt;/a&gt; (&lt;a href=&#034;http://imslp.org/wiki/Octet_in_F_major,_D.803_(Schubert,_Franz)&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Schubert&lt;/a&gt; bien s&#251;r, mais aussi &lt;a href=&#034;http://imslp.org/wiki/Octet_(Hindemith,_Paul)&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Hindemith&lt;/a&gt;)
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; un &lt;a href=&#034;http://imslp.org/index.php?title=Category:Scores_featuring_the_double_bass&amp;intersect=For_9_players&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;nonette&lt;/a&gt; (euh&#8230; &lt;a href=&#034;http://imslp.org/wiki/Nonet_No.2,_H.374_(Martin%C5%AF,_Bohuslav)&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Martin&#367;&lt;/a&gt; ?)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour consistantes que puissent &#234;tre certaines de ces miettes, c'est entre eux que les contrebassistes ont commenc&#233; &#224; se regrouper depuis trois d&#233;cennies environ, donnant lieu &#224; un r&#233;pertoire de duos, trios et surtout de quatuors constitu&#233;s uniquement de contrebasses. D&#232;s les ann&#233;es 1990 se constituera ainsi le quatuor Bottesini, puis le &lt;a href=&#034;http://www.thebassgang.org/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Bass Gang&lt;/a&gt; en Italie, puis plus r&#233;cemment les &lt;i&gt;Flying Basses&lt;/i&gt; en Allemagne ou encore le ZGDBQ (Zagreb Double Bass Quartet) en Croatie &#8212; il m'est impossible d'ajouter des liens car, &#224; l'exception du &#034;bass gang&#034;, aucun de ces groupes n'a de site web ni de page Wikip&#233;dia.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S'agissant d'un r&#233;pertoire r&#233;cent, l'on trouvera sur IMSLP seulement &lt;a href=&#034;http://imslp.org/index.php?title=Category:For_cello%2C_3_double_basses&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;quelques&lt;/a&gt; &lt;a href=&#034;http://imslp.org/index.php?title=Category:For_4_double_basses&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;rares&lt;/a&gt; auteurs qui ont eu la g&#233;n&#233;rosit&#233; de diffuser librement leurs travaux &#8212; et la pr&#233;sente partition ira peut-&#234;tre les rejoindre un jour, si je me d&#233;cide &#224; la sortir de &lt;i&gt;b&#233;ta&lt;/i&gt;. Dans le r&#233;pertoire non-libre, l'auteur le plus marquant est sans doute &lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/user/kotruf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Bogus&#322;aw Furtok&lt;/a&gt;, contrebassiste polonais n&#233; en 1967, qui a r&#233;dig&#233; au moins une demi-douzaine de quatuors de contrebasses dans un langage n&#233;o-classique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi le quatuor semble-t-il plus r&#233;pandu que les duos et trios de contrebasses ? J'y vois deux raisons, dont la deuxi&#232;me est moins avouable mais plus vraisemblable que la premi&#232;re. Tout d'abord parce que les contrebassistes ont peut-&#234;tre inconsciemment, en qu&#234;te de l&#233;gitimit&#233;, tent&#233; d'imiter ce parangon de la musique /&lt;del&gt;chiante&lt;/del&gt;/ /&lt;del&gt;s&#233;rieuse&lt;/del&gt;/ noble, qu'est le quatuor &#224; cordes pur-saucisson. Mais sans doute aussi parce que :&lt;br class='manualbr' /&gt;2 contrebassistes c&#244;te &#224; c&#244;te sur sc&#232;ne, c'est un peu triste.&lt;br class='manualbr' /&gt;3 contrebassistes qui se font face en triangle, &#231;a laisse perplexe.&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;strong&gt;QUATRE&lt;/strong&gt; contrebassistes en brochette, &#231;a ne peut &#234;tre &lt;strong&gt;que&lt;/strong&gt; franchement marrant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; &lt;strong&gt;D'apr&#232;s de vieux cahiers&lt;/strong&gt; &#8212;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'est &#233;videmment pas impossible que je projette ici ma propre obsession sur le monde de la contrebasse en g&#233;n&#233;ral &#8212; et &#224; tout le moins, cela expliquerait pourquoi cet instrument m'a plu ces derni&#232;res ann&#233;es. En effet, les processus de l&#233;gitimation culturelle sont au centre de mes pr&#233;occupations depuis tr&#232;s longtemps, que ce soit pour les critiquer ou pour m'y vouer malgr&#233; moi. D&#232;s les premi&#232;res partitions que j'ai &#233;crites, l'espoir d'&#234;tre &lt;i&gt;enfin&lt;/i&gt; &#034;pris au s&#233;rieux&#034; a &#233;t&#233; une motivation profonde, peut-&#234;tre m&#234;me la seule ; ce qui me conduisit par exemple &#224; entamer bravement d&#232;s l'&#226;ge de 12 ans mon premier concerto pour piano &#8212; oui, je sais : &lt;i&gt;the Nerve is strong with this one&lt;/i&gt; &#8212; ou &#224; 21 ans, mon premier &lt;a href='http://url.oumupo.org/Note-d-intention' class=&#034;spip_in&#034;&gt;op&#233;ra&lt;/a&gt; nonobstant mon peu de sympathie envers la musique vocale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce cadre, le quatuor &#224; cordes est un passage &#224; peu pr&#232;s oblig&#233; : d&#232;s l'&#226;ge de 14-15 ans, j'ai ainsi r&#233;dig&#233; deux partitions pour quatuor (dont je n'ai publi&#233; ici que la &lt;a href='http://url.oumupo.org/Divertissement-en-Sol' class=&#034;spip_in&#034;&gt;deuxi&#232;me&lt;/a&gt;). Le fait que l'exercice se rapproche des devoirs d'harmonie rendait la chose assez famili&#232;re &#8212; et pourtant, il me suffisait d'ouvrir une partition de Schubert ou de Ravel pour me rendre compte que l'&#233;criture de quatuor est une technique &#224; part enti&#232;re. Aussi d&#233;cidai-je, &#224; 18 ans (c'&#233;tait d&#233;but 2003), de faire fi de ces exp&#233;riences de jeunesse et de me lancer dans un &lt;i&gt;vrai&lt;/i&gt; quatuor, une partition qui montrerait toute l'&#233;tendue de mon savoir-faire (du moins celui que je souhaitais m'imaginer) et de ma maturit&#233; : on allait voir ce qu'on allait voir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant quelques mois, je m'employai &#224; remplir quelques pages (non dans un cahier comme &#224; mon &lt;a href='http://url.oumupo.org/Papier-a-musique' class=&#034;spip_in&#034;&gt;habitude&lt;/a&gt;, mais sur du papier 40-port&#233;es au format A3) que j'emmenais partout avec moi&#8230; puis finis un jour par les ranger dans un carton &#224; dessin (de couleur verte) pour ne plus jamais y revenir : j'&#233;tais entretemps pass&#233; &#224; un projet bien plus excitant et ambitieux (ma partition symphonique intitul&#233;e &lt;i&gt;Corail&lt;/i&gt;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que je ne terminai pas non plus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; &lt;strong&gt;En cloche, mode d'emploi&lt;/strong&gt; &#8212;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il m'est toujours inconfortable d'entendre (ou plut&#244;t d'imaginer) un parent dire &#224; son enfant : &#034;non, je ne t'emm&#232;ne plus en poussette, c'est pour les b&#233;b&#233;s ! non, tu ne peux pas remettre ce bonnet, il est trop vieux et il n'est plus &#224; ta taille ! non, tu n'as plus besoin des petites roues sur ton v&#233;lo : tu es un grand gar&#231;on maintenant !&#034;. Les enfants eux-m&#234;me (non sans &#234;tre attach&#233;s &#224; des objets, de par les liens affectifs qu'ils symbolisent ou l'environnement familier dont ils sont les signes) sont capables, s'agissant de leur vie cr&#233;ative, de revendiquer leur propre maturit&#233; de fa&#231;on salutairement p&#233;remptoire : &#034;non, ce dessin c'est pas grave si tu le jettes, je l'ai fait l'ann&#233;e derni&#232;re quand j'&#233;tais petit donc celui que j'ai fait tout &#224; l'heure est beaucoup mieux&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Peut-&#234;tre est-ce l&#224; une bonne fa&#231;on d'expliquer pourquoi je ne parviens pas &#224; savoir si mes propres partitions me plaisent ou non. J'&#233;prouve une ind&#233;niable satisfaction lorsqu'il m'arrive (c'est-&#224;-dire rarement) de terminer une pi&#232;ce, mais pass&#233; deux ou trois jours elle ne m'inspirera gu&#232;re qu'un vague m&#233;contentement morose &#8212; pour peu que j'y repense, ce que je pr&#233;f&#232;re en g&#233;n&#233;ral &#233;viter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De ce point de vue, ma fr&#233;quentation assidue de l'informatique (et tout particuli&#232;rement du logiciel Libre, o&#249; les nouveaut&#233;s adviennent fr&#233;quemment et se d&#233;cident en public) n'aide gu&#232;re, ayant contribu&#233; &#224; me convaincre que, de m&#234;me que la version la plus r&#233;cente d'un programme sera en g&#233;n&#233;rale plus compl&#232;te et mieux d&#233;bugg&#233;e que les pr&#233;c&#233;dentes (pas plus l&#233;g&#232;re ni plus simple en revanche, mais c'est un autre d&#233;bat &#224; avoir), la partition que j'ai r&#233;dig&#233;e il y a quelques ann&#233;es ou quelques mois est n&#233;cessairement faiblarde en regard de ce que je vais &#233;crire tr&#232;s prochainement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette courbe &lt;a href=&#034;https://xkcd.com/653/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;en cloche&lt;/a&gt;, ou plus exactement ce mouvement d'oscillation pendulaire (pour ne pas dire bipolaire), se produit d'ailleurs &#233;galement pendant l'&#233;criture elle-m&#234;me puisque presque chaque mesure successive me voit passer par le cycle &#034;bon, la mesure pr&#233;c&#233;dente n'&#233;tait pas fameuse, mais heureusement il est encore temps de me rattraper si je r&#233;ussis vraiment celle-ci ! alors, comment continuer ? J'ai bien une id&#233;e, mais elle n'est pas &#224; la hauteur de ce qu'il faudrait ; je vais attendre d'avoir une trouvaille vraiment g&#233;niale pour &#233;crire cette mesure. [&lt;i&gt;trois semaines plus tard&lt;/i&gt;] &#8230; Bon. Je n'ai pas de trouvaille g&#233;niale, donc finalement je vais &#233;crire ce que j'avais envisag&#233; initialement. C'est pas terrible&#8230; mais heureusement je vais pouvoir me rattraper avec la mesure suivante !&#034; &lt;a href=&#034;http://www.urbandictionary.com/define.php?term=rinse%20repeat&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Rinse and repeat&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, ad nauseam.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, vers 2010 (environ) j'ai achet&#233; fi&#232;rement un cahier tout neuf (jaune) pour y &#233;crire : un &lt;i&gt;nouveau&lt;/i&gt; (nouveau) quatuor &#224; cordes ! Fermement d&#233;cid&#233; &#224; laisser derri&#232;re moi l'&#233;bauche datant de 2003, je me mis au travail en sachant que, cette fois, mon exp&#233;rience et ma sagacit&#233; acquises au fil des ans me rendraient parfaitement &#224; la hauteur de la t&#226;che : on allait voir ce qu'on allait voir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[&lt;i&gt;&#192; c&#233;der : cahier jaune, tr&#232;s peu servi. Seules les deux premi&#232;res pages sont vaguement griffonn&#233;es.&lt;/i&gt;]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; &lt;strong&gt;Pour solde de tout compte&lt;/strong&gt; &#8212;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Revenons en 2016. Ayant fini par admettre, au fil des ans, qu'il &#233;tait finalement peu probable que l'&#233;criture d'un Authentique Quatuor &#224; Cordes&#8482;, quand bien m&#234;me j'y parviendrais, suffise &#224; m'autoriser &#224; me proclamer Vrai Compositeur&lt;sup&gt;&#174;&lt;/sup&gt;, j'ai donc accueilli cette id&#233;e d'une partition pour quatre contrebasses comme une occasion de r&#233;gler son compte une fois pour toutes &#224; ce vieux serpent de mer que je pourchassais depuis si longtemps. Puisque le quatuor &#224; cordes me posait tant de probl&#232;mes, peut-&#234;tre les contrebasses me permettraient-elles d'aborder le sujet sous un angle d&#233;tourn&#233;, moins sacralis&#233; et plus aimable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En me mettant en qu&#234;te de mon vieux carton &#224; dessins (lointainement vert), j'esp&#233;rais pouvoir recycler sans trop de mal ce que j'y avais r&#233;dig&#233; &#224; l'&#233;poque, pour pouvoir reconstruire ais&#233;ment une nouvelle partition &#224; partir du mat&#233;riau qui m'avait demand&#233; tant de travail alors. Il ne s'agissait que d'une tentative de d&#233;butant, certainement assez rudimentaire et timide : l'auteur exp&#233;riment&#233; et aguerri que j'&#233;tais devenu aujourd'hui, n'en ferait qu'une bouch&#233;e, et il ne serait gu&#232;re difficile de transcrire et d&#233;velopper ces quelques id&#233;es en les adaptant &#224; la contrebasse. De surcro&#238;t, je nourrissais confus&#233;ment l'espoir d'y trouver, entre les notes, quelque fragment d'authenticit&#233;, quelque indice qui pourrait me laisser entrevoir vers quelle direction stylistique je m'orientais &#224; l'&#233;poque &#8212; voire plus simplement, une trace de temps anciens, n&#233;cessairement plus heureux puisqu'encore impr&#233;gn&#233;s de la promesse d'un avenir glorieux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ouvrant le carton, j'y rencontrai deux surprises. Tout d'abord, y manquaient les premi&#232;res feuilles de mon ci-devant quatuor ; je me souvenais approximativement de leur contenu, mais &#8212; deuxi&#232;me surprise &#8212; les fragments restants de la partition me montr&#232;rent combien mon souvenir &#233;tait faux. Quelle &#233;criture &#233;pouvantablement compliqu&#233;e ! Les id&#233;es se succ&#233;daient et s'empilaient, les phrases cens&#233;ment lyriques y c&#244;toyaient des bouts de contrepoints tortueux et mal fichus, des traits s&#233;riels, des accords enrichis &#224; la truelle ou, au contraire, &#233;tonnamment pauvres, le tout d'ex&#233;cution d'ailleurs (inexplicablement et inutilement) malais&#233;e. De l'ensemble se d&#233;gageait une impression de fatras incoh&#233;rent et tr&#232;s c&#233;r&#233;bral, caract&#233;ristique d'un jeune d&#233;butant ayant quelque chose &#224; prouver. Impossible, en tout cas de reprendre cette partition telle quelle ; il fallait partir sur des bases enti&#232;rement diff&#233;rentes, dignes du musicien de 32 ans que j'&#233;tais aujourd'hui, empli de cette sagesse et cette assurance que seul conf&#232;re l'&#226;ge m&#251;r. Rien n'&#233;tait plus pareil maintenant : j'avais grandi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ayant achet&#233; un nouveau (nouveau) &lt;i&gt;nouveau&lt;/i&gt; cahier pour ce quatuor, je l'emportai donc avec moi partout o&#249; j'allais, ne manquant pas une occasion de l'ouvrir pour poser doctement mon crayon sur la page. Puis m'absorber dans mes pens&#233;es un moment, avant de le refermer en constatant que je n'avais strictement aucune id&#233;e pour commencer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;t&#233; 2016 se passa ainsi (je trompais l'attente en r&#233;digeant des &lt;a href=&#034;http://oumupo.org/trouvailles/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;notices&lt;/a&gt; sur diverses curiosit&#233;s musicales). Puis un jour alors que je prenais mon bain (car la r&#233;gression infantile va, chez moi, jusqu'&#224; inclure ce rituel consistant &#224; croupir de longs moments dans de l'eau chaude, fa&#231;on patate), me vint une id&#233;e. Une id&#233;e tellement g&#233;niale qu'elle m'&#233;tait d&#233;j&#224; venue autrefois &#8212; en fait, j'avais m&#234;me &#233;crit un &lt;a href='http://url.oumupo.org/-Opera-' class=&#034;spip_in&#034;&gt;op&#233;ra&lt;/a&gt; dessus. Mais on n'allait pas s'arr&#234;ter &#224; ce genre de d&#233;tails :&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;mi sol mi sol mi sol&lt;/code&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;Une &lt;i&gt;tierce mineure&lt;/i&gt; ! Quelle r&#233;v&#233;lation inattendue et courageuse. Ainsi allait s'exprimer un style enti&#232;rement nouveau, une facette jusque-l&#224; inconnue de ma personnalit&#233; artistique, qui allait montrer une fois pour toute combien j'&#233;tais un &#234;tre humain vraiment vraiment super : on allait voir ce qu'on allait voir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(Et d'ailleurs, pour exprimer ma radicalit&#233;, j'allais rester dix minutes enti&#232;res avec &lt;i&gt;uniquement&lt;/i&gt; ces deux notes.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(Ou au moins deux minutes. Pour bien montrer que.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(Ou en tout cas, je pourrais &#233;taler ces deux notes tout au long des premi&#232;res mesures. Et puis, peut-&#234;tre ajouter une phrase expressive par-dessus la tierce. Id&#233;e &lt;a href=&#034;http://imslp.org/wiki/File:Sibelius_Concerto_-_1.pdf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;novatrice&lt;/a&gt; et &lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=JzOyo7NoSBQ&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;audacieuse&lt;/a&gt;.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(Et puis, pour pas qu'on s'ennuie, je pourrais peu &#224; peu introduire des accords sophistiqu&#233;s.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(Et puis du contrepoint un peu recherch&#233;. Et puis des traits s&#233;riels. C'est bien, le s&#233;rialisme.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8230; O&#249; en &#233;tais-je ? Ah oui : un style enti&#232;rement nouveau. Parce que hein, attention.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui : je suis un grand gar&#231;on.&lt;/p&gt;
&lt;/bloc&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Description&lt;/h2&gt;&lt;bloc&gt;
&lt;center&gt;[Cliquez pour d&#233;plier.]&lt;/center&gt;&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Avertissement : comme toujours, les quelques indications qui suivent ne sont livr&#233;es qu'&#224; titre de curiosit&#233;, et ne sont pas n&#233;cessaires &#224; la compr&#233;hension de la partition !&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;&#8212; &lt;strong&gt;Titre&lt;/strong&gt; &#8212;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors, voil&#224;. &#192; l'&#233;t&#233; 2016, alors que je me tourmentais pour savoir quoi mettre dans ce fichu quatuor de contrebasses, Thierry Barb&#233; m'envoie cette photo :&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_898 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;40&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://url.oumupo.org/IMG/jpg/IMG_20160731_121950.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://url.oumupo.org/local/cache-vignettes/L500xH375/IMG_20160731_121950-3fe1a.jpg?1772298246' width='500' height='375' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;&#034;Bises des Lofoten !&#034;&lt;br&gt; &#8212; Thierry
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Mais bien s&#251;r.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du coup j'ai eu l'id&#233;e d'intituler ma future partition &lt;i&gt;Lofoten&lt;/i&gt;. Pas tellement par vengeance passive-agressive (pendant que certains se la coulent douces, les autres restent au bercail et bossent), sans doute davantage en mani&#232;re d'hommage &#224; Thierry qui n'est que l'un des nombreux p&#232;res-spirituels que je me suis arrog&#233;s au fil des ans. Peut-&#234;tre plus encore, toutefois, par envie : pour moi qui ai un jour esp&#233;r&#233; conna&#238;tre une carri&#232;re musicale glorieuse o&#249; l'on m'inviterait, &#224; mon tour, dans des festivals et &lt;i&gt;master-classes&lt;/i&gt; &#224; l'&#233;tranger, Lofoten est le nom de la vie &#224; c&#244;t&#233; de laquelle je suis pass&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(Je n'aime pas tellement les titres descriptifs, en g&#233;n&#233;ral ; mais bizarrement parfois si. Et l&#224;, si. Donc bon.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En plus, c'est super (me dis-je en moi-m&#234;me, car je m'y retrouvais souvent) : &#231;a pourrait facilement me dicter la structure de la partition ! Par exemple, bon, mettons qu'il y ait cinq &#238;les dans l'archipel des Lofoten, eh bin &#231;a pourrait me faire cinq mouvements. Et voil&#224;. (Il y en a peut-&#234;tre pas cinq mais quatre ou six, hein, mais de toute fa&#231;on &#231;a peut pas &#234;tre bien gros tout &#231;a, quelques cailloux perdus au large de la Norv&#232;ge, fastoche.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et de me rendre sur la &lt;a href=&#034;https://en.wikipedia.org/wiki/Lofoten&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;page Wikip&#233;dia&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Euh... Deux fois la France rien qu'en superficie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plusieurs &lt;i&gt;centaines&lt;/i&gt; d'&#238;les.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cha&#238;ne montagneuse culminant &#224; 1200 m&#232;tres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ah.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De surcro&#238;t, ayant consult&#233; une sp&#233;cialiste (ma tante), celle-ci me r&#233;pondit :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;j'associerais plut&#244;t Kerguelen que les Lofoten &#224; la contrebasse ... car Lofoten tr&#232;s lumineuses, tr&#232;s verticales et non en rondeur, alors que j'imagine bien les brumes, les temp&#234;tes, les compagnies de manchots empereurs et les &#233;l&#233;phants de mer et otaries des Kerguelen, m&#234;me latitude mais au sud ...&lt;br class='manualbr' /&gt;enfin, je dis &#231;a, je dis rien :)&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Ah oui mais zut, &#231;a ne me va pas du tout les Kerguelen, je m'en fiche des Kerguelen, quelques vagues cailloux moroses pos&#233;s quelque part dans un oc&#233;an austral (et l&#224; je me garderai bien d'aller v&#233;rifier sur Wikip&#233;dia &#8212; &lt;i&gt;non bis in idem&lt;/i&gt;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Donc du coup m'est venue l'id&#233;e de parler d'&lt;i&gt;Arkipel&lt;/i&gt;, le mot norv&#233;gien signifiant &#034;archipel&#034; &#8212; si l'on regarde bien, il semble que le terme &lt;i&gt;&#248;ygruppe&lt;/i&gt; soit l&#233;g&#232;rement plus employ&#233;, mais bon, je ne serais m&#234;me pas capable de le prononcer correctement&#8230; comme quoi il y a toujours une limite &#233;troite &#224; l'exotisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De surcro&#238;t, &#231;a me permet m&#234;me de pr&#233;tendre (comme je l'avais d&#233;j&#224; fait &lt;a href='http://url.oumupo.org/10-L-Opera-en-archipel' class=&#034;spip_in&#034;&gt;jadis&lt;/a&gt;) qu'il s'agit d'une d&#233;licate allusion &#224; &lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/La_Parole_en_archipel&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Ren&#233; Char&lt;/a&gt;, po&#232;te que je n'ai pas lu (j'&#233;tais probablement cens&#233;, car j'en garde un vague souvenir en classe pr&#233;pa) mais qu'il est tr&#232;s chic de citer dans les d&#238;ners en ville. Dans le domaine musical, il existe &#233;videmment les &lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/results?q=archipels+boucourechliev&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Archipels&lt;/i&gt;&lt;/a&gt; de Boucourechliev, musique dont je suis content de savoir qu'elle existe (m&#234;me si je dois avouer ne pas &#233;prouver le besoin de la conna&#238;tre mieux, quelle que puisse &#234;tre son importance historique).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Donc &lt;i&gt;Arkipel&lt;/i&gt; c'est tr&#232;s chic, &#231;a permet de jouer discr&#232;tement la carte de l'exotisme et du d&#233;paysement (ici totalement usurp&#233;e, soyons clairs). Et puis c'est suffisamment vague pour qu'on puisse mettre un peu ce qu'on veut dedans : je laisse le soin &#224; nos-amis-les-musicologues de d&#233;crire combien ce titre correspond bien &#224; cette partition, dont le mouvement &#233;tal&#233; &#233;voque la mer au milieu de laquelle surgissent soudain des &#238;lots myst&#233;rieux et monumentaux, blablabla. (Pour avoir la suite, adressez-vous &#224; votre musicologue le plus proche. Consultation non rembours&#233;e.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; &lt;strong&gt;Largo&lt;/strong&gt; &#8212;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les mouvements lents, c'est nul. On s'ennuie. D'ailleurs, j'ai toujours proclam&#233; que ma premi&#232;re &lt;i&gt;vraie&lt;/i&gt; partition (le concerto pour piano que je dois terminer tr&#232;s bient&#244;t depuis un peu plus de vingt ans) sera uniquement constitu&#233;e d'un premier mouvement et d'un troisi&#232;me mouvement. Mais c'&#233;tait compter sans, depuis quelques ann&#233;es, ce penchant que je vois s'exprimer dans mes propres partitions &#224; mon corps d&#233;fendant, et que j'ai &lt;a href='http://url.oumupo.org/Premiere-Sonate-pour-piano' class=&#034;spip_in&#034;&gt;baptis&#233;&lt;/a&gt; le style &#034;vieux con&#034;. Donc voil&#224;, je me retrouve ici de nouveau avec un mouvement lent &#8212; toutefois pas aussi lent qu'il n'y para&#238;t, pour peu qu'on le compte &#224; la noire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai commenc&#233; par orthographier ce passage dans des mesures &#224; 9/4 ; puis, dans un &#233;lan pseudo-beethovenien, j'ai &#233;t&#233; tent&#233; de passer &#224; 9/8. Je suis finalement rest&#233; &#224; la noire, mais en red&#233;coupant tout &#224; 3/4 &#8212; ce qui me permet de ne pas accentuer trop syst&#233;matiquement les carrures de trois mesures, voire de les &#233;largir en y ajoutant une quatri&#232;me ou m&#234;me une cinqui&#232;me mesure lorsqu'un geste expressif le requiert.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La partition commence, donc, sur des battements en tierce mineure &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;mi-sol&lt;/code&gt;. Le mouvement ternaire est soulign&#233; discr&#232;tement ; le plus &lt;i&gt;nerd&lt;/i&gt; des auditeurs reconna&#238;tra peut-&#234;tre un ostinato rythmique que j'ai pomp&#233; sans vergogne &#224; une &lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/results?search_query=battlestar+galactica+passacaglia&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;musique embl&#233;matique&lt;/a&gt; d'une s&#233;rie t&#233;l&#233;vis&#233;e de science-fiction des ann&#233;es 2000. J'utilise ici cette formule (et plus loin ses diff&#233;rentes permutations possibles) dans un sens purement motorique, et non th&#233;matique ; elle est de toute fa&#231;on brouill&#233;e par l'usage syst&#233;matique de boucles m&#233;lodiques compl&#233;mentaires &#8212; pour le dire plus simplement, &#224; chaque fois qu'une voix fait &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;mi-sol&lt;/code&gt;, la voix d'&#224; c&#244;t&#233; fait &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;sol-mi&lt;/code&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce proc&#233;d&#233; est extr&#234;mement r&#233;pandu, et pourtant il ne laisse pas de m'&#233;merveiller, peut-&#234;tre parce qu'en tant que pianiste, je n'ai que de (trop) &lt;a href='http://url.oumupo.org/Ouverture' class=&#034;spip_in&#034;&gt;rares&lt;/a&gt; occasions de jouer en compagnie d'autres instruments identiques au mien. Cet &#233;merveillement sans doute na&#239;f (voire franchement b&#233;b&#234;te) impr&#232;gne ici toute la partition : non seulement dans les battements en tierces que l'on retrouvera un peu partout, mais aussi, par exemple, dans les accords en quartes superpos&#233;es entre les rep&#232;res &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;D&lt;/code&gt; et &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;E&lt;/code&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Outre ce proc&#233;d&#233; de compl&#233;mentarit&#233;, d'autres variables contribuent &#224; enrichir cette texture sonore sur deux notes : le mode de jeu (puisque des battements en tierce &#224; la contrebasse, pour peu qu'ils soient suffisamment aigus comme ici, peuvent &#234;tre jou&#233;s soit en alternant deux cordes soit sur une m&#234;me corde) et la diff&#233;rence d'accord entre les instruments : les deux contrebasses accord&#233;es en solistes (soit &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;fa#-si-mi-la&lt;/code&gt;) ont une harmonique naturelle sur la note &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;mi&lt;/code&gt;, et les deux contrebasses normales (accord&#233;es sur &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;mi-la-r&#233;-sol&lt;/code&gt;) sur la note &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;sol&lt;/code&gt;. Tout cela permet d'envisager un travail de finesse sur la qualit&#233; sonore de cette tierce, et ses variations possibles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le choix d'une tierce n'est pas forc&#233;ment &#233;vident &#224; assumer, car cet intervalle fait imm&#233;diatement signe vers le langage tonal (&#234;tre qualifi&#233; de &#034;compositeur tonal&#034; a longtemps &#233;t&#233; ma hantise, jusqu'&#224; ce qu'au terme d'une longue et douloureuse r&#233;flexion je sois parvenu &#224; la conclusion hautement nuanc&#233;e que : &lt;a href='http://url.oumupo.org/Ma-gentille-soupe' class=&#034;spip_in&#034;&gt;bon enfin zut quoi&lt;/a&gt;). En effet, il suffit de lui ajouter une note au-dessus ou au-dessous pour que notre tierce se transforme en accord parfait majeur ou mineur :&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_887 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://url.oumupo.org/local/cache-vignettes/L241xH62/document-preview-27-32f59.png?1772297505' width='241' height='62' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Certes, un accord parfait ne suffit pas pour que l'on puisse parler de langage tonal ; je souhaitais tout de m&#234;me &#233;viter de faire allusion explicitement &#224; toute &#233;criture trop caract&#233;ristique d'une p&#233;riode historique. Une strat&#233;gie possible, probablement pas la plus courageuse, est de &#034;noyer&#034; la tierce dans une harmonie d&#233;polaris&#233;e (atonale voire s&#233;rielle) ; une autre est de l'inclure dans un mode (octaviant ou non-octaviant), par exemple le mode &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;3-1-3-1-3-1&lt;/code&gt; que j'utilise de loin en loin depuis &lt;a href='http://url.oumupo.org/Trio' class=&#034;spip_in&#034;&gt;longtemps&lt;/a&gt;, et que l'on peut entendre ici bri&#232;vement entre les rep&#232;res &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;B&lt;/code&gt; et &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;C&lt;/code&gt;, puis plus loin au rep&#232;re &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;E&lt;/code&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En mati&#232;re d'&#233;chelles modales, une autre possibilit&#233; est de se servir tout simplement de l'&#233;chelle diatonique classique (autrement dit les touches blanches du piano, dont j'ai remarqu&#233; &lt;a href='http://url.oumupo.org/Seven-Sevens' class=&#034;spip_in&#034;&gt;r&#233;cemment&lt;/a&gt; que je me sers beaucoup ces derni&#232;res ann&#233;es), en essayant d'explorer les diff&#233;rents intervalles qu'elle permet d'obtenir, sans pour autant tomber dans des encha&#238;nements d'accords habituels (cadences, fonctions tonales etc.). Il est possible ainsi d'obtenir des c&#244;toiements et agr&#233;gats de notes par simples mouvements m&#233;lodiques sym&#233;triques, ce qui permet d'obtenir d'une fa&#231;on &#034;na&#239;ve&#034; des motifs plut&#244;t jolis et assez hypnotiques :&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_889 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://url.oumupo.org/local/cache-vignettes/L321xH74/document-preview-29-969b7.png?1772297505' width='321' height='74' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_888 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://url.oumupo.org/local/cache-vignettes/L222xH74/document-preview-28-005aa.png?1772297505' width='222' height='74' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;(Les deux exemples ci-dessus sont extraits de mon op&#233;ra &lt;i&gt;Affaire &#233;trang&#232;re&lt;/i&gt; ; j'ai utilis&#233; le m&#234;me genre d'&#233;criture pour la petite chanson de l'escargo&#233;land dans &lt;a href='http://url.oumupo.org/Sardinosaures' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&lt;i&gt;Sardinosaures&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, ainsi que dans un mouvement de symphonie que j'ai entam&#233; il y a quelques ann&#233;es.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me si les quatre parties sont ici d'une &#233;criture (et d'un niveau de difficult&#233;) tr&#232;s comparable, c'est &#224; la contrebasse I-1 (la &#034;premi&#232;re des premi&#232;res&#034;) que j'ai confi&#233;, tr&#232;s traditionnellement, les premi&#232;res interventions &#034;chant&#233;es&#034;, &#224; partir du rep&#232;re &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;A&lt;/code&gt;. L'&#233;criture elle-m&#234;me est ici extr&#234;mement conventionnelle :&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_890 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://url.oumupo.org/local/cache-vignettes/L403xH58/document-preview-30-9019c.png?1772297505' width='403' height='58' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;comme on peut le voir, le changement harmonique (que l'on pourrait d&#233;crire en simples termes m&#233;lodiques, comme une broderie descendante, tr&#232;s lente, de la note de basse) cr&#233;e un mouvement de tension et de d&#233;tente tr&#232;s classique que l'on pourrait m&#234;me d&#233;crire comme cadentiel s'il y avait des accords plus nettement d&#233;limit&#233;s). La m&#233;lodie quant &#224; elle, se dirige sur une longue appoggiature pr&#233;par&#233;e, puis revient &#224; son point de d&#233;part avec un retard. (Cette appoggiature est en fait celle que l'on entendra juste apr&#232;s, dans le motif th&#233;matique &#233;crit en valeurs plus br&#232;ves.) Je l'harmonise &#233;galement avec une construction en septi&#232;me, qui sonne ici comme un accord parfait mais qui est en fait la structure &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;quarte+triton=7eMaj&lt;/code&gt; (ou inversement) que j'utilise un peu partout depuis assez longtemps (par exemple au d&#233;but de ma premi&#232;re &lt;a href='http://url.oumupo.org/Premiere-Sonate-pour-piano' class=&#034;spip_in&#034;&gt;sonate pour piano&lt;/a&gt;, mais je me souviens m'en &#234;tre d&#233;j&#224; abondamment servi dans un morceau que j'avais &#233;crit &#224; l'&#226;ge de 10-11 ans ; &#224; l'&#233;poque je trouvais &#231;a follement original, et il semblerait bien que je n'ai pas eu d'id&#233;es nouvelles depuis).&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_891 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://url.oumupo.org/local/cache-vignettes/L129xH60/document-preview-31-ac482.png?1772297505' width='129' height='60' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;De cette fa&#231;on, je montre clairement de quelle fa&#231;on l'&#233;criture (et plus g&#233;n&#233;ralement, le dispositif s&#233;miotique) de la pi&#232;ce va fonctionner : avec des codes expressifs familiers et ordinaires dans la musique savante occidentale&#8230; mais o&#249; sont &#233;galement m&#234;l&#233;s des &#233;l&#233;ments un peu exotiques (le &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;fa&lt;/code&gt; naturel, qui pourrait &#233;voquer un langage plus ou moins modal &#8212; par exemple sur un &#034;mode de mi&#034;, anciennement dit &#034;phrygien&#034;) ou d&#233;stabilisants (le fait qu'il n'y ait pas d'accords clairement d&#233;limit&#233;s, mais une esp&#232;ce de trame sonore faite d'agr&#233;gats de notes tr&#232;s proches).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par fragments, je pr&#233;pare non seulement le motif m&#233;lodique qui va suivre, mais j'introduis &#233;galement un geste qui va m'&#234;tre utile par la suite (pour ne pas dire que je vais m'en repa&#238;tre comme un goret) : le silence abrupt en d&#233;but de mesure, interrompant soit une trame sonore (au rep&#232;re &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;B&lt;/code&gt;) soit m&#234;me un crescendo (rep&#232;re &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;C&lt;/code&gt;) et donnant une lev&#233;e pour repartir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; &lt;strong&gt;Scherzando&lt;/strong&gt; &#8212;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; partir de &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;C&lt;/code&gt;, l'&#233;criture change et met en valeur ce fameux motif th&#233;matique que j'ai r&#233;cup&#233;r&#233; de mon brouillon de 2003 :&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_892 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://url.oumupo.org/local/cache-vignettes/L398xH60/document-preview-32-e6a90.png?1772297505' width='398' height='60' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;C'est l&#224; que l'on voit que je suis un pur produit du conservatoire de Saint-Maur-des-Foss&#233;s : l'antre de l'esth&#233;tique franchouillarde moisie. En effet, l'on pourra constater que ce motif 1/ est rythm&#233; en valeurs ajout&#233;es (c'est-&#224;-dire une succession libre &#8212; pour ne pas dire informe &#8212; de battues &#224; 2 et 3 croches) et 2/ suit scrupuleusement une &#233;chelle modale &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;ton/demi-ton/ton/demi-ton&lt;/code&gt;, soit le c&#233;l&#232;bre mode n&#176;2 de notre &lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Olivier_Messiaen&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Olivier-Eug&#232;ne-Prosper-Charles&lt;/a&gt; national. &lt;i&gt;Damn.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&#224; encore, il va falloir tricher pour le faire oublier : je m'empresse de l'harmoniser avec des quartes, des quintes, bref tout sauf du triton. Quant &#224; la configuration rythmique, je veux &#224; tout prix &#233;viter les valeurs ajout&#233;es et les changements de mesure &#224; qui mieux mieux. Ce n'est pas que j'y sois hostile par principe (il m'est &lt;a href='http://url.oumupo.org/Danses-Kala' class=&#034;spip_in&#034;&gt;arriv&#233;&lt;/a&gt; d'utiliser &#231;a), mais l&#224; ce th&#232;me m'y pousse tellement ouvertement que &#231;a suffit &#224; me donner envie de ne pas me laisser faire, par pur esprit de contradiction. Toujours pour faire oublier cet aspect surann&#233; du &#034;mode 2&#034;, j'essaye de donner &#224; ce motif un caract&#232;re &lt;i&gt;scherzando&lt;/i&gt; (qu'il n'avait pas vraiment en 2003 ; j'esp&#232;re avoir acquis un peu de l&#233;g&#232;ret&#233; depuis, quoique cela me semble douteux) ; je soigne notamment l'&#233;criture instrumentale, par exemple en utilisant des coups d'archet un peu &lt;i&gt;saltando&lt;/i&gt; &#8212; ce n'est certainement pas le terme appropri&#233; mais vous aurez saisi l'intention.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je varie &#233;galement les dispositions : le motif est donn&#233; &#224; la contrebasse II-1, puis &#224; la contrebasse I-2, avant de s'installer &#224; la contrebasse II-2 qui a ainsi son premier solo bien m&#233;rit&#233;. Je trouve important de varier le plus possible les r&#244;les au sein du quatuor, m&#234;me s'il s'agit ici de quatre instruments (&#224; peu pr&#232;s) identiques : cela donne peut-&#234;tre une impression plus vive et plus diverse &#224; l'auditeur, mais surtout cela rend la partition moins monotone pour les ex&#233;cutants eux-m&#234;mes ! L'accompagnement varie &#233;galement : d'abord des quartes empil&#233;es, puis des quintes empil&#233;es (en &lt;i&gt;pizzicato&lt;/i&gt;), puis de nouveau des quartes mais cette fois ench&#226;ss&#233;es, lesquelles produisent une progression harmonique dont je me souviens avoir &#233;t&#233; assez content sur le moment. (Et pour cause : c'est l'un des rares endroits de cette partition o&#249; je me suis laiss&#233; aller &#224; mon penchant pour les techniques d'&#233;critures rationnelles et combinatoires.) Voici ce que j'avais not&#233; dans mon cahier &#8212; les chiffres ne se rapportent pas aux intervalles mais &#224; la structure rythmique :&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_893 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://url.oumupo.org/local/cache-vignettes/L500xH62/document-preview-33-bea79.png?1772298246' width='500' height='62' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#201;videmment, le fait d'utiliser autant l'intervalle de quarte est directement li&#233; au choix de l'instrument, la contrebasse &#233;tant &#8212; si je puis dire &#8212; la reine du jeu de quartes (&lt;a href=&#034;http://www.reactiongifs.com/r/scsc.gif&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;clap clap clap&lt;/a&gt;). Cependant les quartes ne servent ici qu'&#224; former diff&#233;rentes combinaisons de tierces mineures et majeures s&#233;par&#233;es par des secondes, non seulement entre elles mais aussi vis-&#224;-vis de l'octave juste qui les encadre. &#192; l'origine je voulais seulement explorer m&#233;thodiquement toutes les combinaisons possibles au sein d'une octave fixe ; ce n'est qu'en r&#233;alisant l'efficacit&#233; de cette progression que m'est venue ensuite l'id&#233;e de faire monter l'octave elle-m&#234;me progressivement (selon le bon vieux truc utilis&#233; par les pires chanteurs des ann&#233;es 1980 : quand tu n'as plus d'id&#233;es, monte d'un ton et rechante la m&#234;me chose). Du coup j'ai r&#233;&#233;crit tout cet endroit en mobilisant d'autres codes s&#233;miotiques qui indiquent clairement que la musique avance et se dirige quelque part : des variations de valeurs rythmiques en sym&#233;trie, des noires pour souligner le passage d'un accord &#224; l'autre ; jusqu'aux double-cordes r&#233;p&#233;t&#233;es du crescendo &#224; la fin, qui cr&#233;ent un petit effet &lt;i&gt;groovy&lt;/i&gt; tel qu'on trouve dans des musiques d'op&#233;ra ou de cin&#233;ma.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s qu'il s'agit d'&#233;criture musicale (mais c'est &#233;galement vrai de tout &#034;art s&#233;quentiel&#034;), l'enjeu est de n'&#234;tre ni trop pr&#233;visible ni trop incoh&#233;rent. Il faut rester &#233;conome en mati&#232;re d'effets, mais annoncer tout de m&#234;me suffisamment les &#233;v&#233;nements &#224; venir pour qu'ils ne semblent pas superflus lorsqu'ils adviennent enfin. Ici (au rep&#232;re &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;E&lt;/code&gt;), le &lt;i&gt;crescendo&lt;/i&gt; ne doit pas aboutir &#224; un p&#233;tage de plombs total, car nous sommes encore au d&#233;but de la pi&#232;ce ; cependant je veux introduire non seulement le premier vrai &lt;i&gt;forte&lt;/i&gt; de la partition, mais aussi la notion d'acc&#233;l&#233;ration rythmique. Je r&#233;utilise &#233;galement le proc&#233;d&#233; que j'ai baptis&#233; plus haut &#034;silence abrupt&#034;, en le soulignant deux fois pour qu'on comprenne bien que &#231;a va faire partie du dispositif de la pi&#232;ce.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; &lt;strong&gt;Boum boum&lt;/strong&gt; &#8212;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; ce stade, le monde merveilleux des tierces ayant &#233;t&#233; suffisamment explor&#233;, on peut passer &#224; autre chose. J'ai beau &#234;tre devenu un grand-gar&#231;on-maintenant, je sais toujours appr&#233;cier les joies simples de la vie : quand je vois un objet volumineux et manifestement creux &#224; l'int&#233;rieur, j'ai envie de taper dessus pour voir ce que &#231;a fait. Et comme j'ai cru que les contrebassistes partageaient cette envie (&#224; tort, semble-t-il : ils rechignent &#224; endommager leur instrument pr&#233;cieux et on&#233;reux, allez comprendre), je me suis dit qu'on allait pouvoir s'amuser. Apr&#232;s tout, n'importe quel guitariste de flamenco/fandango/fado (?) a l'habitude de faire des percussions sur son instrument ; pourquoi ce plaisir ne devrait-il pas &#234;tre partag&#233; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai donc mis en place une batterie sommaire (dix lignes de boum, &lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/results?search_query=%22le%C3%A7on%20de%20guitare%20sommaire%22&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;dix lignes&lt;/a&gt; de clong) en notant des rythmes devant &#234;tre frapp&#233;s sur le corps de la contrebasse, ainsi que (pour la contrebasse II-2) sur le cordier avec le bois de l'archet. Las, les interpr&#232;tes de ma premi&#232;re lecture en janvier 2017 ont pr&#233;f&#233;r&#233; taper du pied sur le sol (qui ne leur avait pourtant rien fait). Tant pis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;criture est ici purement homorythmique ; on retrouve le syst&#232;me des respirations abruptes et des &#233;lans interrompus. J'avais envie d'utiliser un langage plus d&#233;polaris&#233; mais pas trop non plus (pour garder la possibilit&#233; de partir toujours d'une m&#234;me note &#034;p&#233;dale&#034; dans le grave) ; plut&#244;t que d'utiliser un mode double-octaviant comme je fais parfois, j'ai eu l'id&#233;e de m'arr&#234;ter &#224; 23 demi-tons (c'est-&#224;-dire juste en-dessous d'une double-octave). J'ai donc bricol&#233; diverses &#233;chelles &#224; partir de toutes les combinaisons de deux entiers (deux intervalles) permettant d'atteindre le nombre 23 :&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_894 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://url.oumupo.org/local/cache-vignettes/L500xH110/document-preview-34-ad06a.png?1772298246' width='500' height='110' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#201;videmment je suis le seul &#224; le savoir, et &#231;a ne s'entend pas. Mais cela suffit &#224; me consoler.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#199;a s'entend d'autant moins que je me suis servi de ce passage pour proc&#233;der &#224; une &lt;i&gt;autre&lt;/i&gt; exp&#233;rience amusante : je fais ici jouer aux deux cat&#233;gories de contrebasse (accord&#233;es, on l'a vu, &#224; un ton d'&#233;cart) les &lt;i&gt;m&#234;mes notes&lt;/i&gt;, ce qui r&#233;sulte donc en une s&#233;rie de secondes majeures parall&#232;les ; &#231;a sonne pas propre mais &#231;a fait du p&#226;t&#233; et j'aime bien. Par contre je m'attendais &#224; une masse sonore impressionnante sur l'accord &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;mi-fa#&lt;/code&gt; produit par les deux cordes &#224; vide les plus graves ; le r&#233;sultat est assez d&#233;cevant. D'une fa&#231;on g&#233;n&#233;rale, ce passage est celui qui fonctionne le moins bien (ainsi que la descente au rep&#232;re &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;N&lt;/code&gt; sur laquelle je reviendrai) ; il n'est pas exclu que ce soit un peu diff&#233;rent avec davantage de r&#233;p&#233;titions de la part des interpr&#232;tes, mais il me faudra de toute fa&#231;on accepter la diff&#233;rence entre ce que j'avais imagin&#233; th&#233;oriquement, et la r&#233;alit&#233; du ph&#233;nom&#232;ne sonore.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; &lt;strong&gt;&#034;Les oiseaux&#034;&lt;/strong&gt; &#8212;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sans surprise en effet, de m&#234;me que le prisonnier recr&#233;e un monde dans le cachot qui l'entoure, apr&#232;s quelques semaines pass&#233;es en compagnie de mes quatre contrebasses imaginaires, lesdites contrebasses &#233;taient devenues un v&#233;ritable orchestre dans ma t&#234;te ; ce qui me conduit &#224; des gestes symphoniques plus ou moins incongrus. Ainsi dans le passage de &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;H&lt;/code&gt; &#224; &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;J&lt;/code&gt; (par tradition, LilyPond &lt;a href=&#034;http://lilypond.org/doc/latest/Documentation/notation/bars.fr.html#rehearsal-marks&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;n'utilise pas la lettre I&lt;/a&gt;) que j'imaginais anim&#233; d'un souffle &#233;pique (m&#234;me &#224; l'aide de double-cordes), les malheureux contrebassistes &#224; qui je demande de remplacer 80 violons, 20 altos et autant de violoncelles, n'en peuvent mais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'exemple le plus frappant toutefois, est constitu&#233; par le passage pr&#233;c&#233;dent en suraigus &#224; partir de &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;G&lt;/code&gt;, puis toutes ses r&#233;p&#233;titions : non seulement les aigus de la contrebasse n'ont pas, dans la vraie vie, l'ampleur n&#233;cessaire pour se pr&#234;ter &#224; ce genre d'&#233;criture &lt;i&gt;fortissimo&lt;/i&gt;, mais la malheureuse contrebasse I-2 qui est charg&#233;e de tenir &#224; elle seule le r&#244;le d'un pupitre de trompettes, peine &#224; se faire entendre. Ceci pour ne rien dire des mont&#233;es &#233;clat&#233;es en triolets de double-croches, que j'avais r&#234;v&#233; comme des moments de virtuosit&#233; enivrante et n'ont &#233;t&#233;, lors de la premi&#232;re lecture du moins, que de brefs (mais embarrassants) moments de solitude d&#233;sempar&#233;e. L&#224; encore, peut-&#234;tre qu'un quatuor tr&#232;s soud&#233; et habitu&#233; &#224; jouer ensemble s'en sortirait diff&#233;remment &#8212; mais j'en doute. C'est l'&#233;criture elle-m&#234;me qui &#233;tait risqu&#233;e, et tout le monde en paye ici le prix. Tant pis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je noterais toutefois qu'il m'est arriv&#233; une anecdote &#233;tonnante : le lendemain de cette lecture en public, j'ai crois&#233; un auditeur (contrebassiste lui-m&#234;me) qui y avait assist&#233;. Il m'a non seulement adress&#233; de nombreux &#233;loges (dont je ne savais trop que penser), mais le passage qu'il a &#233;voqu&#233; sp&#233;cifiquement, celui qui lui avait laiss&#233; la plus forte impression, &#233;tait celui-l&#224;. &#034;C'est extraordinaire&#034;, me dit-il, &#034;on croirait entendre des oiseaux.&#034; (Tout d&#233;pend de la sorte d'oiseaux, ai-je &#233;t&#233; tent&#233; de r&#233;pondre &#8212; mais il l'envisageait manifestement comme un compliment et je n'ai pu que baragouiner un vague merci.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; &lt;strong&gt;Fugato&lt;/strong&gt; &#8212;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'origine de ce projet, j'avais souhait&#233; faire une partition de 12 minutes (fid&#232;le &#224; mes obsessions, je me disais que c'&#233;tait la dur&#233;e minimale pour &#234;tre pris au s&#233;rieux) ; en allant &#224; 100 pulsations par minute, il fallait donc que la dur&#233;e totale soit de 1200 temps &#8212; c'est notamment une raison (plus embarrassante) pour laquelle je me suis interdit d'&#233;crire des rythmes par valeurs ajout&#233;es dans des mesures &#224; &lt;i&gt;n&lt;/i&gt;/8 : je voulais, tout b&#234;tement, pouvoir compter mes temps sans trop me compliquer la vie. Ainsi, j'ai not&#233; dans mon cahier que le point culminant (ici indiqu&#233; par le rep&#232;re &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;G&lt;/code&gt;) se situait exactement &#224; 300 temps apr&#232;s le d&#233;but, et que le passage fugu&#233; (l'&#233;quivalent aujourd'hui du rep&#232;re &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;J&lt;/code&gt;) exactement 100 temps plus loin &#8212; soit, dans mon sch&#233;ma d'origine, au tiers de la partition.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si le petit passage de &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;J&lt;/code&gt; &#224; &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;L&lt;/code&gt; est &#233;galement marqu&#233; par cette d&#233;mesure symphonisante et irr&#233;aliste que j'&#233;voquais &#224; l'instant, le d&#233;marrage en entr&#233;es fugu&#233;es ne d&#233;marre pas trop mal cependant. Il est construit &#224; partir d'une version acc&#233;l&#233;r&#233;e du motif th&#233;matique pr&#233;sent&#233; pr&#233;c&#233;demment, d&#233;velopp&#233;e pour d&#233;boucher sur une succession de double-croches passant par les douze sons de l'&#233;chelle chromatique totale). La s&#233;rie que j'ai bricol&#233;e pour ce passage (avec seulement un triton, qui me servira de point de rep&#232;re pour synchroniser les s&#233;ries quelques mesures plus loin) s'inspire en fait largement de mon mode double-octaviant &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;1-2-3-2-1&lt;/code&gt; &lt;a href='http://url.oumupo.org/Concertino' class=&#034;spip_in&#034;&gt;pr&#233;f&#233;r&#233;&lt;/a&gt; :&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_895 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://url.oumupo.org/local/cache-vignettes/L338xH76/document-preview-35-b84fa.png?1772297505' width='338' height='76' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Chaque entr&#233;e se fait une sixte mineure au-dessus (c'est-&#224;-dire 8 demi-tons, pour un total de 24 demi-tons soit deux octaves pile). L'ordre des entr&#233;es refl&#232;te la fa&#231;on dont j'ai voulu envisager l'organisation du quatuor tout au long de la partition : non pas quatre contrebasses d'un seul bloc, mais deux pupitres de deux contrebasses chacun. Enfin, les quatre mesures pr&#233;c&#233;dant le rep&#232;re &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;K&lt;/code&gt; sont para&#238;t-il tr&#232;s difficiles &#224; jouer (peut-&#234;tre en raison du s&#233;rialisme et des lignes bris&#233;es) ; j'avais envisag&#233; un crescendo vraiment impressionnant, mais je ne suis pas s&#251;r que (m&#234;me tr&#232;s bien jou&#233;) le r&#233;sultat soit &#224; la hauteur de mon projet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; &lt;strong&gt;Largo non troppo&lt;/strong&gt; &#8212;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce passage est en fait destin&#233; &#224; &#234;tre jou&#233; un peu plus lentement que le d&#233;but. (Ce n'est pas tr&#232;s clair dans ma formulation, mais les instrumentistes le devineront peut-&#234;tre ?)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je me faisais la r&#233;flexion l'autre soir : fr&#233;quenter &#224; la fois Thierry Barb&#233; (et son go&#251;t pour les &lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=su3l4pJqlsk&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;longues phrases romantiques bien d&#233;goulinantes&lt;/a&gt;) et Tom Johnson (et son aust&#233;rit&#233; math&#233;matique &lt;a href='http://url.oumupo.org/Seven-Sevens' class=&#034;spip_in&#034;&gt;forcen&#233;e&lt;/a&gt;) est assez symptomatique de l'&#233;tat de tension quasi-schizophr&#233;nique dans laquelle j'erre avec ind&#233;cision, sur le plan esth&#233;tique. En voici un exemple ici, puisque, alors que j'avais commenc&#233; &#224; travailler sur cette pi&#232;ce en mobilisant tout l'appareil de proc&#233;d&#233;s rationnels et de combinaisons algorithmiques dont je me sers d'habitude, j'ai fini par prendre le parti exactement inverse : m'obliger &#224; ne pas laisser l'intellectualisme primer sur l'expressivit&#233;. En un mot, ne pas avoir peur d'&#233;crire de la &#034;musique facile&#034; &#8212; puisque je suis aujourd'hui un Grand Gar&#231;on&#8482; qui n'a plus &#224; faire ses preuves. (Peut-&#234;tre qu'en le r&#233;p&#233;tant suffisamment souvent, je finirai m&#234;me par y croire.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De fait, renoncer &#224; cette rigueur formelle m'a &#233;galement oblig&#233; &#224; reprendre tout ce que j'avais r&#233;dig&#233; jusque l&#224; pour laisser respirer davantage la musique, en espa&#231;ant davantage les &#233;v&#233;nements (car l'&#233;criture trop dense est un de mes gros d&#233;fauts), et en ajoutant des mesures ou des temps suppl&#233;mentaires un peu partout. Quant aux pages qui me restaient &#224; &#233;crire (&#224; partir du rep&#232;re &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;L&lt;/code&gt;), je ne les ai m&#234;me pas travaill&#233;es dans mon cahier et les ai directement improvis&#233;es, voix par voix, dans mon &#233;diteur de code source. L'&#233;criture en est sans doute nettement plus libre, m&#234;me si j'esp&#232;re que cela ne se remarquera pas trop car l'on y retrouve les &#233;l&#233;ments du d&#233;but, quoique de fa&#231;on moins motorique : battements en tierce (et m&#234;me &#8212; grand moment ! &#8212; des tierces majeures), phrase m&#233;lodique &#233;tir&#233;e avec appogiatures, etc. Les petites interventions en &lt;i&gt;pizzicato&lt;/i&gt; sur des quartes apportent un arri&#232;re-plan joli, quoique gu&#232;re imaginatif (il s'agit des cordes &#224; vide et harmoniques naturelles de la contrebasse).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au bout d'un moment, j'utilise des dispositions diff&#233;rentes, toutes tir&#233;es de la panoplie incontournable de l'&#233;criture pour quatuor &#224; cordes : duo &#224; l'octave, et m&#234;me unisson g&#233;n&#233;ral des quatre voix. Ainsi, la phrase pr&#233;sent&#233;e au rep&#232;re &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;M&lt;/code&gt; est jou&#233;e &#224; l'identique sur quatre octaves, pr&#233;sentant toute la tessiture de l'instrument d'une fa&#231;on assez solennelle et hi&#233;ratique : je ne m'autorise gu&#232;re ce genre de gestes car cela demande de se prendre franchement au s&#233;rieux &#8212; non que je ne me prenne pas du tout au s&#233;rieux moi-m&#234;me (si je suis tout &#224; fait honn&#234;te), mais je n'aime pas que cela se remarque. L'&#233;criture de cette phrase est compl&#232;tement improvis&#233;e, m&#234;me si l'observateur attentif notera peut-&#234;tre que derri&#232;re cette impression de calme et d'assurance, je suis en fait en train de man&#339;uvrer fr&#233;n&#233;tiquement comme un novice &#224; qui l'on donne pour la premi&#232;re fois les commandes d'un simulateur de vol : &#034;&lt;i&gt;aah, non ! remonte, REMONTE !&lt;/i&gt;&#034; Ce que j'essaye d'&#233;viter ainsi n'est pas un obstacle sur mon parcours, mais, encore une fois, de me retrouver enferm&#233; dans le &#034;mode 2&#034;. Du coup cela cr&#233;e des mouvements chromatiques un peu dans l'esprit des partitions les plus intellectuelles de Bart&#243;k ; en tout cas si jamais c'est l'impression que &#231;a donne, je pourrai m'en satisfaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La grande descente au rep&#232;re &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;N&lt;/code&gt; &#233;tait &#224; l'origine &#233;crite enti&#232;rement &lt;i&gt;fortissimo&lt;/i&gt; ; j'ai essay&#233; d'affiner les nuances pour me pr&#233;tendre plus fin que je ne le suis, et le r&#233;sultat ne me pla&#238;t finalement pas. Elle aboutit toutefois &#224; un accord tout b&#234;te mais que j'aime beaucoup (je l'avais utilis&#233; &lt;a href='http://url.oumupo.org/Concertino' class=&#034;spip_in&#034;&gt;autrefois&lt;/a&gt;) et dont je profite ici car je ne peux gu&#232;re l'employer lorsque j'&#233;cris pour piano :&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_896 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://url.oumupo.org/local/cache-vignettes/L86xH53/document-preview-36-85253.png?1772297505' width='86' height='53' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s avoir tourn&#233; autour deux ou trois fois, je r&#233;introduis des battements &#224; l'int&#233;rieur (rep&#232;re &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;O&lt;/code&gt;), ce qui me permet en fait de proc&#233;der &#224; une v&#233;ritable R&#233;-Exposition en bonne et due forme, comme dans un morceau du XVIII&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et l'on retrouve le petit accord quarte/triton que j'aime bien, cette fois transpos&#233; pour correspondre r&#233;ellement aux touches blanches du piano (comme dans ma premi&#232;re &lt;a href='http://url.oumupo.org/Premiere-Sonate-pour-piano' class=&#034;spip_in&#034;&gt;sonate&lt;/a&gt;). En fait c'est ce moment-ci que j'avais pr&#233;vu d&#232;s le d&#233;but et que je pr&#233;parais tout &#224; l'heure dans l'exposition : comme au XVIII&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt;, vous dis-je.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_897 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://url.oumupo.org/local/cache-vignettes/L129xH53/document-preview-37-92e94.png?1772297505' width='129' height='53' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Alors certes, le fait de faire entendre la phrase m&#233;lodique sur un &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;si&lt;/code&gt; au moment m&#234;me o&#249; il y a des battements sur &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;mi-sol&lt;/code&gt;, pourrait facilement nous donner l'impression d'un contexte harmonique purement tonal. J'esp&#232;re &#234;tre ici parvenu &#224; proposer quelque chose d'un peu moins convenu et plus int&#233;ressant ; en tout cas l'&#233;criture tr&#232;s diatonique (sans &#234;tre n&#233;cessairement polaris&#233;e pour autant) me permet d'amener des phrases objectivement tr&#232;s dissonantes, comme par exemple entre &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;P&lt;/code&gt; et &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;Q&lt;/code&gt; (hi hi hi, &#034;PQ&#034;), de fa&#231;on expressive et pas brutale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les mont&#233;es/descentes de la fin sont une id&#233;e qui m'est venue comme &#231;a, un jour. &#199;a ne ressemble &#224; rien de ce qui a pr&#233;c&#233;d&#233;, et c'est justement ce qui m'a s&#233;duit &#8212; finir d'une fa&#231;on un peu &#233;trange et d&#233;concertante, presque comme un gag :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;
&lt;br /&gt;&#8212; Question ?&lt;br class='manualbr' /&gt;&#8212; R&#233;ponse.&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;i&gt;[un moment s'&#233;coule]&lt;/i&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&#8212; Question ??&lt;br class='manualbr' /&gt;&#8212; R&#233;ponse.&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;i&gt;[un moment s'&#233;coule]&lt;/i&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&#8212; (Question ?)&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;i&gt;[fin.]&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Il m'a sembl&#233; encore plus &#233;nigmatique de jouer ces phrases en &lt;i&gt;pizzicato&lt;/i&gt; ; lorsque je les ai entendues en vrai pour la premi&#232;re fois cependant, il m'a sembl&#233; que l'effet comique &#233;tait largement sup&#233;rieur &#224; ce que j'avais pr&#233;vu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui ne me d&#233;range pas, d'ailleurs : j'aime que la musique fasse rire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me si &#231;a requiert sans doute, en l'esp&#232;ce, un sens de l'humour quelque peu idiosyncratique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et encore : j'ajoute &#034;-syncratique&#034; parce que je suis gentil.&lt;/p&gt;
&lt;/bloc&gt;
&lt;p&gt;Bonne lecture !&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;i&gt;Valentin.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Seven Sevens</title>
		<link>http://url.oumupo.org/Seven-Sevens</link>
		<guid isPermaLink="true">http://url.oumupo.org/Seven-Sevens</guid>
		<dc:date>2017-01-08T21:25:12Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Valentin Villenave</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;Cette partition conceptuelle (qui est en fait la simple traduction d'une s&#233;rie de probl&#232;mes arithm&#233;tiques due &#224; Georges Perec) a &#233;t&#233; r&#233;dig&#233;e en novembre 2016 pour l'anniversaire de Tom Johnson, grand compositeur am&#233;ricain ayant r&#233;cemment rejoint l'&lt;a href=&#034;http://oumupo.org&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Oumupo&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="http://url.oumupo.org/-Pieces-instrumentales-" rel="directory"&gt;Pi&#232;ces instrumentales&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Cette partition conceptuelle (qui est en fait la simple traduction d'une s&#233;rie de probl&#232;mes arithm&#233;tiques due &#224; Georges Perec) a &#233;t&#233; r&#233;dig&#233;e en novembre 2016 pour l'anniversaire de Tom Johnson, grand compositeur am&#233;ricain ayant r&#233;cemment rejoint l'&lt;a href=&#034;http://oumupo.org&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Oumupo&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'exp&#233;rience ici pr&#233;sent&#233;e est un peu inhabituelle pour moi : il s'agit d'une partition purement conceptuelle, qui n'a (&#224; ma connaissance) jamais &#233;t&#233; jou&#233;e et n'est d'ailleurs pas destin&#233;e &#224; l'&#234;tre. Elle n'existe que sous forme manuscrite, et je n'ai eu que le temps de la photographier h&#226;tivement apr&#232;s l'avoir offerte &#224; son d&#233;dicataire, le compositeur am&#233;ricain &lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Tom_Johnson_(compositeur)&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Tom Johnson&lt;/a&gt;. (Dans les photos d&#233;taill&#233;es, l'on pourra d'ailleurs voir quelques bouts de la nappe de sa table &#224; manger.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;tt&gt;&lt;pdf883&gt;&lt;/tt&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_883 spip_document spip_documents spip_document_file spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;60&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href='http://url.oumupo.org/IMG/pdf/seven_sevens.pdf' class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='PDF - 8.7 Mio' type=&#034;application/pdf&#034;&gt;&lt;img src='http://url.oumupo.org/local/cache-vignettes/L64xH64/pdf-e9ff2.svg?1772294780' width='64' height='64' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Seven Sevens
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;Licence Art Libre &#169; Valentin Villenave, 2016.
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class='spip_document_884 spip_document spip_documents spip_document_file spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;37&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href='http://url.oumupo.org/IMG/zip/seven_sevens.zip' class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='Zip - 14.5 Mio' type=&#034;application/zip&#034;&gt;&lt;img src='http://url.oumupo.org/local/cache-vignettes/L64xH64/zip-4e942.svg?1772295714' width='64' height='64' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Seven Sevens (photographies brutes)
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;V&#233;ritable pastiche oumupien (Tom ayant r&#233;cemment accept&#233; de rejoindre l'&lt;a href=&#034;http://oumupo.org/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Oumupo&lt;/a&gt; que j'ai refond&#233; et que j'anime depuis 2011), cette partition ne doit pas &#234;tre prise trop au s&#233;rieux, sauf peut-&#234;tre &#224; un &#233;gard : elle est en fait la stricte traduction sous forme musicale&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Il serait amusant, d'ailleurs, de s'interroger &#224; ce titre sur le statut de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; des solutions propos&#233;es par &lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Georges_Perec&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Georges Perec&lt;/a&gt; &#224; un probl&#232;me arithm&#233;tique qu'il avait lui-m&#234;me imagin&#233; :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;En utilisant 7 fois le chiffre 7, pas une fois de plus, pas une fois de moins, et les signes math&#233;matiques les plus usuels, &#233;crire les nombres de 1 &#224; &lt;i&gt;n&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Historique&lt;/h2&gt;&lt;bloc&gt;
&lt;center&gt;[Cliquez pour d&#233;plier.]&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Georges Perec&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De tous les &#233;crivains de l'&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Ouvroir_de_litt%C3%A9rature_potentielle&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Oulipo&lt;/a&gt;, aucun n'est plus connu (&#224; juste titre, sans aucun doute) que Georges Perec. Sa renomm&#233;e a &#233;clips&#233; celle du co-fondateur de l'ouvroir (Raymond Queneau) et, bien plus encore, de son concepteur initial (Fran&#231;ois Le Lionnais, &#224; qui j'ai d'ailleurs r&#233;cemment consacr&#233; un &lt;a href=&#034;http://oumupo.org/podcast/?name=mupod1.mp3&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;podcast&lt;/a&gt;). On lui consacre des traductions, des &#233;missions, des colloques, en veux-tu en voil&#224; &#8212; ce qui ne laisse pas de me chagriner car j'ai toujours nourri le r&#234;ve (secret et embarrassant) d'&#234;tre moi-m&#234;me le plus inconditionnel des fans de Perec : il est, &#224; mon sens, l'&#233;crivain fran&#231;ais le plus essentiel de ces deux derniers si&#232;cles, voire (les jours o&#249; je suis grincheux) tout simplement le &lt;i&gt;seul&lt;/i&gt; auteur du XX&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle qui m&#233;rite d'&#234;tre mentionn&#233;. Or voil&#224; : au-del&#224; de ses livres les plus connus (que je n'ai d'ailleurs m&#234;me pas tous lus, du moins pas en entier), son &#339;uvre comprend des objets fort vari&#233;s, souvent inattendus, et parfois compl&#232;tement oubli&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, ma femme m'offrit l'ann&#233;e derni&#232;re &#8212; pour mon propre anniversaire &#8212; un petit &lt;a href=&#034;http://www.zulma.fr/livre-poche-nouveaux-jeux-interessants-572094.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;recueil&lt;/a&gt; (d'une centaine de pages &#224; peine) o&#249; sont regroup&#233;s des jeux que Perec con&#231;ut entre 1981 et 1982 pour le magazine &lt;a href=&#034;http://www.jeuneafrique.com/qui-sommes-nous/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Jeune Afrique&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;. Il s'agit ici de la toute fin de sa vie (les derniers de ces jeux sont envoy&#233;s par Jacques Bens en f&#233;vrier 1982, et Perec mourra le 3 mars). Parmi les jeux propos&#233;s, se trouve cette s&#233;rie de &#034;Avec sept &#8220;7&#8221;&#034;, dont l'&#233;nonc&#233; figure plus haut ; il s'agit d'un jeu math&#233;matique relativement classique (on en trouve par exemple une variante avec &lt;a href=&#034;https://en.wikipedia.org/wiki/Four_fours&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;quatre 4&lt;/a&gt;), m&#234;me si le nombre 7 fait &#233;videmment partie des nombres qu'affectionne Perec (de m&#234;me que 11 ou 43, pour des raisons plus personnelles).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai regard&#233; attentivement ce petit livre (non sans me reporter abondamment et honteusement aux pages de solutions incluses vers la fin), puis l'ai rang&#233; et n'y ai plus pens&#233;. Jusqu'&#224; ce que...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Tom qui ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsque j'ai fond&#233; l'&lt;a href=&#034;http://oumupo.org&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Oumupo&lt;/a&gt; actuel en 2011, je connaissais vaguement l'existence d'un compositeur am&#233;ricain du nom de Tom Johnson ; je n'avais sans doute rien entendu de lui, mais je connaissais de nom quelques-unes de ses exp&#233;riences musicales. Des titres tels que &lt;i&gt;The Four Notes Opera&lt;/i&gt; ne pouvaient que m'&#234;tre sympathiques, m&#234;me si je les imaginais cantonn&#233;s aux ann&#233;es 1960-70, et ne me posais de ce fait aucune autre question. Du reste, les exemples d'influences oumupiennes, historiques ou actuelles, ne manquaient pas (et si j'avais d&#251; y mentionner Tom Johnson, je l'aurais sans doute fait parmi celles-l&#224; plut&#244;t que parmi celles-ci).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or quelques mois plus tard, j'eus la surprise de constater (je n'aurais pas &#233;t&#233; surpris si j'avais fait mes devoirs au pr&#233;alable, mais ne sous-estimons jamais mon degr&#233; d'amateurisme) que le d&#233;nomm&#233; Tom Johnson
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &#233;tait encore en vie
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &#233;tait encore en activit&#233;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; se trouvait en France en ce moment&lt;br class='manualbr' /&gt;(j'appris plus tard qu'il vivait en fait &#224; Paris depuis trente ans)
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; et &#233;tait l'invit&#233; de l'Oulipo lors de la &lt;a href=&#034;http://www.bnf.fr/fr/evenements_et_culture/anx_conferences_2012/a.c_120209_oulipo.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;lecture publique du jeudi 9 f&#233;vrier 2012&lt;/a&gt;, de 19 heures &#224; 20 heures.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8220;Tiens&#8221;, me dis-je. &#8220;Peut-&#234;tre serait-il int&#233;ressant d'y assister, pour une fois, plut&#244;t que d'arriver &#224; 19h58 pour pouvoir faire semblant d'avoir &#233;t&#233; pr&#233;sent tout le long, et aller ensuite manger (voracement) une pizza avec les habitu&#233;s du public.&#8221;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le jour venu, je me pr&#233;parai &#224; l'avance. Longuement. Et j'arrivai, consciencieusement, non pas &#224; 19h58.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais &#224; 19h55.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(Je vous le disais : ne sous-estimons &lt;i&gt;jamais&lt;/i&gt; mon degr&#233; d'ind&#233;crottable amateurisme.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'eus tout au plus le temps d'entendre ledit Tom Johnson pr&#233;senter l'une de ses exp&#233;riences, puis la jouer au piano &#8212; une phrase unique, r&#233;p&#233;t&#233;e chaque fois un peu plus longuement, des m&#233;andres s'y ajoutant de fa&#231;on presque envo&#251;tante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8220;Tiens&#8221;, me dis-je.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Tom Johnson&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tom Johnson est un authentique compositeur minimaliste am&#233;ricain. Le mouvement &lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Musique_minimaliste&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;minimaliste&lt;/a&gt; &#8212; parfois aussi d&#233;nomm&#233;, non sans raison, &#034;musique r&#233;p&#233;titive&#034; &#8212; est un courant de la deuxi&#232;me moiti&#233; du XX&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle (on l'associera parfois aux s&#233;rigraphies du &lt;i&gt;Pop Art&lt;/i&gt;, et il est vrai qu'il partage avec cet autre courant un certain aspect accessible, voire facile ou branch&#233;). &#192; une &#233;poque o&#249; l'Europe s'engluait passablement dans l'hyper-complexit&#233;, le s&#233;rialisme int&#233;gral et le boul&#233;zianisme galopant, ce courant a fourni une fa&#231;on de recycler les &#233;l&#233;ments musicaux du pass&#233; (notes, harmonies) dans une approche s&#233;duisante, accessible &#224; un large public et en m&#234;me temps tr&#232;s moderne (d'aucuns diraient &#034;post-moderne&#034;) pour l'&#233;poque.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et pourtant : force nous est de reconna&#238;tre que, pass&#233; l'emballement que provoquent quelques &#339;uvres de jeunesses de Steve Reich (surtout) et Philip Glass (un peu), ces objets musicaux &lt;i&gt;vieillissent assez mal&lt;/i&gt;. D'ailleurs, les ci-devants compositeurs r&#233;p&#233;titifs eux-m&#234;me ont tr&#232;s rapidement renonc&#233; aux aspects les plus exp&#233;rimentaux de leur d&#233;marche, et se sont retrouv&#233;s enti&#232;rement dig&#233;r&#233;s dans l'&#233;norme machine des prescripteurs industriels et politiques &lt;i&gt;mainstream&lt;/i&gt; qui cherche constamment &#224; l&#233;gitimer comme &#034;savants&#034; et &#034;contemporains&#034; des objets artistiques en r&#233;alit&#233; essentiellement r&#233;actionnaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or voil&#224; : Tom Johnson est exactement de la g&#233;n&#233;ration de ces gens-l&#224; (il est m&#234;me leur camarade de tranch&#233;e, &#224; l'origine) &#8212; et pourtant : lui, n'a &lt;i&gt;absolument rien perdu&lt;/i&gt; de sa radicalit&#233;. Au contraire : il s'est &#233;lev&#233;, au fil des d&#233;cennies, vers une qu&#234;te presque platonicienne o&#249; les contingences de la musique n'existent plus : seul compte le &lt;i&gt;principe g&#233;n&#233;rateur&lt;/i&gt;, qu'il s'agisse d'un automate algorithmique, d'une formule ou d'une d&#233;marche intellectuelle. L'objet se d&#233;ploie de lui-m&#234;me, et l'auteur ne cherche qu'&#224; le mettre en valeur (sans artifices ni roublardise), voire se limite &#224; un simple r&#244;le de t&#233;moin na&#239;f. Il s'agit donc de musique conceptuelle, mais &#8212; plus &#233;tonnant encore &#8212; d'une musique conceptuelle qui vieillit &lt;i&gt;exceptionnellement bien&lt;/i&gt; ; peut-&#234;tre parce que l'humour y est parfois perceptible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De tout cela, les derniers instants de la conf&#233;rence du 9 f&#233;vrier 2012 m'ont suffi pour avoir l'intuition. Alors que le public progressait vers la sortie, je descendis vers la sc&#232;ne &#224; la rencontre de ce vieux monsieur auquel plus personne ne semblait s'int&#233;resser ; me pourvoyant mentalement de mon masque souriant pour dissimuler tout ce que ce moment avait d'embarrassant, je lui serrai la main en livrant quelques formules convenues de salutations &#233;logieuses. (C'est alors qu'il m'apprit qu'il vivait en fait &#224; Paris, o&#249; il avait m&#234;me fond&#233; sa propre &lt;a href=&#034;http://editions75.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;maison d'&#233;dition&lt;/a&gt;.) Pas un instant ne me vint la tentation de lui parler de l'Oumupo, qui ne comptait alors que deux membres et n'avait pas la moindre existence officielle, en-dehors de son site Web cod&#233; par mes soins. (Non que la situation soit si diff&#233;rente aujourd'hui.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un mois plus tard, pourtant (lors de la soir&#233;e suivante de l'Oulipo le jeudi 22 mars 2012), l'Oumupo (fort d&#233;sormais de trois membres !) faisait ses d&#233;buts en public. Et dans nos discussions subs&#233;quentes revint d&#232;s lors, chaque ann&#233;e, la m&#234;me question : &#034;au fait, quand est-ce qu'on se d&#233;cidera &#224; proposer &#224; Tom Johnson de nous rejoindre&#034; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Tom Johnson &#224; l'Oumupo&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2016, notre membre le plus r&#233;cent (mais pas le moins sympathique, malgr&#233; sa suj&#233;tion &#224; l'&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Institut_de_recherche_et_coordination_acoustique/musique&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Ircam&lt;/a&gt;), Moreno Andreatta, mentionna qu'il connaissait bien Tom Johnson, pour l'avoir invit&#233; &#224; ses sauteries universitaires &#224; th&#232;me &#034;maths et musique&#034;. Il proposa de faire l'entremise ; je l'acceptai apr&#232;s quelques ultimes tergiversations, non sans garder conscience de l'arrogance de notre d&#233;marche : en mati&#232;re d'&#233;criture musicale sous contraintes, l'Oumupo que j'avais voulu (re)lancer n'&#233;tait qu'un pi&#232;tre essai de r&#233;inventage de roue en comparaison de la carri&#232;re toute enti&#232;re de Tom Johnson. Mais &#8212; me dis-je &#8212; ce serait peut-&#234;tre, tout de m&#234;me, une possibilit&#233; d'acqu&#233;rir un peu de l&#233;gitimit&#233; symbolique, en nous pla&#231;ant sous son parrainage. Je l'imaginais en &#034;membre d'honneur&#034;, en P&#232;re No&#235;l oumupien que nous ne c&#244;toierions jamais mais dont nous serions contents de savoir qu'il existe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, nouvelle surprise : non seulement ledit Tom Johnson accepta notre invitation avec empressement, mais il n'avait aucune envie de jouer les Reines d'Angleterre. Au contraire, sa plus grande envie &#233;tait de venir jouer dans le bac &#224; sable avec nous, et &#8212; m&#234;me s'il est encore t&#244;t pour l'estimer &#8212; j'esp&#232;re que son arriv&#233;e aura &#233;t&#233; aussi stimulante pour lui que pour nous. De fait, si le domaine des math&#233;matiques est son empire, l'&#233;tat d'esprit oulipien et ou-x-pien reste pour lui un objet nouveau, et j'ai cru comprendre que les exp&#233;rimentations de Le Lionnais, Queneau puis tous les autres (qu'il commence tout juste &#224; d&#233;couvrir, par mon interm&#233;diaire) lui fourniront peut-&#234;tre une source d'inspiration cons&#233;quente pour les ann&#233;es &#224; venir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En tout cas, c'est certainement la rencontre la plus marquante qu'il m'ait &#233;t&#233; donn&#233; de faire derni&#232;rement. &#192; l'Oumupo, j'avais toujours &#233;t&#233; le grincheux de service, le bureaucrate-crisp&#233; au milieu d'une bande de joyeux fantaisistes ; or le s&#233;rieux, la rigueur et l'int&#233;grit&#233; de Tom Johnson sont sans commune mesure. Je me souviendrai toujours de la premi&#232;re fois o&#249; je suis all&#233; le rencontrer chez lui rue de la Roquette. Croyant trouver parmi mes partitions quelque chose dans lequel il se reconna&#238;trait, je lui avais apport&#233; mes petites &lt;a href='http://url.oumupo.org/Trois-Etudes-potentielles' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&#233;tudes potentielles&lt;/a&gt;, partition assez aust&#232;re enti&#232;rement g&#233;n&#233;r&#233;e par un carr&#233; latin. Je m'assis au piano et commen&#231;ai &#224; jouer... je n'avais pas entam&#233; la troisi&#232;me mesure que Tom Johnson me demanda doucement :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&#8212; Je ne comprends pas : pourquoi vous avez mis des nuances ?&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Moi, d&#233;sempar&#233; : &#034;euh... eh bien justement, c'est pour que malgr&#233; l'&#233;criture math&#233;matique, il y ait de l'expressivit&#233;, du sens ; c'est important, je crois ? D'ailleurs, les musiciens qui jouent vos partitions, ils ajoutent bien des nuances, non ?&#034;&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&#8212; Mais &#231;a, ce sont les mauvais musiciens qui ajoutent des nuances ; moi je ne mets pas de nuances ; je laisse &#231;a aux compositeurs romantiques.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;En rentrant chez moi, plus tard, j'&#233;tais toujours aussi d&#233;concert&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De toute ma carri&#232;re &#8212; et c'est assur&#233;ment un bien grand mot &#8212; on m'a qualifi&#233; de nombreuses fa&#231;ons (qui se confondent, il est vrai, avec les anath&#232;mes que je me suis moi-m&#234;me lanc&#233;s &lt;i&gt;in petto&lt;/i&gt;). Intello, herm&#233;tique, sophistiqu&#233;, inutilement complexe, pas-entendu, maladroit, bavard, imbu de lui-m&#234;me, facile, &lt;a href='http://url.oumupo.org/Ma-gentille-soupe' class=&#034;spip_in&#034;&gt;soupe&lt;/a&gt;, hollywoodien, fanfaron,... Romantique ? Jamais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et pourtant : alors que je marchais dans la rue, je constatai avec surprise que mon pas &#233;tait soudain devenu plus all&#232;gre que de coutume.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/bloc&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Description&lt;/h2&gt;&lt;bloc&gt;
&lt;center&gt;[Cliquez pour d&#233;plier.]&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;Le 18 novembre 2016, Tom Johnson &#233;tait destin&#233; &#224; f&#234;ter ses 77 ans. Pour un maniaque du chiffre, un tel nombre ne peut laisser indiff&#233;rent &#8212; et d'ailleurs, Tom lui-m&#234;me a tenu &#224; marquer le coup en r&#233;digeant &lt;a href=&#034;http://ensembleoffrandes.com/2016sevenseptets.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Sept septuors&lt;/i&gt;&lt;/a&gt; sous des &lt;a href=&#034;http://www.ensembleoffrandes.com/7/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;contraintes&lt;/a&gt; tr&#232;s r&#233;ussies.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour moi, 7 reste avant tout le nombre de notes dans la gamme diatonique : les touches blanches du piano.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Il n'y a rien &#224; faire : je me sens bien sur les touches blanches. Ce qui me (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; J'ai d'ailleurs beaucoup utilis&#233; l'espace de hauteurs diatoniques, que ce soit dans mes &#034;&#233;tudes potentielles&#034; pr&#233;cit&#233;es, dans mes sonates pour &lt;a href='http://url.oumupo.org/Premiere-Sonate-pour-piano' class=&#034;spip_in&#034;&gt;piano&lt;/a&gt; et pour &lt;a href='http://url.oumupo.org/Sonate-pour-un-mois-de-mai' class=&#034;spip_in&#034;&gt;fl&#251;te&lt;/a&gt; ou plus r&#233;cemment dans quelques &lt;a href='http://url.oumupo.org/32-variations-sur-8-notes' class=&#034;spip_in&#034;&gt;variations&lt;/a&gt; pour quatuor &#224; cordes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il serait donc (potentiellement &#8212; c'est le mot) int&#233;ressant de jouer 7 fois les 7 notes, de fa&#231;ons diff&#233;rentes. Et c'est l&#224; que les &lt;i&gt;sept &#8220;7&#8221;&lt;/i&gt; de Perec me revinrent &#224; l'esprit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Disposant d'&#233;quations et d'un motif m&#233;lodique (la simple gamme &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;do-r&#233;-mi-fa-sol-la-si&lt;/code&gt;), il ne me restait plus qu'&#224; chercher une fa&#231;on d'effectuer la traduction. L&#224; o&#249; Tom Johnson aurait probablement emprunt&#233; la voie arithm&#233;tique (ce qui l'aurait conduit, par exemple, &#224; exprimer &#034;7&#215;7&#034; en jouant 49 notes), je choisis d'effectuer une pure translitt&#233;ration, en me fixant les r&#232;gles &#8212; arbitraires &#8212; suivantes :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; n'utiliser que des s&#233;quences diatoniques, de &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;do&lt;/code&gt; &#224; &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;si&lt;/code&gt; (soit : 7 notes).
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; additions : par d&#233;faut, les mouvements m&#233;lodiques sont ascendants (dans le cas de nombres positifs et d'additions).
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; soustractions : le signe &#034;moins&#034; est exprim&#233; par une m&#233;lodie descendante ; si toute une expression est n&#233;gative, dans ce cas tous les mouvements m&#233;lodiques lui correspondant sont renvers&#233;s.
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; multiplications : le premier terme est jou&#233; normalement, puis le facteur multipliant est jou&#233; deux fois plus vite et une octave plus haut. (Il peut arriver que des multiplications s'ench&#226;ssent.)
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; divisions et fractions : le num&#233;rateur est jou&#233; normalement ; le diviseur ou d&#233;nominateur est jou&#233; &#224; une octave inf&#233;rieure et avec des valeurs plus longues. Si c'est une vraie division, le rythme du d&#233;nominateur doit correspondre &#224; la dur&#233;e totale des notes contenues dans le num&#233;rateur, de fa&#231;on &#224; ce que les deux voix finissent au m&#234;me moment. Dans le cas d'une fraction &#233;gale &#224; 1 (7/7, 77/77 etc.) le d&#233;nominateur, c'est-&#224;-dire la voix du bas, restera toutefois plus lent que le num&#233;rateur, et finit de ce fait nettement plus tard que la voix du haut. (Dans le cas de rythmes trop compliqu&#233;s, les notations ont &#233;t&#233; simplifi&#233;es.)
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; L'&#233;criture de la partition suit la notation math&#233;matique sans tenir compte de sa signification : ainsi, seules les fractions sont restitu&#233;es sous forme polyphonique car sur le papier ce sont les seules notations &#233;crites sur plusieurs lignes.
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; les expressions entre parenth&#232;ses sont exprim&#233;es par l'emploi de la p&#233;dale. (J'en ai omises quelques-unes.)
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; les puissances (exposants) sont exprim&#233;s par des appoggiatures barr&#233;es (donc tr&#232;s rapides), &#224; l'octave la plus haute possible.
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; toute la notation rythmique a &#233;t&#233; simplifi&#233;e ; une pulsation constante est employ&#233;e, et certaines valeurs rythmiques ont &#233;t&#233; l&#233;g&#232;rement retouch&#233;es de fa&#231;on &#224; pr&#233;server la partition d'un aspect trop inutilement compliqu&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En th&#233;orie, il est donc possible d'effectuer l'op&#233;ration inverse : en partant seulement de la partition, retrouver quelle op&#233;ration a &#233;t&#233; pos&#233;e par Perec pour arriver &#224; obtenir le nombre requis en n'&#233;crivant que sept fois le chiffre 7, &#224; l'exclusion de tout autre. &#192; l'&#233;nigme math&#233;matique se substitue alors un puzzle musical ; l'id&#233;e n'aurait peut-&#234;tre pas d&#233;plu &#224; l'int&#233;ress&#233;... et de fait, la partition se suffit alors &#224; elle-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais comme je suis sympa, j'ai quand m&#234;me recopi&#233; les solutions en clair ci-dessous.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/bloc&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Solutions&lt;/h2&gt;&lt;bloc&gt;
&lt;center&gt;[Cliquez pour d&#233;plier.]&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;Voici les solutions propos&#233;es par Georges Perec pour compter de 1 &#224; 90 ; dans ma partition toutefois, je ne vais que de 1 &#224; 77.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;center&gt;&lt;strong&gt;Avec sept &#034;7&#034;&lt;/strong&gt;&lt;/center&gt;
&lt;div style=&#034;text-align:right&#034;&gt;&lt;i&gt;(Georges Perec.)&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;math&gt;1=$&lt;i&gt;(&lt;i&gt;777\over 777&lt;/i&gt;)^7$&lt;/i&gt;&lt;/math&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;math&gt;2=$&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;77-7&lt;/i&gt;\over 7&lt;/i&gt;-(7+&lt;i&gt;7\over 7&lt;/i&gt;)$&lt;/i&gt;&lt;/math&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;math&gt;3=$&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;77-(7+7)&lt;/i&gt;\over &lt;i&gt;7+7+7&lt;/strong&gt;$&lt;/i&gt;&lt;/math&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;math&gt;4=$&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;7+7+7+7&lt;/i&gt;\over 7&lt;/i&gt;\times &lt;i&gt;7\over 7&lt;/i&gt;$&lt;/i&gt;&lt;/math&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;math&gt;5=$&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;7+7+7+7&lt;/i&gt;\over 7&lt;/i&gt;+ &lt;i&gt;7\over 7&lt;/i&gt;$&lt;/i&gt;&lt;/math&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;math&gt;6=$&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;7+7+7+7+7+7&lt;/i&gt;\over 7&lt;/i&gt;$&lt;/i&gt;&lt;/math&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;math&gt;7=$&lt;i&gt;7\times &lt;i&gt;777\over 777&lt;/i&gt;$&lt;/i&gt;&lt;/math&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;math&gt;8=$&lt;i&gt;7+&lt;i&gt;777\over 777&lt;/i&gt;$&lt;/i&gt;&lt;/math&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;math&gt;9=$&lt;i&gt;7+&lt;i&gt;77\over 77&lt;/i&gt;+&lt;i&gt;7\over 7&lt;/i&gt;$&lt;/i&gt;&lt;/math&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;math&gt;10=$&lt;strong&gt;77\over 7&lt;/i&gt;-&lt;i&gt;77\over 77&lt;/i&gt;$&lt;/i&gt;&lt;/math&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;math&gt;11=$&lt;strong&gt;77\over 7&lt;/i&gt;\times &lt;i&gt;77\over 77&lt;/i&gt;$&lt;/i&gt;&lt;/math&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;math&gt;12=$&lt;strong&gt;77\over 7&lt;/i&gt;+ &lt;i&gt;77\over 77&lt;/i&gt;$&lt;/i&gt;&lt;/math&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;math&gt;13=$&lt;strong&gt;77\over 7&lt;/i&gt;+ &lt;i&gt;7\over 7&lt;/i&gt;+ &lt;i&gt;7 \over 7&lt;/i&gt;$&lt;/i&gt;&lt;/math&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;math&gt;14=$&lt;strong&gt;77\over 7&lt;/i&gt;+ &lt;strong&gt;7+7+7&lt;/i&gt;\over 7&lt;/i&gt;$&lt;/i&gt;&lt;/math&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;math&gt;15=$&lt;strong&gt;77+7+7+7+7&lt;/i&gt;\over 7$&lt;/i&gt;&lt;/math&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;math&gt;16=$&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;77-7&lt;/i&gt;\over 7&lt;/i&gt;+ 7-&lt;i&gt;7\over 7&lt;/i&gt;$&lt;/i&gt;&lt;/math&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;math&gt;17=$&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;77-7&lt;/i&gt;\over 7&lt;/i&gt;+7\times &lt;i&gt;7\over 7&lt;/i&gt;$&lt;/i&gt;&lt;/math&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;math&gt;18=$&lt;i&gt;7+7+7-&lt;strong&gt;7+7+7&lt;/i&gt;\over 7&lt;/i&gt;$&lt;/i&gt;&lt;/math&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;math&gt;19=$&lt;i&gt;7+7+7-&lt;i&gt;(&lt;i&gt;7\over 7&lt;/i&gt;+&lt;i&gt;7\over 7&lt;/i&gt;)&lt;/i&gt;$&lt;/i&gt;&lt;/math&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;math&gt;20=$&lt;i&gt;7+7+7+7-(7+&lt;i&gt;7\over 7&lt;/i&gt;)$&lt;/i&gt;&lt;/math&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;math&gt;21=$&lt;i&gt;7+7+7+7+7-(7+7)$&lt;/i&gt;&lt;/math&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;math&gt;22=$&lt;i&gt;7+7+7+&lt;i&gt;77\over 77&lt;/i&gt;$&lt;/i&gt;&lt;/math&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;math&gt;23=$&lt;i&gt;7+7+7+&lt;i&gt;7\over 7&lt;/i&gt;+&lt;i&gt;7\over 7&lt;/i&gt;$&lt;/i&gt;&lt;/math&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;math&gt;24=$&lt;strong&gt;77+7+77+7&lt;/i&gt;\over 7$&lt;/i&gt;&lt;/math&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;math&gt;25=$&lt;i&gt;7+7+7+(&lt;i&gt;77\over 7&lt;/i&gt;-7)$&lt;/i&gt;&lt;/math&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;math&gt;26=$&lt;i&gt;77-(7\times 7)-&lt;strong&gt;7+7&lt;/i&gt;\over 7&lt;/i&gt;$&lt;/i&gt;&lt;/math&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;math&gt;27=$&lt;strong&gt;777\over 7&lt;/i&gt;-(77+7)$&lt;/i&gt;&lt;/math&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;math&gt;28=$&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;77+77-7&lt;/i&gt;\over 7&lt;/i&gt;+7$&lt;/i&gt;&lt;/math&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;math&gt;29=$&lt;strong&gt;77\over 7&lt;/i&gt;+&lt;i&gt;77\over 7&lt;/i&gt;+7$&lt;/i&gt;&lt;/math&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;math&gt;30=$&lt;i&gt;7+7+7+7+&lt;strong&gt;7+7&lt;/i&gt;\over 7&lt;/i&gt;$&lt;/i&gt;&lt;/math&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;math&gt;31=$&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;77-7&lt;/i&gt;\over 7&lt;/i&gt;+7+7+7$&lt;/i&gt;&lt;/math&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;math&gt;32=$&lt;i&gt;(7\times 7)-(&lt;strong&gt;77-7&lt;/i&gt;\over 7&lt;/i&gt;+7)$&lt;/i&gt;&lt;/math&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;math&gt;33=$&lt;strong&gt;77+77+77&lt;/i&gt;\over 7$&lt;/i&gt;&lt;/math&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;math&gt;34=$&lt;i&gt;7+7+7+7+7-&lt;i&gt;7\over 7&lt;/i&gt;$&lt;/i&gt;&lt;/math&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;math&gt;35=$&lt;i&gt;7+7+7+7+7\times &lt;i&gt;7\over 7&lt;/i&gt;$&lt;/i&gt;&lt;/math&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;math&gt;36=$&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;77+77&lt;/i&gt;\over 7&lt;/i&gt;+7+7$&lt;/i&gt;&lt;/math&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;math&gt;37=$&lt;i&gt;(7\times 7)-(7+7-&lt;strong&gt;7+7&lt;/i&gt;\over 7&lt;/i&gt;)$&lt;/i&gt;&lt;/math&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;math&gt;38=$&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;7\times 7\times 7&lt;/i&gt;\over 7&lt;/i&gt;-&lt;i&gt;77\over 7&lt;/i&gt;$&lt;/i&gt;&lt;/math&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;math&gt;39=$&lt;i&gt;(7\times 7)-(7+&lt;strong&gt;7+7+7&lt;/i&gt;\over 7&lt;/i&gt;)$&lt;/i&gt;&lt;/math&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;math&gt;40=$&lt;i&gt;(7\times 7)-(7+&lt;i&gt;7\over 7&lt;/i&gt;+&lt;i&gt;7\over 7&lt;/i&gt;)$&lt;/i&gt;&lt;/math&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;math&gt;41=$&lt;i&gt;7\times 7-(7+&lt;i&gt;77\over 77&lt;/i&gt;)$&lt;/i&gt;&lt;/math&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;math&gt;42=$&lt;i&gt;77-(7+7+7+7+7)$&lt;/i&gt;&lt;/math&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;math&gt;43=$&lt;i&gt;7\times 7-(7-&lt;i&gt;77\over 77&lt;/i&gt;)$&lt;/i&gt;&lt;/math&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;math&gt;44=$&lt;i&gt;(7\times 7)+&lt;i&gt;7\over 7&lt;/i&gt;+&lt;i&gt;7\over 7&lt;/i&gt;-7$&lt;/i&gt;&lt;/math&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;math&gt;45=$&lt;i&gt;7\times (7+&lt;i&gt;7\over 7&lt;/i&gt;)-&lt;i&gt;77\over 7&lt;/i&gt;$&lt;/i&gt;&lt;/math&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;math&gt;46=$&lt;i&gt;7\times 7-(&lt;strong&gt;7+7&lt;/i&gt;\over 7&lt;/i&gt;+&lt;i&gt;7\over 7&lt;/i&gt;)$&lt;/i&gt;&lt;/math&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;math&gt;47=$&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;7\times 7\times 7&lt;/i&gt;\over 7&lt;/i&gt;-&lt;strong&gt;7+7&lt;/i&gt;\over 7&lt;/i&gt;$&lt;/i&gt;&lt;/math&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;math&gt;48=$&lt;i&gt;7\times (7+&lt;i&gt;7\over 7&lt;/i&gt;)-(7+&lt;i&gt;7\over 7&lt;/i&gt;)$&lt;/i&gt;&lt;/math&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;math&gt;49=$&lt;i&gt;7+7+7+7+7+7+7$&lt;/i&gt;&lt;/math&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;math&gt;50=$&lt;i&gt;7\times (7+&lt;i&gt;7\over 7&lt;/i&gt;)-(7-&lt;i&gt;7\over 7&lt;/i&gt;)$&lt;/i&gt;&lt;/math&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;math&gt;51=$&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;7\times 7\times 7&lt;/i&gt;\over 7&lt;/i&gt;+&lt;strong&gt;7+7&lt;/i&gt;\over 7&lt;/i&gt;$&lt;/i&gt;&lt;/math&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;math&gt;52=$&lt;i&gt;7\times 7+&lt;strong&gt;7+7&lt;/i&gt;\over 7&lt;/i&gt;+&lt;i&gt;7\over 7&lt;/i&gt;$&lt;/i&gt;&lt;/math&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;math&gt;53=$&lt;i&gt;7\times (7-&lt;i&gt;7\over 7&lt;/i&gt;)+&lt;i&gt;77\over 7&lt;/i&gt;$&lt;/i&gt;&lt;/math&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;math&gt;54=$&lt;i&gt;(7\times 7)-7+&lt;strong&gt;77+7&lt;/i&gt;\over 7&lt;/i&gt;$&lt;/i&gt;&lt;/math&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;math&gt;55=$&lt;i&gt;77-&lt;strong&gt;77+77&lt;/i&gt;\over 7&lt;/i&gt;$&lt;/i&gt;&lt;/math&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;math&gt;56=$&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;77\times 7&lt;/i&gt;\over 7&lt;/i&gt;-(7+7+7)$&lt;/i&gt;&lt;/math&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;math&gt;57=$&lt;i&gt;77-(7+7+7-&lt;i&gt;7\over 7&lt;/i&gt;)$&lt;/i&gt;&lt;/math&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;math&gt;58=$&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;77-(7+7)&lt;/i&gt;\over 7&lt;/i&gt;+(7\times 7)$&lt;/i&gt;&lt;/math&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;math&gt;59=$&lt;i&gt;(7\times 7)+&lt;strong&gt;7+7+7&lt;/i&gt;\over 7&lt;/i&gt;+7$&lt;/i&gt;&lt;/math&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;math&gt;60=$&lt;i&gt;77-7-&lt;strong&gt;77-7&lt;/i&gt;\over 7&lt;/i&gt;$&lt;/i&gt;&lt;/math&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;math&gt;61=$&lt;i&gt;7\times 7+&lt;i&gt;7\over 7&lt;/i&gt;+&lt;i&gt;77\over 7&lt;/i&gt;$&lt;/i&gt;&lt;/math&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;math&gt;62=$&lt;i&gt;7\times (7+&lt;i&gt;7\over 7&lt;/i&gt;)+(7-&lt;i&gt;7\over 7&lt;/i&gt;)$&lt;/i&gt;&lt;/math&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;math&gt;63=$&lt;i&gt;7\times (7+&lt;i&gt;77\over 77&lt;/i&gt;)+7$&lt;/i&gt;&lt;/math&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;math&gt;64=$&lt;i&gt;7\times (7+&lt;i&gt;7\over 7&lt;/i&gt;)+7+&lt;i&gt;7\over 7&lt;/i&gt;$&lt;/i&gt;&lt;/math&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;math&gt;65=$&lt;i&gt;77-(7+7-&lt;strong&gt;7+7&lt;/i&gt;\over 7&lt;/i&gt;)$&lt;/i&gt;&lt;/math&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;math&gt;66=$&lt;i&gt;77-&lt;strong&gt;77\times 7&lt;/i&gt;\over &lt;i&gt;7\times 7&lt;/strong&gt;$&lt;/i&gt;&lt;/math&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;math&gt;67=$&lt;i&gt;7\times (7-&lt;i&gt;7\over 7&lt;/i&gt;)+&lt;i&gt;77\over 7&lt;/i&gt;$&lt;/i&gt;&lt;/math&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;math&gt;68=$&lt;i&gt;77-&lt;strong&gt;77-7-7&lt;/i&gt;\over 7&lt;/i&gt;$&lt;/i&gt;&lt;/math&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;math&gt;69=$&lt;i&gt;(7\times 7)+7+7+7-&lt;i&gt;7\over 7&lt;/i&gt;$&lt;/i&gt;&lt;/math&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;math&gt;70=$&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;77\times (77-7)&lt;/i&gt;\over 7&lt;/i&gt;$&lt;/i&gt;&lt;/math&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;math&gt;71=$&lt;i&gt;(7\times 7)+7+7+7+&lt;i&gt;7\over 7&lt;/i&gt;$&lt;/i&gt;&lt;/math&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;math&gt;72=$&lt;i&gt;(7-&lt;i&gt;7\over 7&lt;/i&gt;)\times (&lt;strong&gt;77+7&lt;/i&gt;\over 7&lt;/i&gt;)$&lt;/i&gt;&lt;/math&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;math&gt;73=$&lt;i&gt;77-&lt;strong&gt;7+7+7+7&lt;/i&gt;\over 7&lt;/i&gt;$&lt;/i&gt;&lt;/math&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;math&gt;74=$&lt;i&gt;77+7-&lt;strong&gt;77-7&lt;/i&gt;\over 7&lt;/i&gt;$&lt;/i&gt;&lt;/math&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;math&gt;75=$&lt;i&gt;77-&lt;strong&gt;7\times (7+7)&lt;/i&gt;\over &lt;i&gt;7\times 7&lt;/strong&gt;$&lt;/i&gt;&lt;/math&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;math&gt;76=$&lt;i&gt;77-(&lt;i&gt;77\over 77&lt;/i&gt;)^7$&lt;/i&gt;&lt;/math&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;math&gt;77=$&lt;i&gt;(77+77)\times (&lt;i&gt;7\over &lt;i&gt;7+7&lt;/strong&gt;)$&lt;/i&gt;&lt;/math&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;math&gt;78=$&lt;i&gt;(7-&lt;i&gt;7\over 7&lt;/i&gt;)\times (7+7-&lt;i&gt;7\over 7&lt;/i&gt;)$&lt;/i&gt;&lt;/math&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;math&gt;79=$&lt;i&gt;77+&lt;strong&gt;7\times (7+7)&lt;/i&gt;\over &lt;i&gt;7\times 7&lt;/strong&gt;$&lt;/i&gt;&lt;/math&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;math&gt;80=$&lt;i&gt;(7+&lt;i&gt;7\over 7&lt;/i&gt;)\times (&lt;strong&gt;77-7&lt;/i&gt;\over 7&lt;/i&gt;)$&lt;/i&gt;&lt;/math&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;math&gt;81=$&lt;i&gt;77+7-&lt;strong&gt;7+7+7&lt;/i&gt;\over 7&lt;/i&gt;$&lt;/i&gt;&lt;/math&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;math&gt;82=$&lt;i&gt;77+7-(&lt;i&gt;7\over 7&lt;/i&gt;+&lt;i&gt;7\over 7&lt;/i&gt;)$&lt;/i&gt;&lt;/math&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;math&gt;83=$&lt;i&gt;77+7-&lt;i&gt;77\over 77&lt;/i&gt;$&lt;/i&gt;&lt;/math&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;math&gt;84=$&lt;i&gt;(77+7)\times &lt;i&gt;77\over 77&lt;/i&gt;$&lt;/i&gt;&lt;/math&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;math&gt;85=$&lt;i&gt;77+7+&lt;i&gt;77\over 77&lt;/i&gt;$&lt;/i&gt;&lt;/math&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;math&gt;86=$&lt;i&gt;77+7+&lt;i&gt;7\over 7&lt;/i&gt;+&lt;i&gt;7\over 7&lt;/i&gt;$&lt;/i&gt;&lt;/math&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;math&gt;87=$&lt;i&gt;77+&lt;i&gt;77\over 7&lt;/i&gt;-&lt;i&gt;7\over 7&lt;/i&gt;$&lt;/i&gt;&lt;/math&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;math&gt;88=$&lt;i&gt;77+7+(&lt;i&gt;77\over 7&lt;/i&gt;-7)$&lt;/i&gt;&lt;/math&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;math&gt;89=$&lt;i&gt;77+&lt;i&gt;77\over 7&lt;/i&gt;+&lt;i&gt;7\over 7&lt;/i&gt;$&lt;/i&gt;&lt;/math&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;math&gt;90=$&lt;i&gt;(7-&lt;i&gt;7\over 7&lt;/i&gt;)\times (7+7+&lt;i&gt;7\over 7&lt;/i&gt;)$&lt;/i&gt;&lt;/math&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;/bloc&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Il serait amusant, d'ailleurs, de s'interroger &#224; ce titre sur le statut de cette partition au regard du droit d'auteur : n'ai-je pas commis un vil, d&#233;testable, ignominieux d&#233;lit de contrefa&#231;on en diffusant ainsi une reproduction (&#224; peine) d&#233;guis&#233;e des &#233;quations de Perec, lesquelles portent &#233;videmment toute l'empreinte de sa personnalit&#233;, de son &#233;l&#233;gance, son humour, son g&#233;nie ? &#192; quoi je r&#233;ponds : messieurs les avocats, j'attends votre mise en demeure. Il y a de la place dans ma corbeille.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Il n'y a rien &#224; faire : je me sens bien sur les touches blanches. Ce qui me vaut d'ailleurs d'&#234;tre fr&#233;quemment tax&#233; de &#034;vieux r&#233;actionnaire tonal&#034; &#8212; tiens, trois autres qualificatifs pour ma collections &#8212; par mon coll&#232;gue Jean-Fran&#231;ois Piette. &#192; quoi je r&#233;ponds : zut.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Siete tangos</title>
		<link>http://url.oumupo.org/Siete-tangos</link>
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		<dc:date>2016-01-14T12:11:58Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Valentin Villenave</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;D'&#233;criture br&#232;ve mais virtuose, ces sept tangos &#224; la mode argentine ont &#233;t&#233; r&#233;dig&#233;s au long de l'ann&#233;e 2015.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://url.oumupo.org/-Musique-de-chambre-" rel="directory"&gt;Musique de chambre&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;D'&#233;criture br&#232;ve mais virtuose, ces sept tangos &#224; la mode argentine ont &#233;t&#233; r&#233;dig&#233;s au long de l'ann&#233;e 2015.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Les deux premi&#232;res de ces pi&#232;ces ont &#233;t&#233; &#233;crites pour un concert o&#249; j'accompagnais le contrebassiste Thierry Barb&#233; en mars 2015. J'ai ensuite mis plusieurs mois &#224; leur en adjoindre d'autres, pour aboutir au recueil de sept tangos pr&#233;sent&#233; ici. J'ai termin&#233; l'&#233;criture de cette partition le 31 d&#233;cembre 2015, avant d'apprendre qu'un camarade de longue date, Denis Germain, venait de mourir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces pi&#232;ces ont &#233;t&#233; jou&#233;es pour la premi&#232;re fois dans leur int&#233;gralit&#233; lors d'un concert &#224; Taiwan le 23 juillet 2016. Voici l'enregistrement de cette interpr&#233;tation (r&#233;alis&#233;e un peu &lt;i&gt;&#224; l'arrach'&lt;/i&gt; si j'ai bien compris), suivi de la partition :&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;&lt;iframe width=&#034;560&#034; height=&#034;315&#034; src=&#034;http://www.youtube-nocookie.com/embed/Yjc9WyvywDU&#034; frameborder=&#034;0&#034; allowfullscreen&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;&lt;tt&gt;&lt;pdf851&gt;&lt;/tt&gt;&lt;/p&gt;
&lt;table class=&#034;table spip&#034;&gt;
&lt;tbody&gt;
&lt;tr class='row_odd odd'&gt;
&lt;td&gt;&lt;div class='spip_document_851 spip_document spip_documents spip_document_file spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;92&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href='http://url.oumupo.org/IMG/pdf/tangos.pdf' class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='PDF - 539.6 kio' type=&#034;application/pdf&#034;&gt;&lt;img src='http://url.oumupo.org/local/cache-vignettes/L64xH64/pdf-e9ff2.svg?1772294780' width='64' height='64' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Siete tangos &#8212; para contrabajo y piano
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;Licence Art Libre &#169; Valentin Villenave, 2015.
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;&lt;div class='spip_document_852 spip_document spip_documents spip_document_file spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;98&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href='http://url.oumupo.org/IMG/pdf/tangos-contrebasse.pdf' class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='PDF - 257.5 kio' type=&#034;application/pdf&#034;&gt;&lt;img src='http://url.oumupo.org/local/cache-vignettes/L64xH64/pdf-e9ff2.svg?1772294780' width='64' height='64' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Siete tangos &#8212; partie de contrebasse soliste
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;Licence Art Libre &#169; Valentin Villenave, 2015.
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;&lt;div class='spip_document_880 spip_document spip_documents spip_document_file spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;55&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href='http://url.oumupo.org/IMG/pdf/tangos_transpo.pdf' class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='PDF - 535 kio' type=&#034;application/pdf&#034;&gt;&lt;img src='http://url.oumupo.org/local/cache-vignettes/L64xH64/pdf-e9ff2.svg?1772294780' width='64' height='64' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Siete tangos &#8212; partition transpos&#233;e
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;(&#224; &#233;viter.)
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;/tbody&gt;
&lt;/table&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Historique (1).&lt;/h2&gt;&lt;bloc&gt;
&lt;center&gt;[Cliquez pour d&#233;plier.]&lt;/center&gt;&lt;div class='spip_document_878 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;10&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://url.oumupo.org/IMG/jpg/IMG_5474.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://url.oumupo.org/local/cache-vignettes/L500xH375/IMG_5474-22daf.jpg?1772312553' width='500' height='375' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Le chat.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Pour beaucoup de fran&#231;ais, l'ann&#233;e 2015 restera probablement jalonn&#233;e par deux s&#233;ries marquantes d'attentats terroristes, aux mois de janvier puis novembre &#8212; r&#233;cit national auquel je &lt;a href='http://url.oumupo.org/Ce-roman-n-est-pas-le-mien' class=&#034;spip_in&#034;&gt;refuse de souscrire&lt;/a&gt;. Dans ma propre histoire, l'ann&#233;e 2015 (qu'il m'a &#233;t&#233; permis de traverser sans trop de pertes) restera remplie de souvenirs diff&#233;rents, moins tragiques sans doute &#8212; m&#234;me si ma femme et moi avons trembl&#233; pendant de longs mois o&#249; notre chat est rest&#233; hospitalis&#233; dans un &#233;tat pr&#233;occupant (il va mieux : il dort paisiblement sur mes bras alors que j'essaye de taper ces phrases).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certains de ces souvenirs s'av&#233;reront toutefois douloureux, pour les raisons que j'exposerais plus bas. D'autres, plus heureux et cependant presque irr&#233;els, s'articulent autour de l'improbable amiti&#233; qui semble d&#233;sormais exister entre mon professeur de contrebasse et moi : j'ai eu l'occasion d'&lt;a href='http://url.oumupo.org/Douze-etudes-pour-avoir-chaud-l-hiver' class=&#034;spip_in&#034;&gt;exposer&lt;/a&gt; les circonstances dans lesquelles j'ai commenc&#233; &#224; prendre des cours de contrebasse au Conservatoire de Saint-Maur (94), et me suis retrouv&#233; &#224; devenir non seulement l'&#233;l&#232;ve mais aussi, en tant que pianiste, l'accompagnateur attitr&#233; de &lt;a href=&#034;http://www.conservatoiredeparis.fr/disciplines/les-enseignants/les-enseignants-detail/enseignant/barbe/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Thierry Barb&#233;&lt;/a&gt;, musicien immense quoique d&#233;routant par sa simplicit&#233; m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_875 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;15&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://url.oumupo.org/local/cache-vignettes/L200xH271/thierry-barbe-52cea.jpg?1772294950' width='200' height='271' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Thierry Barb&#233;
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, 2015 est l'ann&#233;e o&#249; nous avons commenc&#233; &#224; jouer ensemble publiquement, notamment lors de longs &#034;apr&#232;s-midi musicaux&#034; organis&#233;s dans un h&#244;pital parisien (&#224; titre enti&#232;rement b&#233;n&#233;vole, ce qui peut surprendre s'agissant d'un virtuose de renomm&#233;e internationale, mais n'a rien d'inhabituel dans le cas de Thierry) : devant quelques patients attentifs (mais qui ne restaient souvent qu'un moment), nous nous pla&#231;ons &#224; l'extr&#233;mit&#233; d'une salle de r&#233;union tr&#232;s impersonnelle, dot&#233;e d'un piano &#224; queue &#226;g&#233; d'environ deux si&#232;cles (et qui les accuse) et jouons toutes sortes de r&#233;pertoires, travaill&#233;s auparavant ou tranquillement d&#233;chiffr&#233;s sur place ; renouvellement du public aidant, il nous est m&#234;me possible de rejouer certaines pi&#232;ces &#224; quelques heures d'intervalle &#8212; du moins, tant que le piano n'est pas encore trop d&#233;saccord&#233; pour pouvoir continuer ; lorsqu'arrive le moment in&#233;vitable o&#249; je dois renoncer &#224; tous les passages en octaves et &#224; la moiti&#233; de ma main gauche pour &#233;viter les notes trop disgracieuses, c'est qu'il est temps de lever le camp.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors que nous envisagions la premi&#232;re de ces &#034;matin&#233;es&#034; (au sens th&#233;&#226;tral, c'est-&#224;-dire le dimanche apr&#232;s-midi), et ne sachant pas que je devais m'attendre &#224; une &#034;permanence instrumentale&#034; plut&#244;t qu'&#224; un r&#233;cital &lt;i&gt;ipso jure&lt;/i&gt;, je sugg&#233;rai &#224; Thierry de terminer notre programme par un tango du compositeur argentin &lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Astor_Piazzolla&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Astor Piazzolla&lt;/a&gt;. Probl&#232;me : cette musique n'&#233;tant pas encore entr&#233;e dans le domaine public, cela aurait n&#233;cessit&#233; de nous acquitter de l'&lt;del&gt;imp&#244;t r&#233;volutionnaire&lt;/del&gt; la contribution financi&#232;re juste et l&#233;gitime, essentielle pour financer la &lt;del&gt;nouvelle piscine priv&#233;e du PDG des soci&#233;t&#233;s de perception&lt;/del&gt; la survie des artistes. Et comme l'on &lt;a href='http://url.oumupo.org/Mon-ami-le-tout-gratuit' class=&#034;spip_in&#034;&gt;sait&lt;/a&gt;, cela me fait &lt;a href='http://url.oumupo.org/Des-auteurs-malades-de-leur-droit' class=&#034;spip_in&#034;&gt;grogner&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_876 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;17&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://url.oumupo.org/local/cache-vignettes/L188xH240/188px-Astor_Piaz-7b3edcf9-96771.jpg?1772294950' width='188' height='240' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Astor Piazzolla
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;M'&#233;tant fait cette r&#233;flexion lors de notre derni&#232;re r&#233;p&#233;tition avant le concert (c'&#233;tait, je crois, un jeudi matin : le 26 mars, probablement), je revenais de chez lui, &#224; pied, en me disant qu'il serait, somme toute, tr&#232;s facile d'&#233;crire moi-m&#234;me un &#034;faux&#034; tango de Piazzolla, qui ne contiendrait aucune note &#034;tous droits r&#233;serv&#233;s&#034;, mais nous permettrait de conclure le programme sur un style plaisant et reconnaissable. Ce serait une id&#233;e non seulement amusante et originale, mais peut-&#234;tre, aussi, le fait de publier de nouveaux tangos en les mettant &#224; disposition sous licence Libre, serait-il un jour b&#233;n&#233;fique &#224; d'autres que moi. C'est ce qui diff&#233;rencie le Libriste du Pirate : le Pirate copie, le Libriste clone&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;L&#224; o&#249; le Pirate copie et diffuse toutes sortes d'&#339;uvres, s'asseyant en toute (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. (J'&#233;tais &#233;videmment loin de me douter que, comme la quasi-totalit&#233; des v&#233;ritables musiciens, Thierry Barb&#233; n'avait strictement rien &#224; foutre des interdictions pesant sur le monde merveilleux de la &#034;propri&#233;t&#233; intellectuelle&#034; ; que le concert ne serait destin&#233; qu'&#224; des patients hospitalis&#233;s au milieu desquels un contr&#244;leur SACEM serait apparu comme la triste figure qu'il est (n&#233;cessairement) ; il nous aurait &#233;t&#233; largement possible d'attendre qu'il se lasse pour glisser all&#232;grement et en toute impunit&#233;, parmi plusieurs heures de r&#233;pertoire du domaine public, un abominable d&#233;lit de repr&#233;sentation non-autoris&#233;e.) Et de fait : alors que je cheminais &#224; pied jusqu'au m&#233;tro ce jeudi matin, un motif simple me tournait d&#233;j&#224; dans la t&#234;te, sur lequel j'allais ais&#233;ment pouvoir construire un premier tango.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s la fin de la matin&#233;e, ce fut chose faite &#8212; afin d'&#234;tre s&#251;r de mener mon projet &#224; bien, je d&#233;cidai de limiter la longueur de la partition &#224; 48 mesures ; et de fait, j'avais d&#233;j&#224; l'id&#233;e d'un deuxi&#232;me tango que j'allais pouvoir r&#233;diger, dans le R.E.R., les deux jours suivants (vendredi et samedi). Alors que je cherchais un titre pour ces tangos, j'eus l'id&#233;e de les d&#233;nommer par leur premi&#232;re note : &lt;i&gt;Tangosi et Tangola&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ce qui n&#233;cessita d'ailleurs d'ajouter une introduction de quatre mesures au (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; C'&#233;tait une id&#233;e d&#233;bile, marrante (au moins pour moi) : c'&#233;tait parfait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En sortant de la repr&#233;sentation-fleuve du dimanche 29 mars (o&#249; nous avions d&#233;chiffr&#233; tant bien que mal les deux partitions), je tentai de chasser le souvenir de l'antique piano &#201;rard avec ses intervalles atrocement faux en raccompagnant Thierry &#224; sa voiture ; au fil de la conversation, il me fit remarquer que ces tangos &#233;taient sympathiques, mais tr&#232;s brefs. Qu'&#224; cela ne tienne, me dis-je : comme &#224; &lt;a href='http://url.oumupo.org/Sardinosaures' class=&#034;spip_in&#034;&gt;mon&lt;/a&gt; &lt;a href='http://url.oumupo.org/Danses-Kala' class=&#034;spip_in&#034;&gt;habitude&lt;/a&gt;, j'allais en &#233;crire quelques autres et pr&#233;senter cela sous forme de recueil. Le titre des suivants (et leur nombre) &#233;tait tout trouv&#233; : il ne me restait qu'&#224; faire le &lt;i&gt;tangosol&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;tangofa&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;tangomi&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;tangor&#233;&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;tangodo&lt;/i&gt;. Cette liste de titres me fournissait une contrainte suppl&#233;mentaire (moins anecdotique qu'il n'y para&#238;t, comme nous le verrons plus loin) : chaque pi&#232;ce serait &#233;crite en &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;la&lt;/code&gt; mineur mais devrait commencer et finir sur une autre note que la la tonique (sauf, bien s&#251;r, dans le cas de &lt;i&gt;Tangola&lt;/i&gt;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Annoncer le nom de cette note d&#232;s le titre est aussi une mani&#232;re d'obliger l'instrumentiste &#224; utiliser une contrebasse transpositrice : il est d'usage pour les contrebasses solistes, en effet, d'&#234;tre accord&#233;es un ton plus haut que d'ordinaire, soit &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;fa&lt;/code&gt; di&#232;se - &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;si&lt;/code&gt; - &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;mi&lt;/code&gt; - &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;la&lt;/code&gt; pour les quatre cordes. La partie de contrebasse de ce recueil est donc &#233;crite en &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;sol&lt;/code&gt; mineur, mais le piano l'accompagne un ton plus haut (je fournis cependant ici une partition transpos&#233;e au cas o&#249;, mais elle est &#224; &#233;viter autant que possible).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s le lendemain, j'imaginai le dernier du cycle (-do) comme un mouvement fugu&#233;, toujours par r&#233;f&#233;rence &#224; Piazzolla &#8212; et en particulier sa &lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/results?search_query=piazzolla+fuga+9&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Fuga 9&lt;/i&gt;&lt;/a&gt; qui me le fit d&#233;couvrir &#224; l'&#226;ge de 14 ou 15 ans ans, &#233;poustoufl&#233;, lorsqu'une prof de Formation Musicale me la fit relever en dict&#233;e. J'&#233;bauchai rapidement (toujours dans le R.E.R.) les six premi&#232;res mesures jusqu'&#224; l'entr&#233;e de la troisi&#232;me voix, puis levai mon portemine (le train arrivait &#224; mon arr&#234;t et j'avais, de toute fa&#231;on, besoin de r&#233;fl&#233;chir &#224; la suite). Il ne faisait aucun doute pour moi que cette nouvelle partition serait termin&#233;e tr&#232;s rapidement ; vu la rapidit&#233; avec laquelle j'avais r&#233;dig&#233; les deux premiers tangos (une demi-journ&#233;e pour le premier, deux jours pour le second), &#233;crire les cinq suivants serait l'affaire de deux semaines &#224; tout casser.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et &#233;videmment, &#231;a m'a pris neuf mois en fait.&lt;/p&gt;
&lt;/bloc&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Historique (2).&lt;/h2&gt;&lt;bloc&gt;
&lt;center&gt;[Cliquez pour d&#233;plier.]&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;Au mois de novembre 2015, alors que la France s'appr&#234;tait &#224; basculer de nouveau (mais d&#233;finitivement, cette fois) dans l'hyst&#233;rie x&#233;nophobe et s&#233;curitariste, je re&#231;us quelques nouvelles de mon camarade &lt;a href=&#034;https://www.smartvote.ch/11_ch_nr/portrait/candidate/biography/200115121&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Denis Germain&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_877 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;15&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://url.oumupo.org/local/cache-vignettes/L360xH239/Germain_20011512-9327a84d-4c864.jpg?1772294950' width='360' height='239' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Denis Germain
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Denis constitue une autre de ces relations hautement improbables qui semblent ponctuer ma vie. &#192; l'&#233;poque o&#249; je l'ai connu, il s'appelait &#034;f&#233;lix_le_chaste&#034; (par allusion &#224; un homme politique suisse &#8212; la deuxi&#232;me patrie de Denis). C'&#233;tait sur le forum du Parti Pirate, dans l'effervescence de son apparition en 2006 &#8212; un mouvement politique d'un genre enti&#232;rement nouveau, naissant spontan&#233;ment dans des dizaines de pays en m&#234;me temps ; en ces temps (d&#233;j&#224;) moroses o&#249; la pantalonnade du r&#233;f&#233;rendum europ&#233;iste de 2005 avait achev&#233; de montrer que les partis dits &#034;de gouvernement&#034; n'avaient pour horizon que la d&#233;ception du peuple et la perp&#233;tuation des injustices, la chose avait de quoi exalter. Quand &#224; moi, arriv&#233; tardif dans les &#034;nouvelles technologies&#034; (l'intitul&#233; &#233;tait d&#233;j&#224; ridicule &#224; l'&#233;poque), je me lan&#231;ai dans l'ar&#232;ne sans conna&#238;tre les usages ; je ne poss&#233;dais d'ordinateur que depuis un trimestre (je l'avais achet&#233; pour r&#233;diger mon &lt;a href='http://url.oumupo.org/-Opera-' class=&#034;spip_in&#034;&gt;premier op&#233;ra&lt;/a&gt;) et n'avais jamais utilis&#233; auparavant ni forums, ni messagerie instantan&#233;e&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;D'ailleurs, personne de raisonnable n'aurait, alors, accept&#233; de croire que (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au fil de conversations informelles, je fis des rencontres marquantes, des d&#233;couvertes inattendues et nouai des liens forts et, souvent, durables : en la personne de F&#233;lix (je ne le connaissais sous aucun autre nom), je d&#233;couvris non seulement le chieur rigoriste qu'il &#233;tait volontiers (en public ou non) mais aussi son parcours extr&#234;mement compliqu&#233; et sa grande culture, sur des sujets innombrables, &#224; commencer par l'empreinte culturelle des ann&#233;es 1970-1980 pendant lesquelles il avait grandi. (Notamment dans certains de ses aspects iconiques de la premi&#232;re g&#233;n&#233;ration &lt;i&gt;geek&lt;/i&gt; : Terry Pratchett, Douglas Adams, Star Trek/Wars...)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi de la musique &#233;lectronique, exp&#233;rimentale ou de discoth&#232;que (il avait assist&#233; &#8212; et m&#234;me indirectement contribu&#233; &#8212; aux d&#233;buts du D.J. David Guetta) ; passionn&#233; par les synth&#233;tiseurs analogiques, il &#233;tait fier d'avoir lui-m&#234;me con&#231;u le design d'une ligne de synth&#233;tiseurs (dont la marque, h&#233;las, m'&#233;chappe). Il me fit aussi bien d&#233;couvrir le groupe &lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Kraftwerk&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Kraftwerk&lt;/a&gt; que partager son adulation de &lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Pierre_Henry&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Pierre Henry&lt;/a&gt; et son fanatisme envers les inventions de &lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Robert_Moog&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Bob Moog&lt;/a&gt;, alors r&#233;cemment disparu. Il officiait &#233;galement &#224; la mod&#233;ration des forums &lt;a href=&#034;http://www.macmusic.org/news/view.php/lang/fr/id/12918/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;MacMusic&lt;/a&gt; et 440forums (c'&#233;tait d'ailleurs sa seule &#8212; maigre &#8212; source de revenu, apr&#232;s qu'il e&#251;t renonc&#233; &#224; se faire exploiter par diverses publications en tant que graphiste et maquettiste). Longtemps avant que je m'&lt;a href='http://url.oumupo.org/Improvisation-sur-le-nom-de-Nicolas-Graner' class=&#034;spip_in&#034;&gt;int&#233;resse moi-m&#234;me&lt;/a&gt; au th&#233;r&#233;mine, j'avais ainsi pu avoir un aper&#231;u de la richesse des premiers instruments &#233;lectroniques (de l'onde Martenot au Trautonium) ; de surcro&#238;t, Denis (comme il me sugg&#233;ra un jour de l'appeler) avait h&#233;rit&#233; de son p&#232;re une connaissance encyclop&#233;dique des instruments de musique m&#233;canique remontant &#224; plus d'un si&#232;cle (ce qui lui avait permis de croiser les fr&#232;res de Boris Vian, qu'il ne tenait d'ailleurs pas en haute estime). De fa&#231;on suprenante, il s'int&#233;ressait &#233;galement &#224; la musique baroque fran&#231;aise et jouait lui-m&#234;me de l'&#233;pinette (ou du virginal ; je n'ai jamais pu retenir la diff&#233;rence et il ne manquait pas de me le reprocher).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autre h&#233;ritage des ann&#233;es 1980, Denis &#233;tait l'un des (affreusement peu nombreux) homosexuels &#224; avoir travers&#233; cette &#233;poque et ces milieux sans &#234;tre contamin&#233; par le virus du Sida. Il s'&#233;tait tr&#232;s t&#244;t engag&#233; activement dans la d&#233;fense de cette partie &#034;&#224; risque&#034; de la population : pr&#233;sent &#224; l'association Act'Up lors de sa fondation (avant de s'en &#233;loigner pour divergences id&#233;ologiques majeures), il avait &#233;galement particip&#233; &#224; fonder la petite (mais non moins active) association &lt;a href=&#034;http://thewarning.info/tendances/denis-germain-no-more-swiss-kiss/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;The Warning&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;. Il partageait sans myst&#232;re ni pudeur sa connaissance de diff&#233;rents milieux gays parisiens (&#034;&lt;i&gt;Tapioland&lt;/i&gt;&#034;, comme il appelait les quartiers du Marais) mais aussi, plus largement, de la vie sentimentale, psychologique et sexuelle des homosexuels et transsexuels qu'il connaissait : &#224; ce titre, Denis &#233;tait pour moi, comme pour beaucoup d'autres, une source essentielle de savoir et de tol&#233;rance. J'ai appris beaucoup en discutant avec lui, d'abord par voie &#233;lectronique puis, au fil des ans, en le rejoignant parfois dans un des bars parisiens o&#249; il s'installait tout le dimanche apr&#232;s-midi, pour ainsi dire, y tenant salon&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cela pouvait aller des bars gays de la rue des Archives : le Carrefour, le (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Faire une liste satisfaisante de ses domaines d'int&#233;r&#234;t me serait tout &#224; fait impossible, tant Denis pouvait se montrer soudainement tr&#232;s pointu sur un domaine totalement impr&#233;vu. Ainsi ce n'est que r&#233;cemment que j'ai d&#233;couvert qu'il avait anim&#233; un blog (et une association) consacr&#233; &#224; l'histoire de sa ville (Suresnes) et notamment au Fort du Mont-Val&#233;rien. Autre domaine insoup&#231;onn&#233; : sa passion pour les orchid&#233;es, dont il &#233;tait un v&#233;ritable connaisseur au point de parfois tenir des stands lors d'expositions. Je le soup&#231;onnais m&#234;me d'avoir un c&#244;t&#233; fleur bleue ; il n'avait pas de relation sentimentale dans sa vie depuis une rupture d&#233;j&#224; ancienne et, manifestement, douloureuse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour en revenir &#224; des pr&#233;occupations plus traditionnellement &lt;i&gt;geek&lt;/i&gt;, il avait &#233;t&#233; un afficionado du mat&#233;riel Apple depuis la premi&#232;re heure, et ne commen&#231;a &#224; s'en d&#233;tourner qu'&#224; partir de la mode des gadgets tactiles (iQuelquechose) et de leur adoption d'une politique volontiers fascisante. Le mat&#233;riel de haute technologie &#233;tait un de ses p&#233;ch&#233;s mignons, et il n'&#233;tait pas rare qu'il me t&#233;l&#233;phone alors qu'il s'appr&#234;tait &#224; faire un tour dans les boutiques de la rue Montgallet/rue de Charenton (non loin de mon quartier) en me proposant de me retrouver devant la fontaine de la place du Colonel Bourgoin, avant de tra&#238;ner ensemble au caf&#233; de la place ou de monter chez moi s'asseoir devant une tasse d'eau chaude en choisissant parmi les nombreux th&#233;s en feuilles de ma femme &#8212; le th&#233;, une autre de ses pr&#233;dilections.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'un point de vue politique, le Parti Pirate n'&#233;tait pas son premier engagement ; il avait pass&#233; sa vie &#224; s'engager au niveau local et national autour de divers projets (le plus souvent pour s'y opposer : que ce soit la corruption dans les Hauts-de-Seine, le b&#233;tonnage des Serres d'Auteuil et autres beaux t&#233;moignages du parfait fonctionnement de notre R&#233;publique Fran&#231;aise), notamment avec des associations comme &lt;a href=&#034;http://www.ethique-citoyenne.org/index.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#201;thique Citoyenne&lt;/a&gt; ou &lt;a href=&#034;http://www.anticor.org/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Anticor&lt;/a&gt;, ou divers mouvements plus informels (&lt;i&gt;grassroots&lt;/i&gt;). Et paradoxalement, F&#233;lix s'&#233;tait toujours (quoique de moins en moins fermement) cru de droite. Ainsi en 2007, alors que le Parti Pirate se d&#233;sagr&#233;geait (de fa&#231;on cyclique et in&#233;vitable, devions-nous d&#233;couvrir plus tard) dans les dissenssions internes, et que la jeunesse d&#233;boussol&#233;e et d&#233;politis&#233;e se d&#233;couvrait, &#224; l'occasion d'une &#233;lection pr&#233;sidentielle enfon&#231;ant toutes les limites du ridicule, un h&#233;ros contestataire et anti-conformiste en la personne de... Fran&#231;ois Bayrou, F&#233;lix se d&#233;couvrit une &#226;me de centriste&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le centre n'&#233;tant que, comme nous le savons tous, le nom que la droite se (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; et nous disparut soudain pour aller militer (je ne l'appris que plus tard) au Mouvement D&#233;mocrate. Puis au parti Cap 21. Puis vaguement du c&#244;t&#233; d'Europe-&#201;cologie (avant de finir, ces derni&#232;res ann&#233;es, par voter &#034;Front de Gauche&#034;) ; autant de formations qui promettaient d'aborder enfin la vie publique sous un angle nouveau, plus l&#233;gitime et plus juste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;ception et la prise de conscience &#233;taient in&#233;vitables ; c'est ainsi que, en 2009, ceux d'entre nous qui &#233;taient rest&#233;s, vaillamment, au poste, v&#238;mes d&#233;barquer un nouvel inscrit du nom de Rackham_le_vert, dont je ne tardai pas &#224; apprendre qu'il s'agissait en fait de notre Denis national. Ravis de ces retrouvailles, nous revoil&#224; plong&#233;s dans les rouages de la machinerie : subtilit&#233;s de la formulation des statuts, &#233;laboration d'un logo, r&#233;daction de communiqu&#233;s de presse et planification de campagnes &#233;lectorales... Il n'avait pas chang&#233; mais sa sant&#233; &#233;tait d&#233;sormais plus vacillantes, de coup de froid en probl&#232;mes divers quoique mineurs. Sachant que ma femme avait accept&#233; un poste &#224; Marseille, Denis n'h&#233;sitait d&#233;sormais plus &#224; me joindre par t&#233;l&#233;phone et, ligne ADSL aidant, nous restions en communication quotidiennement plusieurs heures d'affil&#233;e, non que nous ayions beaucoup de choses &#224; nous dire mais parce que cela nous permettait d'&#233;changer, de temps &#224; autre, nos r&#233;actions par rapport &#224; telle actualit&#233;, tel message re&#231;u par le Parti, ou d'autres consid&#233;rations g&#233;n&#233;rales et parfois d'une haute tenue. (De temps &#224; autre, un changement d'acoustique autour de sa voix m'indiquait qu'il se trouvait aux toilettes.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les tribulations intellectuelles (c'est un grand mot) du Parti Pirate ayant fini par avoir raison de ma patience (et ma femme &#233;tant revenue &#224; Paris), je cessai de faire l'effort de me tenir au courant, de me prendre des baffes (au propre comme au figur&#233;) et de &lt;a href=&#034;https://xkcd.com/386/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;r&#233;pondre&lt;/a&gt; lorsque la situation l'exigeait ; de fa&#231;on surprenante (et m&#234;me un peu d&#233;cevante), le mouvement continua d'exister malgr&#233; mon absence &#8212; mais dans quel &#233;tat&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Il se murmure que m&#234;me &#224; l'heure actuelle, le cadavre bouge encore.&#034; id=&#034;nh2-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Total flou id&#233;ologique, structure interne atrocement complexe, bureaucrate et anti-d&#233;mocratique, absence de visibilit&#233;, de programme et d'action sur la sc&#232;ne politique nationale et internationale... Denis et moi avions &#233;t&#233; tent&#233;s (comme bien d'autres avant nous, quoique pour des raisons moins louables) de lancer notre propre &lt;i&gt;fork&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Dans le monde des logiciels Libres, un fork est un embranchement : le moment (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; du Parti Pirate, c'est-&#224;-dire un collectif diff&#233;rent et plus int&#232;gre pouvant peut-&#234;tre d&#233;boucher sur le mouvement politique dont nous r&#234;vions (&#339;uvrant &#224; d&#233;fendre notamment la d&#233;mocratie dans son aspect le plus juste et l&#233;gitime, l'int&#233;grit&#233; de la gestion publique, une administration soutenable des ressources naturelles, et le libre partage des richesses immat&#233;rielles). Cette r&#233;flexion th&#233;orique ne d&#233;boucha pas sur une v&#233;ritable construction : l'un comme l'autre, nous &#233;tions trop solitaires et d&#233;nu&#233;s d'ambition personnelle pour pouvoir raisonnablement nous concevoir en meneurs. Nous nous content&#226;mes donc de nous retrouver de temps &#224; autre, parfois en compagnie d'autres anciens du Parti Pirate, pour &#233;voquer l'actualit&#233; et les souvenirs, nous d&#233;soler sur la d&#233;ch&#233;ance de notre ancienne cr&#233;ation (et, plus r&#233;cemment, sur celle de la vie politique et intellectuelle fran&#231;aise) et partager, tout simplement, un peu de proximit&#233; et d'humanit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au printemps 2015 &#8212; alors que j'avais depuis longtemps remplac&#233; les tr&#233;pidations et frustrations de la vie cyber-politique par d'autres &#233;nigmes plus reposantes, en l'occurrence ces tangos que je cherchais &#224; &#233;crire &#8212; Denis nous envoya (au petit groupe d'acolytes pr&#233;cit&#233;) un courrier &#233;lectronique gracieusement intitul&#233; : &#034;Bad niouzes de merde&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Donc j'ai un cancer de l'&#339;sophage, et un de nous deux est de trop dans cette ville.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Ainsi se trouvaient expliqu&#233;s les probl&#232;mes de sant&#233; r&#233;currents et l'&#233;tat d'affaiblissement dans lequel il se trouvait ces derni&#232;res ann&#233;es. Bien que s&#233;v&#232;re, son cancer avait &#233;t&#233; pris en charge par des m&#233;decins tr&#232;s comp&#233;tents &#224; l'h&#244;pital Foch de Suresnes (dans la m&#234;me rue que le modeste appartement qu'il habitait avec sa m&#232;re, son p&#232;re &#233;tant mort tout juste quelques semaines auparavant) et Denis se montrait relativement confiant, malgr&#233; plusieurs complications successives : une premi&#232;re m&#233;tastase au foie (assez rapidement r&#233;par&#233;e), divers &#339;d&#232;mes, un premier puis un deuxi&#232;me h&#233;mothorax, une &#233;norme ascite... Il abordait ces probl&#232;mes l'un apr&#232;s l'autre, avec beaucoup de rationalit&#233; et de patience (ses &#233;tudes de m&#233;decine et &#8212; si mes souvenirs sont bons &#8212; son travail comme aide-infirmier lors de son service militaire, l'aidaient &#224; comprendre tr&#232;s exactement sa situation).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un de nos anciens acolytes Pirates proposa d'organiser un pique-nique pour lui changer les id&#233;es : mi-juillet (alors que je promenais toujours avec moi mon cahier et mon &lt;i&gt;Tango-do&lt;/i&gt; inachev&#233;) nous pass&#226;mes un apr&#232;s-midi face au square Alexandre 1&lt;sup&gt;er&lt;/sup&gt;, &#224; l'Ouest de Paris, o&#249; se retrouvent chaque week-end de nombreuses familles issues des Philippines. Le teint jauni par ses probl&#232;mes de foie, il &#233;tait affaibli et ne pouvait pas go&#251;ter autant de sp&#233;cialit&#233;s locales qu'il l'aurait souhait&#233; ; c'&#233;tait, n&#233;anmoins, une excursion presque ordinaire, comme si nous &#233;tions devenus une petite famille parmi d'autres &#8212; le c&#339;ur se serrant toutefois &#224; certains moments, par exemple lorsque Denis &#233;voquait la r&#233;cente mort de Terry Pratchett. Son &#233;tat de sant&#233;, cependant, me renvoyait alors avant tout &#224; ma principale source de pr&#233;occupation : la sant&#233; de mon chat (lui aussi malade du foie depuis plusieurs mois et auquel nous rendions visite deux fois par jour dans sa malheureuse cage en clinique).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'automne (et particuli&#232;rement aux vacances de la Toussaint, que je passai seul dans mon appartement, en butte &#224; un d&#233;g&#226;t des eaux), Denis et moi repr&#238;mes l'habitude de passer de longs moments au t&#233;l&#233;phone. Il me faisait la liste des points sur lesquels, dans le traitement ou la progression de sa maladie, il avait eu de la chance ; il existait alors un v&#233;ritable espoir pour lui de s'en sortir. En novembre, un nouveau probl&#232;me d'h&#233;mothorax (sang dans les poumons) le conduisit &#224; &#234;tre de nouveau hospitalis&#233; : je pris l'habitude de passer le voir une fois par semaine. Peu de gens avaient connaissance de sa maladie et encore plus rares &#233;taient ceux qui se d&#233;pla&#231;aient jusqu'&#224; lui (&#224; ma connaissance, nous n'&#233;tions que deux). Faute de proximit&#233; suffisante avec lui ? Manque de disponibilit&#233; ? De courage ? La v&#233;rit&#233; est que je n'&#233;tais pas, moi-m&#234;me, un ami proche ; je ne pourrais m&#234;me pas pr&#233;tendre avoir &#233;t&#233; li&#233; &#224; lui par un attachement extr&#234;mement fort (nous avions d&#233;j&#224; pass&#233; des p&#233;riodes de plusieurs mois, voire ann&#233;es, sans aucun contact). Il n'est nullement &#224; exclure que je ne me sois rendu l&#224;-bas par souci purement &#233;go&#239;ste de me donner bonne conscience, et y sois retourn&#233; par peur de perdre la face. De surcro&#238;t &#8212; raison encore moins avouable &#8212; le fait de devoir y consacrer une heure de transports en commun dans chaque sens m'apportait un moment de r&#233;pit, anonyme et d&#233;c&#233;r&#233;brant, o&#249; je pouvais &#233;crire un peu plus (mon tango &lt;i&gt;Do&lt;/i&gt; commen&#231;ait &#224; avancer pas mal, et j'avais m&#234;me quelques fragments en vrac pour les suivants).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re fois o&#249; je lui rendis visite &#8212; un lundi froid et gris &#8212;, l'accueil de l'h&#244;pital m'indiqua que les fleurs n'&#233;taient pas admises... sauf les orchid&#233;es. D&#233;termin&#233; &#224; y voir un signe du destin, j'arpentai le quartier en qu&#234;te d'un fleuriste et arrivai enfin &#224; la chambre de Denis d&#251;ment muni d'une orchid&#233;e violette (la couleur associ&#233;e aux mouvements f&#233;ministes, et gays par extension). Je ne m'attendais pas &#8212; mais j'aurais d&#251; &#8212; &#224; &#234;tre accueilli par un &#034;tu oses m'apporter un hybride de merde ?&#034; ; la plante resta n&#233;anmoins dans sa chambre une semaine puis, alors que je lui proposais de l'en d&#233;barrasser, il me pria de l'apporter &#224; sa m&#232;re, qu'il informa en d&#233;tail de la fa&#231;on ad&#233;quate de s'en occuper. Il n'allait pas si mal, mais trouvait &#233;videmment le temps long. Je restai &#224; faire la causette, puis (maigre contribution) pris un sac de linge sale pour l'amener &#224; sa m&#232;re &#8212; dont je fis la connaissance &#224; cette occasion. C'est presque malgr&#233; moi, en quittant sa chambre, que je m'entendis dire : je reviens lundi prochain, d'accord ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et, de fait, je revins. Je cherchai des livres &#224; lui apporter ; voyant qu'il avait emprunt&#233; &#224; la biblioth&#232;que les chroniques de Cadfael (romans policiers m&#233;di&#233;vaux sign&#233; Ellis Peters), je lui apportai le reste de la s&#233;rie, qu'un ami m'avait laiss&#233; jadis. Je r&#233;activai &#233;galement un compte Twitter parodique que nous avions anim&#233; ensemble par le pass&#233; ; ce serait, pensais-je, l'occasion pour lui de se changer les id&#233;es, de s'exprimer et de raviver son sens de l'humour et du sarcasme (je me r&#233;jouis de le voir retrouver sa verve coutumi&#232;re le temps de poster quelques messages pendant que je me trouvais avec lui... mais constatai le lendemain qu'il n'y avait plus acc&#233;d&#233; une seule fois apr&#232;s mon d&#233;part). Et puis, nous pouvions converser de choses et d'autres : des &#233;lections r&#233;gionales de d&#233;cembre 2015 (et de son d&#233;go&#251;t de voir la droite versaillaise prendre les commandes de la r&#233;gion parisienne), ou encore des gens qu'il voyait passer &#224; l'h&#244;pital &#8212; parlant d'un voisin de chambre qui avait &#233;t&#233; transf&#233;r&#233; vers un autre &#233;tablissement, Denis me disait : &#034;il est tr&#232;s malade mais en plein d&#233;ni. C'est tr&#232;s mauvais : quand tu es malade, soit tu as une chance de t'en sortir et alors tu te bats, soit pas, et dans ce cas tu t'occupes de mettre en ordre tes petites affaires.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;but d&#233;cembre, Denis escomptait encore que ce s&#233;jour &#224; l'h&#244;pital (qui n'&#233;tait pas son premier, y compris dans des circonstances critiques) prendrait fin au plus vite : il avait l'intention de passer les f&#234;tes en Suisse (chez son oncle maternel), dans ces alpages auxquels il &#233;tait tr&#232;s attach&#233; &#8212; m&#234;me s'il ne l'aurait sans doute jamais reconnu en ces termes. Pas un instant il ne me vint &#224; l'id&#233;e que ce programme ne pourrait &#234;tre accompli ; de fait, voir Denis dans cet &#233;tat de force (&#224; tout le moins mentale) et d'optimisme, me donnait une grande confiance dans l'avenir. En pr&#233;vision de la fin du mois, je lui proposai m&#234;me de d&#238;ner le 24 au soir chez sa m&#232;re afin qu'elle ne soit pas toute seule (un autre de ses amis, plus proche, avait eu la m&#234;me id&#233;e). Je consacrai l'heure que durait le trajet de retour &#224; griffonner dans mon cahier de nouvelles bribes pour mes tangos.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le week-end du 19 d&#233;cembre, il m'&#233;crivit que quelque chose s'&#233;tait mal pass&#233; lors de sa derni&#232;re s&#233;ance de chimioth&#233;rapie. Un nouveau probl&#232;me s'&#233;tait d&#233;clar&#233;, le privant presque enti&#232;rement d'un de ses deux poumons. Je fus assez impressionn&#233; de cette mauvaise nouvelle ; je me souviens m'&#234;tre surpris &#224; r&#233;diger mentalement, devant mon lavabo, le billet que je risquais d'&#233;crire si jamais il venait &#224; mourir. Quelle attitude &#233;trange, me dis-je. Quel r&#233;flexe morbide et ind&#233;cent. Je croyais valoir mieux que cela. Je commen&#231;ai &#224; dormir tr&#232;s mal cette nuit-l&#224;, m'imaginant le sentiment de solitude d'un mourant dans une chambre d'h&#244;pital (construction certainement tr&#232;s &#233;loign&#233;e de la r&#233;alit&#233; : &#224; y r&#233;fl&#233;chir, la souffrance physique &#233;touffe probablement toute consid&#233;ration abstraite et existentielle). Le manque de sommeil aidant, les notes que j'&#233;crivais dans mon cahier (ou, de plus en plus, directement cod&#233;es dans &lt;a href='http://url.oumupo.org/LilyPond-la-notation-musicale-pour-tous' class=&#034;spip_in&#034;&gt;GNU LilyPond&lt;/a&gt;, ce qui &#233;tait pour moi tr&#232;s inhabituel) prenaient soudain un aspect diff&#233;rent : par exemple, la m&#233;lodie en Fa majeur du tango &lt;i&gt;-fa&lt;/i&gt;, &#233;cul&#233;e et absolument kitschissime pour quiconque de sens&#233;, m'apparaissait peu &#224; peu comme un gigantesque d&#233;ferlement d'intensit&#233; &#233;motionnelle, une ode grandiose &#224; la vie et &#224; l'espoir.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_879 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://url.oumupo.org/local/cache-vignettes/L500xH219/BC3A2timent_prin-021b1c05-ea493.jpg?1772312553' width='500' height='219' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le lundi 21, jour de ma visite d&#233;sormais hebdomadaire, je trouvai donc Denis dans un &#233;tat effrayant : tr&#232;s faible, le souffle court, disparaissant derri&#232;re un tube &#224; oxyg&#232;ne. Je m'employai tant bien que mal &#224; faire la conversation &#034;comme si de rien n'&#233;tait&#034;, commentant le paysage par la fen&#234;tre (la fameuse forteresse du Mont Val&#233;rien), ou l'actualit&#233;. Il &#233;tait difficile pour moi de meubler le silence sans me faire l'effet de soliloquer &#233;go&#239;stement, insensible ou aveugle face &#224; la souffrance &#224; laquelle j'assistais. Quelques heures plus tard cependant, Denis m'&#233;crivit que le poumon avait &#233;t&#233; drain&#233; et qu'il allait mieux (&#034;un bel h&#233;mothorax&#034; &#8212; je fus frapp&#233; de la formulation). Il trouva m&#234;me l'&#233;nergie de me faire remarquer qu'il manquait un des &#233;pisodes dans la s&#233;rie de romans policiers que je lui avais apport&#233;s. Malgr&#233; ces signes quelque peu rassurants, je me trouvais seul &#224; la maison et cette situation me pr&#233;occupait constamment : je me plongeai de plus belle dans mes partitions et mon code LilyPond &#8212; le mardi 22, par exemple, fut enti&#232;rement absorb&#233; par un &lt;i&gt;coding sprint&lt;/i&gt; de treize ou quatorze heures d'affil&#233;e : je ne relevai la t&#234;te que parce que je tombais de sommeil, le visage parcouru de spasmes r&#233;p&#233;titifs dus &#224; l'&#233;puisement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je consacrai le matin du 24 d&#233;cembre &#224; traverser (&#224; pied) trois arrondissements de Paris pour me procurer, dans une librairie rep&#233;r&#233;e au pr&#233;alable sur le Web, &#034;le&#034; livre manquant dans la collection d'Ellis Peters. Son titre fran&#231;ais, &lt;i&gt;Un cadavre de trop&lt;/i&gt;, avait quelque chose de morbide dont l'ironie ne m'&#233;chappa pas. Cela me permettait en tout cas de faire un &#034;cadeau&#034; de No&#235;l qui ne disait pas son nom ; je ne sais pas si Denis fut sensible &#224; cet aspect de la chose ou si, l&#224; encore, le seul but v&#233;ritable &#233;tait d'apaiser tant bien que mal ma propre conscience. Je rentrai &#233;galement &#224; pied, marchant au rythme du &lt;i&gt;tangofa&lt;/i&gt; que je venais de terminer, et dont les huit derni&#232;res mesures me restaient en t&#234;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faisait d&#233;j&#224; nuit lorsque j'arrivai, en fin d'apr&#232;s-midi, dans la chambre de Denis (o&#249; son autre ami devait nous rejoindre par la suite &#8212; il m'&#233;crivit qu'il &#233;tait en retard mais que cela me laissait &#034;un peu de &lt;i&gt;quality time&lt;/i&gt;&#034; avec le malade). Je trouvai Denis dans un &#233;tat lamentable ; &#224; y repenser aujourd'hui, je me dis que j'aurais d&#251; &#234;tre plus effray&#233; de le voir ainsi &#8212; sans doute avais-je, sur le moment, &#233;prouv&#233; le besoin de m'occulter en partie le s&#233;rieux de la situation. (Je pris note, par exemple, du fait qu'il &#233;tait aujourd'hui en mesure de se d&#233;placer lui-m&#234;me jusqu'aux toilettes, et voulus y voir un signe d'am&#233;lioration.) Toujours sous dioxyg&#232;ne, il avait retrouv&#233; un teint aussi jauni qu'&#224; l'&#233;t&#233; pr&#233;c&#233;dent &#8212; y ajoutant cette fois une maigreur extr&#234;me. Il &#233;tait pris de naus&#233;es incessantes ; pas une minute ne s'&#233;coulait sans qu'il ne se saisisse d'un gobelet ou d'un r&#233;cipient en carton recycl&#233; (de telles bassines s'intitulaient, m'apprit-il, des &#034;cornichons&#034;. Ou &#233;taient-ce des &#034;haricots&#034; ?) pour y cracher ou vomir. Lors de rares moments de r&#233;pit, il se tenait silencieux (ce qui &#233;tait d'autant plus inqui&#233;tant pour qui l'avait connu autrefois), et me regarda &#224; plusieurs reprises avec beaucoup d'intensit&#233;, d'un air que je ne lui avais jamais vu. Je m'effor&#231;ais de faire la conversation, d'un ton anodin, sur des sujets inoffensifs (je me souviens avoir &#233;voqu&#233;, comme un probl&#232;me d&#233;cisif, la difficult&#233; que j'avais &#224; faire cuire des p&#226;tes sans que l'eau ne d&#233;borde de la casserole). Alors qu'une infirmi&#232;re lui apportait le repas du soir &#8212; un v&#233;ritable r&#233;veillon d'h&#244;pital : une vague cuisse de volaille, et un dessert orange que je ne parvins pas &#224; identifier napp&#233; de Chantilly &#8212; il essaya de manger deux bouch&#233;es du dessert couleur mangue, et je comptai presque, involontairement, les secondes suivantes en esp&#233;rant que son organisme pourrait, par chance, se satisfaire de cette nourriture. Peine perdue : quelques minutes plus tard, il fut pris d'un vomissement d'autant plus violent. Je ne saurais dire si les mots me manquaient pour exprimer quelque piti&#233;, ou s'il s'agissait d'une forme d&#233;plac&#233;e de pudeur masculine (h&#233;t&#233;ronorm&#233;e, aurait sans doute dit Denis), mais je me montrai presque totalement incapable de t&#233;moigner un sentiment de compassion ou communiquer je ne sais quelle quantit&#233; &#8212; d&#233;risoire, n&#233;cessairement &#8212; de r&#233;confort. De surcro&#238;t, comme je l'ai d&#233;j&#224; dit, nous n'avions jamais &#233;t&#233; des amis proches ; je me retrouvais dans cette situation presque par accident, ou par un vague r&#233;flexe d'humanit&#233;. Ou, plus probablement, par reliquat de mon obsession d'enfant &#224; vouloir aider tout le monde et sauver l'esp&#232;ce humaine une personne apr&#232;s l'autre. Quoi qu'il en soit, je me soup&#231;onne d'avoir &#233;t&#233; moins pr&#233;occup&#233; par son sort que par ce qui s'en refl&#233;tait sur ma propre existence. Me venait de loin en loin une pens&#233;e &#233;go&#239;ste et rassurante &#8212; je m'en sentais &#233;videmment g&#234;n&#233; &#224; chaque fois &#8212; : apr&#232;s tout, ce n'&#233;tait pas moi qui &#233;tais mourant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors que nous prenions cong&#233;, Denis me serra la main (un geste dont il n'&#233;tait pas coutumier). J'avais toujours &#233;t&#233; frapp&#233; par ses mains, roses et lisses (totalement glabres depuis, si je me souviens bien, une br&#251;lure en 2007). Des mains de b&#233;b&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sortir de l'h&#244;pital pour aller r&#233;veillonner avec une octog&#233;naire que je n'avais crois&#233;e que quelques fois, en compagnie d'un ami de Denis que je ne connaissais alors gu&#232;re mieux (et qui avait, de surcro&#238;t, ses propres probl&#232;mes de sant&#233;), aurait d&#251; constituer une perspective intimidante ; et pourtant, ce fut le r&#233;veillon le plus chaleureux que j'eusse pu souhaiter (et, incidemment, le premier 24 d&#233;cembre depuis une dizaine d'ann&#233;es que je ne passai pas en t&#234;te-&#224;-t&#234;te avec mon chat). La m&#232;re de Denis est une femme assez exceptionnelle, d'une grande force de caract&#232;re et parfaitement lucide quant &#224; la r&#233;alit&#233; des choses : il est impressionnant d'entendre une m&#232;re dire de son fils qu'elle aimerait qu'il s'en sorte, mais qu'elle sait qu'il n'y a plus de chances. Au-del&#224; des probl&#232;mes des uns et des autres (et de l'incongruit&#233; de voir r&#233;unies autour d'un repas trois personnes &#224; ce point diff&#233;rentes et inconnues les unes aux autres), nous avions chacun besoin de compagnie et, tout simplement, de vie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mes sept tangos &#233;taient presque termin&#233;s ; seuls restaient le &lt;i&gt;-sol&lt;/i&gt; et le &lt;i&gt;-mi&lt;/i&gt; &#8212; j'avais d&#233;j&#224; &#233;crit, p&#233;niblement, les premi&#232;res mesures de ce dernier mais restais frapp&#233; de leur insignifiance ; quant au &lt;i&gt;-sol&lt;/i&gt;, j'avais la vague id&#233;e de faire &#034;quelque chose avec des quartes&#034;, mais cela s'arr&#234;tait l&#224;. Le dimanche 27 d&#233;cembre, je vins aux nouvelles par &#233;crit et Denis me r&#233;pondit, par la m&#234;me voie, qu'il &#233;tait sous anxiolytiques et tr&#232;s embrum&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le lundi 28, ayant pr&#233;vu de passer le voir comme chaque lundi, j'envoyai un message et attendis sa r&#233;ponse. Peut-&#234;tre en me souvenant de nos derni&#232;res longues conversations t&#233;l&#233;phoniques fin octobre (alors que, juch&#233; sur une chaise, je bloquais tant bien que mal le combin&#233; dans mon col de chemise tout en m'employant &#224; repeindre les murs et le plafond de mon appartement), je d&#233;cidai de r&#233;aliser quelques menus travaux ; alors que je me rendais au magasin de bricolage (encore &#224; pied), je fus frapp&#233; de constater qu'un fragment de tango persistait &#224; tourner en boucle dans ma t&#234;te (il s'agissait de ce par quoi j'allais terminer le &lt;i&gt;tangosol&lt;/i&gt;) : un objet musical assez banal, mais dont la r&#233;p&#233;tition inlassable finissait par me r&#233;chauffer, m'enveloppant d'une sensation envo&#251;tante. Je vivais avec ce ph&#233;nom&#232;ne depuis trop longtemps pour y voir quoi que ce soit d'autre qu'un r&#233;flexe de mon cerveau en qu&#234;te d'un d&#233;rivatif aux motifs d'angoisse, et pourtant je me surpris &#224; me dire que lcette partition que j'&#233;tais en train d'&#233;crire avait peut-&#234;tre fini par devenir plus lourde de sens, &#233;tant donn&#233; le contexte dramatique dans lequel je me trouvais. Quoiqu'il en soit, ces deux mesures continu&#232;rent &#224; tourner en boucle jusqu'au lendemain... et je ne re&#231;us aucune r&#233;ponse &#224; mon message.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mardi 29 d&#233;cembre, me sentant un peu coupable de ne pas avoir tenu ma promesse de repasser le voir le lundi, je me disposais &#224; retourner le voir s&#233;ance tenante &#8212; non sans garder &#224; l'esprit que ce serait, selon toute vraisemblance, pour lui dire au revoir. J'h&#233;sitais &#224; me lancer dans ce voyage mais ne pouvais me r&#233;soudre &#224; l'imaginer, seul dans une chambre d'h&#244;pital, attendant la mort dans le plus total d&#233;nuement. Je d&#233;cidai de prendre des nouvelles par l'interm&#233;diaire de son ami proche ; il m'apprit que la s&#339;ur de Denis (qui vit en province) &#233;tait revenue d'urgence et avait &#233;galement apporter sa m&#232;re pour &#234;tre &#224; ses c&#244;t&#233;s. M'imaginer cette sc&#232;ne ne fit qu'augmenter ma r&#233;ticence &#224; me retrouver au milieu de ce moment familial intime et ultime ; de surcro&#238;t, la mauvaise conscience qui, seule, me mettait en mouvement, se trouva temporairement apais&#233;e d'apprendre qu'il ne se trouvait pas tout seul.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En toute l&#226;chet&#233;, je finis par d&#233;cider de ne pas aller le voir : dire au revoir &#233;tait trop difficile ; je gardais une image trop forte de notre derni&#232;re rencontre du 24 d&#233;cembre (et de cette poign&#233;e de main) ; aller le voir uniquement pour me prouver que j'avais pu regarder la mort en face me semblait une raison assez navrante d'&#233;go&#239;sme ; et encore toute une foule d'autres r&#233;flexions et pr&#233;textes plus lamentables les uns que les autres, me conduisirent &#224; me d&#233;gonfler dans ce moment pourtant critique, et &#224; choisir l'attitude la plus confortable : celle qui consistait &#224; rester chez moi, avec ma femme (qui venait de rentrer) et mon chat. Non que je m'y sente serein : dans les deux jours suivants, je consacrai tous les moments libres &#224; terminer l'&#233;criture et le codage de ces deux derniers tangos.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le jeudi 31 d&#233;cembre, je me levai avant tout le monde et achevai enfin la partition. En d&#233;but d'apr&#232;s-midi, je fus inform&#233; que Denis &#233;tait mort dans les premi&#232;res heures du matin.&lt;/p&gt;
&lt;/bloc&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Description.&lt;/h2&gt;&lt;bloc&gt;
&lt;center&gt;[Cliquez pour d&#233;plier.]&lt;/center&gt;&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Avertissement : comme toujours, les quelques indications qui suivent ne sont livr&#233;es qu'&#224; titre de curiosit&#233;, et ne sont pas n&#233;cessaires &#224; la compr&#233;hension de la partition !&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Curieuse histoire que celle de cette partition : du 29 mars&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le 29 mars, incidemment, est l'anniversaire de mon petit fr&#232;re. Aucun rapport.&#034; id=&#034;nh2-8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; au 31 d&#233;cembre 2015, je me suis retrouv&#233; &#224; jouer avec Thierry Barb&#233; dans un h&#244;pital devant des patients (dont certains n'&#233;taient manifestement en gu&#232;re meilleur &#233;tat que le piano que j'essayais de faire sonner), puis tout l'automne et l'hiver, portant avec moi un sentiment d'inqui&#233;tude envers mon ci-devant camarade Denis Germain (non sans, entre ces deux p&#233;riodes, un autre &#233;pisode &#233;prouvant consacr&#233; &#224; la longue hospitalisation de mon chat).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; ce contexte inattendu, tour &#224; tour plaisant et tragique, s'ajouta la difficult&#233; croissante de l'&#233;criture elle-m&#234;me, comme nous le verrons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chacun des tangos commence et se termine sur une note diff&#233;rente (non-alt&#233;r&#233;e). Mon propos &#233;tait de parvenir &#224; concevoir sept pi&#232;ces tr&#232;s diff&#233;rentes les unes des autres, mais sans devoir pour cela recourir &#224; des artifices : ainsi, elles sont toutes dans la m&#234;me tonalit&#233; (La mineur), au m&#234;me tempo (un andantino pas trop rapide), avec la m&#234;me structure et la m&#234;me longueur (12 carrures de 4 mesures).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ordre indiqu&#233; ici n'est pas celui dans lequel je les ai &#233;crits (&#224; part les deux premiers, comme je l'ai expos&#233; plus haut) : apr&#232;s le &lt;i&gt;-si&lt;/i&gt; et le &lt;i&gt;-la&lt;/i&gt;, je me suis attaqu&#233; au &lt;i&gt;-do&lt;/i&gt; qui, par sa complexit&#233; polyphonique, me demanda beaucoup plus de travail. Le suivant fut le &lt;i&gt;-r&#233;&lt;/i&gt;, que je souhaitais plus simple (par piti&#233; !) et plus m&#233;lodieux ; les trois pi&#232;ces centrales (&lt;i&gt;-fa&lt;/i&gt;, puis surtout &lt;i&gt;-mi&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;-sol&lt;/i&gt;) furent &#233;crites comme un bloc ind&#233;pendant &#8212; elles partagent d'ailleurs une part de leur mat&#233;riau th&#233;matique. Cet ordre d'&#233;criture n'est pas un d&#233;tail si anodin, car il est un indice des diff&#233;rences entre les pi&#232;ces, en termes de complexit&#233; et de sophistication : l&#224; o&#249; les deux premi&#232;res partitions avaient &#233;t&#233; presque improvis&#233;es &#224; l'&#233;crit, r&#233;capitulant diverses id&#233;es &#233;l&#233;mentaires et imm&#233;diates (ce que l'on appellerait en anglais &lt;i&gt;the low-hanging fruit&lt;/i&gt;), les suivantes me demand&#232;rent de plus en plus d'efforts pour ne pas (trop) tomber dans la redondance et la superficialit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a id=&#034;table&#034;&gt;&lt;/a&gt;Voici donc la liste de ces tangos :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;a href=&#034;#tangosi&#034; class=&#034;spip_ancre&#034;&gt;&lt;i&gt;Tangosi&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;a href=&#034;#tangola&#034; class=&#034;spip_ancre&#034;&gt;&lt;i&gt;Tangola&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;a href=&#034;#tangosol&#034; class=&#034;spip_ancre&#034;&gt;&lt;i&gt;Tangosol&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;a href=&#034;#tangofa&#034; class=&#034;spip_ancre&#034;&gt;&lt;i&gt;Tangofa&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;a href=&#034;#tangomi&#034; class=&#034;spip_ancre&#034;&gt;&lt;i&gt;Tangomi&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;a href=&#034;#tangore&#034; class=&#034;spip_ancre&#034;&gt;&lt;i&gt;Tangore&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;a href=&#034;#tangodo&#034; class=&#034;spip_ancre&#034;&gt;&lt;i&gt;Tangodo&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Tangosi&lt;/strong&gt;&lt;a id=&#034;tangosi&#034;&gt;&lt;/a&gt;&lt;a style=&#034;float:left;font-size:200%;&#034; href=&#034;#table&#034;&gt;&#8613;&lt;/a&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;i&gt;Tangosi&lt;/i&gt; est le premier tango que j'aie r&#233;dig&#233; dans ce cycle. Comme je l'ai cont&#233; plus haut, en revenant &#224; pied d'une r&#233;p&#233;tition avec Thierry Barb&#233; un jeudi matin (alors que je venais pr&#233;cis&#233;ment de sugg&#233;rer qu'on pourrait jouer un tango lors de notre concert quelques jours plus tard), je remarquai que dans ma t&#234;te tournait la boucle suivante :&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_853 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://url.oumupo.org/local/cache-vignettes/L426xH49/document-preview-6-9e562.png?1772294950' width='426' height='49' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;directement pomp&#233;e du trope hispanisant &#233;cul&#233;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_854 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://url.oumupo.org/local/cache-vignettes/L375xH45/document-preview-7-5b55b.png?1772294950' width='375' height='45' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;que l'on trouve un peu partout depuis (je pense) la fin du XVIII&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle (voir par exemple l'&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/results?search_query=bizet+aragonaise&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Aragonaise&lt;/a&gt; de &lt;i&gt;Carmen&lt;/i&gt;). En restant fix&#233; sur la dominante, on donne l'impression de faire attendre qu'il se passe quelque chose (la r&#233;solution sur la tonique) ; en m&#234;me temps na&#238;t une certaine incertitude modale : et si en fait c'&#233;tait &lt;i&gt;&#231;a&lt;/i&gt;, la tonique ?!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Espagne, &#231;a se jouera &#224; trois temps, mais lorsqu'on le fait &lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/results?search_query=cumparsita&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;basculer&lt;/a&gt; &#224; quatre temps, on se d&#233;place vers l'Argentine&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Bon, en fait La Cumparsita vient d'Uruguay. Mais bon.&#034; id=&#034;nh2-9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; :&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_855 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://url.oumupo.org/local/cache-vignettes/L500xH51/document-preview-8-351e1.png?1772312553' width='500' height='51' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Et si l'on ajoute le d&#233;coupage &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;3 croches + 3 croches + 2 croches&lt;/code&gt; du rythme de &lt;a href=&#034;https://en.wikipedia.org/wiki/Milonga_%28music%29&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;milonga&lt;/a&gt; (qu'apparemment je devrais plut&#244;t nommer &lt;a href=&#034;https://en.wikipedia.org/wiki/Tresillo_%28rhythm%29&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;tresillo&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, c'est vous qui voyez) :&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_853 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://url.oumupo.org/local/cache-vignettes/L426xH49/document-preview-6-9e562.png?1772294950' width='426' height='49' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le but &#233;tant &#233;videmment d'utiliser le &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;r&#233;&lt;/code&gt; &#224; vide de la contrebasse (ici un &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;mi&lt;/code&gt;, puisque la contrebasse soliste est un instrument transpositeur).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme on le voit, inventer du faux tango argentin n'est gu&#232;re difficile &#8212; du reste, j'ai eu maintes occasions de le faire, au kilom&#232;tre, &#224; l'&#233;poque o&#249; j'accompagnais des cours de danse. Le reste n'&#233;tait plus qu'une question de remplissage. Je d&#233;cidai de ne pas faire plus de douze carrures (soit 48 mesures en tout), et il ne restait donc plus qu'&#224; trouver des &#233;l&#233;ments m&#233;lodiques, et un vague plan tonal pour pouvoir envisager un parcours de modulations et de cadences.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En ce qui concerne la m&#233;lodie, une succession de croches et de double-croches, d&#251;ment syncop&#233;es et accentu&#233;es aux bons endroits, s'av&#233;ra &#224; peu pr&#232;s convaincante : tr&#232;s souvent dans le tango, le geste de la m&#233;lodie (son rythme et ses accents) importe plus que les notes elles-m&#234;me. La m&#233;lodie sugg&#232;re passe d'ailleurs par quelques notes inattendues (on reconna&#238;t dans l'introduction diverses pistes modales, ou encore, par la suite, des harmonisations en chromatismes descendants).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mon intention &#233;tait de jouer sur le degr&#233; de pr&#233;visibilit&#233; du discours, en particulier d'un point de vue harmonique : ainsi, nous savons depuis Vivaldi (et Piazzolla en a abondamment fait usage) un encha&#238;nement de &#034;marche harmonique&#034;, en &#034;cycle de quintes&#034;, permet de donner l'impression que la musique avance sans trop se fouler :&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_856 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://url.oumupo.org/local/cache-vignettes/L313xH66/document-preview-9-8df37.png?1772294950' width='313' height='66' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Dans le fragment ci-dessus, l'on constate que la note fondamentale de chaque accord (en l'occurrence, la note la plus grave) descend &#224; chaque fois d'une quinte juste (elle peut &#233;galement monter d'une quarte juste, &#231;a revient au m&#234;me). Mais pour rester dans la tonalit&#233;, on est oblig&#233; de s'arranger (ici entre &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;fa&lt;/code&gt; et &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;si&lt;/code&gt;, ni vu ni connu &#8212; le &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;si&lt;/code&gt; reste naturel alors que pour une vraie quinte juste il devrait &#234;tre b&#233;mol). Pour rendre la chose un peu plus int&#233;ressante, je d&#233;cidai ici de faire d&#233;border la marche d'une quinte juste suppl&#233;mentaire (en ajoutant donc ce b&#233;mol qui nous fait sortir de la tonalit&#233;, puis en r&#233;ajustant d'un demi-ton au dernier moment pour y revenir) :&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_857 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://url.oumupo.org/local/cache-vignettes/L338xH66/document-preview-10-ceb25.png?1772294950' width='338' height='66' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;C'est ainsi que je me fixai une nouvelle contrainte en plus de celles d&#233;j&#224; &#233;num&#233;r&#233;es ci-dessus : chacun de ces tangos devrait proposer une fa&#231;on diff&#233;rente de pervertir le cycle des quintes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Tangola&lt;/strong&gt;&lt;a id=&#034;tangola&#034;&gt;&lt;/a&gt;&lt;a style=&#034;float:left;font-size:200%;&#034; href=&#034;#table&#034;&gt;&#8613;&lt;/a&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;Que l'on se garde bien, surtout, de prendre les explications pr&#233;c&#233;dentes pour une recherche musicale sophistiqu&#233;e et novatrice ! Quels que soient les artifices et oripeaux dans lesquels je m'&#233;vertue &#224; l'emballer, le discours est ici enti&#232;rement &lt;u&gt;tonal&lt;/u&gt; et, &#224; ce titre, archi-convenu et sans aucun risque ni nouveaut&#233;. Cela me permet de prendre quelques libert&#233;s de temps &#224; autre, laissant l'auditeur en apesanteur un instant avant de le reprendre fermement en main en r&#233;affirmant l'ancrage tonal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce proc&#233;d&#233; appara&#238;t tr&#232;s clairement dans &lt;i&gt;tangola&lt;/i&gt; avec cet autre cycle de quintes trafiqu&#233; : au lieu du mod&#232;le habituel (dont on notera l'absence d'alt&#233;rations accidentelles, &#224; par le &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;sol&lt;/code&gt; di&#232;se qui sert de sensible &#224; la tonalit&#233; de &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;la&lt;/code&gt; mineur),&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_856 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://url.oumupo.org/local/cache-vignettes/L313xH66/document-preview-9-8df37.png?1772294950' width='313' height='66' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;je me d&#233;brouille ici pour taper &#034;&#224; c&#244;t&#233;&#034;, un accord sur deux. &lt;i&gt;Sauf&lt;/i&gt; &#224; la fin du cycle, o&#249; les deux derniers accords (formant cadence parfaite) sont pr&#233;serv&#233;s tels quels : cette fameuse &#034;reprise en main&#034; que j'&#233;voquais &#224; l'instant.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_858 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://url.oumupo.org/local/cache-vignettes/L345xH66/document-preview-11-64b6a.png?1772294950' width='345' height='66' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224; pour l'harmonie ; reste l'&#233;criture m&#233;lodique, que j'esp&#232;re divertissante &#224; d&#233;faut d'&#234;tre particuli&#232;rement inventive. Tout comme &lt;i&gt;-do&lt;/i&gt; qui fut &lt;del&gt;&#233;crit&lt;/del&gt; entam&#233; juste apr&#232;s lui, &lt;i&gt;tangola&lt;/i&gt; est introduit, puis ponctu&#233;, par un motif m&#233;lodique s'arr&#234;tant (en syncope &#224; l'endroit strat&#233;gique que constitue la quatri&#232;me croche de la mesure) sur le triton de la tonalit&#233; &#8212; par exemple en &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;la&lt;/code&gt; mineur, le &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;r&#233;&lt;/code&gt; di&#232;se. La diff&#233;rence entre ces deux pi&#232;ces est que &lt;i&gt;tangola&lt;/i&gt; se construit sur des mouvements m&#233;lodiques disjoints, ce qui le rend plus rebondissant et, sans doute, plus amusant &#8212; mais comme nous l'avons vu, le rythme et le geste comptent davantage que le choix exact des notes, ce qui me permet ici d'&#233;voquer ce motif &#224; tout bout de champ, en trafiquant sans vergogne les notes et les intervalles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; c&#244;t&#233; de ce motif figure, dans le plus pur style Piazzolla&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;On peut par exemple penser &#224; Cite'Tango ou Otono Porteno, mais il en existe (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, un autre th&#232;me plus conjoint (et m&#234;me, en l'occurrence, chromatique), &#233;ventuellement ponctu&#233; par des agr&#233;gats dissonants r&#233;p&#233;t&#233;s par la contrebasse (l'&#233;quivalent des ponctuations grin&#231;antes &#034;au talon&#034; que faisaient souvent les violonistes de Piazzolla). Le dernier accord, arrach&#233;, est &#233;galement une allusion tr&#232;s claire &#224; ce r&#233;pertoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Tangosol&lt;/strong&gt;&lt;a id=&#034;tangosol&#034;&gt;&lt;/a&gt;&lt;a style=&#034;float:left;font-size:200%;&#034; href=&#034;#table&#034;&gt;&#8613;&lt;/a&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;Nous arrivons ici au bloc des trois tangos centraux. Il &#233;tait pr&#233;f&#233;rable, &#224; mon sens, de ne pas continuer &#224; les &#233;crire dans l'ordre, afin de prendre le temps de trouver un discours tr&#232;s diff&#233;rent qui puisse trancher avec les deux premiers, tr&#232;s similaires dans leur &#233;criture.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'avais l'id&#233;e (&#034;quelque chose avec des quartes&#034;, souvenez-vous) de faire signe vers un langage moins &lt;del&gt;ouvertement pomp&#233;&lt;/del&gt; fortement inspir&#233; par la musique de Piazzolla. En utilisant des quartes plut&#244;t que des tritons et tierces, je me rapproche insensiblement d'une &#233;criture &#224; la Bart&#243;k &#8212; comme je l'ai fait autrefois (l'ann&#233;e, pr&#233;cis&#233;ment, o&#249; je d&#233;couvris Piazzolla en cours de Formation Musicale) dans une &lt;a href='http://url.oumupo.org/Divertissement-en-Sol' class=&#034;spip_in&#034;&gt;pi&#232;ce pour quatuor &#224; cordes&lt;/a&gt; ; je me surpris d'ailleurs moi-m&#234;me &#224; r&#233;&#233;crire ici certaines mesures de cette pi&#232;ce &#224; l'identique, plus de quinze ans apr&#232;s l'avoir oubli&#233;e. Pour ne pas faire trop signe vers l'Europe de l'Est, toutefois, je m'&#233;vertue ici &#224; multiplier les marqueurs caract&#233;ristiques du tango nuevo, notamment &#034;la&#034; descente sur trois notes en quartes parall&#232;les que l'on peut trouver mesures &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;28&lt;/code&gt; et suivantes dans la partie de piano &#8212; et l'on retrouve &#233;galement, aux mesures &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;17&lt;/code&gt; &#224; &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;24&lt;/code&gt;, des proc&#233;d&#233;s de cycle de quintes plus ou moins frelat&#233;s (enrichis d'accords de neuvi&#232;me tr&#232;s jazz, comme l'on en trouve chez Piazzolla dans les ann&#233;es 1960).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le motif de quartes montantes par lequel s'ouvre la partie de piano me semblait &#234;tre un bon d&#233;marrage, tr&#232;s &#233;nergique ; mais qu'en faire ensuite ? La r&#233;ponse me fut donn&#233;e par le motif &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;fa - mi&lt;/code&gt; du tango suivant (voir plus bas), que je finissais alors de r&#233;diger...&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_863 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://url.oumupo.org/local/cache-vignettes/L243xH55/document-preview-16-86fa5.png?1772294950' width='243' height='55' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;... non sans me d&#233;sesp&#233;rer de la proximit&#233; th&#233;matique entre &lt;i&gt;tangofa&lt;/i&gt; dont le motif essentiel est &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;fa4.( mi)&lt;/code&gt;, et &lt;i&gt;tangomi&lt;/i&gt; &#8212; audacieusement construit sur, tenez-vous bien, &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;mi4.( fa)&lt;/code&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_864 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://url.oumupo.org/local/cache-vignettes/L243xH55/document-preview-17-0637b.png?1772294950' width='243' height='55' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Comment pourrais-je utiliser &lt;u&gt;encore&lt;/u&gt; ce m&#234;me motif ici ? (D'autant que j'avais d&#233;j&#224; exploit&#233; jusqu'&#224; la corde les deux seules combinaisons possibles.) L'astuce, &#233;videmment, consistait &#224; modifier le rythme en d&#233;pla&#231;ant le point d'appui : plut&#244;t que de m'appuyer sur la deuxi&#232;me noire point&#233;e comme je l'avais fait jusqu'&#224; pr&#233;sent (toujours ce rythme &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;3 + 3 + 2&lt;/code&gt; si typique de l'Am&#233;rique centrale), j'allais faire intervenir la syncope &#224; la fin de la mesure :&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_859 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://url.oumupo.org/local/cache-vignettes/L488xH76/document-preview-12-8ee72.png?1772294950' width='488' height='76' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;(Notons au passage combien cette &#233;criture &#233;voque imm&#233;diatement la contrebasse, accord&#233;e en quartes&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-11&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Sauf qu'en pratique cela se joue une octave au-dessus et c'est /beaucoup/ (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-11&#034;&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lundi 28 d&#233;cembre, alors que je me rendais &#224; pied dans un magasin de bricolage (voir plus haut), j'eus la surprise de constater que cette m&#233;lodie &#233;tait en train de tourner dans ma t&#234;te, &#224; l'infini, sous une forme beaucoup plus d&#233;tendue :&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_860 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://url.oumupo.org/local/cache-vignettes/L500xH71/document-preview-13-315e5.png?1772312553' width='500' height='71' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Tout comme dans la boucle de &lt;i&gt;tangosi&lt;/i&gt; ci-dessus, on reste fix&#233; sur la dominante, mais d'une fa&#231;on ici tr&#232;s diff&#233;rente puisque l'accord de tonique est explicitement pr&#233;sent... mais &#224; l'&#233;tat de renversement (quarte et sixte, la note grave restant toujours celle de la dominante). Pour peu qu'il soit r&#233;p&#233;t&#233; suffisamment longtemps (ce que je ne pouvais au demeurant pas me permettre dans une pi&#232;ce limit&#233;e &lt;i&gt;a priori&lt;/i&gt; &#224; douze carrures), l'on devient hypnotis&#233; par ce motif et l'on cesse d'attendre une hypoth&#233;tique r&#233;solution sur la tonique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La diff&#233;rence avec les tangos pr&#233;c&#233;dents d&#233;coule aussi de l'&#233;criture instrumentale ici adopt&#233;e : jou&#233;e enti&#232;rement &lt;i&gt;pizzicato&lt;/i&gt; (au d&#233;sespoir de Thierry Barb&#233; qui consid&#232;re que cette partition requiert un sp&#233;cialiste de la chose), la contrebasse est en fait trait&#233;e ici comme une guitare ; &#224; tel point que je note m&#234;me des passages en pure percussion (&#224; frapper sur le bois ou la touche), et m&#234;me parfois dans une &#233;criture mixte qui &#233;voque &#8212; pour moi en tout cas &#8212; la technique si particuli&#232;re et impressionnante de la guitariste mexicaine &lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/results?search_query=%22rodrigo+y+gabriela%22&#034;&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Gabriela Quintero&lt;/a&gt;, &#224; laquelle je m'&#233;tais d&#233;j&#224; &lt;a href='http://url.oumupo.org/Etoile-sans-couleur' class=&#034;spip_in&#034;&gt;vaguement&lt;/a&gt; r&#233;f&#233;r&#233; il y a quelques ann&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Thierry n'a toutefois pas tort de le souligner : la contrebasse n'est pas un instrument puissant, particuli&#232;rement en &lt;i&gt;pizz&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-12&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;ah !&#034; id=&#034;nh2-12&#034;&gt;12&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. J'ai veill&#233; ici &#224; all&#233;ger autant que possible la partie de piano (sauf dans les passages o&#249; la contrebasse se trouve confin&#233;e dans le grave &#224; un r&#244;le de &lt;i&gt;walking bass&lt;/i&gt;, assez clairement identifi&#233; pour que l'auditeur n'&#233;prouve pas le besoin de chercher &#224; suivre ses notes) ; je ne sais pas si cet &#233;quilibre est &#224; la port&#233;e de musiciens raisonnables ou s'il faudrait plut&#244;t, comme Thierry le sugg&#232;re, envisager d'utiliser l'archet &#224; certains passages. Je pr&#233;f&#232;rerais vraiment que l'exp&#233;rience puisse &#234;tre tent&#233;e jusqu'au bout &#8212; mais il n'est pas exclu qu'elle ne puisse porter de fruits que dans mon imagination.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Tangofa&lt;/strong&gt;&lt;a id=&#034;tangofa&#034;&gt;&lt;/a&gt;&lt;a style=&#034;float:left;font-size:200%;&#034; href=&#034;#table&#034;&gt;&#8613;&lt;/a&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;Comme &lt;i&gt;-si&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;-la&lt;/i&gt;, ce tango commence par la contrebasse seule, pr&#233;ludant un peu &#224; la fa&#231;on (au hasard) d'un bandon&#233;on. J'ai essay&#233; ici, toutefois, de d&#233;velopper un peu plus cette &#233;criture soliste, notamment en jouant sur les double-cordes (dont l'usage constitue la principale sp&#233;cificit&#233; instrumentale de ce morceau, extr&#234;mement virtuose pour la contrebasse), les harmoniques et les cordes &#224; vide. Cette intervention de contrebasse s'&#233;tend m&#234;me sur les trois premi&#232;res carrures, le piano n'entrant de fa&#231;on discr&#232;te que pour fournir un arri&#232;re plan rythmique tr&#232;s grave et &#224; peu pr&#232;s indistinct (en regardant attentivement, l'on verra que ces deux carrures de piano sont r&#233;dig&#233;es selon un proc&#233;d&#233; s&#233;riel ; j'ai tent&#233;, au demeurant, de me d&#233;brouiller pour que ressortent confus&#233;ment des ancrages de tonique et de dominante).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S'installe ainsi une premi&#232;re moiti&#233; de la partition organis&#233;e autour, on l'a vu, du motif descendant &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;fa - mi&lt;/code&gt;, harmonis&#233; de diverses fa&#231;ons autour des tonalit&#233;s de &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;r&#233;&lt;/code&gt; et &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;la&lt;/code&gt; mineurs :&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_863 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://url.oumupo.org/local/cache-vignettes/L243xH55/document-preview-16-86fa5.png?1772294950' width='243' height='55' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Entre ces deux tonalit&#233;s s'&#233;tablit une oscillation, voire, une incertitude (proc&#233;d&#233; sur lequel j'avais d&#233;j&#224; construit le &lt;i&gt;tangore&lt;/i&gt; que nous verrons plus bas), comme l'illustrent de nouvelles marches de quintes bidouill&#233;es, qui ont l'air purement traditionnelles mais d&#233;crochent et modulent en cours de route :&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_861 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://url.oumupo.org/local/cache-vignettes/L321xH65/document-preview-14-d6742.png?1772294950' width='321' height='65' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;D'autres subtilit&#233;s harmoniques se trouvent dans les carrures de transition : mesures &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;13-17&lt;/code&gt;, &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;37-40&lt;/code&gt; puis &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;41-44&lt;/code&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On retrouve par ailleurs dans l'&#233;criture de la contrebasse quelques &lt;i&gt;topo&#239;&lt;/i&gt; du tango nuevo fa&#231;on Piazzolla : articulation rythmique en &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;3+3+2&lt;/code&gt;, improvisations m&#233;lodiques richement orn&#233;es, et m&#234;me la fameuse descente chromatique sur trois notes (voir mesure &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;15&lt;/code&gt;) qui est directement d&#233;riv&#233;e de &lt;i&gt;Adios Nonino&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'en viens maintenant &#224; la &lt;i&gt;habanera&lt;/i&gt; de la deuxi&#232;me moiti&#233; du morceau (tr&#232;s exactement les six premi&#232;res carrures sur douze). D&#232;s le printemps 2015, r&#233;fl&#233;chissant aux moyens que je pourrais utiliser pour que se distinguent les diff&#233;rentes pi&#232;ces de ce cycle, j'avais eu la vague id&#233;e d'une &lt;i&gt;habanera&lt;/i&gt; en Majeur (les habaneras en mineur, &#231;a fait tellement &lt;i&gt;Carmen&lt;/i&gt;...) ; et parmi les notes polaires de chaque tango, celui en &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;fa&lt;/code&gt; me semblait le plus appropri&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Restait &#224; trouver une fa&#231;on de raccrocher les wagons avec la premi&#232;re moiti&#233;, en exploitant l'id&#233;e m&#233;lodique (j'entends par l&#224; le b&#234;te demi-ton descendant en noires point&#233;es) expos&#233;e d&#232;s la premi&#232;re mesure de fa&#231;on &#224; ce que le recyclage de ce motif donne une impression de coh&#233;rence &#8212; ou, &#224; d&#233;faut, de catalogue : &#034;existe aussi en Majeur&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est ainsi que je me retrouvai dans l'apr&#232;s-midi du mercredi 23 d&#233;cembre, dans les conditions tr&#232;s particuli&#232;res que j'ai d&#233;crites plus haut, &#224; r&#233;diger avec une insondable fiert&#233; ce qui demeure probablement &lt;i&gt;la&lt;/i&gt; phrase la plus niaise de ma &#034;carri&#232;re&#034; :&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_862 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://url.oumupo.org/local/cache-vignettes/L382xH53/document-preview-15-5fedd.png?1772294950' width='382' height='53' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;C'est beau comme &lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=OL2FazadHoQ&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;ceci&lt;/a&gt;. Ou, dans un registre plus parodique &#8212; mais non moins &#034;culte&#034;&#8212;, &lt;a href=&#034;https://youtu.be/-7hjdC8-jbw?t=29s&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;ceci&lt;/a&gt; (o&#249; l'on retrouve exactement les deux m&#234;mes notes sur le m&#234;me rythme).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme quoi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Tangomi&lt;/strong&gt;&lt;a id=&#034;tangomi&#034;&gt;&lt;/a&gt;&lt;a style=&#034;float:left;font-size:200%;&#034; href=&#034;#table&#034;&gt;&#8613;&lt;/a&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;Comme le savent bien les musicologues (dont on sait l'&lt;a href='http://url.oumupo.org/Ma-gentille-soupe#s14' class=&#034;spip_in&#034;&gt;estime&lt;/a&gt; que je leur porte, pour pouvoir se dire musicologue c'est tr&#232;s simple : il suffit de prendre une partition, de la regarder quelques instants puis de d&#233;clarer gravement : &#034;&lt;i&gt;on voit le soin avec lequel le compositeur a structur&#233; son discours autour du Nombre d'Or&lt;/i&gt;&#034;. Et voil&#224;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le &lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Nombre_d'or&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Nombre d'Or&lt;/a&gt; est le hochet pr&#233;f&#233;r&#233; de cette pseudoscience que l'on baptise musicologie, agit&#233; comme une baguette magique par les savants en longues robes devant les foules ignares et b&#233;ates d'admiration. Vous voulez para&#238;tre &#233;rudit ? Vous aussi, lancez-vous dans l'&#233;levage de nombres dor&#233;s !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La bonne nouvelle, c'est que cette proportion peut se trouver &#224; peu n'importe o&#249; (comme je l'avais &#8212; brillamment &#8212; &lt;a href='http://url.oumupo.org/Dollhouse-la-la-la-laaaa' class=&#034;spip_in&#034;&gt;montr&#233;&lt;/a&gt; nagu&#232;re). Un exemple ? Dans le pr&#233;sent cycle de &lt;u&gt;sept&lt;/u&gt; tangos, se trouve clairement une articulation remarquable entre le tango num&#233;ro &lt;u&gt;quatre&lt;/u&gt; et le suivant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il s'ensuit le calcul suivant&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-13&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;J'avais encore mieux, mais un poil plus difficile &#224; justifier (que (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-13&#034;&gt;13&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; :&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;math&gt; $$ \frac &lt;i&gt;7 + 4&lt;/i&gt;&lt;i&gt;7&lt;/i&gt; = 1,57142857143... \approx 1.6180339... = \frac &lt;i&gt;1 + \sqrt&lt;i&gt;5&lt;/strong&gt;&lt;i&gt;2&lt;/i&gt; = \phi $$&lt;/math&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(Et je ne parle m&#234;me pas de la symbolique attach&#233;e au nombre &lt;u&gt;sept&lt;/u&gt; lui-m&#234;me ; un musicologue digne de ce nom aurait commenc&#233; par faire au moins dix pages l&#224;-dessus.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Donc, voil&#224;, oui. Entre &lt;i&gt;Tangofa&lt;/i&gt; et son motif en &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;fa mi&lt;/code&gt;,&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_863 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://url.oumupo.org/local/cache-vignettes/L243xH55/document-preview-16-86fa5.png?1772294950' width='243' height='55' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;et &lt;i&gt;Tangomi&lt;/i&gt; avec &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;mi fa&lt;/code&gt;,&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_864 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://url.oumupo.org/local/cache-vignettes/L243xH55/document-preview-17-0637b.png?1772294950' width='243' height='55' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;il y a comme qui dirait une sym&#233;trie&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-14&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Et pour qui a un tant soit peu suivi mes travaux de ces treize derni&#232;res (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-14&#034;&gt;14&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Par accident plus que par calcul, d'ailleurs ; je m'&#233;tais dit depuis quelques mois qu'il pourrait &#234;tre int&#233;ressant de me servir de la pi&#232;ce en &lt;i&gt;-mi&lt;/i&gt; pour aller chercher des double-cordes aig&#252;es autour de ce motif en demi-ton, un peu comme ce que fait le bassiste de jazz norv&#233;gien &lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Dan_Berglund&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Dan Berglund&lt;/a&gt; dans un &lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/results?search_query=svensson+%22coffee+break%22&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;enregistrement&lt;/a&gt; du d&#233;funt Esbj&#246;rn Svensson Trio, avec deux notes descendantes : je me souviens m'&#234;tre dit &#034;chouette, je vais faire deux notes montantes comme &#231;a ce sera une allusion invers&#233;e&#034;... avant de me retrouver &#224; utiliser effectivement, lors de l'&#233;criture du &lt;i&gt;Tangofa&lt;/i&gt;, les &lt;i&gt;deux m&#234;mes notes descendantes&lt;/i&gt; que j'avais pris soin d'&#233;viter auparavant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Me retrouvant avec deux pi&#232;ces sur les deux m&#234;mes notes (respectivement montantes puis descendantes), je finis par me dire qu'il valait autant assumer et souligner la co&#239;ncidence, et r&#233;&#233;crivis la fin du &lt;i&gt;-fa&lt;/i&gt; et le d&#233;but du &lt;i&gt;-mi&lt;/i&gt; pour accentuer un peu l'effet de sym&#233;trie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toujours anim&#233; d'un espoir de diff&#233;rencier ces pi&#232;ces les unes des autres, je d&#233;cidai de confier ici au piano un petit r&#244;le de percussion (de fa&#231;on similaire au traitement de la contrebasse dans &lt;i&gt;-sol&lt;/i&gt; ; ces deux pi&#232;ces sont d'ailleurs dispos&#233;es sym&#233;triquement dans le cycle, si l'on consid&#232;re &lt;i&gt;-fa&lt;/i&gt; comme point central). Je me disais que le pianiste pourrait taper sur le piano (&#231;a ne sonne gu&#232;re), se munir d'un petit instrument de percussion (je l'avais vu faire par une &lt;a href=&#034;http://www.atlanticharpduo.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;harpiste&lt;/a&gt; l'ann&#233;e pr&#233;c&#233;dente)... finalement, je pense que le plus amusant est que le pianiste vienne avec une guitare : au moment de jouer ce tango, il la prend, l'accorde minutieusement... puis la pose, retourn&#233;e, sur ses genoux et commence &#224; taper dessus. (Comme toujours, l'&#233;ventualit&#233; que cela ne fasse rire que moi est &#224; prendre hautement en compte.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La partie de piano se lance sur une m&#233;lodie donnant &#224; entendre les notes absentes de la contrebasse : &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;sol-la-r&#233;&lt;/code&gt;. Les deux mains jouent ensemble &#224; trois octaves d'&#233;cart (un peu comme dans &lt;i&gt;Tangosi&lt;/i&gt;), &#233;criture tr&#232;s utilis&#233;e dans la musique espagnole (en particulier Manuel de Falla, tout simplement parce que c'est l&#224; le seul compositeur espagnol que je connaisse vraiment bien) ; les ornements, inflexions modales, rythmes ternaires, puis notes r&#233;p&#233;t&#233;es, contribuent &#224; renforcer ce c&#244;t&#233; &#034;couleur locale&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le tango &#224; proprement parler ne s'installe qu'&#224; partir de la IV&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; carrure (les carrures II et III &#233;tant assez mal d&#233;limit&#233;es, &#224; la suite d'un &#034;enjambement&#034; assez mal ma&#238;tris&#233; mais que j'estimais n&#233;cessaire). Il d&#233;bouche &#224; la mesure &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;21&lt;/code&gt; sur une partie de piano absolument mirifique, assez difficile &#224; apprendre (je peux en t&#233;moigner) et potentiellement &#233;crasante pour la contrebasse, m&#234;me si j'ai essay&#233; d'a&#233;rer le discours autant que possible. Compte tenu du fait que je n'ai pas touch&#233; une seule fois le clavier d'un piano alors que j'&#233;crivais ces tangos, je suis tr&#232;s content que cette partie soit aussi efficace et agr&#233;able &#224; jouer &#8212; m&#234;me si j'&#233;vite de me demander quelle est la part de pure chance dans ce r&#233;sultat plaisant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; propos de parties mirifiques, la contrebasse est ici d'un niveau tr&#232;s, tr&#232;s costaud &#8212; du sur-mesure pour soliste monstrueux et n'ayant pas froid aux yeux. J'ai m&#234;me d&#251; (pour la plus grande joie de LilyPond) utiliser une &#233;criture sur deux port&#233;es, ce qui est peu courant pour le violoncelle et tout bonnement rarissime concernant la contrebasse. (En fait, c'est plus spectaculaire que v&#233;ritablement difficile : les notes graves ne sont que des cordes &#224; vide.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'y a pas de marche harmonique en cycle de quintes dans cette pi&#232;ce, ce qui constitue une entrave &#224; la contrainte que je m'&#233;tais fix&#233;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-15&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Quand on veut faire classe, on appelle &#231;a un clinamen et on se d&#233;p&#234;che de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-15&#034;&gt;15&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. En fait, le langage harmonique est ici remarquablement &lt;del&gt;pauvre&lt;/del&gt; simple, avec tr&#232;s peu de modulations et un discours enti&#232;rement construit sur la tonique &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;la&lt;/code&gt; et sa dominante &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;mi&lt;/code&gt; (laquelle, de fa&#231;on plus clairement affirm&#233;e que dans &lt;i&gt;Tangosi&lt;/i&gt;, se transforme parfois en premier degr&#233; du mode phrygien). Sur ce squelette se d&#233;ploient cependant toutes sortes d'agr&#233;gats, de notes &#233;trang&#232;res non-r&#233;solues, et de d&#233;formations (notamment par substitution de triton : voir par exemple les notes graves du piano dans toute la partie centrale). L'&#233;criture harmonique et modale est ici profond&#233;ment diff&#233;rente des autres pi&#232;ces du cycle ; les cinq derni&#232;res carrures (&#224; partir de mesure &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;29&lt;/code&gt;), par exemple, ne font intervenir aucun changement d'accord au sens ordinaire ; si l'ancrage tonal subsiste, c'est plus par habitude qu'autre chose.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Encore plus, sans doute, que le &lt;i&gt;-sol&lt;/i&gt;, ce &lt;i&gt;Tangomi&lt;/i&gt; est une partition d&#233;routante &#8212; qui m'est en large part &#233;trang&#232;re. Alors que je l'avais commenc&#233; relativement t&#244;t (&#224; peu pr&#232;s en m&#234;me temps que le &lt;i&gt;-r&#233;&lt;/i&gt;) , je n'ai avanc&#233; que difficilement, mesure par mesure, et l'ai p&#233;niblement termin&#233; apr&#232;s tous les autres (peu de temps apr&#232;s &lt;i&gt;-sol&lt;/i&gt;), seul dans un appartement silencieux, le matin du jeudi 31 d&#233;cembre 2015.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Tangore&lt;/strong&gt;&lt;a id=&#034;tangore&#034;&gt;&lt;/a&gt;&lt;a style=&#034;float:left;font-size:200%;&#034; href=&#034;#table&#034;&gt;&#8613;&lt;/a&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;M&#234;me en m'interdisant de distinguer les pi&#232;ces de ce recueil par des changements de tonalit&#233; ou de tempo, je savais devoir y inclure une page plus expressive qui constituerait le &#034;mouvement lent&#034; du cycle. &#199;'aurait pu &#234;tre le &lt;i&gt;Tangosol&lt;/i&gt; ; ce fut le &lt;i&gt;-r&#233;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'impression de lenteur d&#233;coule ici de la fr&#233;quence harmonique (c'est-&#224;-dire la vitesse &#224; laquelle se succ&#232;dent les accords) : il n'y a pas deux accords par mesure, mais un seul. Ce qui m'oblige &#224; grouper les carrures deux par deux, et m&#234;me quatre par quatre en tenant compte de l'encha&#238;nement ant&#233;c&#233;dent+cons&#233;quent&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-16&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Dans ce proc&#233;d&#233; d'&#233;criture, toute phrase musicale est d'abord pr&#233;sent&#233;e sous (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-16&#034;&gt;16&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Soit trois sections de seize mesures chacune, qui suivent le sch&#233;ma d'un morceau classique : exposition, puis d&#233;veloppement, puis r&#233;-exposition.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, c'est &#233;galement la premi&#232;re de ces pi&#232;ces que je d&#233;cidai de coder directement &#224; l'ordinateur plut&#244;t que de l'&#233;crire dans mon cahier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un apr&#232;s-midi de novembre, alors que je &lt;del&gt;glandais devant mon &#233;cran&lt;/del&gt; me documentais m&#233;thodiquement en utilisant les innombrables richesses du Web, je constatai que rechercher &#034;&lt;i&gt;tango nuevo&lt;/i&gt;&#034; sur YouTube me renvoyait vers un enregistrement&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-17&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#201;videmment ill&#233;gal, je le crains fort : que fait donc la milice police ?&#034; id=&#034;nh2-17&#034;&gt;17&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; du groupe &lt;a href=&#034;https://en.wikipedia.org/wiki/Quadro_Nuevo&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Quadro Nuevo&lt;/a&gt;, apparemment tr&#232;s actif depuis vingt ans. &lt;a href=&#034;https://youtu.be/YGm0pvQQ9og?t=4m12s&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Ce morceau&lt;/a&gt;, en particulier, me sembla int&#233;ressant : il commence &#8212; selon toute vraisemblance &#8212; en &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;r&#233;&lt;/code&gt; mineur, avant qu'un d&#233;tail insignifiant (le &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;si&lt;/code&gt; b&#233;mol devient b&#233;carre) ne nous fasse basculer en &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;la&lt;/code&gt; mineur. (Puis la boucle reprend.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Telle est la strat&#233;gie que j'adopte ici, avec une construction harmonique diff&#233;rente (et plus complexe) que dans le morceau en question, progressant le long d'une ligne de basse descendante, qui se pr&#233;sente &#224; premi&#232;re vue comme une descente chromatique &#233;voquant un &lt;a href=&#034;https://en.wikipedia.org/wiki/Lament_bass&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;lament ground&lt;/i&gt;&lt;/a&gt; baroque dans la tonalit&#233; de &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;r&#233;&lt;/code&gt; mineur, mais passe bient&#244;t par deux notes de &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;la&lt;/code&gt; mineur (le &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;do&lt;/code&gt; et le &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;si&lt;/code&gt; naturels), et finit par une cadence imparfaite dans cette derni&#232;re tonalit&#233; &#8212; introduite par un &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;si&lt;/code&gt; b&#233;mol qui sonne d&#233;sormais moins comme faisant signe vers &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;r&#233;&lt;/code&gt; mineur, que comme une substitution triton ou une sixte napolitaine &#224; l'&#233;tat fondamental. Dit comme cela, &#231;a a l'air &lt;del&gt;chiant comme un manuel de musicologie&lt;/del&gt; &#233;pouvantablement technique, mais la progression est en fait tr&#232;s simple :&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_868 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://url.oumupo.org/local/cache-vignettes/L500xH36/document-preview-21-0ccb6.png?1772312553' width='500' height='36' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Plus prosa&#239;quement, cette vague ambigu&#239;t&#233; &#8212; qui sera maintenue jusqu'au tout dernier accord &#8212; me permet de prendre quelques libert&#233;s avec la contrainte de tonalit&#233; unique et de faire entendre (comme dans &lt;i&gt;-sol&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;-fa&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;-mi&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;-do&lt;/i&gt;) une couleur harmonique diff&#233;rente tout en me fournissant de quoi pr&#233;tendre ensuite que, non non, nous &#233;tions bien en &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;la&lt;/code&gt; mineur depuis le d&#233;but. Quoique : non, regardez le dernier accord : c'est un &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;r&#233;&lt;/code&gt; (et pour cause : la contrainte m'y oblige) ; et du coup l'incertitude demeure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour une fois, c'est le piano qui porte la m&#233;lodie d&#232;s le d&#233;but, la contrebasse tenant une ligne discr&#232;te mais essentielle de &lt;i&gt;milonga&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-18&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;L'on peut penser par exemple &#224; la Milonga para tres de Piazzolla, mais cette (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-18&#034;&gt;18&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; La m&#233;lodie du piano se cale sur la quinte de l'accord de tonique (c'est-&#224;-dire le &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;la&lt;/code&gt; aigu quand on est en &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;r&#233;&lt;/code&gt; mineur) mais &#233;vite soigneusement la fondamentale (&lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;r&#233;&lt;/code&gt;), s'attardant plus volontiers sur la neuvi&#232;me (le &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;mi&lt;/code&gt;) qui est &#034;la&#034; note expressive par excellence. La ligne m&#233;lodique est &#224; la fois intelligible (structur&#233;e autour de sauts disjoints de quarte puis quinte descendantes, toutes les deux mesures) et assez libre ; je me suis d&#233;brouill&#233; pour fournir toutes les notes du temp&#233;rament, et je glisse des secondes augment&#233;es (3 demi-tons) partout o&#249; je peux.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_865 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://url.oumupo.org/local/cache-vignettes/L500xH51/document-preview-18-5a43d.png?1772312553' width='500' height='51' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;La main gauche du piano ne fournit qu'un accompagnement discret mais sophistiqu&#233; et raffin&#233; (&#224; la limite de la d&#233;cadence, pour tout dire). La mesure &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;2&lt;/code&gt;, ni vu ni connu, est une citation textuelle de l'accompagnement de &lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/results?search_query=%22bagdad+cafe%22+%22calling+you%22&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;cette chanson&lt;/a&gt;, dont je ne sais ni d'o&#249; elle sort ni ce qu'elle raconte mais que j'ai eu l'occasion d'accompagner dans un bar &#224; l'&#226;ge de 12 ou 13 ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je suis assez fier de cette partie de piano dans les quatre premi&#232;res carrures ; l&#224; encore, il m'a fallu attendre la premi&#232;re lecture au piano, en janvier 2016, pour d&#233;couvrir si ce que j'avais envisag&#233; de fa&#231;on purement th&#233;orique et imaginaire, correspondait &#224; la r&#233;alit&#233; instrumentale et auditive.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La suite de la partie de piano permet d'entendre successivement deux marches harmoniques qui proposent chacune une fa&#231;on diff&#233;rente d'&#233;chapper au cycle des quintes, en lui substituant d'abord des tierces mineures ascendantes :&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_866 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://url.oumupo.org/local/cache-vignettes/L474xH60/document-preview-19-6c76f.png?1772294950' width='474' height='60' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;puis des tierces majeures ascendantes :&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_867 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://url.oumupo.org/local/cache-vignettes/L354xH70/document-preview-20-5708a.png?1772294950' width='354' height='70' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Cependant, la m&#233;lodie ne suit pas du tout la progression ascendante de l'harmonie, et poursuit ses mouvements disjoints sur des notes expressives, ce qui &#233;vite (j'esp&#232;re) un sentiment d'&#233;criture pr&#233;visible et syst&#233;matique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le motif disjoint (ici en quartes) descendant qui ouvrait la premi&#232;re phrase, sert &#233;galement &#224; clore la derni&#232;re phrase (avec des septi&#232;mes majeures au piano&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-19&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;L'intervalle par excellence qui sert &#224; dire &#034;regardez ! je suis un (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-19&#034;&gt;19&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; : &#224; l'automne 2015, quelques jours &#224; peine apr&#232;s avoir eu l'id&#233;e de cette fin (mais avant m&#234;me de l'avoir lilypond&#233;e), j'ai utilis&#233; exactement les deux m&#234;mes accords (intervalles de septi&#232;me majeure dans l'aigu du piano, descendant d'une tierce mineure), sur les exactes m&#234;mes notes, pour terminer une &lt;u&gt;autre&lt;/u&gt; partition pour contrebasse et piano : &lt;i&gt;&#201;l&#233;gie atrabilaire&lt;/i&gt;, que je pr&#233;senterai peut-&#234;tre ici un de ces jours si j'arrive &#224; terminer le cons&#233;quent recueil de vingt-et-une pi&#232;ces p&#233;dagogiques dans lequel je souhaiterais l'inclure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car on n'est jamais mieux copi&#233; que par soi-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Tangodo&lt;/strong&gt;&lt;a id=&#034;tangodo&#034;&gt;&lt;/a&gt;&lt;a style=&#034;float:left;font-size:200%;&#034; href=&#034;#table&#034;&gt;&#8613;&lt;/a&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;L'&#233;criture fugu&#233;e est une constante chez Astor Piazzolla : de &lt;i&gt;La Muerte del Angel&lt;/i&gt; &#224; &lt;i&gt;Fuga y misterio&lt;/i&gt; en passant par &lt;i&gt;Fugata&lt;/i&gt;, la &lt;i&gt;Suite Punta del Este&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Preludio y fuga&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Canto y Fuga&lt;/i&gt;, et surtout &lt;i&gt;Fuga 9&lt;/i&gt; qui fut, comme je l'ai cont&#233; plus haut, la toute premi&#232;re pi&#232;ce par laquelle je d&#233;couvris le tango nuevo &#224; l'&#226;ge de 14 ou 15 ans. Il &#233;tait donc fortement tentant de me confronter &#224; ce style, malgr&#233; mon manque d'int&#233;r&#234;t jamais d&#233;menti envers l'&#233;criture horizontale en g&#233;n&#233;ral, et le contrepoint (ici n&#233;o-)baroque en particulier&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-20&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;GNU LilyPond, comme je l'avais not&#233; il y a dix ans, invite fortement &#224; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-20&#034;&gt;20&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il en r&#233;sulte un mouvement vaguement fugu&#233;, assez biscornu quand on y regarde de pr&#232;s, particuli&#232;rement en ce qui concerne le plan tonal, oscillant entre &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;do&lt;/code&gt; et &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;la&lt;/code&gt; mineurs, mais aussi, pour faire bonne mesure, &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;fa&lt;/code&gt; di&#232;se mineur (mesure &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;17&lt;/code&gt;) et &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;mi&lt;/code&gt; b&#233;mol mineur (mesures &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;25-28&lt;/code&gt; puis &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;35-36&lt;/code&gt;, l&#224; encore pour brouiller les pistes (voir ci-dessus) : non, je n'alterne pas entre &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;do&lt;/code&gt; et &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;la&lt;/code&gt; uniquement parce que la contrainte du cycle m'y oblige, mais parce que cela fait partie d'un plan &lt;i&gt;hautement&lt;/i&gt; r&#233;fl&#233;chi s'articulant autour de la division de l'octave en quatre tierces mineures !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La phrase ouvrant cette fugue (son &#034;sujet&#034;, doit-on dire lorsqu'on est bien &#233;lev&#233;) est &#233;crite pour &#234;tre ais&#233;ment reconnaissable, avec un motif rythmique tr&#232;s caract&#233;ristique, une syncope sur la quatri&#232;me croche de la mesure (toujours ce d&#233;coupage &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;3+3+2&lt;/code&gt; des huit croches de la mesure), et joue (comme dans &lt;i&gt;Tangola&lt;/i&gt;, que nous avons &#233;voqu&#233; plus haut) sur un intervalle de triton. La suite se compose de syncopes avec des sauts intervalliques larges (septi&#232;me Majeure, dixi&#232;me) ; comme nous l'avons vu dans &lt;i&gt;Tangor&#233;&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-19&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034;&gt;19&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, ce genre d'intervalles permet de s'acheter un cachet &#034;audacieux et contemporain&#034; &#224; bon compte.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_869 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://url.oumupo.org/local/cache-vignettes/L384xH69/document-preview-22-b8e64.png?1772294950' width='384' height='69' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Une vague &#034;r&#233;ponse&#034; (pouvant &#233;galement tenir lieu de &#034;contre-sujet&#034;, mais aussi de formule d'accompagnement, ou de sonnerie de t&#233;l&#233;phone) se construit de fa&#231;on plus simple&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-21&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le minimum syndical, &#224; vrai dire.&#034; id=&#034;nh2-21&#034;&gt;21&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; : saut d'octave puis descente en noires (par compl&#233;mentarit&#233; avec le rythme syncop&#233; du sujet). Il est, de plus, tr&#232;s facile de la d&#233;cliner selon, l&#224; encore, une logique de catalogue de v&#234;tements &#8212; &#034;ce motif peut &#234;tre port&#233; en version Dominante (pour l'hiver), ou Tonique (pour le printemps)&#034; :&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_870 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://url.oumupo.org/local/cache-vignettes/L485xH58/document-preview-23-8e075.png?1772294950' width='485' height='58' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le balancement tonique-dominante aide &#233;videmment &#224; donner l'impression d'une &#034;vraie&#034; fugue. De surcro&#238;t, comme chez tous les gens qui-font-semblant-de-faire-de-la-fugue-sans-vraiment-y-croire-eux-m&#234;me (ce qui inclut la plupart des compositeurs baroques italiens, et des &#233;l&#232;ves de classes d'improvisation &#224; l'orgue, mais peut-&#234;tre aussi une bonne partie des &lt;i&gt;fugatos&lt;/i&gt; de Piazzolla), l'essentiel r&#233;side dans les &lt;u&gt;entr&#233;es&lt;/u&gt;, visibles et soulign&#233;es (en l'occurrence, le d&#233;but de la phrase jusqu'au triton et &#224; la syncope) ; ce qui se passe ensuite rel&#232;ve ais&#233;ment du remplissage plus ou moins bricol&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; propos de bricolage, revoici nos cycles de quintes bizarrement fichus : tout d'abord dans la carrure de transition mesures &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;17&lt;/code&gt; &#224; &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;20&lt;/code&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_871 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://url.oumupo.org/local/cache-vignettes/L408xH65/document-preview-24-9d06e.png?1772294950' width='408' height='65' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;puis dans deux tunnels&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-22&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Astuce de musicologue : ne dites pas &#034;tunnel&#034;, dites &#034;pont modulant&#034;.&#034; id=&#034;nh2-22&#034;&gt;22&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; o&#249; le cycle est donn&#233; de fa&#231;on tout &#224; fait correcte, mais la bizarrerie r&#233;side ici dans la &#034;fr&#233;quence harmonique&#034;, c'est-&#224;-dire la vitesse &#224; laquelle se succ&#232;dent les accords. Dans la carrure mesure &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;29&lt;/code&gt; &#224; &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;32&lt;/code&gt;, ils ne sont pas donn&#233;s au rythme bien p&#233;p&#232;re de deux (ou quatre) par mesure, mais de trois &#8212; d'o&#249; une impression boiteuse, qui s'acc&#233;l&#232;re &#224; la fin :&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_872 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://url.oumupo.org/local/cache-vignettes/L500xH73/document-preview-25-dd598.png?1772312553' width='500' height='73' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;puis &#224; partir de la mesure &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;37&lt;/code&gt;, qui constitue la derni&#232;re marche harmonique de tout le cycle de tangos, l'encha&#238;nement se joue tr&#232;s traditionnellement, mais commence &#224; moduler en mineur avant de se casser carr&#233;ment la gueule en arrivant sur une quinte &#224; vide.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_873 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://url.oumupo.org/local/cache-vignettes/L429xH66/document-preview-26-20187.png?1772294950' width='429' height='66' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le passage qui se d&#233;veloppe alors me semble assez obscur : sur une note p&#233;dale de &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;mi&lt;/code&gt;, il peut s'agir d'une dominante qui n'attend que de revenir en &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;la&lt;/code&gt; mineur (ce qui se produira effectivement &#224; la fin, ou d'un &#233;pisode enti&#232;rement modal &#8212; mais dans quel mode, alors ? S'empilent des relents phyrigiens, des tritons ajout&#233;s (le &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;si&lt;/code&gt; b&#233;mol), des tierces Majeures (le &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;sol&lt;/code&gt; di&#232;se)... et m&#234;me un retour en &lt;i&gt;strette&lt;/i&gt; du &#034;sujet&#034; de la fugue, en &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;do&lt;/code&gt; mineur mais toujours sur p&#233;dale de &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;mi&lt;/code&gt;. On s'&#233;loigne d'une &#233;criture de tango (m&#234;me &lt;i&gt;nuevo&lt;/i&gt;), pour se rapprocher davantage du niveau de complexit&#233; de mes pr&#233;c&#233;dentes partitions, et notamment mes proc&#233;d&#233;s de superposition fa&#231;on &lt;i&gt;matte painting&lt;/i&gt;. J'en veux pour illustration la mesure &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;46&lt;/code&gt; dont la partie de piano constitue certainement l'un des traits les plus hallucin&#233;s et hyst&#233;riques que j'aie pu commettre en vingt ans d'&#233;criture :&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_874 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;5&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://url.oumupo.org/local/cache-vignettes/L421xH283/snapshot2-edece.png?1772294950' width='421' height='283' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;WTF
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;La toute fin de la pi&#232;ce illustre un probl&#232;me pos&#233; par la (maigre) contrainte formelle qui m'oblige &#224; terminer sur la note &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;do&lt;/code&gt;, l&#224; o&#249; l'on attendrait plut&#244;t un &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;la&lt;/code&gt; (la tonique). Il serait &#233;videmment tr&#232;s facile de noyer le &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;do&lt;/code&gt; dans un accord de &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;la&lt;/code&gt; mineur (&lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;&lt;la do mi&gt;&lt;/code&gt;), mais je voulais trouver une fa&#231;on amusante de souligner cette note. La partie de piano donne donc successivement le &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;la&lt;/code&gt; tr&#232;s grave puis le &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;do&lt;/code&gt; tr&#232;s aigu, qui correspondent aux deux notes les plus extr&#234;mes du clavier ; de m&#234;me, la contrebasse va chercher son &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;do&lt;/code&gt; le plus aigu possible (ce qui, au passage, est une innommable vacherie pour l'instrumentiste). Bref, ce qui aurait d&#251; rester un hommage assez peu original &#224; la musique d'Astor Piazzolla se transforme en un nouvel &#233;pisode de &#034;Valentin fait le malin avec des contraintes formelles&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et c'est l&#224;, sans doute, la raison qui me conduit &#224; pr&#233;senter aujourd'hui (de fa&#231;on si abondamment d&#233;taill&#233;e) ces tangos sur mon propre [Site], l&#224; o&#249; mon intention d'origine &#233;tait de ne les mettre &#224; disposition que pour le cas o&#249; d'autres musiciens chercheraient un ersatz, plaisant quoique pas particuli&#232;rement remarquable, de tango argentin pouvant &#234;tre, au moins, jou&#233; et diffus&#233; librement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En &#233;crivant dans un langage pr&#233;-existant et en me conformant paresseusement &#224; des codes d&#233;j&#224; bien &#233;tablis, j'&#233;tais fermement d&#233;termin&#233; &#224; faire &#339;uvre de t&#226;cheron, dans une orientation purement utilitaire &#8212; ce qui a tr&#232;s certainement &#233;t&#233; le cas pendant la plupart des pages que vous trouverez ici. Et pourtant ; au-del&#224; de mon projet d'origine, j'ai eu la surprise de constater, alors que je ramais p&#233;niblement pour aligner une mesure apr&#232;s l'autre &#8212; ou m'enlisais carr&#233;ment &#8212;, de constater que ma passion pour les structures complexes, pour les contraintes formelles, pour les incongruit&#233;s langagi&#232;re et, d'une fa&#231;on g&#233;n&#233;rale, pour la musique bien bien tordue, avait fini par refaire surface dans ce que j'&#233;crivais, &#224; mon insu voire, dans certains cas, &#224; mon corps d&#233;fendant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par manque d'humilit&#233; certainement, mais aussi sous l'effet des circonstances &#233;prouvantes dans lesquelles j'ai travaill&#233; ces derni&#232;res semaines, en un m&#233;lange ininterrompu et obs&#233;dant de boucles musicales, de lignes de code, de contraintes formelles, de souci et de r&#233;flexions en tous sens sur la souffrance humaine, l'omnipr&#233;sence de la mort et ce d&#233;risoire &#233;clairage que nous appelons existence, j'ai fini par cesser de chercher &#224; pr&#233;tendre que ces pages ne sont pas &#034;vraiment&#034; de moi. Elles rec&#232;lent tout le mauvais go&#251;t dont je suis capable, toutes les strat&#233;gies de travestissement derri&#232;re lesquelles je m'&#233;vertue &#224; tenter de justifier ma propre &#233;criture ; toute la complexit&#233; gratuite et surcharg&#233;e qui constitue mon inlassable travers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elles contiennent aussi, peut-&#234;tre, l'indice d'autre chose &#8212; que je serai probablement le seul &#224; y voir, ou plus exactement &#224; imaginer &#8212; : au d&#233;tour d'un phras&#233;, d'une coquetterie d'&#233;criture ou d'une sensiblerie faussement caricaturale, quelque chose de plus sinc&#232;re ou authentique ; une impression, une &#233;motion, n&#233;cessairement ridicule et mal dite. La trace de ces derni&#232;res semaines que j'ai pu passer avec mon ami Denis Germain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Denis d&#233;testait le tango en g&#233;n&#233;ral, et Piazzolla tout particuli&#232;rement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'un autre c&#244;t&#233;, il d&#233;testait aussi mourir ; &#231;a ne l'en a pas emp&#234;ch&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du coup, ce recueil lui est d&#233;di&#233;. Et toc.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/bloc&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bonne lecture !&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;i&gt;Valentin.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;L&#224; o&#249; le Pirate copie et diffuse toutes sortes d'&#339;uvres, s'asseyant en toute bonne conscience sur des lois qu'il juge &#8212; &#224; juste titre &#8212; parfaitement ill&#233;gitimes, le Libriste veille &#224; ne pas se mettre hors la loi et consacre des heures &#224; fabriquer de &lt;i&gt;nouvelles&lt;/i&gt; &#339;uvres qui ressemblent &#224; celles dont il a besoin, mais qu'il peut ensuite diffuser librement pour en faire b&#233;n&#233;ficier d'autres. Notons que les deux approches sont enti&#232;rement compl&#233;mentaires et nullement oppos&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ce qui n&#233;cessita d'ailleurs d'ajouter une introduction de quatre mesures au premier des deux, &lt;i&gt;uniquement&lt;/i&gt; pour que la premi&#232;re note soit un &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;si&lt;/code&gt; et que je puisse faire ce jeu de mots qui n'en &#233;tait pas vraiment un. Comme quoi l'&#034;inspiration&#034; est souvent faite &#8212; chez moi en tout cas &#8212; de d&#233;tails sordides et difficilement avouables.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;D'ailleurs, personne de raisonnable n'aurait, alors, accept&#233; de croire que des liens humains authentiques et profonds puissent se nouer par une communication uniquement d&#233;mat&#233;rialis&#233;e et sous forme &#233;crite (lesdites personnes raisonnables trahissant ainsi leur m&#233;connaissance des romans &#233;pistolaires classiques, ainsi que du mouvement des logiciels Libres avec ses innombrables mailing lists &#8212; que je ne d&#233;couvris moi-m&#234;me qu'ensuite).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cela pouvait aller des bars gays de la rue des Archives : le Carrefour, le Cactus, au P&#232;re Tranquille pr&#232;s des Halles s'il avait assez de sous. L'essentiel, &#233;videmment, &#233;tait qu'il y e&#251;t &#034;du Wifi&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Le centre n'&#233;tant que, comme nous le savons tous, le nom que la droite se donne lorsqu'elle ne s'assume pas.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Il se murmure que m&#234;me &#224; l'heure actuelle, le cadavre &lt;a href=&#034;https://www.partipirate.org/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;bouge encore&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Dans le monde des logiciels Libres, un &lt;i&gt;fork&lt;/i&gt; est un embranchement : le moment o&#249; une poign&#233;e de programmeurs partent du code d'un logiciel existant pour fonder leur propre projet, destin&#233; &#224; &#233;voluer dans une direction diff&#233;rente. L'exemple le plus frappant de ces derni&#232;res ann&#233;es est certainement la suite LibreOffice qui a enti&#232;rement supplant&#233; OpenOffice (jusqu'&#224; &#234;tre rejointe par la totalit&#233; de ses contributeurs d'origine). La libert&#233; de &lt;i&gt;fork&lt;/i&gt; garantit la l&#233;gitimit&#233; constante des logiciels Libres alors qu'il s'agit de communaut&#233;s non-d&#233;mocratiques ; un mod&#232;le social int&#233;ressant dont nous peinons cependant &#224; imaginer une application &#224; l'&#233;chelle d'une soci&#233;t&#233; enti&#232;re : telle loi ne vous plait pas ? Fondez votre propre nation !&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Le 29 mars, incidemment, est l'anniversaire de mon petit fr&#232;re. Aucun rapport.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Bon, en fait &lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/La_cumparsita&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;La Cumparsita&lt;/i&gt;&lt;/a&gt; vient d'Uruguay. Mais bon.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;On peut par exemple penser &#224; &lt;i&gt;Cite'Tango&lt;/i&gt; ou &lt;i&gt;Otono Porteno&lt;/i&gt;, mais il en existe d'innombrables autres exemples.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-11&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-11&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-11&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Sauf qu'en pratique cela se joue une octave au-dessus et c'est /beaucoup/ plus difficile. Mais bon, on fait de la musique de soliste ou on n'en fait pas.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-12&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-12&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-12&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;12&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;- ah !&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-13&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-13&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-13&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;13&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;J'avais encore mieux, mais un poil plus difficile &#224; justifier (que voulez-vous, je d&#233;bute dans la musicologie) :&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;math&gt; $$ 5 (\frac &lt;i&gt;4&lt;/i&gt; &lt;i&gt;7&lt;/i&gt;)^2 = 1,63265306122... \approx 1.6180339... = \frac &lt;i&gt;1 + \sqrt&lt;i&gt;5&lt;/i&gt;&lt;/i&gt;&lt;i&gt;2&lt;/i&gt; = \phi $$&lt;/math&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-14&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-14&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-14&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;14&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Et pour qui a un tant soit peu suivi mes travaux de ces treize derni&#232;res ann&#233;es, ce n'est pas par pure co&#239;ncidence que cela tombe sur ces deux notes-l&#224; en particulier.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-15&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-15&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-15&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;15&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Quand on veut faire classe, on appelle &#231;a un &lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Clinamen&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;clinamen&lt;/a&gt; et on se d&#233;p&#234;che de passer &#224; autre chose.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-16&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-16&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-16&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;16&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Dans ce proc&#233;d&#233; d'&#233;criture, toute phrase musicale est d'abord pr&#233;sent&#233;e sous une forme suspensive, puis reprise avec la m&#234;me longueur mais en se terminant cette fois de fa&#231;on conclusive.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-17&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-17&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-17&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;17&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#201;videmment ill&#233;gal, je le crains fort : que fait donc la &lt;del&gt;milice&lt;/del&gt; police ?&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-18&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-18&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-18&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;18&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;L'on peut penser par exemple &#224; la &lt;i&gt;Milonga para tres&lt;/i&gt; de Piazzolla, mais cette ligne de basse est omnipr&#233;sente dans la quasi-totalit&#233; des tangos en mineur.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-19&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-19&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-19&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;19&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;L'intervalle par excellence qui sert &#224; dire &#034;regardez ! je suis un &lt;i&gt;Compositeur Contemporain&lt;/i&gt;&lt;sup&gt;&#174;&lt;/sup&gt;&#8482; !&#034;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-20&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-20&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-20&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;20&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;GNU LilyPond, comme je l'avais &lt;a href=&#034;https://lists.gnu.org/archive/html/lilypond-user/2006-10/msg00461.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;not&#233;&lt;/a&gt; il y a dix ans, invite fortement &#224; penser la musique de fa&#231;on horizontale plut&#244;t que verticale ; cela requiert pour moi un effort intensif et permanent, pour garder constamment &#224; l'esprit le contexte global harmonique et polyphonique dans lequel s'ins&#232;re la maigre voix monodique que je suis en train de code. &#201;crire une partie de piano, par exemple, requiert de saisir chaque main s&#233;par&#233;ment, ce qui devient tr&#232;s complexe lorsqu'il y a plus de deux voix et que certaines voix zigzaguent entre les deux port&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-21&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-21&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-21&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;21&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Le minimum syndical, &#224; vrai dire.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-22&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-22&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-22&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;22&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Astuce de musicologue : ne dites pas &#034;tunnel&#034;, dites &#034;pont modulant&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Petit galop tritonal</title>
		<link>http://url.oumupo.org/Petit-galop-tritonal</link>
		<guid isPermaLink="true">http://url.oumupo.org/Petit-galop-tritonal</guid>
		<dc:date>2015-11-11T12:00:06Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Valentin Villenave</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;Cette pi&#232;ce extr&#234;mement br&#232;ve et (suppos&#233;ment) amusante a &#233;t&#233; &#233;crite rapidement pour servir de conclusion &#224; une soir&#233;e &lt;a href='http://url.oumupo.org/OuMuPo-mais-qu-est-ce-donc' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Oumupo&lt;/a&gt; au printemps 2015.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="http://url.oumupo.org/-Musique-de-chambre-" rel="directory"&gt;Musique de chambre&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Cette pi&#232;ce extr&#234;mement br&#232;ve et (suppos&#233;ment) amusante a &#233;t&#233; &#233;crite rapidement pour servir de conclusion &#224; une soir&#233;e &lt;a href='http://url.oumupo.org/OuMuPo-mais-qu-est-ce-donc' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Oumupo&lt;/a&gt; au printemps 2015.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Voici une plaisanterie musicale (d'une dur&#233;e inf&#233;rieure &#224; une minute, les plus courtes &#233;tant les meilleures) que j'ai h&#233;sit&#233; &#224; publier ici ; je l'ai r&#233;dig&#233;e en une soir&#233;e pour servir de conclusion &#224; l'un de nos &#034;mardis de l'Oumupo&#034;, consacr&#233; au compositeur franco-tch&#232;que &lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Antoine_Reicha&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Antoine Reicha&lt;/a&gt; avec la participation du pianiste et musicologue Jean-Fran&#231;ois Ball&#232;vre. C'est donc &#224; cette occasion, le 3 mars 2015, que la pr&#233;sente partition a &#233;t&#233; cr&#233;&#233;e, avec la complicit&#233; de mon coll&#232;gue Oumupien &lt;a href=&#034;http://martingranger.net&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Martin Granger&lt;/a&gt;. En voici l'enregistrement (une captation int&#233;grale est &lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=PsEAACBf5_o&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;disponible ici&lt;/a&gt;).&lt;/p&gt;
&lt;iframe width=&#034;560&#034; height=&#034;409&#034; src=&#034;https://www.youtube-nocookie.com/embed/vqhSCsLOZ4Y&#034; frameborder=&#034;0&#034; allowfullscreen&gt;&lt;/iframe&gt;
&lt;p&gt;&lt;tt&gt;&lt;pdf845&gt;&lt;/tt&gt;&lt;/p&gt;
&lt;table class=&#034;table spip&#034;&gt;
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&lt;td&gt;&lt;div class='spip_document_845 spip_document spip_documents spip_document_file spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;68&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
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&lt;a href='http://url.oumupo.org/IMG/pdf/galop.pdf' class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='PDF - 119.7 kio' type=&#034;application/pdf&#034;&gt;&lt;img src='http://url.oumupo.org/local/cache-vignettes/L64xH64/pdf-e9ff2.svg?1772294780' width='64' height='64' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Petit galop tritonal
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;Licence Art Libre &#169; Valentin Villenave, 2015.
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;&lt;div class='spip_document_846 spip_document spip_documents spip_document_file spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;97&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
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&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href='http://url.oumupo.org/IMG/zip/galop.ly.zip' class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='Zip - 2.1 kio' type=&#034;application/zip&#034;&gt;&lt;img src='http://url.oumupo.org/local/cache-vignettes/L64xH64/zip-4e942.svg?1772295714' width='64' height='64' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Petit galop tritonal &#8212; code source LilyPond
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;Licence Art Libre &#169; Valentin Villenave, 2015.
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
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&lt;/table&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Historique et description&lt;/h2&gt;&lt;bloc&gt;
&lt;center&gt;[Cliquez pour d&#233;plier.]&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;Pendant la saison 2014-2015, le collectif &lt;a href=&#034;http://oumupo.org&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Oumupo&lt;/a&gt; que j'anime depuis 2011 s'est vu accorder (puis retirer, sans un mot d'explication) l'insigne honneur d'animer des soir&#233;es publiques r&#233;guli&#232;res &#224; la Biblioth&#232;que nationale de France : les &lt;i&gt;mardis de l'Oumupo&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour l'une de ces soir&#233;es, mon coll&#232;gue et (&#224; ma propre surprise) ami Jean-Fran&#231;ois Ball&#232;vre m'a sugg&#233;r&#233; de nous pencher sur Antoine Reicha, compositeur quasi-oubli&#233; du d&#233;but du XIX&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle qu'il conna&#238;t bien et appr&#233;cie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Curieuse personnalit&#233; que ce Reicha ; n&#233; &#224; Prague en 1770 tout comme Beethoven (dont il sera l'acolyte ins&#233;parable pendant quelques ann&#233;es &#8212; ils seront notamment ensemble &#233;tudiants aupr&#232;s de Haydn), il s'installe &#224; Paris sous Bonaparte et se partage entre composition (avec des bonheurs vari&#233;s : ses op&#233;ras, en particulier, font un pitoyable four) et enseignement : il est non seulement l'auteur d'une somme th&#233;orique et p&#233;dagogique, mais plusieurs grands compositeurs du si&#232;cle, tels que Berlioz, Liszt ou Franck, comptent parmi ses &#233;l&#232;ves et lui devront &#233;norm&#233;ment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Gliss&#233;s au milieu de ses trait&#233;s, de nombreux morceaux, exercices et fragments, t&#233;moignent de son insatiable curiosit&#233; et de son go&#251;t pour les exp&#233;riences musicales, parfois pouss&#233;es &#224; la limite : modulations contraintes, enharmonies, palindromes, polym&#233;tries... Du grain &#224; moudre pour les musiciens curieux (et &#224; plus forte raison, oumupiens), d'autant que la premi&#232;re moiti&#233; du XIX&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle n'est gu&#232;re r&#233;put&#233;e pour son esprit ludique ou ses audaces de rigueur formelle. D'ailleurs, beaucoup de ces partitions sont peu connues, voire in&#233;dites ; il faut saluer &#224; ce titre le travail de recherche de Jean-Fran&#231;ois Ball&#232;vre, qui a copi&#233; un certain nombre de manuscrits de Reicha, et d&#233;nich&#233; des &#339;uvres oubli&#233;es d'autres auteurs pour &#233;tablir des parall&#232;les int&#233;ressants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a l&#224; de quoi remplir de nombreux concerts (et c'est pr&#233;cis&#233;ment ce que s'&#233;vertue &#224; accomplir Jean-Fran&#231;ois, qui tente notamment d'organiser avec l'association Reicha un rendez-vous public annuel), dans un int&#233;r&#234;t autant didactique que musical : &#224; travers l'originalit&#233; d'Antoine Reicha lui-m&#234;me, s'ouvre la possibilit&#233; de red&#233;couvrir des principes &#233;l&#233;mentaires de l'&#233;criture musicale occidentale, de l'harmonie tonale et du rythme, ainsi que toute son &#233;poque et ses influences &#8212; Haydn, ainsi, n'&#233;tait pas le dernier &#224; tenter des exp&#233;riences musicales. En ce sens, la soir&#233;e que Jean-Fran&#231;ois Ball&#232;vre accepta d'animer avec nous ce 3 mars 2015, n'offre qu'un aper&#231;u restreint de ce qui pourrait &#234;tre envisag&#233; : de fait, nous f&#251;mes contraints d'exclure de notre programme plusieurs &#339;uvres qui en auraient par trop allong&#233; la dur&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'une de ces pi&#232;ces auxquelles nous avons d&#251; renoncer est un Allegro de Sonate pour deux pianistes se succ&#233;dant tour &#224; tour : l'un joue en R&#233; majeur, l'autre en Si b&#233;mol majeur (et il serait possible de mettre bout-&#224;-bout toutes les r&#233;pliques dans l'une ou l'autre de ces deux tonalit&#233;s), mais malgr&#233; l'&#233;loignement de ces tons, l'un et l'autre s'encha&#238;nent de fa&#231;on organique et naturelle pour le langage de l'&#233;poque.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Afin de trouver un num&#233;ro court et amusant pour clore notre programme, je fus donc tent&#233; d'&#233;crire un morceau qui non seulement ferait entendre ces deux tonalit&#233;s &lt;i&gt;en m&#234;me temps&lt;/i&gt;, mais leur adjoindrait une troisi&#232;me (Fa di&#232;se majeur : en effet les trois notes &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;sib&lt;/code&gt;, &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;re&lt;/code&gt;, &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;fad&lt;/code&gt; sont r&#233;parties de fa&#231;on &#233;quilibr&#233;e sur l'octave, qu'elles divisent en trois intervalles &#233;gaux (de tierce majeure).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme nous &#233;tions trois (dont un pr&#233;tendu non-pianiste en la personne de Martin Granger, ce qui est d'ailleurs bien moins vrai qu'il n'aime &#224; le pr&#233;tendre) et que nous ne disposions que d'un seul piano, la forme et la dramaturgie de la pi&#232;ce &#233;taient toutes trouv&#233;es. En effet, c'est presque une tarte &#224; la cr&#232;me des num&#233;ros-amusants-de-fin-de-concert que d'aligner plusieurs pianistes devant un clavier en les serrant comme des sardines, voire en leur demandant d'&#233;changer leurs places en cours de route. (J'ai cru deviner que c'est notamment l&#224; une tradition du festival de piano de la Roque d'Anth&#233;ron, bien que n'ayant ni le loisir ni l'envie d'aller m'en assurer par moi-m&#234;me.) On peut notamment se r&#233;f&#233;rer au c&#233;l&#232;bre &lt;a href=&#034;http://imslp.org/wiki/Galop-marche_%C3%A0_huit_mains_%28Lavignac,_Albert%29&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Galop-marche &#224; huit mains&lt;/i&gt;&lt;/a&gt; d'Alexandre-Jean-Albert Lavignac (c'est, ironiquement, la seule trace marquante qu'il ait laiss&#233;e dans l'Histoire), ou plus pr&#232;s de nous au &lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/results?search_query=%22cast%C3%A9r%C3%A8de%22+%22m%C3%A9nage%22&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;M&#233;nage &#224; trois&lt;/i&gt;&lt;/a&gt; de Jacques Cast&#233;r&#232;de &#8212; que j'ai eu l'occasion de d&#233;couvrir apr&#232;s avoir r&#233;dig&#233; la pr&#233;sente partition.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Donc, voil&#224;.&lt;/p&gt;
&lt;/bloc&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Valentin.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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